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Combien faut-il vraiment gagner pour bien vivre en 2026 au Québec?

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Combien faut-il gagner pour bien vivre au Québec en 2026? La question revient de plus en plus souvent, alors que les loyers, l’épicerie, les assurances, les sorties et les dépenses du quotidien pèsent lourd dans le budget des ménages.

Et selon l’entrepreneur Nicolas Duvernois, fondateur et président de Duvernois Esprits Créatifs, les montants généralement associés à un revenu « viable » ne suffisent plus nécessairement à assurer un niveau de vie réellement confortable.

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Invité à l’émission d’Isabelle Maréchal à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM à Montréal, il a avancé des chiffres qui risquent d’en faire sourciller plusieurs : pour bien vivre à Montréal, une personne seule devrait gagner beaucoup plus que ce que plusieurs considèrent encore comme un bon salaire.

Des montants qui frappent l’imaginaire

Selon Nicolas Duvernois, une personne célibataire vivant à Montréal devrait disposer de 57 000 $ à 66 000 $ par année après impôts pour vivre confortablement. Cela correspondrait à un salaire brut d’environ 85 000 $ à 100 000 $.

Pour un couple, l’entrepreneur estime qu’il faudrait viser un revenu brut combiné de 140 000 $ à 180 000 $, soit environ 87 000 $ à 107 000 $ après impôts.

Quant à une famille de quatre personnes, elle devrait pouvoir compter sur un revenu brut de 220 000 $ à 240 000 $, ce qui représenterait environ 127 000 $ à 136 000 $ en revenu net.

Ces chiffres peuvent sembler élevés, mais ils illustrent une réalité de plus en plus ressentie par plusieurs ménages : il y a une différence importante entre payer ses comptes et vivre avec une véritable marge de manœuvre financière.

Le revenu viable de l’IRIS : un seuil minimal, pas un seuil de confort

Les propos de Nicolas Duvernois s’appuient en partie sur une comparaison avec les données de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques. Selon l’IRIS, le revenu viable après impôts pour une personne seule se situait en 2025 entre 31 696 $ et 42 884 $, selon la région du Québec.

À Montréal, ce revenu viable était évalué à 39 714 $ pour une personne seule. À Trois-Rivières, il était de 31 696 $, tandis qu’il atteignait 42 884 $ à Sept-Îles.

L’IRIS précise toutefois que le revenu viable ne correspond pas à un revenu de confort. Il s’agit plutôt d’un revenu disponible permettant de vivre hors de la pauvreté et d’assurer une participation sociale, économique et culturelle minimale.

Autrement dit, ce seuil sert à mesurer ce qu’il faut pour sortir réellement de la pauvreté. Il ne garantit pas nécessairement la possibilité d’épargner, de voyager, de faire face facilement aux imprévus ou de vivre sans stress financier.

Pourquoi Nicolas Duvernois juge ces chiffres insuffisants

Pour Nicolas Duvernois, les montants de l’IRIS donnent un portrait utile, mais incomplet, de la situation. À ses yeux, vivre raisonnablement en 2026 ne signifie pas seulement couvrir les besoins de base. Cela suppose aussi de pouvoir absorber les imprévus, épargner, se loger convenablement, se déplacer, avoir accès à des loisirs et ne pas être constamment pris à la gorge par ses finances.

C’est pourquoi l’écart entre les chiffres de l’IRIS et ceux qu’il avance est aussi grand. L’IRIS parle d’un seuil de sortie de pauvreté; Nicolas Duvernois parle plutôt d’un seuil de confort financier.

Cette distinction est essentielle. Une personne peut gagner assez pour ne pas être considérée comme pauvre, tout en ayant l’impression de ne jamais pouvoir respirer financièrement. C’est précisément cette zone grise qui touche aujourd’hui une partie de la classe moyenne québécoise.

Le logement demeure le principal facteur de pression

Dans son étude, l’IRIS insiste sur le rôle central du logement dans la hausse du coût de la vie. Même si le coût du transport a diminué entre 2024 et 2025 pour les ménages qui possèdent une voiture, sortir de la pauvreté coûte encore plus cher pour plusieurs ménages, notamment en raison des loyers.

L’organisme souligne que les loyers continuent d’augmenter à un rythme plus élevé que l’inflation. Alors que plusieurs parlent de crise du logement, l’IRIS estime que la situation est devenue structurelle : les hausses répétées empêchent de nombreux ménages d’atteindre une vie réellement exempte de pauvreté.

