Aux actes citoyens

Le soir des élections, j’ai failli prendre la plume pour donner mon ressenti sur cette soirée qui n’a pas tourné dans le sens voulu pour tout le monde. Mais était-ce vraiment une réelle surprise ? Je ne l’ai pas fait pour plusieurs raisons.
 
La première, c’est que je ne savais pas comment prendre cette nouvelle donne. Les implications de cette écrasante victoire des Libéraux sont grandes pour le Québec, le PQ, mais aussi les partis « alternatifs ». Des bilans sont à tirer, des changements à faire. L’ampleur de la majorité donne 4 ans à tout le monde pour rebâtir un projet.
 
La deuxième, c’est par respect et par amour de la démocratie. Les Québécois se sont exprimés, et le message était très clair.
 
La troisième, enfin, c’est parce que même si la voie choisie par le peuple ne me convainc pas, est-ce que je peux dire que j’en aurais apprécié vraiment une autre ? Est-ce que le PQ de PKP aurait été un meilleur choix ? Est-ce que QS a les épaules et la plateforme pour passer au niveau au-dessus ? Leur troisième siège a été une petite victoire dans une soirée si morose.
 
Et enfin, la raison au-dessus de toutes qui m’a fait attendre avant de m’exprimer, c’est je l’avoue un désaveu des solutions proposées ce soir-là. Choisir entre peste et choléra, ce n’est pas forcément faire son devoir de citoyen.
 
J’en ai dès le lendemain beaucoup parlé avec mes collègues et amis intéressés comme moi par la politique. Je suis intimement convaincu que tout projet de société commence d’abord et avant tout par une implication sociale, un travail de fond. Que le peuple Québécois souhaite se rapprocher du ROC, que la jeunesse souhaite s’unir avec leurs homologues d’où qu’ils viennent, qu’au contraire ce peuple cherche à affirmer sa souveraineté culturelle, politique, économique ou son indépendance pure et simple, ce chemin ne se fera pas sur les bancs d’une assemblée. On ne doit pas attendre que l’état nous amène tout cuit une solution à nos problèmes, une réponse à nos attentes. Et c’est là que nous, immigrants, avons le même rôle à jouer que quiconque au pays.
 
Quand on décide de s’impliquer, de participer à un projet, on ne doit pas le faire dans un même moule, en se demandant « est-ce que ça va dans le sens de l’indépendance, ça ? ». Si on veut sauvegarder notre langue, on n’a pas besoin de l’état pour ça, on peut organiser des cours aux immigrants dispensés par des profs retraités bénévoles, on peut organiser des festivals francophones ouverts à TOUS les francophones du Canada et d’ailleurs, intégrer les gens d’Halifax, de Winnipeg, du Nord de l’Ontario qui se battent peut-être (sans doute) même plus que nous pour se faire entendre dans un contexte bien plus anglophone. C’est plus difficile de parler français à Moncton qu’à Victoriaville ! J’aime les initiatives comme les restos du coeur. L’état ne s’occupe pas des sans-abris, ou pas assez ? Créons une chaine de solidarité qui ne dépendra pas des subventions et qui sera basée sur la générosité, l’entraide et le bon sens. les sujets sont infinis dans lesquels nous pouvons nous investir. Je connais depuis plusieurs années que je suis ici beaucoup de gens que j’admire qui agissent tous les jours à leur échelle. Laure Waridel, par exemple, qui s’investit dans la lutte pour la préservation de l’eau, le commerce équitable, la proximité dans les échanges commerciaux, les droits de la femme, etc. Léa Clermont-Dion qui vient d’écrire un livre sur l’apparence physique, milite pour l’acceptation des transgenres. Je pourrais en citer des dizaines, des médecins urgentistes, des enseignants, dans toutes les sphères de la société, qui décident d’agir au lieu d’attendre. Hugo Latulippe, Normand Baillargeon, etc. C’est avec ces gens-là que j’ai envie de construire un Québec dont on sera fiers.
 
Il y a quelques jours, j’ai lu cet article sur Alexandre Jardin. J’avoue que je n’ai pas pris le temps d’aller voir son site, je vous mets les liens, c’est sans doute un peu naif connaissant cet auteur plein de bonnes intentions mais parfois un peu simpliste, mais l’initiative mérite d’être soulignée.
http://www.huffingtonpost.fr/alexandre-jardin/mouvement-bleu-blanc-zebre-_b_4997873.html?just_reloaded=1
http://bleublanczebre.fr/
 

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Soulman
Arrivé en mars 2007 à Montréal, Soulman a très vite posé ses valises à Québec, moins de 4 mois plus tard. Auteur BD édité en Europe, un studio lui a laissé la chance d'entrer dans le monde du jeu vidéo et de l'animation en tant qu'illustrateur. Il est devenu par la suite directeur du département artistique. Voici ces billets culturels et sur la ville de Québec.
http://www.immigrer.com

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