QUESTIONS / RÉPONSES
Féministe...vous avez dit ?
Écrit par laurence
Féministe...vous avez dit ?
Ecrit par: laurence 3-12-2004 à 14:40
Bonjour,
JayJay, notre québécoise de retour de France depuis un an, nous livre sa dernière chronique.
À lire en page d'accueil.
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Ecrit par: sarmisegetuza 3-12-2004 à 15:33
Salut JayJay!
je n'arrête pas de m'étonner de la facilité à laquelle le verbe "tourne" chez toi Mais, je crois que ce n'est plus une surprise ...du moins pour ceux qui on pris l'habitude de te lire....
Je ne suis pas en mesure de tout cerner dans ce que tu dis...je vis ici depuis 2 ans et demi seulement...mais y a une chose que je trouve trop ici: la femme a poussé à outrance sa position dans la société...la femme est censée être un catalyseur dans la société et la voilà passé à une position de facteur inhibant...
Je ne veux pas m'atarder la dessus...mais en ce qui me concerne, je trouve que, malgrè tout ça, les hommes québecois auraient des choses à apprendre à une gente masculine un peu trop macho, qu'on retrouve beaucoup dans d'autres pays....
En tous cas, merci pour cette tranche de pensées...
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Ecrit par: scanlolo 3-12-2004 à 16:18
Salut Jayjay,
Ta chronique est sublime comme d'habitude.
Je me souviens de cette terrible nouvelle de Poly et du temps passé a essayé de joindre mes chums depuis la France et d'êtr égoistement soulagé qu'aucun ne soit touché...
Pour en revenir au sujet du féminisme, je crois que c'est le plus grand choc culturel que peut rencontrer un mal francais débarquant au Québec, mais après, il suffit de s'habituer aux règles locales pour éviter de se faire gifler (c'est du vécu) ou traiter de tous les noms...
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Ecrit par: Tartine 3-12-2004 à 17:06
Une très belle chromique, et qui fait réfléchir...
Je ne suis pas ici depuis assez longtemps pour avoir une opinion sur le sujet (cela ne fait que 3 ans que je suis au Canada, dont un an tout juste au Québec). Le point où j'ai vraiment vu une différence entre l'Europe et ici, c'est sur le plan professionnel. La différence est peut-être plus marquée dans mon domaine d'activité (qui est encore très majoritairement masculin), mais je préfère nettement l'atmosphère québécoise. C'est tellement agréable, lors d'un entretien, de sentir que ce qui intéresse l'employeur potentiel c'est mes capacités professionnelles, et pas le fait que je suis une femme, donc susceptible de vouloir faire des enfants un jour et de ne pas se consacrer à 200% à l'entreprise...
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Ecrit par: Curieuse 3-12-2004 à 18:35
Fait à noter et trop souvent occulté au cours de ces 15 dernières années: Marc Lépine (le tireur) est né Gamil Gharbi. Fils d'un immigrant nord-africain très violent qui considérait la femme comme une possession, au même titre qu'une voiture ou qu'un chien. Il a su transmettre sa haine des femmes à son fils même si ce dernier le détestait au point de changer son nom à l'âge de treize ans, pour prendre le nom de sa mère (Monique Lépine).
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Ecrit par: JayJay 3-12-2004 à 19:56
Je ne vais pas polémiquer sur l'origine du nom de l'auteur de ce massacre, mais vous aurez peut-être remarqué que j'ai bien dit que ce soir-là, 15 mamans n'avaient pas eu le bonheur d'entendre le son de la voix de leur enfant. Marc Lépine s'étant suicidé durant un bref moment de retour vers la lucidité, on ne sera jamais vraiment ce qui l'a poussé vers cette psychose meurtrière. Il reste qu'on a toujours occulté le malheur et la tristesse que devait également ressentir sa mère, et je tenais à le rappeler. Contrairement aux autres mamans, elle n'a pas pu crier sa révolte et son deuil publiquement.
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Ecrit par: Petit-Lion 4-12-2004 à 4:28
QUOTE
Il fait la cuisine… mais la propreté de la vaisselle est douteuse. Il passe l'aspi sur le sol, mais oublie les plinthes.
'mande pardon, mais j'ai eu des chambreuses, j'ai eu des chambreurs, et le gars qui lavait le mieux la vaisselle, c'était toujours bibi! Les filles que j'ai connues, on aurait dit qu'elles aimaient pas beaucoup l'eau!
Quant aux yeux d'homme, aux grippes d'homme... mouarf!
Bon oké, peut-être que j'étais une fille, avant!
P-L qui n'a pas peur de l'aspirateur, lui
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Ecrit par: FrenchPeg 11-12-2004 à 21:35
Et quand je pense que j'ai failli raté ça...
Merci Jayjay... c'était très beau... et les relations hommes-femmes au Québec est un sujet qui m'interpelle depuis que je connais le Québec... mais je n'avais jamais fait le rapprochement avec cette catastrophe.... fascinant....
Mais je suis convaincue que les hommes québécois sont très différents des autres... tout simplement, exemple parmis de nombreux autres, parce que j'en connais très peu alors que partout où j'ai vécu j'ai toujours "naturellement" fréquenté plus d'hommes que de femmes (hormis peut-être la France mais je n'y ai vécu en fait que mon enfance et mon adolescence...). Ici pour l'instant, approchez un québécois sans faire un effort surnaturel est mission impossible pour moi...
je n'ai jamais vu aucun homme au monde baisser autant les yeux quand une femme le regarde.
Faites l'expérience : placez-vous dans un endroit public et, discrètement quand même, regarder comment les hommes regardent les femmes, dès qu'un homme regarde une femme mais que celle-ci le voit, il tourne presque systématique immédiatement la tête et si possible avant même d'avoir été repéré. J'ai très peu vu ça ailleurs à ce point...
Un autre commentaire de comparaison qui m'a sauté à la conscience récemment et qui est d'un autre odre, si je compare les hommes québécois et les hommes français dont je connais un peu la vie privée, la grande grande majorité des hommes français de mon entourage, sont totalement incapables de s'occuper de leurs propres enfants tout seuls plus d'une journée (ne sauront pas quoi faire à manger sur plusieurs jours en diversifiant, n'auront pas la patience de s'occuper de plus d'un enfant, etc.) alors que je connais plusieurs québécois qui, du fait de l'excellente idée du système de garde partagée d'une semaine sur deux, en sont totalement capables (parce qu'ils n'ont pas eu le choix s'ils voulaient ne pas perdre leurs enfants). En France, encore récemment, les gardes partagées me semblaient être surtout la semaine chez la mère et certains week-end chez le père...
Fascinantes différences...
Bref... je suis d'un féminisme très différent de celui des québécoises j'ai l'impression et beaucoup de choses m'échappent dans les relations entre les Québécois et Québécoises...
Ta chronique éclaire un peu pour moi une facette de ce vaste et compliqué sujet...
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Ecrit par: Jas06 12-12-2004 à 14:43
A la différence de Jay Jay, je crois que je n'aurais jamais pu épouser un français!!! A voir comment ça se passe dans les couples de mes copines en France....
Les femmes, même si elles bossent, ont la charge de la maisonnée: ménage, bouffe, enfants, activités des enfants, RdV chez le pédiatre.... Bref! TOUT! Sauf qq petites exceptions, qd ça plaît aux pères...
Vous me direz que je généralise, certianement, mais tout de même je ne connais personne où ça ne se passe pas comme ça!
Qd j'étais en maîtrise, une fille a abandonné à la fin des cours... Pcq elle était enceinte et qu'elle n'arrivait plus à tout faire pour son mec qui lisait le journal au retour du boulot...
Heureusement que je suis arrivée avec mon homme (pas québécois non plus, remarquez)...
LEs hommes québécois ont deux pb dans leur vie de couple (ouh la ! je généralise à mort... mais bon c'est une opinion perso...) :
- avec les responsabilités
- avec la communication
Mais bon pour ce qui est de la communication, les français sont pas forts non plus dans mon entourage...
Les femmes françaises...
Je vais vous dire un truc qui m'a profondément choquée et qui me choque toujours autant en France... C'est cette impression que le couple est plutôt une personne CONTRE l'autre... Combien de fois j'ai refusé des soupers de filles pcq elles ne font que parler CONTRE leur mari, même devant des quasi inconnues... comme moi...
