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Trouver du travail quand on en a déjà un!

Quand nous sommes arrivés à Montréal avec Isabelle, il y a maintenant deux ans et demi, nous nous sommes accordés un peu de temps de vacances, du moins au début. Nous voulions je crois prendre le pouls de la ville, commencer à y prendre nos marques et à l’apprécier. Puis, au bout de quelques semaines, alors que nous étions encore hébergés chez mon parrain à Saint-Lambert (sur la rive sud), ma blonde a reçu une lettre d’HEC Montréal lui indiquant, à sa grande surprise, qu’elle avait été acceptée. Elle avait en effet rempli et envoyé un dossier de candidature pour HEC Montréal alors que nous étions encore à Paris, mais sans trop y croire. Et pourtant ! Alors que nous avions prévu de chercher (et de trouver !!) tous les deux du travail, la donne a subitement changé. Bien sûr, il n’était pas question de laisser passer une occasion pareille : Isa a donc commencé ses cours dès la fin du mois d’Août 2004. Il fallait alors absolument que je trouve du travail, si possible bien payé pour pouvoir subvenir aux besoins de notre couple. Travail trouvé, j’ai commencé le 3 Septembre 2004, avec un salaire correct pour un immigrant qui vient de débarquer au pays et qui se trouve sa première job. Un peu plus tard, nous apprenons que les cours d’Isa ne vont pas durer un an, mais deux ! Heureusement, comme la grande majorité des étudiants de sa promo et des autres, les étudiants peuvent travailler tout en suivant leurs études. Nous ne nous étions pas posé la question lors de la première année à vrai dire. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et Isa et moi travaillons toujours aux mêmes places : moi depuis deux ans maintenant, et Isa depuis un an et demi environ. Et… en ce qui me concerne, ceux qui me connaissent où me lisent souvent le savent, je changerais bien de travail si j’en avais l’opportunité. Mais avant de démissionner de mon travail actuel, il me faut en trouver un autre, plus intéressant et bien entendu mieux payé, sinon à quoi bon. Chercher et trouver du travail quand on en a déjà un est précisément l’objet de cette chronique, vous allez voir que ce n’est pas de tout repos mais que c’est assez drôle aussi !

Avant toute chose, je n’ai pas encore trouvé de nouveau travail. J’ai quelques pistes, notamment grâce au réseau d’Isa, mais je reste très sélectif. Je cherche le boulot idéal, pas n’importe lequel pour dire de changer et de me retrouver dans le même profil de poste que celui que j’occupe actuellement. Mais voilà, comme je l’ai dit, j’ai déjà un emploi, celui que j’occupe depuis deux ans, dans la même compagnie où je suis le seul véritable francophone. J’ai besoin de changer d’air, sans compter qu’en ce moment, une sombre histoire de fusion entre notre compagnie et une autre est en cours, et que les employés sont les derniers à savoir vraiment ce qui se passe. Tout ce que je vois, c’est que j’ai de moins en moins de travail, ça en devient presque effrayant… et cela peut d’ailleurs, en grande partie, expliquer mon “retour” du moment sur le forum d’Immigrer.com ! En plus, le domaine d’activité de ma compagnie est depuis longtemps la cible du gouvernement américain, qui a décidé très récemment de voter une loi pour rendre illégal les jeux d’argent en ligne dans certains États des États-unis. En clair, je sens que notre navire vient d’être torpillé et que ses cales se remplissent à vue d’oeil. Raison de plus pour le quitter avant qu’il ne coule. Et enfin, last but not least, cerise sur le sundae : ma boss a verbalement accepté que je prenne des vacances à Noël, mais refuse pour l’instant de les officialiser en signant cette maudite feuille. Il faut que vous sachiez que les employés de ma compagnie n’ont pas le droit de prendre de vacances pendant la période des Fêtes de fin d’année. Mais, quand j’ai demandé cette faveur à ma boss en Août dernier suite au décès de ma grand-mère maternelle, celle-ci s’était montrée très compréhensive et avait acquiescé ma demande malgré ses nombreuses réticences. Je lui ai de suite demandé comment elle allait s’y prendre pour justifier que je puisse prendre des vacances, elle m’avait répondu de ne le dire à personne et qu’elle se débrouillerait. Quand je pense que j’ai mis plusieurs semaines à lui faire signer cette satanée feuille ! Si je lui avais signé le jour même, peut-être qu’elle aurait pris son stylo sans réfléchir davantage et qu’elle aurait délicatement apposé sa signature tout en me faisant part de ses (sincères) condoléances. Mais… non. Pas de trace écrite pour l’instant, trop tôt, et il ne faut pas que mes vacances soient “on file”, an anglais dans le texte ! Ben voyons… peux-tu bien me dire ce que ça change ? Peux-tu bien me dire qui, mis à part la comptable et toi-même, peut avoir accès à ces données? Bref, je vais donc incessamment sous peu revenir à la charge et voir sa réaction. Si je comprends qu’en fait, elle avait dès le début en tête de me refuser mes vacances, alors qu’elle sait que j’ai déjà acheté les billets d’avion, eh bien ce sera une motivation supplémentaire pour changer de job !
J’ai déjà commencé, bien sûr, à chercher. Et j’ai déjà passé quelques entrevues, qui se sont malheureusement toutes soldées par une réponse finale négative. Mais bon, je ne perds pas espoir de trouver chaussure à mon pied. Je vais prochainement, je l’espère, retrouver les frissons que procure la recherche d’emploi quand on en a déjà un ! Un vrai marathon, assez comique intérieurement mais somme toute bien normal en Amérique du Nord. Voici donc le résumé de ce qui se passe lors de ces journées où l’on recherche un emploi quand on en a déjà un !
Tout commence en général par un courriel envoyé au service des ressources humaines du potentiel employeur. Ne pas attendre de réponse immédiate, il faut relancer et relancer sans cesse, par téléphone. Pour cela, rien de bien compliqué, il suffit de s’équiper de son téléphone cellulaire et de s’absenter un peu de son lieu de travail, ou d’appeler d’une cabine téléphonique. Jusque là, rien de bien sorcier.

