Ah…. l’immigration…. l’immigration… Pour certain... - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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Ah…. l’immigration…. l’immigration… Pour certain…

Ah….. l’immigration….. l’immigration….

Pour certain, c’est une fuite, fuir une vie qu’on n’aime pas, fuir quelqu’un, fuir la famille, essayer de se fuir soi-même au cas où on réussirait à se semer, sait-on jamais…..
Pour d’autres, c’est une exploration, de l’ailleurs, du nulle part, des autres là-bas, de soi-même….
Pour d’autres encore, c’est une rupture, un recommencement, la décision d’une nouvelle vie, une nouvelle chance, repartir à zéro, tout recommencer sans faire les mêmes erreurs, sur de nouvelles bases ; ambitieux objectifs, mais ce SONT des objectifs ; parfois, c’est tout ce qui compte, vouloir aller de l’avant, essayer, vivre….
Pour d’autres enfin, c’est juste un voyage d’agrément, une parenthèse dont on pourra se venter plus tard (ou pas), une fois de retour à la case départ ou un peu plus loin ; un petit bagage d’expérience pour étoffer une vie….

Moi, c’était un peut tout ça, mais aussi un choix d’ancrer ma vie quelque part pour reprendre mon souffle, de construire une base avec ce que j’avais accumulé et ne plus traîner mes bagages avec moi partout où je vais ; trouver un port d’attache, un havre choisi d’où partir pour de nouvelles aventures pour mieux y revenir et s’y reposer….
Donner un centre à ma vie….
Donner un sens à une vie…..

Le 6 décembre, ça fera 4 ans que j’ai débarqué de mon cargo Honour au Port de Montréal…. Le 14 octobre, je vais pouvoir déposer ma demande de citoyenneté canadienne et donc avant fin 2006, je serai canadienne…..
J’ai une bonne job, pas mal d’argent, une carte de crédit, un toit, même une demande de prêt immobilier pratiquement approuvée, des amis, une société qui me permet de fonctionner comme il me plait, ma famille a appris à vivre (plus ou moins bien) avec ce changement et je n’ai pas vraiment l’intention de repartir ailleurs définitivement.
Alors oui, ce port d’attache que j’ai choisi est tout à fait à la hauteur de mes espoirs et de mes besoins….
Maintenant, la vie a repris son équilibre autour d’un nouveau centre, sur une nouvelle base.

Mais, attention, c’est alors que les vieux démons, toutes les raisons ayant motivé le départ, le grand saut, ont alors généralement pas mal le champ libre pour revenir. Car, et bien non, il ne faut pas croire que l’immigration résout tous les problèmes liés au départ….
Il faut régler de toute façon, un jour où l’autre, ce que l’on fuyait.

On a un jour finalement exploré ce que l’on voulait, et puis?
On a jeté les bases d’une nouvelle vie et voilà….
Ou alors on retourne chez soi à la fin du voyage et on reprend là-bas où on s’était arrêté avant de partir ou un peu plus loin….
Quoi qu’il arrive, au mieux, on a réglé certaines choses, au pire, on a sans doute gagné quelques années ?, mais la seule chose qui nous suit toujours dans l’aventure c’est nous-même, et, si c’est ça qui ne va pas, l’immigration n’y changera rien….

Alors comme c’est ma dernière chronique, je pense qu’il est peut-être utile que j’essaie de vous dire pourquoi cette aventure c’est bien passée pour moi, parce qu’au final, on veut tous que ça ne se passe pas trop mal, on souhaite tous ne pas trop y laisser de plumes….

Je l’ai bien vécu cette transition sans doute parce que :
Ma famille était habituée à mon absence depuis des années déjà.
Je savais avant de venir « vivre à l’étranger », j’en avais une grande expérience et, le clash culturel qui existe toujours et que les français ont tendance à minimiser en venant au Québec, ne m’a pas bouleversé car je m’y attends toujours, où que j’aille, ou plutôt je l’attends, avec plaisir ; et puis surtout j’étais déjà venu ….. Venir avant au moins une fois, cela gâche peut-être la surprise de la découverte, mais cela peut éviter les mauvaises surprises et les déceptions… Il faut choisir l’option qui correspond le mieux à notre capacité d’adaptation, à notre degré naturel d’optimisme et à notre capacité à gérer le stress.

Il est en tout cas très important de ne pas se mentir car oui, la famille est pour beaucoup bien plus importante qu’on ne veut généralement l’admettre et il faut s’organiser en fonction de nos capacités. Et on se rend compte en s’établissant « au loin », loin « des nôtres », à quel point ils remplissaient en fait nos vies. Pourtant, ça a du bon aussi de voler de ses propres ailes, enfin, en ne devant vraiment ce qui nous arrive qu’à nous-même…. enfin….
Je ne partais pas dans un esprit de rupture avec ma famille. Non, je veux voir mon neveu et ma nièce grandir en sachant qui je suis, je veux voir mon père, ma mère, leurs frères et sœurs, ma sœur et mes chers cousins vieillir, et donc je m’impose un rythme exigeant pour les voir souvent et j’organise ma vie personnelle et professionnelle pour que ce soit possible. Oui, c’est fatigant ; les retours « au pays » sont fatigants et stressants pour pratiquement tous les immigrants et ne sont pas nécessairement une partie de plaisir car on perd vite l’habitude de la famille justement….. Bien sûr j’ai de la chance avec mon métier qui rend cela plus facile, mais tout est question de choix et de priorités.
L’immigration est souvent, d’une manière ou d’une autre, une expérience solitaire. Il faut s’y « préparer » comme on peut. La solitude, j’aime ça dans une certaine mesure, donc je savais que j’en étais capable. Pour l’autre partie de la mesure ;-), ben oui, on fait d’autres efforts. On prend des cours, on fait du sport, et puis y’a les autres immigrants….