Perso, mon couple ne regarde que moi. Si j'ai des pb un jour, j'en parle à une ou deux amies TRES proches et c'est tout.
Je serais très curieuse d'avoir les avis de françaises. Pcq sincèrement, je trouve ça très déroutant ces des déballages perso...
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Ecrit par: JayJay 12-12-2004 à 16:08
QUOTE
LEs hommes québécois ont deux pb dans leur vie de couple (ouh la ! je généralise à mort... mais bon c'est une opinion perso...) :
- avec les responsabilités
- avec la communication
Mais bon pour ce qui est de la communication, les français sont pas forts non plus dans mon entourage...
Jas :
QUOTE
Je serais très curieuse d'avoir les avis de françaises. Pcq sincèrement, je trouve ça très déroutant ces des déballages perso...
Alors là, Jas, j'espère que tu n'es pas choquée par mes déballages hein pq tu es servie! (attention, c'était une blague interne).
QUOTE
Ici pour l'instant, approchez un québécois sans faire un effort surnaturel est mission impossible pour moi...
Peggy, je ne vais pas pouvoir te coacher sur le sujet! J'ai fui honteusement devant l'énormité de la tâche.
Pour moi, approcher quiconque relève de l'exploit surnaturel. Mais en ce qui concerne l'homme québécois, t'as pas le choix, Peggy!!! Le Québécois est (grossière généralisation) d'une timidité farouche. Si on attend qu'il agisse... alors il ne faut pas se plaindre ensuite du poids démographique déclinant des Québécois.
Ce que je croyais apprécier des relations homme-femme au Québec, c'était cet aspect a priori innocemment platonique des échanges. En France, il y a beaucoup plus de sous-entendus, de clins d'oeil, de favoritisme-professionnel-dû-à-la-minijupe comme je l'appelle.
Souvent, je me demande si je ne me suis pas toujours leurrrée. Ici, la différence, c'est l'interprétation qu'on fait d'un geste de gentillesse ou même d'une courtoise attention inintéressée. Faites un compliment, et ça y est... vous êtes "accusé" de drague. Voulant remercier un collègue de m'avoir dépanné, j'ai dit en rigolant cette semaine "Je sais reconnaître le talent" pour le voir piquer un fard et... baisser les yeux (oui oui). Je me souviens d'une vague conversation, lorsque je bossais à Polytechnique (justement), où j'avais ressenti beaucoup de culpabilité de la part d'un collègue de travail avec lequel je jasais fréquemment (comme 2 "nerds", nous passions nos pauses à nous challenger réciproquement sur des questions de trivia aussi farfelues qu'inutiles). "Oh là, qu'est-ce que ma femme dirait", avait-il dit alors qu'on récitait le nom des capitales de chacun des États américains. Ben... elle dirait qu'on est pas mal plates???
Des gestes anodins pour un Français sont interprétés complètement différemment ici (ne serait-ce que dire "Bonjour" avec le sourire). Il faut refaire ses classes constamment. C'est ben fatiguant!
J'arrête ici puisque l'Homme a décrété que c'était le temps des courses.
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Ecrit par: Jas06 12-12-2004 à 16:23
Non non JayJay, je pensais pas à toi... T'es une amie tout de même... Justement, c'est normal!!!
Je pense plutôt à cette femme que je rencontre pour la 1ière fois... Nous l'invitons à dîner car son mari absent est un collègue de travail de mon mari... toute la soirée, elle a parlé de son mari en mal... Il la trompe, est méchant, s'occupe pas des enfants....
Comme c'est la femme-de... On était dans une position délicate... A un moment donné elle me demande "mais qu'est-ce que j'aurais pu faire? Que ferais-tu à ma place?" Et moi, bouillonnante, de me lancer "Moi à ta place je di..." et un coup de pied de mon homme en dessous de la table....
Ben oui... Il avait raison, j'ai pas à me mêler... Mais après une soirée complète... A la 3e rencontre, elle pleurait dans mes bras... La pauvre.
C'est triste en fait, car maintenant que je la connais un peu mieux (la 1ière rencontre date de 10 ans), je m'aperçois que c'est une des rares personnes sur Terre qui est vraiment généreuse... D'une générosité gratuite (je ne parle pas de son mari qui ne se rend pas compte de la perle qu'il a) mais des autres. Toujours prête à rendre service, même si elle-même ça la fout mal.
Mais bon, ce manque de pudeur m'a surprise et me surprend toujours chez elle et chez bcp d'autres.
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Ecrit par: FrenchPeg 12-12-2004 à 21:46
QUOTE
Peggy, je ne vais pas pouvoir te coacher sur le sujet! J'ai fui honteusement devant l'énormité de la tâche.
Pour moi, approcher quiconque relève de l'exploit surnaturel. Mais en ce qui concerne l'homme québécois, t'as pas le choix, Peggy!!! Le Québécois est (grossière généralisation) d'une timidité farouche. Si on attend qu'il agisse... alors il ne faut pas se plaindre ensuite du poids démographique déclinant des Québécois.
Ben là, Jayjay! Comment je vais faire alors si même les Québécoises peuvent pas nous coacher!! ;-)
Bon ben, en tout cas, restons très momentanément sur les certitudes .... je risque pas de rencontrer bientôt des québécois alors... et passons à autre chose... on verra bien
Jas, je dois avouer même si c'est vrai qu'il faut toujours faire attention aux généralités, et bien, moi aussi, dans la grande majorité (genre 80%) des couples franco-français que je connais, la femme fait pratiquement tout.... s'ils regardaient un peu la Petite Vie je suis même bien sûre que leur mec développerait tout à coup un amour inexplicable pour les poubelles! .... Genre, j'en connais que même le jardinage c'est elle, la voiture c'est elle, les plans de la maison c'est elle... etc... etc...
MAIS je dois également avouer que c'est en grande grande grande partie la faute de ces dames car elles sont tellement tellement chiantes qu'il ne peut rien faire sans se prendre de réflexions etc.....
Donc, j'avoue que je le leur dis directement à ces dames que je ne veux même pas les entendre se plaindre tant qu'elles ne laissent pas leur mec faire les choses à leur manière même si ça ne leur plait pas totalement à elles.
Là où je ne suis pas d'accord en revanche, c'est sur le fait que les françaises parlent en mal de leur chum... j'ai entendu la même chose dans la bouche de certaines québécoises et la plupart des femmes auxquelles je parlais ci-dessus parlent en fait peu de leur mec, voire jamais... et en fait, le défendent même presque toujours.
Mais bon, JayJay, tu ne m'as pas du tout du tout rassurée sur l'HOMUS CANADIANUS. Dès qu'on parle un peu individuellement (et encore pire, à répétition) à l'un d'entre eux, j'ai l'impression, s'il ne s'est pas déjà sauvé ou liquifié, qu'il pense nécessairement déjà, avant toute autre chose, qu'on veut sortir avec. Hey là!! Du calme j'en sais rien, je te connais pas, j'essayais justement de te connaître! Comment voulez-vous que j'y arrive, là! Ou alors, faut s'en faire une quantité industrielle sans les connaître pour finalement en trouver un qui nous convienne??!!
Bref, c'est vraiment vraiment difficile les Canadiens!
Mais, j'ai déjà réussi à voir 6 ours en 4 ans au Québec, je vais quand même bien réussir à avoir une conversation sympathique et durable avec un Canadien, saperlipopette!!
En tout cas, ça me rappelle une discussion avec Laurence il y a 2/3 ans qui me disait : "Écoute Peggy, c'est simple, oublie ça! Si tu es pas mal, il est pratiquement impossible d'avoir un "ami" masculin au Québec SAUF si c'est un ex, qu'il est gay ou qu'il est français!"
Ça encourage!
