Toune d'automne Comme dirait...

Toune d’automne Comme dirait…

Toune d’automne

Comme dirait un certain chanteur à minettes (mais non Marion j’ai rien dit !) « Anyway chuis content qu’tu reviennes, t’arrives en même temps que l’automne ».
L’automne et ses journées pluvieuses (qu’on est tanné nous autres de les subir, hein ?), l’automne et ses couleurs. L’automne et mes retrouvailles.

Avant d’aller plus loin, je dois juste avouer que j’ai galéré longtemps pour trouver ce sujet et qu’il m’a suffit d’une ballade en autobus sur l’avenue Mont-Royal ce soir, mon MP3 sur les oreilles, un petit Jeszcze Raz suivi d’un Cowboys fringants en regardant les gouttes de pluie sur les vitres du bus pour finalement trouver le « mood » d’écrire.
C’est donc à un exercice d’écriture spontanée que je me livre ici et hormis les fautes d’orthographes ou de grammaire, je vous fais le serment de ne rien corriger de ce qui sortira de mes doigts fébriles sur le clavier.
Oh my god, pourquoi ai-je promis ceci à l’instant quand je lis les niaiseries que j’ai déjà pondu en peu de lignes !

Bref, revenons à notre automne. Cela fait peu de temps ou près d’un mois que je suis revenue dans ce que je me permettrai d’appeler mon « autre chez moi ». Figurez-vous qu’avant de revenir, je me suis imaginée des retrouvailles, des soirées, des fêtes en pagaille. Mais la vie étant ce qu’elle est, des bébés ayant pointé leur petit nez, des emplois du temps tous plus chargés les uns que les autres (qui d’entre vous est capable de dire qu’il fait 16 heures dans une journée deux fois par semaine? Moi hihi mais avec une heure et quart de battement quand même et un client qui ne tient pas éveillé plus de une heure et demie à la fois !), je n’ai pas encore eu le temps de revoir le quart du tiers de mon agenda.
Néanmoins ceux et celles que j’ai eus le loisir de revoir sont tellement heureux de me revoir que j’en suis émue et surprise.

Je sais qu’il circule deux rumeurs diamétralement opposées sur Internet à propos des québécois : la première dit qu’ils sont fort accueillants, la seconde rapporte qu’il est difficile de s’en faire des amis.
Je ne remets pas en doute cette impression seconde que certains ont ressenti, je parle juste de mon point de vue avec mon idée personnelle de l’amitié.
Certes je n’ai pas eu droit au grand souper de retrouvailles que j’aurai aimé pour des raisons d’emplois du temps entre autres mais le plaisir des retrouvailles est aussi fort. Quand quelqu’un vous serre dans ses bras après un an de séparation, si frustration et hypocrisie il doit y avoir, vous le ressentiriez tous et toutes. Dans ce lot, mes colocataires, d’ailleurs une lectrice du forum a pu apercevoir nos retrouvailles, que j’ai revu en un mois une seule et unique fois, mais une fois suffisante pour que ces liens qui nous unissent soient recréés.
Un ami pour moi n’est pas nécessairement la personne avec qui j’irai dîner ou souper toutes les semaines, c’est quelqu’un que je peux justement revoir après tant d’heures d’absence et avoir toujours la même complicité. C’est ainsi pour ma meilleure amie depuis que nous avons quitté le secondaire et que je suis allée faire mes études par monts et par vaux. Et cela vaut également pour mes amis du Québec.
Mais plus encore, je pense qu’il faut faire la différence entre les amis (qui se comptent nécessairement sur les doigts d’une main, voire des deux quand on est chanceux) et les copains-connaissances qu’on apprécie aussi beaucoup et qui eux remplissent mon calepin téléphonique. Je suis un animal social, je l’assume, mais je ne suis « fidélisée » qu’à un petit nombre d’êtres.