Ça devient amusant quand, au moment où je ne m’y attends plus, mon cellulaire sonne en pleine journée de travail. Tiens donc… un numéro inconnu… il est donc bien possible qu’il s’agisse d’un employeur. Stratégie : répondre à l’appel et se lever en même temps pour aller se chercher un verre d’eau, au cas où l’appel exigerait une certaine discrétion. Voir carrément sortir si la situation l’exige, de manière à conserver un ton de voix intelligible pour mon interlocuteur. Autre solution, pour les cas désespérés : demander de façon très polie si je peux rappeler dans les 5 prochaines minutes. Dans tous les cas, l’instinct trompe rarement : il s’agit bien souvent de la même personne des ressources humaines de la compagnie, que l’on a contacté la semaine précédente voire le mois précédent, qui vous propose une entrevue ! “Ok, va pour mercredi, dans deux jours donc, Ah! Non excusez-moi, demain ! Oui c’est ça, attendez je réfléchis, non il n’y a pas de problèmes pour demain. Merci beaucoup, et à demain 11h30 alors ! Au revoir.” Et je me rassoit comme si de rien était. Puis j’envoie rapido presto un courriel à ma blonde pour la tenir au courant ! Et je commence déjà à réfléchir à la stratégie pour le lendemain, le but étant de conserver secrète l’entrevue. Phewwww… Ok, c’était ben l’fun pour l’instant, mais le plus drôle est à venir !
Arrive le lendemain. Donc… c’est ou déjà ? Sur mon petit bout de papier, c’est noté métro Mc Gill, au sous sol, prendre l’escalier roulant au 2020 University, puis en prendre un second immédiatement sur la gauche… ouh là ! Ok le plus simple c’est d’y aller en métro comme prévu ; en voiture je vais mettre trop de temps à me trouver une place, et les stationnements à 4$ la demi-heure, très peu pour moi anyway. Et j’ai dit que j’allais dire à mes collègues que je prenais mon lunch avec Isa ce midi, ça a l’air de la dernière journée pour profiter d’une terrasse puisqu’il fait chaud aujourd’hui, donc ça passera sans problèmes.