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Ecrit par: JayJay 12-12-2004 à 23:44
Il y a également une distinction culturelle qui dépasse la simple différence entre les relations homme-femme. TOUTE la complexe sphère des relations interpersonnelles au Québec diffère. On en parlait un peu ce matin avec Jas, justement. Ici, il est nettement plus difficile d'entrer en contact. J'ai souvent entendu dire que nous sommes chaleureux mais superficiels. Eh ben, devinez quoi, je trouve que c'est précisément le contraire. Je suis épatée par la facilité d'approche des Français mais perplexe des actes démonstratifs qui me semblent parfois vides de sens. Exemple : les collègues qui sont comme une grande famille (mais 5 minutes plus tard vous réalisez qu'ils sont tous en train de se planter des couteaux dans le dos). À mon boulot actuel, j'ai trouvé les contacts SIBÉRIENS de prime abord. Absence de communication, de transfert des connaissances, etc. J'étais vraiment découragée, je me disais que plus jamais je ne m'adapterais à l'environnement humain québécois. Et pourtant au fil du temps je me suis aperçue qu'il y avait un réel esprit d'équipe; je rushe comme une dingue ces temps-ci et mes collègues ont vraiment mis la main à la pâte. MÊME mon boss qui est ingénieur principal m'a dit qu'il m'aiderait à faire le montage d'une importante offre de service qu'on prépare. Il est allé chercher un technologue pour m'aider, et ce technologue a passé la matinée à faire une job extrêmement plate, et même qu'il a continué après ses horaires, souriant, sans l'ombre de la menace d'une plainte. Mes autres collègues m'ont assurée que lundi matin, je pouvais compter sur elles. C'est vrai que je n'ai pas été accueillie avec le tapis rouge et les embrassades (comme mon autre job en France), mais j'ai remarqué que le parlage dans le dos des autres, ça ne se faisait pas ici. C'est très, très mal vu. Quant aux gars, puisqu'on en parle, eh bien c'est un peu comme le reste. Plus discrets, plus timides, peut-être moins flamboyants mais moins "fakes" aussi. Pour les gars québécois, habitué à une certaine franchise (c'est "straightforwardness" que j'ai en tête mais je ne trouve pas le mot français), une certaine franchise, donc, dans les relations, une sémillante gonzesse qui cligne des yeux, même si elle est juste en train de dire "as-tu besoin du photocopieur?", ça envoie un signal. En France, cette même prévenance mi-candide mi-ché-pas-quoi est normale et ne prête pas à interprétation. C'est peut-être ça la différence qui fait que tu as la perception que les gars québécois fuient et baissent les yeux. Mais je n'irais pas jusqu'à dire que l'homme québécois est une moumoune non plus. Peut-être encore indirectement influencé par l'éducation catholique qui aime bien culpabiliser. Peut-être pas encore tout à fait libéré. Peut-être trop parfois (et ne sachant plus bien comment viser), du fait de cette liberté relativement récemment acquise. Mais Peggy, entre toi et moi, puisque nous sommes en toute intimité , je vais t'avouer bien humblement (pq je n'en ai rien à cirer maintenant, n'étant plus sur le "marché") qu'avec tous mes chums québécois, j'ai été la première à faire The Move. Systématiquement. En général c'était après avoir reçu un signal (quand le gars se dandine d'un pied à l'autre en sachant pas quoi dire après une date au cinéma, tu peux oser). Et je te jure qu'il m'a fallu tout mon petit change parce que mon surnom n'est pas exactement "the bold and the beautiful". Mais il fallait ça sinon je ne l'aurais pas encore eu moé non plus, mon premier french québécois (référence à ta chronique)! So, go for it, girrrrl. Watchez-vous les gars.
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Ecrit par: FrenchPeg 13-12-2004 à 0:17
oh ben là! oh ben là! oh ben là!
Je veux bien qu'une immigration réussie exige un grand don de l'adaptation et je pense pas être trop mauvaise là dedans, mais là, ça veut dire qu'il faut que je fasse une entorce à un vieux vieux vieux réglement interne qui me dictait depuis longtemps de ne JAMAIS faire le premier pas pour pouvoir juger de la motivation de l'autre!!!
Nous v'là ben!
Tout ma technique d'approche instinctive à chambouler!
Bon... je crois que, même avec mes penchants franchement athés, p'têt que none ça va m'être plus facile en fait
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Ecrit par: Petit-Lion 13-12-2004 à 1:58
C'est bien les filles, continuez. Encore quelques décennies, et l'égalité H/F sera atteinte. P'têt même qu'on vous retournera une belle gifle en cas d'approche un peu trop directe.
Dommage, je serai trop vieux...
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Ecrit par: Jas06 13-12-2004 à 3:55
Petit lion, je suis surprise, je trouve ton intervention très violente. Qq part ça fait peur : que dès qu'on met des mots sur des impressions de femmes, il y ait une réaction de violence.
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Ecrit par: Jas06 13-12-2004 à 4:04
French Peg,
Ca me rassure un peu ce que tu dis, mais bon... ici les femmes que je rencontre sont comme ça... Et je ne me sens pas du tout à l'aise, alors j'évite les petites réunions féminines...
Un truc par contre où je ne suis pas d'accord: En France, si on sourit trop, parle trop avec un mec, c'est tout de suite interprété "elle est intéressée"!
J'ai eu des discussion avec des scandinaves célibataires qui elles, sont très directes dans leurs relations amicales... Elles ont eu du mal ici pcq elles souriaient tout le temps aux gars (comme aux filles), parlaient avec tout le monde... Et tout de suite, les gars devenaient collants... (Mais bon je suis dans le sud....)
Au Québec, au moins, y'a pas trop ce danger!!!
Mais bon, French Peg, c''est vrai que si tu rencontres un gars intéressant, qu'il est célibataire... Fonce! ....... euh... Foncer au Québec, ça veut dire être directe, mais en douceur! tu proposes un verre après le bureau... Rien de trop engageant... Puis tu vois...
Ouh la, ça me ramène loin cette discu....
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Ecrit par: JayJay 13-12-2004 à 8:10
QUOTE
ça veut dire qu'il faut que je fasse une entorce à un vieux vieux vieux réglement interne qui me dictait depuis longtemps de ne JAMAIS faire le premier pas pour pouvoir juger de la motivation de l'autre!!!
"Juger de la motivation de l'autre"? Aaaaargh mais Peggy!!! Pourquoi faudrait-il que ce soit l'Autre qui t'informe de sa motivation profonde? L'Autre a-t-il une valeur supérieure à la tienne? Ta motivation à toi, elle ne compte pas? On est encore en 2004 pognées dans ce vieux cliché qui veut qu'on soit moman oubedon pute? Et que si tu manifestes ton intérêt ça signifie que tu es une fille de petite vertu? Nooooooon!!! Par "move" je n'entendais pas de te garrocher sur n'importe qui en l'embrassant fougueusement, je voulais dire qu'il faut parfois, au Québec (euh... parfois... 8 fois sur 10 disons) être celle qui dit : "on va-tu prendre un thé?" (phrase d'approche véridique employée sur un gars tu connais, Jas ). Mais ça peut être après un signal clair de sa part (dans ce cas-ci, je l'avais vu se frapper la tête 3 fois avec le poing, en me retournant après que l'on se soit quitté après une "date" très platonique de bibliothèque). Rien de bien grave, quoi. Pas de honte à ça, ça ne veut pas dire non plus que tu veux te marier avec, avec 1,2 enfant et un semi-détaché à Candiac. Vaut mieux essuyer éventuellement un "Non" que de devenir nonne, il me semble...
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Ecrit par: TitiPirouette 13-12-2004 à 11:42
Très belle chronique JayJay sur un sujet ô combien difficile et quelque peu tabou.
Je suis sans doute une exception des relations franco-québécoises, et aussi un petit message d'espor pour FrenchPeg : j'ai rencontré un québécois 4 mois après mon arrivée , et nous sommes maintenant mariés depuis 4 ans et demi et nous avons un enfant.... rien n'est impossible. Une amie à moi, française émigrée au Québec elle aussi, a elle aussi épousé un Québécois pure laine
Oui, c'est vrai que les relations hommes-femmes sont différentes, teintées de réserve-ou de sous-entendus?- auxquels on est sans doute moins sensibles en France. Je dirais que la relation me semble plus égalitaire. Mon homme à moi fait la vaisselle (bon, maintenant qu'on a un lave-vaisselle, il ne l'a fait plus, mais c'est de ma faute, j'ai demandé un lave-vaisselle au Père Noël), et participe moitié-moitié à la vie du ménage et aux soins de notre fils. Je ne peux pas comparer avec la vie de couple français, puisque je n'ai jamais été en couple avec un Français mais mes copines françaises en ont un peu plus sur le dos, avec quelques exceptions bien entendu.