La solution de facilité de se retrouver entre immigrants pour être moins seul, ne m’apparaît pas nécessairement comme une bonne idée. On le sent plus ou moins dès le début, et à force de voyager, que partager cela avec des gens qui viennent d’où on vient, n’aide pas vraiment à aller de l’avant, à changer, à faire ce qu’on s’était promis de faire. Oui, c’est facile, c’est pour ça qu’on le fait … mais le monde des immigrants est par définition un monde instable. D’abord seulement la moitié des nouveaux immigrants restent…. Ensuite sur cette moitié, y’en a pas mal qui ne sont à vos côté que par « intérêt » temporaire (pas forcément exprès ni méchamment non plus!), juste pour vivre cette transition le moins seul possible et qui, donc, se trouveront mieux ailleurs rapidement ; puis il y a la sélection naturelle des gens qui s’entendent vraiment bien ou pas….
Bref, il faut faire ses propres calculs, moi, ma conclusion semblerait être que c’est un investissement assez peu rentable ? pour se trouver une base de vie équilibrée, mais on se fait de bons amis quand même … Finalement, il me semblerait que, même si c’est plus long et plus difficile, il y a un meilleur retour sur investissement parmi les rares québécois/canadiens qu’on réussit laborieusement à connaître…. c’est plus long, plus difficile, mais au moins eux ils restent et lorsqu’ils vous ont vraiment choisi ont par définition de la place pour vous dans leur vie… donc faut voir….. peut-être demander avis aux experts en placements sur ce coups là 😉

Donc le bilan, non, rien de rien, non, je ne regrette rien 😉 Je suis bien ici, aussi bien que je pourrais l’être n’importe où ailleurs, j’en suis sûre. J’ai été pas mal « bouleversée » cette année à être confrontée à LA question de choisir un camp, pour ou contre l’indépendance. C’est un peu énervant (comme la plupart des Québécois le pensent aussi d’ailleurs) et puis, en fait, je trouve que c’est vraiment la marque que je suis pas mal chez moi ici désormais en fait, que les questions d’ici se posent à moi, pour le meilleur et pour le pire 😉
Ma réponse ?….. : chai-tu moë!

Donc c’est un bilan totalement positif ? Ben non, là, c’est la vie, ça ne peut pas être totalement parfait sinon on s’ennuierait, et puis je pense que l’espèce humaine est pas mal incapable à reconnaître la perfection même si elle frappait à sa porte.
Non, je ne connais pas encore assez de gens d’ici pour me sentir bien, rassurée. Il y a toujours cette sensation de temps en temps qu’on est bien seul même lorsque l’on a une vie qui file vite vite vite. Le déchirement entre nos diverses « vies », là-bas / ici, avant / maintenant, etc. est parfois difficile à vivre. On se sent tiraillé. Sans doute pour toujours. C’est le prix à payer pour vivre autre chose, vivre ailleurs, recommencer, etc.

Je pense que ce qui m’aide le plus à me sentir bien ici (et ailleurs aussi), c’est de ne pas faire trop attention aux différences, être capable de les détecter, oui, mais de surtout voir les similitudes ; qu’au final, on fonctionne tous pas mal pareil.
Oui c’est important pour les québécois d’être considérés différents ; leur culture est basée là-dessus depuis des siècles et ils n’aiment pas qu’on les compare aux Français, aux Canadiens ou aux États-Uniens (je ne sais même pas ce qu’ils détestent le plus des trois d’ailleurs ;-)) sauf quand ça les arrange 😉 mais on fait tous bien partie de l’espèce humaine…. et on a beaucoup de point commun….. On écrit avec les mêmes lettres, on mange avec les mêmes genres d’ustensiles, etc….

Alors, en mot de la fin, je vous dis au revoir, et allez-y, faites l’expérience de l’immigration, comme une exploration de l’ailleurs et de vous-même, une découverte de tellement de choses, une expérience de vie qu’il faut vivre ouvert et éveillé, mais pas comme un espoir de régler tous vos problèmes personnels, car, je pense qu’on a tous peu de chance de réussir à se semer, où que nous allions 😉
Rester confiant, garder courage, conserver son optimisme et ne pas trop se convaincre que le problème est l’endroit où l’on est et qu’on sera sans doute mieux ailleurs, permet de ne pas rater de bien belles occasions d’être heureux simplement où l’on est, sans en demander trop, en restant positif et patient. Ne surtout pas se mettre soi-même trop de pression. Oui la vie est courte, alors autant la vivre heureux le plus possible….

Moi, je vais continuer à vadrouiller de ci de là (je finis cette chronique dans le train entre Toronto et Montréal en me promettant de ne jamais m’arrêter d’explorer !), voir ce que cette belle Terre compte encore de merveilles et toujours revenir me reposer auprès de ceux qui m’aiment!

Bonne continuation à tous. Les PM sont là si vous avez besoin de me contacter.

Et n’oubliez pas vos rêves en chemin! C’est notre meilleure motivation et source de bonheur….

FrenchPeg
Cette Française originaire du Mans est arrivée au Québec en bateau en 2001. Elle a participé activement aux blogs du forum au début des années 2000. Peggy a toujours continué de travailler en traduction au Québec. Elle a pris racine à Montréal et a fait un bilan en 2017 de son immigration dans la Belle Province. https://www.immigrer.com/equipe-chroniqueurs-frenchpeg/
http://www.immigrer.com

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