Pour une famille composée de deux adultes et deux enfants en CPE, le revenu viable atteignait 85 200 $ après impôts à Montréal en 2025. C’est presque autant qu’à Sept-Îles, où le seuil était évalué à 85 463 $, soit le plus élevé des villes étudiées.

Ces données montrent à quel point le logement influence directement le revenu nécessaire pour vivre dignement, particulièrement dans la métropole.

Une famille doit-elle vraiment gagner plus de 200 000 $?

Le chiffre avancé par Nicolas Duvernois pour une famille de quatre personnes peut surprendre : 220 000 $ à 240 000 $ de revenu brut. Pour plusieurs Québécois, ce montant paraît énorme.

Mais l’objectif de cette estimation n’est pas de définir le seuil de survie. Elle vise plutôt à illustrer le revenu qui permettrait à une famille de vivre plus confortablement, avec une maison ou un logement adapté, deux adultes qui travaillent, des enfants à charge, des frais de transport, des assurances, des activités, de l’épargne et une marge pour les imprévus.

La question devient donc moins simple qu’elle n’y paraît. Une famille peut très bien vivre avec moins, mais elle risque alors de devoir faire des compromis importants : logement plus petit, moins d’épargne, sorties limitées, vacances reportées ou stress accru devant les dépenses imprévues.

La classe moyenne redéfinit le mot « confortable »

Ce débat montre que la notion de confort financier a changé. Pendant longtemps, un emploi stable et un revenu moyen permettaient de se loger, se nourrir, se déplacer, avoir quelques loisirs et mettre un peu d’argent de côté.

En 2026, cette équation semble beaucoup plus fragile. Plusieurs ménages ne sont pas pauvres au sens strict, mais ils ne se sentent pas non plus financièrement à l’aise.

C’est ce qui rend l’intervention de Nicolas Duvernois intéressante : elle met des chiffres sur un malaise que beaucoup ressentent déjà. Le revenu viable permet de mesurer la sortie de pauvreté, mais il ne répond pas entièrement à la question que se posent de nombreux Québécois : combien faut-il gagner pour vivre sans avoir constamment peur du prochain paiement?

Alors, combien faut-il vraiment gagner?

Il n’existe pas une seule réponse. Pour vivre hors de la pauvreté, les données de l’IRIS indiquent qu’une personne seule devait disposer en 2025 d’environ 32 000 $ à 43 000 $ après impôts, selon la région. Pour une famille de deux adultes et deux enfants en CPE, il fallait plutôt compter entre 72 081 $ et 85 463 $ après impôts.

Mais pour vivre confortablement, les estimations avancées par Nicolas Duvernois sont beaucoup plus élevées : jusqu’à 100 000 $ brut pour une personne seule à Montréal, jusqu’à 180 000 $ brut pour un couple et jusqu’à 240 000 $ brut pour une famille de quatre personnes.

Ces montants ne décrivent pas seulement une réalité comptable. Ils révèlent surtout une inquiétude sociale : le coût de la vie a tellement augmenté que plusieurs Québécois doivent revoir à la hausse ce qu’ils considèrent comme un revenu suffisant.

Un débat qui dépasse les chiffres

Au fond, la question n’est pas seulement de savoir combien il faut gagner pour payer ses dépenses. Elle est aussi de savoir quel niveau de vie une société souhaite rendre accessible aux personnes qui travaillent, aux familles et à la classe moyenne.

Le revenu viable de l’IRIS établit un seuil essentiel pour mesurer la sortie de la pauvreté. L’intervention de Nicolas Duvernois, elle, pousse le débat plus loin : combien faut-il gagner pour ne pas seulement survivre, mais réellement bien vivre?

Et c’est précisément là que la réponse choque. Pour plusieurs ménages québécois, le montant nécessaire pour vivre confortablement semble désormais beaucoup plus élevé que ce que les salaires actuels permettent facilement d’atteindre.


Sources

  1. Yannick Beaudoin, « Combien faut-il vraiment gagner pour bien vivre en 2026 au Québec? La réponse choque », Salut Bonjour, 24 avril 2026. Article rapportant l’intervention de Nicolas Duvernois à l’émission d’Isabelle Maréchal à QUB radio et télé.
  2. Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, « Le revenu viable en 2025. Le logement encore au cœur de la sortie de pauvreté », 30 avril 2025. Données sur le revenu viable, le logement, le transport et les différents types de ménages étudiés.

Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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