Je crois aussi que la réaction des québécois face à ce qui s'est passé le 6 décembre est révélateur d'un questionnement de société, marquée par une emprise religieuse totalitaire qui a tracé très nettement un fossé entre les hommes et les femmes. Destinées à la reproduction de l'espèce "canadienne-française-catholique" et au mitonnage de bon petits plats. Oh j'exagère quelque peu, car je crois que les femmes ont toujours bien participé à la vie québécoise, cachée par la façade requise par le diktat. Ce qui a changé maintenant, c'est que les femmes sont sorties de l'ombre et font maintenant "en public" ce qu'elles faisaient en privé.
J'ai de très bonnes relations avec des hommes québécois, célibataires ou pas, seule ou avec mon mari. Je n'ai jamais vu de nez baissé. En revanche, sont-ils ainsi avec moi parce que je suis Française ? Il ne faut pas oublier que le mythe de la Française est encore bien ancré derrière les favoris de nos amis québécois.
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Ecrit par: Petit-Lion 13-12-2004 à 12:18
QUOTE(Jas06)
Petit lion, je suis surprise, je trouve ton intervention très violente. Qq part ça fait peur : que dès qu'on met des mots sur des impressions de femmes, il y ait une réaction de violence.
Ah bon ?¿? mais rassure-toi, on n'en est pas encore là ! moi je faisais juste de la projection : imagine que dans un avenir lointain, une femme plus grande que moi et qui ferait du karaté s'en prenne à ma vertu . . . quel autre moyen aurai-je pour me défendre que de faire de l'esclandre ?
Et ce, même si elle me plaît, bien sûr. C'est une question de principe : les convenances, ma chère !
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Ecrit par: Jas06 13-12-2004 à 12:35
Petit Lion,
J'imagine bien, enfin j'espérais qu'il y avait un semblant d'humour là dessous, mais tout de même... Si je prends le fil de la discu, nous, femmes, devrions-nous être violente avec ces hommes qui flirtent abusivement?
Bien sûr que non, ça ne se passe jamais comme ça... Alors pourquoi l'inverse si une femme flirte directement avec un mec? Pcq vous pouvez le faire physiquement?
Enfin...
Sinon French Peg, je rejoins ce que tu disais plus haut à savoir que souvent c'est la faute à la femme française qui ne sait pas demander à son homme de faire et que si elle le fait, elle repasse après... Ca je l'ai vu... Mais il n'y a pas que ça...
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Ecrit par: Petit-Lion 13-12-2004 à 13:19
J'espère qu'on aura aussi l'opinion d'OM53, ou plutôt de son chat
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Ecrit par: JayJay 13-12-2004 à 13:21
Je ne catche pas trop ton ironie, Petit Lion.
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Ecrit par: Diego 13-12-2004 à 13:53
Bon, je vais généraliser un peu moi aussi.
Et si on parlait de la femme québécoise?
L’homme québécois peut sembler difficile d’approche au premier regard, mais parlez-lui et vous risquez d’être fort surprises (pas autant que lui, par contre! )
Il y a définitivement un problème dans les relations hommes/femmes dans le Québec contemporain. Les hommes de ma génération ont peur des femmes. Rien de moins. J’ai plusieurs amies féminines dans mon entourage, mais la plupart gravitent autour de mon cercle d’amis depuis fort longtemps. Plus on vieillit plus c’est difficile d’entrer en contact, mais cela vaut pour les deux sexes.
Quelle peut bien être la cause du malaise masculin québécois? Je sais pas, mais j’achève de traverser le système scolaire, et je vais vous avouer que 95% des professeurs que j’ai eu au primaire et secondaire étaient des femmes (est-ce comme ça en France?) Qui plus est, à « talent » égal, à la petite école, bien souvent les efforts des jeunes filles étaient infiniment plus valorisés, tout comme leurs réussites. Je réussissais très bien, mais étant assez observateur, je voyais bien que mes bonnes notes et mes bons coups étaient beaucoup moins mis en évidence que celles de mes collègues féminines, et ainsi de suite. Je dis pas ça pour me plaindre, je ne fais que relater ce que j’ai vécu. On ne laisse pas les petits gars agir comme des petits gars ici, la féminisation disproporitionnée dans le système scolaire québécois est peut-être l’une des causes du mal de vivre et de la quête d’identité de l’homme d’ici en 2004, qui sait. Les jeunes garçon ont besoin de bouger, de se bousculer avec leurs semblables, de se confronter entre eux, mais on leur a fait comprendre que ce n'est pas bien d'agir ainsi, qu'il faut être sages comme des petites filles. Résultat? Je ne suis pas très fier de la génération 25-40 des hommes québécois, qui ont réussi à se faire transformer en grosses moumounes imberbes écoutant Star Académie et qui pleurent en écoutant le talk show de Josélito le soir.
Je crois qu’il est là le problème. On le laisse pas les garçons québécois grandir en tant que garçons, justement. Ce qui fait qu’on est rendus avec toute une génération d’hommes roses (ce que je me jure de ne jamais devenir) qui ont presque honte d’exprimer leur masculinité, car ils ont grandi en étant élevés comme des petites filles.
Résultat? Des jeunes hommes adultes confus recherchant leur identité, qui non seulement fait preuve de timidité, mais celle-ci peut se transformer en frustration à la longue, étant incapables de bâtir de véritables relations égalitaires avec le sexe opposé. Le phénomène des Young Angry White Men, très présents au Québec et en Amérique du Nord, n’est sans doute pas le fruit du hasard.
Bon je généralise à fond également, et je ne dis pas que je corresponds moi-même à toute cette description, mais l’homme québécois de 2004 se porte plutôt mal et cherche son rôle dans les relations de tous les jours tout comme dans sa famille.
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Ecrit par: Jas06 13-12-2004 à 14:17
J'ai lu qq articles là dessus: sur le système éducatif québécois qui ferait du tort aux garçons... Je ne sais pas. Dans mon temps... ça ne me paraissait pas comme tu le décris... En France, les écoles primaires sont, je crois, majoritairement féminines. Les activités sportives sont quasi absentes si on compare au Québec. Les études des matières fondamentales sont prioritaires. Les cours d'arts plastiques sont relégués aux jours de fête...
Dans la cour d'école de ma fille de 9 ans, il n'y a que les ballons en mousse qui sont autorisés. Pas de corde à sauter, pas d'élastique... Par peur d'accident...
Difficile de comparer...
P-ê que l'homme québécois, à l'image du peuple québécois qui ne fait pas trop de vague, essaie tranquillement de trouver sa place dans une société où la femme(heureusement) a acquis des droits depuis 50 ans. P-ê fais-tu partie d'une génération ou de plusieurs générations transitionnelles.
De toute façon, dans toutes les cultures, il y a un décalage entre hommes et femmes. Ici on parle de gars qui ... qui quoi en fait? Pleurent devant la STar AC? Moi j'a irien d'un gars qui pleure devant un film de Bergman, mais devant la Star AC???? C'est une questio nde goût et non pas d'être moumounes... LEs filles qui pleurent devant la Star Ac sont à mettre ds le même panier...
Bref! au Québec, les gars sont plus réservés... Cela a ses défauts comme ses qualités!
Il suffit de communiquer pour faire le pont ...
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Ecrit par: Diego 13-12-2004 à 14:40
Jas06 : ne surtout pas prendre ma boutade envers Star Académie et Josélito au pied de la lettre, des fois j'aime bien verser dans la caricature extrême pour démontrer ce que je pense véritablement. N'empêche que ce type d'homme existe pour vrai. Meilleur exemple = récemment, le gars à la SRC dans une pub promotionnelle qui se vantait d'écouter Virginie tous les soirs avec sa blonde. Ceux qui ont vu comprendront : l'homme rose typique contemporain, davantage sur la forme que sur le fond..
J'aime bien ton point de vue de génération transitionnelle, je crois que tu as mis le doigt dessus. Je pense cela également.
Je ne dis pas que le système d'éducation est LA cause du malaise masculin québécois, mais je m'interroge à savoir si c'est une piste de réflexion potentielle... Je suis persuadé que oui, mais bon, ça ne risque pas de changer de sitôt, de toute façon.