11 heures. Ça y est, j’y vais. Direction : le stationnement en bas pour me faufiler dans ma voiture. Je me retourne, gauche, droite, apparemment personne. C’est parti ! J’enlève mes Puma et mon jean, et je me change pour une tenue plus conforme à une entrevue. Chaussures noires de ville, et pantalon de costume. Et la ceinture bien entendu. Hop c’est fait, je sors discrètement de ma voiture et du stationnement, par l’entrée des voitures pour éviter de prendre le risque inutile de tomber sur un collègue dans l’ascenseur, et hop me voilà dans le métro ! Je passe l’entrevue, qui a l’air de bien se dérouler d’ailleurs (chouette), et je ressors sur la rue University, une heure plus tard. Quelle heure il est là… ah ouais, treize heures quand même ! Et je n’ai pas mangé alors que je suis sensé avoir fini depuis longtemps, puisque j’ai dit que je serais de retour à treize heures justement ! Bon bah, je n’y serais pas c’est clair. Bof, pas grave, mon entrevue, je l’ai passée ! Allez on continue, petite cigarette, un Subway sur le pouce dans la rue, et vas-y que je m’en fous partout, en plus je suis en rogne parce que chez Subway, décidemment, ils sont incapables d’articuler deux mots de français à leurs clients francophones, et ça m’énarve !!! Bref passons. Vite au métro Mc Gill, on rentre à Atwater, et chemin inverse : stationnement par l’entrée des voitures, je me change rapidement, et je reviens au travail comme si de rien était. “Alors t’as été ou ?” Allez cette fois, ça va être le coup du petit resto japonais en terrasse en face de la Place des Arts. Ni vu, ni connu.

C’est chiant d’avoir à mentir de la sorte à ses propres collègues, je n’aime pas franchement ça, mais la situation m’y oblige. Certains collègues néanmoins, parmi les plus proches, sont au courant. Quand ils me voient passer la porte à 11 heures, ils savent où je vais. Et quand ils me voient revenir à 14 heures, ils s’empressent de faire sonner mon téléphone pour me demander un pseudo service, afin que je vienne leur raconter comment s’est passée l’entrevue. Et quand ils n’ont pas de nouvelles depuis quelque temps, ils me redemandent si j’ai du nouveau. Je ne le dis qu’à certains d’entre eux, car je sais qu’ils le garderont pour eux, l’important est que ce genre d’information n’arrive pas aux oreilles de ma boss, du moins pas tant que je n’ai pas l’intention de le lui dire moi-même dans le cas d’une entrevue qui porterait ses fruits.

Puis, c’est l’attente. Elle m’a dit de rappeler vers le 20, le mercredi, OK. Si je n’ai pas de nouvelles avant, j’appelle mercredi dans une dizaine de jours. Arrive le mercredi en question. Je m’éclipse vers 10 heures du matin pour joindre la compagnie et aller aux nouvelles. “À vrai dire je ne sais pas encore, je vous appelle vendredi, je devrais avoir la réponse définitive.” Ok, va pour vendredi, deux jours de plus à attendre donc. Le vendredi, mon cellulaire sonne et affiche le nom de la personne que j’ai rencontrée deux semaines plus tôt. Je me lève et me dirige vers la sortie, pour comprendre rapidement au ton de la voix de mon interlocutrice qu’un autre candidat avait été finalement choisi. Je demande la raison, si c’est lié à mon profil, à mon expérience. Non, c’est quelqu’un du réseau interne qui a été choisi ! (Crisse de réseau à mmm…) Cela dit, mon CV risque toujours fort d’intéresser la compagnie qui va donc le garder pour plus tard si besoin est. Pour ça, je sais que ce ne sont pas des paroles en l’air puisque la première fois que j’avais parlé à cette femme, il était 22h30 quand mon cell a sonné, et j’étais… en vacances en France !
Il ne reste plus qu’à recommencer à chercher et à envoyer mon CV de façon sélective. Je ne suis pas pressé, je veux juste changer de job, et être capable de partir en vacances à Noël comme prévu. Je vous tiens au courant sans fautes ! (27 Avril 2011 : Ça y est. J’ai enfin trouvé une nouvelle job !… je plaisante bien sûr. Enfin j’espère…)

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Écrit par
Tof

Qui suis-je? Moi c’est Christophe, je suis originaire du Nord de la France où j’ai passé mes 24 premières années avant de poser mes valises à Montréal le 16 Mai 2004. J’ai travaillé en tant qu’informaticien et webmaster pour plusieurs entreprises de Montréal. Pourquoi avoir choisi d’immigrer? Parce que. Besoin de changer d’air, d’ouvrir mes horizons, de voir comment ça se passe ailleurs dans le monde et ce que ça peut m’apporter personnellement. Pourquoi le Québec ? Parce que parce que c’est l’Amérique en français (et non l’Amérique à la Française), parce que c’est vrai que c’est plus « facile » entre guillemets, parce que je voulais savoir ce que ça faisait -30 degrés sous zéro, parce que je pensais que tout le monde parlait français et quelques-uns anglais, parce que (à suivre – liste non-exhaustive)

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