Dans ce mois écoulé, j’ai également entamé comme tout bon immigrant ma recherche d’emploi. En fait d’emploi, je devrai dire emploisssss.
Un jour dans une garderie en milieu familial pour me faire les dents dans le métier, 3 jours dans une garde à domicile, 2 soirs dans une autre garde à domicile, quelques jours avec ma garderie en milieu scolaire, et des soirs d’appoint. Et mon téléphone sonne encore et mon agenda commence à ressembler à celui d’un ministre (ou ce que j’imagine comme tel). Mon annonce d’offre de services datait de 2 semaines quand mes contrats actuels étaient déjà tous bouclés ou en voie de l’être’
Un téléphone, un agenda, un stylo, et beaucoup de culot et d’audace, mes armes fatales lol’
Côté références, j’avoue que j’ai eu l’avantage d’être là auparavant, et d’en avoir des solides qui vous vendraient la lune et tous ses trous sans que vous ne vous rendiez compte de rien et en plus avec toute la conviction du monde en ce qu’elles disent’ Chanceuse ? Sans doute.
Parce que en plus, y a pas à dire, mais même si je gagne pas 10$/H dans aucuns de mes (nombreux) contrats de garde, j’ai la chance de faire de sacrées belles balades.
Après le Mont St Bruno avec un guide naturaliste (nan c’est pas un monsieur tout nu mais un homme qui vous explique la nature, les trous dans les arbres, vous fait voir de près des musaraignes avant de les relâcher etc.) au moment des couleurs, j’ai eu droit à une visite dans une ferme entièrement dédiée aux fées à St Denis sur Richelieu (et un super cute cadeau de ma boss pour notre premier bout- pas encore en train je vous rassure). Puis j’ai eu le loisir de me baigner à l’Aquadôme, de visiter le musée Pointe À Callières pendant Halloween (et accessoirement de manger plein de friandises gentiment distribué sur la rue St Paul par les commerçants envoûtés par nos petits monstres!) et je me rends demain au Salon du Livre.
Alors forcément, je n’ai pas les avantages que présentent des jobs à temps plein, comme je pourrai avoir en communication peut-être, mais les avantages en nature sont tellement gratifiants : tendresse, sourires, yeux étoilés et dessins malhabiles qui décorent présentement mon réfrigérateur, pour le plus grand bonheur moqueur de mon coloc et de mon chéri.

Bien sûr, comme beaucoup, je me suis posée des questions sur ma vie ici. Je ne sais pas si c’est l’automne ou si c’est l’immigration, mais je penche pour les deux, mais j’ai jamais connu autant de hauts et de bas dans une même journée.
La première après une grosse frayeur au niveau de ma santé qui s’est soldé par 7h d’attente dans une clinique médicale (en fin de semaine !) et 2 semaines de téléphone pour obtenir enfin un RDV chez un spécialiste pour dans 3 semaines (mais là j’aurai pu l’avoir pour le vendredi qui suivait sauf que je bosse moi madame !). Oui le système des cliniques médicales est un lourd embarras quand on arrive au Québec, mais j’ai eu le loisir dans ces 7h de discuter avec ma voisine et mon voisin de pénitence, de faire sourire un enfant malade, de lire une entrevue de Céline Dion dans un magasine de 1985 !
La seconde s’est déroulée de manière moins drôle puisque mon chéri a perdu un oncle deux semaines après notre arrivée. Outre l’aspect première pour moi, puisque je n’avais jamais assisté à aucun enterrement de toute ma vie, soit parce que j’étais trop jeune, soit parce que j’étais en voyage ou au Québec quand cela est arrivé, cela a ravivé en moins le sentiment douloureux qu’éprouvent tous les immigrants à ce sujet en passant aux leurs restés là-bas.
La troisième lorsque, la bise euh ben nan la pluie en fait fut venue, et que mon tour de chercher de quoi payer ma pitance et mon abri est arrivé. Mais ceci a été l’objet d’une chronique plus tôt dans la saison’ Néanmoins, la question me fait encore cogiter pour vrai.
Mais ces expériences n’ont en soi pas ébranlé mon bonheur d’être ici. Elles viennent plus comme des pierres dans la base de mon édifice ici et elles m’aident à bâtir à mon rythme une expérience solide.

Mon bilan n’a en soi rien d’extraordinaire, ce n’est qu’une tranche de vie d’immigrant. Mais cette toune d’automne est pourtant ce qui nous lie tous : un morceau de vie qui se répète à l’infini, sur des variations différentes, et qui nous donne pourtant une chose importante, une identité collective.

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