Quand j'en parle à mon entourage, on me répond qu'il en a toujours été ainsi au Québec. Faites-moi rire. Trouvez-moi plus assexué qu'une religieuse.
De toute façon, j'aime autant me faire endoctriner par des féministes que par des religieuses.
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Ecrit par: BiscuitDérable 13-12-2004 à 15:01
QUOTE(Jas06 @ 12-12-2004 à 14:43)
LEs hommes québécois ont deux pb dans leur vie de couple (ouh la ! je généralise à mort... mais bon c'est une opinion perso...) :
- avec les responsabilités
- avec la communication
Mais bon pour ce qui est de la communication, les français sont pas forts non plus dans mon entourage...
Pourquoi les femmes veulent-elles toujours transformer l'homme en femme? En grande copine qui n'hésite jamais à se confier et à dévoiler ses petits tracas. Ne pourraient-elles pas tout simplement nous accepter comme nous sommes?
Je fais parti des générations de gars ayant été élevé/éduqué par des femmes. Cours d'art dramatique, couture, bricolage bidon, sport quasi absent. Il ne faut pas trop se surprendre si les garçons se désintéressent de l'école de plus en plus jeune.
N'aller pas penser que je suis du genre gros macho viril. Je crois simplement qu'il faudrait prendre en considération les différences de chacun.
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Ecrit par: laurence 13-12-2004 à 15:03
Bonjour,
Oui, en effet Diego, ton hypothèse sur la féminisation de la classe enseignante, certains reportages ont soulevé la question lors de ces dernières années. Mais en effet, les enseignants au primaire et secondaire sont majoritairement des femmes et ceci depuis bien longtemps, et aussi dans bien des cultures. Est-ce qu'il y a une époque ou un pays où les garçons ont plus leur place, ou ils peuvent bouger comme ils veulent ? Pour moi, c'est pas un facteur déterminant.
Ce malaise dont tu parles, j'aimerais plutôt le nommer la transition. Après 2000 ans de domination masculine c'est pas en quelques décennies que l'homme et la femme vont trouver leur équilibre. La femme prend de plus en plus sa place et je pense que c'est tout simplement cela qui fait peur...et je pense que c'est normal. Mais attention, je ne crois pas que le Québec ou le Canada soit un pays dirigé par des femmes. Qui peuple les assemblées et les parlements de nos gouvernements, qui est à la tête des entreprises de notre pays, qui est à la tête des médias, qui a les jobs les plus payants et stables....?
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Ecrit par: Diego 13-12-2004 à 15:13
C'est vrai Laurence, je suis d'accord avec toi. D'ailleurs si tu lis mon deuxième message, je te réponds presque prématurément. Je n'ai absolument rien contre le féminisme visant à établir l'égalité des sexes au québec, bien au contraire même. Je suis également d'accord avec toi sur le fait que nos têtes dirigeantes sont à forte majorité masculine. Cependant, si on examine d'autres domaines tout aussi rémunérants mais plus effacés, la présence féminine y est très présente, ce qui est parfaitement réjouissant.
Mais le discours féministe hyper-revendicateur, qui frise parfois l'extrémisme, existe bel et bien. Et tend parfois à faire paraître les choses pires qu'elle ne le sont véritablement. Je sais que ce forum n'aime pas trop la controverse, je ne développerai pas là-dessus, mais les atrocités que j'ai entendues la semaine dernière lors des commémorations du 6 décembre, ça faisait mal. Du coup je me suis senti coupable d'être un homme. Sans jamais n'avoir levé la main sur qui que ce soit. Il existe une espèce de méfiance des femmes envers les hommes, et vice-versa, mais je suis d'accord sur le fait de mettre tous ces questionnements sur le compte de la transition.
Pour l'instant.
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Ecrit par: laurence 13-12-2004 à 15:22
Bonjour,
Alors finalement on est d'accord ! Il est où le débat ?
Ah les extrêmistes sont jamais bons pour n'importe quel débat.
Mais tu t'es vraiment senti mal d'être un homme lors des commémorations ? Vraiment ça m'étonne. Qu'est-ce qui a été dit ?
Biscuit, ben non, on veut pas d'hommes comme les femmes. D'ailleurs à ce propos je trouve les Québécois plus près que les Français des femmes. En tout cas, c'est mon avis personnel.
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Ecrit par: Diego 13-12-2004 à 15:41
Salut Laurence, tu l’auras voulu, je vais développer un peu sur le 6 décembre.
Rarement nous n’avons fait mention dans les médias qu’il s’agissait du geste isolé d’UN SEUL désaxé qui a complètement perdu la carte. Comme si ce geste de délire incarnait une menace généralisée envers les femmes. Le fait que ce carnage soit devenu le porte-parole de quelque cause que ce soit, outre la mémoire des malheureuses victimes, me dépasse complètement, ainsi que la récupération qu’en a fait les groupes féministes les plus radicaux.
La mère d’une des victimes à Tout le monde en parle la semaine dernière : je peux comprendre son deuil, insurmontable, mais elle n’y était pas du tout. On ne critique pas une mère implorée, j’en conviens. Mais ce qu’elle disait relevait littéralement du sexisme anti-hommes, à savoir que la source de bien des maux se trouvait dans le sexe masculin. "Ils faut les aider à surmonter leurs pulsions, sinon on va revivre ça" "La frustration masculine peut conduire aux pires atrocités", ni plus ni moins. Et autres phrases creuses du genre qui ne m'ont pas laissé indifférent. Et vlan aux 95% des hommes qui se comportent correctement.
J’ai entendu des groupes féministes prévenir leur auditoire que vue que la haine des femmes est encore présente dans la société actuelle, valait mieux se préparer psychologiquement à revivre ça. Outre le fait qu’on ait occulté selon moi une variable importante à l’équation (culture « familiale » assez heavy aucunement représentative des hommes québécois en général... j’en dis pas plus), certains s’en sont servis pour faire croire que tous les hommes, s’ils n’étaient pas contrôlés, pourraient en arriver là un jour. Je ne caricature même pas, cette fois-ci. C’est le message que j’ai saisi.
Si je n’ai rien compris, voilà un symptome de plus au fossé hommes/femmes québécois.
Ceci dit je ne parle qu’en mon nom, bien sûr ...
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Ecrit par: peanut 13-12-2004 à 15:44
Depuis plusieurs années, ce sont les femmes qui sont en majorité dans les universités(sauf en génie...mais l'écart diminue de plus en plus)
Dans le domaine de la santé par exemple, les femmes ont envahi l'université...et de plus en plus de couples sont formés d'une femme beaucoup plus scolarisée que son conjoint(avec le salaire en conséquence...)
Les filles ont un meilleur dossier scolaire au Cegep, ce qui fait qu'elle raflent la majorité des places à l'université(surtout dans les programmes contingentés). J'ai déjà gradué il y a près de 15 ans, et dans ma classe, nous n'avions que 4 gars pour 43 élèves...et ça dure depuis ce temps là!
Forcez vous donc les gars!(ça, c'est mon petit côté castratrice! )
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Ecrit par: peanut 13-12-2004 à 15:48
oups! je viens juste de lire ton dernier message diego...
je peux comprendre ton malaise, mais n'oublions pas que la violence conjugale existe toujours...c'est pour ça qu'il faut dénoncer encore et toujours ces comportements malsains!
Mais je te rassure tout de suite...on le sait bien que vous êtes (trop?) fins, vous les hommes québécois(en grande majorité!)
euh...peanut qui est avec un français!
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Ecrit par: Jas06 13-12-2004 à 15:59
il y a toujours des extrémistes dans tout. Il en faut, ça fait avancer les choses, mais bon... Après faut relativiser.
La journée du 6 décembre, je devais animer une émission radio avec une copine à l'UQAM et diffusée aussi à Mtl. Je ne sais plus quel était notre sujet prévu, mais à l'annonce du drame on a décidé tout de suite de faire ligne ouverte pour que les étudiant(e)s et/ ou autres puissent s'exprimer. C'était très fort. Hommes et femmes témoignaient de leur stupéfaction, de leur désarroi... De vraies discussions, sans machisme ou idée préconçue sur quoi que ce soit. Un fou avait tiré sur des filles. Les gars qui appelaient ou qui venaient en studio n'avaient pas l'air de se sentir coupables. Nous étions égaux devant cette horreur.
Depuis, en effet, l'événement a dû être repris par certains groupes... P-ê que cette maman à Tout le monde en parle a eu des histoires malheureuses avec des hommes car pour généraliser ainsi... Faut pas connaître des hommes bien!
Sans faire partie d'un groupe féministe (de toute façon ici en France ce sont les "Chiennes de garde", quel nom!!!! non merci!), je suis d'avis qu'ils sont nécessaires. Il ne faut pas oublier que ce sont ces groupes qui nous ont permis d'avoir les droits actuels.
Mais bon, je dis tout cela de l'autre côté de l'Atlantique. A part quelques bribes, je n'ai aucune idée du traitement médiatique de triste anniversaire. Personnellement Diego, nous étions, nous sommes toutes et tous égaux devant de telles tragédies.
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Ecrit par: Diego 13-12-2004 à 16:08
Et dire qu'au début je ne voulais intervenir que pour faire un petit contrepoids avec mon point de vue d'homme québécois. Je me relis et je suis en train de passer pour un espèce de masculiniste enragé, ce que je ne suis aucunement.
Personnellement, aucun problème avec les femmes , par contre, le malaise est bien présent, je le constate chaque jour dans mon entourage immédiat.
QUOTE(Jas06 @ 13-12-2004 à 14:59)
Personnellement Diego, nous étions, nous sommes toutes et tous égaux devant de telles tragédies.
Quelles belles paroles. Je suis tout à fait d'accord. Loin de moi l'idée de vouloir minimiser ce qui s'est passé ce jour-là, bien au contraire. J'ai longtemps vécu à côté de la "Place du 6 décembre", chaque jour je traversais ce parc en ayant une pensée pour les victimes. Qu'elles reposent en paix.
[ton plus léger]Peanut : en politique internationale à l'université, les femmes sont encore sous-représentées. .[/ton plus léger]
Bon, parlant de ça faudrait que j'étudie un peu. Je ne pensais jamais "défendre" la cause des hommes pendant tout ce temps !
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Ecrit par: peanut 13-12-2004 à 17:55
"en politique internationale à l'université, les femmes sont encore sous-représentées" dixit diego
pauvre toi! ça doit être ben platte!
"Bon, parlant de ça faudrait que j'étudie un peu" dixit diego
c'est justement ce que je disais plus haut: forcez vous donc les gars!
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Ecrit par: FrenchPeg 13-12-2004 à 19:02
Cool!
Je vais de ce pas m'inscrire en politique internationale!
Ça tombe bien, justement, plus que 200 pages et j'aurais fini les presque 4000 pages de l'histoire universelle du monde superbe coffret "In Extenso", un régal! Ça devait être dans mon destin alors! hi hi
Bon plus sérieusement, je suis également persuadée qu'on vit au Québec en avant-première une transition dans les relations hommes-femmes vers une égalité viable, alors il y a des faux-pas, des exagérations, des violences, des doutes, etc. etc.
Personnellement, et j'en ai parlé avec bon nombres de mes amis, québécois ou français, pour voir si c'était partagé et ça l'était pas mal, j'ai trouvé une attitude très particulière chez les femmes de la quarantaine-cinquantaine qu'on ne retrouve plus chez les femmes plus jeunes. Est-ce parce qu'il s'agit souvent des mères de mes copines... ou est-ce autre chose, mais j'ai retrouvé du sexisme anti-mec dans leurs propos plus qu'ailleurs, comme chez cette mère dont tu parles Diego.
Ma meilleure copine québécoise qui est célibataire endurcie est elle-même choquée des propos de sa propre mère et de celle de son ex-chum, etc.
Je ne comprend évidemment pas vraiment pourquoi les choses semblent être ainsi, mais c'est très intéressant. Je n'ai jamais entendu ma mère, qui est pourtant une féministe pour une française, dire quoi que ce soit de mal contre les hommes en général, et pourtant elle a pensé à l'avortement dès 1970, à l'époque où les françaises devaient encore aller en Angleterre pour ça, etc...
Merci beaucoup Diego pour tes intervensions car en effet, j'espérais bien que des québécois interviennent et j'ai également constaté cette "peur" des femmes chez d'autres québécois, même plus vieux. Après, chez les plus vieux, ça ressemble à du défaitisme ou du fatalisme d'ailleurs ;-)... peut-être tenté de mépris de ne jamais avoir été vraiment compris.
En revanche, en France aussi, la génération des 20-40 ans ont été "éduqués" en petites classes par des femmes. Je n'ai eu des professeurs masculins qu'à partir de 11 ans, avant que des femmes d'aussi loin que je puisse me souvenir... mais il n'y avait aucune préférence pour les filles en revanche.
Par contre pour les résultats scolaires généraux, il est connu, aussi en France, que les meilleures notes sont souvent données par des hommes à des filles et les plus mauvaises par des femmes ou des hommes aux garçons....
Mais bon, ça je trouve pas que c'est bien grave puisqu'au bout du compte vous gagnez toujours plus que nous à job équivalente! ... donc sur ce coup là.. on va dire qu'on est quitte
C'est quand même triste tout ça... déjà que c'est naturellement pas simple de bien s'entendre, mais quand on part avec tout ça comme contexte, boy!, ça impressionne....
Ma y'y faire attention moi aux tits québécois enfin... s'ils se laissent approcher....
(mais qu'entend-je?... faudrait que je sorte de chez moi pour ça?.... ah ouais? Il était là le problème?!... )
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Ecrit par: L0GAN 13-12-2004 à 19:58
Belle chronique JayJay, j'aime bien comment tu écris ...
Ca peut paraitre paradoxal, mais même si les québécoises sont "libérées" , il me semble qd même qu'une bonne partie d'entre elles sont des femmes ... frustrées !
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Ecrit par: JayJay 13-12-2004 à 23:38
QUOTE
Pourquoi les femmes veulent-elles toujours transformer l'homme en femme?
Accepter l’autre comme il est (peu importe son genre), c’est un exploit naturel en soi. Mais qui a voulu changer qui ? Je pose la question. Les hommes n’ont-ils pas voulu changer aussi ? Les hommes n’ont-ils pas jalousé cette capacité d’expression et d’introspection que semblaient détenir les femmes en monopole ? J’ai entendu des gars dire bien souvent : « J’aimerais ça pouvoir brailler des fois ». « J’aimerais ça pouvoir dire que j’ai mal à la tête ». « J’aimerais ça que ce soit la fille qui fasse les premiers pas ». Et maintenant que c’est à peu près établi, j’entends (sur Canal-Vie ! ) le discours contraire, soit "on a peur des femmes, on en a marre de ne plus pouvoir prendre de décision".
Ma collègue ingénieure me dit que les facs de génie ont été chamboulées par la capacité de travailler en équipe et de communiquer des filles. Les facs ont été obligées de s’adapter et d’offrir des cours de communication pour que les gars les rattrapent, d’une part, et pour bien sûr faire face aux besoins du marché du travail. Un de mes collègues fait un MBA et m’a montré son travail de session la semaine passée. Sans dire un mot, j’ai tendu la main avec un air faussement prétentieux en disant "Tu veux que je le relise?". Il m’a répondu : "Ah ce fut avec plaisir… mais il y avait une fille dans notre équipe… elle nous a tout bien structuré ça, corrigé le français, c’est impeccable maintenant", qu’il a dit en rigolant. C’est une anecdote pour montrer que nous pouvons être complémentaires, c’est la beauté et l’intérêt de la chose.
Ce qui est triste, c’est que plus les femmes entrent dans un domaine, plus les salaires baissent. Les femmes sont majoritaires dans les facs de médecine ? Les salaires des médecins ont baissé (ou stagné). Maintenant, plus d’un-tiers des étudiants en génie sont des femmes. Les salaires baissent.
Quand je n’avais pas encore le nombril sec, un de mes collègues, mon «mentor», avait pointé en direction de la tour du Christ Church qui était en construction à ce moment-là, et m’avait dit que les femmes seraient égales lorsqu’elles seraient en haut de ces échafaudages.
Ben non, les femmes ne seront pas égales aux hommes lorsqu'elles sauront visser un boulon. Le pouvoir, c’est la politique… et l’économie. Et les femmes sont encore loin de détenir les postes clés dans le milieu des affaires. Ça, c’est un choix de vie. Personnellement je n’ai pas envie de bosser 70 heures semaine, ce qui est apparemment requis dans les postes de gestion.
QUOTE
Rarement nous n’avons fait mention dans les médias qu’il s’agissait du geste isolé d’UN SEUL désaxé qui a complètement perdu la carte.
C’est vrai. Mais cet acte était aussi symbolique, même si c’était le symbole d’un désaxé; les psychanalystes peuvent en long et en large parler de l'importance du symbole dans le conflit intrapsychique. Dans sa perception, ce symbole existait. Il a tordu un certain discours qui est aussi entendu dans la société, du moins qui l’était à cet époque.
Un seul désaxé a perdu la carte et la grande question serait de savoir pourquoi ce sont presque systématiquement des hommes qui perdent la carte. Pourquoi 1000 femmes et enfants ont été tués depuis 1989 de la main d’un homme ? Combien d’hommes ont été tués par des femmes violentes ? Moi c’est ça qui me chicote. À la suite des attentats de 2001, on a entendu énormément de discours anti-américains du style « ils l’ont bien cherché ». Ironiquement, ce fut le catalyseur de la revendication du communautarisme musulman en France. Et j’ai entendu un penseur (de foi musulmane) dire essentiellement : «Ce qui me choque, c’est de ne pas entendre les musulmans du monde, les imams de France, dénoncer l’intégrisme religieux».
Je ne crois pas qu’un psychotique ait une quelconque ressemblance avec l’homme québécois moyen. Par contre, l’homme moyen a le pouvoir de dénoncer les actes de violence quotidiens qui sont faits contre les femmes. Et c’est bien réel. À Marseille le mois dernier, une femme a été lapidée pour avoir refusé les avances d’un homme. C’était un psychotique ? On ne va quand même pas se mettre à coller l’étiquette de psychotique à tous les hommes qui tuent ? Il y a bien un moment où on doit s’avouer qu’il s’agit d’un « phénomène » de société, non ? Et je pense que c’est ce que Mme Laplante-Edwards aurait voulu que l’École polytechnique admette. Je n’ai pas entendu (je n’ai pas voulu entendre ?) ce que tu dis qu’elle disait, Diego. Mais je l'ai entendu dire sa déception que l'École polytechnique ne dise pas "D'accord. On va regarder nos façons de faire. On va s'introspecter et se demander si on traite nos étudiantes correctement, aussi". Bien sûr que ce n'est pas Polytechnique qui a tué ces filles. Mais... quand tu mets tes enfants dans une école, tu t'attends à ce qu'ils soient en sécurité. Et honnêtement, le lendemain de la tuerie, c'est ce qui nous choquait tous. Ç'aurait pu être un de nous. Nous n'étions pas dans une petite tour d'ivoire entourée d'une forteresse. Quand un tel événement survient, il est normal qu'une organisation se pose des questions. À la suite de la tuerie à Concordia l'année suivante, on a parlé de la pression "Publish or Perish" qui sévit sur les universitaires. On a parlé de la concurrence entre profs. Concordia a réfléchi sur ce qui, peut-être, avait déclenché la folie de cet autre psychotique (qui, c'est vrai, était professeur à cette même université).
Le problème du 6 décembre, c’est qu’on ne peut plus avoir ce débat Homme-Femme-Désarroi-Pas-Désarroi sans y penser. Entre la tentation de le récupérer, entre la culpabilité toujours ressentie par certains hommes, entre les amalgames entre la psychose meurtrière et la misogynie inoffensive…. C’est difficile de s’y retrouver.
QUOTE
J’ai entendu des groupes féministes prévenir leur auditoire que vue que la haine des femmes est encore présente dans la société actuelle, valait mieux se préparer psychologiquement à revivre ça.
En quoi est-ce faux ? Je ne parle pas d’un tel carnage. Mais est-ce nécessaire qu’il y ait 14 tombes blanches dans une église pour qu’on ressente une indignation ? Quel est le nombre "critique"? 5? 10? 15? 100 000? Et cette femme et son chum qui a ont été tués dans ma région, il y a quelques semaines, par l’ex de la femme, furieux qu’elle refasse sa vie ? Personne n’en parlera. Personne ne parle de ces dizaines de femmes et d’enfants qui sont tués chaque année. Et je parle du Québec. Je ne parle pas des filles en France qui sont harcelées, je ne parle pas de l’excision, je ne parle pas des femmes qu’on lapide.
Jamais, au grand jamais je n’attribuerai la faute à la totalité de la gente masculine. Mais parfois, je voudrais juste qu’un homme en parle, de ces injustices.
Et... sur un ton beaucoup, beaucoup plus léger , ça me déçoit qu’en 2004, on ait l’impression que les filles n’ont pas « le droit » de faire le premier pas. Implicitement, on cautionne ainsi le mythe du prince charmant. Et ça, il me semble que c’est de l’intérêt général de reléguer ça aux oubliettes.
QUOTE
Ca peut paraitre paradoxal, mais même si les québécoises sont "libérées" , il me semble qd même qu'une bonne partie d'entre elles sont des femmes ... frustrées !
Tu sais, ce mot « Frustrées » n’a pas bonne presse… mais bon, je fais comme si je ne l’avais pas entendu. Je vais te le dire honnêtement, je le suis, frustrée. Frustrée car j’ai fait le choix de faire deux enfants (et sans m’attribuer une médaille, j’aimerais bien que ma société de temps en temps m’en montre un peu d’appréciation). Et la conciliation de mon travail (même si j’ai choisi il y a longtemps de sacrifier la carrière qu’on me pressentait) et de ma famille est un exploit surnaturel. Dix semaines post-partum de congé de maternité (en France). Dix semaines, vous vous rendez compte??? Impossible dans ces conditions d’allaiter naturellement.
Ensuite… Pour des raisons hors de notre volonté, mon mari est à la maison alors c’est pas trop mal pour gérer les enfants, mais il y a des matins, lorsque mes enfants tendent les bras vers moi et me suppliant de ne pas partir au bureau, c’est dur. Et pour ça, je suis frustrée. En France, j’ai eu des absences 2 fois pour cause de maladie d’enfant (ou de nounou malade). Chaque fois, j’ai eu des reproches (de ma boss, une femme). Ici, j'ai osé, une fois et tous ont montré de la compassion. Mais à la fin de la semaine, mon chèque de paye était réduit d'autant.
Dans ma région, trouver une garderie relève du miracle, en trouver une qui prendrait les DEUX enfants ? L’improbabilité totale. Ensuite, ces garderies, elles ferment (2 semaines à Noël, 2 semaines l’été pendant la période où je n’ai pas droit à des vacances – et je les paye quand même, vous remarquerez…). On fait quoi si on est deux à travailler ? Ça me paraît clair : on doit forcément prendre ses jours de congé séparément. L’un prend Noël et les autres jours de fermeture ponctuels, l’autre prend l’été. Mais jamais en même temps. Ou alors… on prend du sans solde. Mais qui peut se permettre du sans solde ?
Comment gère-t-on les horaires ? Ma garderie ouvre vers 8 h. Je COMMENCE à 8 h et je bosse à 20 minutes de là.
Un truc bête. Je ne suis jamais allée chercher mon fils à la garderie ou à ses activités de bricolage. Je ne connais pas ses puéricultrices ni l’animatrice de la Ville qui lui fait faire de magnifiques œuvres. J’ai un contact avec elle à travers le bulletin qu’elle nous remet à la fin de chaque semestre. Alors oui, ça me frustre. Je ne suis pas complètement « réalisée » à travers mon travail, et je ne suis pas complètement « réalisée » dans mon rôle de mère non plus. C’est décevant, c'est frustrant.
Super, j’ai le droit de travailler (le droit ou l’obligation parce qu’un salaire unique ne suffit plus à répondre à nos besoins ?). Mais j’ai perdu le droit d’élever ma famille. C’est une transition, mais j’ose espérer que la société saura éventuellement s’adapter à cet état de fait. C’est pas parti pour, car on n’a même pas commencé à avoir le débat encore. J’admets qu’il y ait un désarroi chez l’homme. Mais il y a également un désarroi chez la femme. Et quand ma mère me dit "Je suis déçue parce que tu ne seras jamais premier ministre comme j'avais rêvé", eh ben je me dis que je n'ai rien réussi du tout!
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Ecrit par: Jas06 14-12-2004 à 6:11
Je suis d'accord en tous points avec JayJay... Comme d'hab.
Ce ne sont pas que les hommes québécois qui sont en mutation, les femmes aussi et en fait, la société tout entière. Cette transition dont je parlais, nous la vivons aussi. Ce n'est pas pcq des changements ont eu lieu en notre faveur que tout s'est réglé d'un coup pour nous. Jayjay démontre bien les contraintes au quotidien d'une femme moderne qui tente de combiner famille et travail. La société, bien qu'elle ait accepté les nouveaux droits des femmes, n'a pas pour autant modifié adéquatement sa structure fonctionnelle.
Nous sommes toutes et tous dans une période transitionnelle.
Essayons plutôt d'analyser ce qui se passe autour de nous. C'est une période qui peut, certes, être désarmante, frustrante pour les deux sexes, mais aussi intéressante sociologiquement.
Y'a pas un-e sociologue ou ethnologue sur le site???
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Ecrit par: Jas06 14-12-2004 à 6:18
French Peg,
Dans cet ordre d'idée (càd étude sociologique), prends un petit carnet et note tes rencontres masculines. Les approches différentes, ce qui marche ou pas... Comme un journal ethnographique... Je blague pas du tout. De un, ça va donner un aspect ludique donc moins de pression sur le dos pour rencontrer l'âme soeur, et de deux, ben c'est une vraie approche scientifique dont tu pourrais nous rendre compte.
Je veux tout de suite dire qu'il ne s'agit pas de machisme inversé, bcp d'ethnologues et/ ou d'anthropologues d'aujourd'hui s'intéressent à la communication ds les société occidentales. Je vous réfère à ce sujet à Yves Winkin et son Antrhropologie de la communication. Hyper intéressant, facile à lire. Il invite par ex ses étudiants à se rendre régulièrement à un endroit public (café, piscine, cinéma) et à observer les relations, les discours, les poses (avec petits dessins à l'appui...
Bref! Comme c'est le sujet des relations hommes-femmes et que French Peg est dedans... Pourquoi pas!
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Ecrit par: FrenchPeg 14-12-2004 à 10:55
Je suis bien d'accord qu'il y a toujours des inégalités et de l'injustice... d'ailleurs j'ai même décidé (même si je ne dis pas qu'on ne pourra JAMAIS me convaincre du contraire) de ne pas avoir d'enfants à cause de ça car oui, je trouve ça totalement impossible d'être épanouie dans ma vie personnelle ET professionnelle en ayant des enfants. Pour moi c'est un sacrifice que je ne ferai pas parce que pour l'instant J'estime, selon ma perception des choses, que c'est toujours trop la femme qui s'y colle presque uniquement au sacrifice de SA vie personnelle. Les "oui mais c'est si beau de donner la vie" m'exaspèrent au plus haut point, je veux avoir du temps et la possibilité de vivre autre chose en même temps que d'avoir des enfants et ne pas consacrer 20 ans de ma vie (les plus belles) presque exclusivement à ça parce que c'est difficile de faire autre chose pour l'instant dans nos sociétés. Je ne veux pas devenir une machine dodo/boulot/enfant/dodo pendant les plus belles années de ma vie en sacrifiant ma vie post-enfants (parce que, euh... au fait... ils s'en vont, hein, un jour, faut que ça soit clair, hein?) parce que je n'aurais pas pu bien la préparer. Je parle ici surtout professionnellement et financièrement dans un pays où il n'y a pas vraiment de retraite. Et je ne veux surtout pas avoir à dépendre d'un mec pour m'assurer que, parce que j'élève ses mômes, il sera à mes côtés, peut-être, quand je serai plus vieille. Alors évidemment, les pro-familles diront sans doute, comme d'habitude, que c'est de l'égoïsme, évidemment je ne suis pas d'accord. Je veux réussir dans toutes les sphères de ma vie sans survivre grâce à une société, ni grâce à un concept auquel je ne crois pas "le couple". Tout faire pour être heureux soi-même est un devoir et exprime respect pour le fait d'avoir été mis au monde justement. Si je ne suis pas heureuse dans ma vie, mes enfants le ressentiront de toute façon, etc...
Pour la violence, il est clair que la femme ayant été l'image de la faiblesse en grande partie depuis des millénaires, ça influe sur le comportement général de l'espèce humaine et sur les relations... mais justement on peut changer ça... doucement et intelligemment....
Ce qui me choque et me choquera toujours, c'est de manquer d'intelligence. C"est ça notre force... (alors me parlez pas de Britney Spears ou je hurle ;-))
Les hommes ont été les rois (d'un point de vue liberté et opportunités) économiquement, socialement, familialement, etc. pendant des siècles. Nous voulons naturellement la même chose. Mais si nous sommes intelligentes, nous devons pouvoir l'obtenir sans faire preuve de violence (physiques mais surtout (car c'est notre truc) psychologique) : culpabiliser les mecs et les faire se sentir comme de la merde ne nous aidera pas nécessairement. La preuve, dans certaines sociétés super macho comme, je sais pas, moi, le Far West, les femmes n'étaient pas nécessairement maltraitées au contraire car elles étaient rares et protégées, etc....
Moi ça me fait juste peur d'imaginer un monde où les mecs nous en voudraient, et pour longtemps, de les avoir "castrés", parce que ça n'arrangera pas nos affaires et loin de là.
Ce qu'il faut c'est du RESPECT et de l'AFFECTION, c'est la seule manière. Lorsqu'un homme respecte et aime une femme, dans mon monde, il ne peut pas lui faire de mal. Alors que s'il lui en veut et trouve qu'elle le traite mal, il aura beaucoup moins de mal à lui nuire.
C'est pas en étant dures et bornées avec les hommes qu'on va gagner ça.
Et que ce soit le respect ou l'affection, je ferai remarquer que toutes ces nanas qui montrent leur c... et leurs seins si facilement dans les médias n'aident pas du tout car ça les hommes ne le respectent pas et c'est pas de l'"affection" que ça déclenche chez eux....
Donc il faut à la fois rester compréhensives, intelligentes et « respectables »... C'est pas facile, mais rien n'est facile...
Ton idée, Jas, est amusante en effet... mais je rencontre beaucoup plus de français ou de non québécois (et c'est un cercle vicieux) pour l’instant et faudrait surtout pas qu’ils se rendent compte que je les observe ainsi ! ... mais ce serait cool en effet... peut-être que je vous ferai part plus précisément des expériences que j'ai déjà vécues...
Par contre, soyons précis, je ne crois pas du tout à la notion d'âme soeur (en tout cas surtout pas au singulier), c’est pas ça que je cherche. Je veux juste des amis masculins québécois et pour l’instant j’y arrive pas parce que les rares que j’ai rencontrés, dès qu'ils savent que je veux pas nécessairement sortir avec, disparaissent...
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QUOTE
Et j’ai entendu un penseur (de foi musulmane) dire essentiellement : «Ce qui me choque, c’est de ne pas entendre les musulmans du monde, les imams de France, dénoncer l’intégrisme religieux».
Jayjay en passant, j'ai entendu des musulmans se plaindre de l'intégrisme religieux et même se plaindre que c'était lamentable qu'en fait l'intégrisme semblait être surtout présent dans les pays « occidentaux » et non pas dans les pays « musulmans »..... Abouziad serait mieux placé que moi pour parler de ça.
mais c'est un tout autre débat.]
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Ecrit par: peanut 14-12-2004 à 11:40
wow les filles!
rien d'autre à ajouter...ou plutôt si...les salaires des médecins n'ont pas baissé depuis que les filles sont plus nombreuses...c'est juste qu'elles travaillent moins(volontairement) que leurs confrères masculins en général....
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Ecrit par: Petit-Lion 15-12-2004 à 2:02
C'est juste, ça. Dans la différence de salaire H/F qui existe encore, moi je vois le poids de l'histoire. Oui les hommes ont les postes-clés dans les entreprise, dans la politique... mais ces hommes-là ont plus de 50 ans. La génération actuelle de femmes est la première à être massivement diplômée, et elle sera la prochaine génération à prendre le pouvoir. C'est inéluctable.
Et au cas où je me serais mal fait com