Soleil de minuit. Mardi minuit...

Soleil de minuit. Mardi minuit…

Soleil de minuit.

Mardi minuit. Le soleil brille dans un ciel toujours clair. C’est l’été au Yukon. Un aigle à tête blanche survole le toit de la maison que ma collègue m’a gentiment prêtée en attendant que je dégotte notre cabin qui accueillera ma blonde et mon chien dans un peu moins d’un mois. Enfin ! C’est qu’ils me manquent ces deux-là….

Il y a juste un mois, au bord de mon lac aux eaux turquoises, j’ai fêté tout seul mon anniversaire et celui de ma blonde aux cheveux jaunes… Pas ma fête… non… notre anniversaire. Celui de notre immigration! Tous les petits souvenirs de ces deux années intenses qui ont suivi notre arrivée au Canada me sont tout à coup revenus, un par un, sous la clarté singulière qui règne ici pendant les longs crépuscules.

Je suis à Whitehorse, Manu est à Vancouver, à quelque trois mille kilomètres plus au sud…

… 2 ans de pérégrination, 2 années de découvertes…. et 2 Jeep Cherokee. Je l’ai depuis hier, il est tout rouge, version sport cette fois, et il remplace notre ancien truck en bois que nous avons laissé tristement l’an passé lors de notre courte installation en Alberta… 760 jours de vie intensive passés au 4 coins de cet immense pays pour poser enfin nos sleeping bags ici… et définitivement cette fois. Parce que si le monde est à l’autre bout du Yukon, le paradis n’est pas très loin, lui…

C’est beau le Yukon (c’est un euphémisme), y’a des animaux sauvages partout… des êtres humains aussi, mais moins… crissement moins! C’est gigantesquement beau ! Pi c’est sauvage.

La surprise la plus inattendue, c’est le poids de la francophonie ici. Car vivre en français au Yukon, c’est possible! Et c’est fréquent. Ça parle partout le français ici. A Whitehorse, des services en français sont offerts un peu partout, à toutes les places. Les franco-yukonnais foisonnent autant que le saumon ici, dignes successeurs de leurs ancêtres, les pionniers du Klondike, il y a 100 ans, arrivant des provinces lointaines de l’Est, la fièvre de l’or à l’esprit.

Ici, rien à voir avec ce que j’ai pu connaître dans le Nord du Québec : pas de mineurs, peu de bûcherons… mais des pêcheurs quand même ! La plupart du monde occupe des postes gouvernementaux. Ensuite, viennent les aventuriers venus s’enraciner loin de leurs racines et qui ne partiraient plus pour rien au monde, puis les travailleurs saisonniers, un nombre incroyable de musiciens et des touristes sportifs allemands (3ème langue bientôt officielle). Et puis, une incroyable variété d’activités culturelles… y compris au sein de la francophonie yukonnaise, sans compter les barbecues où la viande d’orignal nage dans de la bonne Yukon Gold ou de l’Artic Red à tous les soirs.

À travers le Yukon, beaucoup de gens vivent dans des cabanes de bois ronds, en pleine nature au fond des bois, certaines inatteignables par la route mais uniquement par bateau ou en traîneaux à chiens. La plupart du temps, ces cabanes sont dépourvues d’eau et d’électricité. On se chauffe et s’éclaire exclusivement au bois et au propane. On utilise un téléphone-radio. C’est le cas de plusieurs de mes collègues et nouveaux chums, qui ont choisi de vivre au coeur de la nature. Et moi qui ai vu leurs maisons, j’vous jure, les amis, les quelques petits inconvénients qu’ils subissent en valent la chandelle. Les autres vivent dans des quartiers résidentiels proches du centre-ville de la capitale, Whitehorse.

Manu, -qui est un peu compliquée parfois-, m’a recommandé d’essayer de trouver une cabin plus sophistiquée, c’est-à-dire avec l’eau, voire l’électricité. Ces cabins existent mais sont bien plus chères. Ma blonde ne pouvant donc se passer de ces utilités qu’elle juge indispensables, surtout l’eau, je vais me plier à sa volonté et cherche désormais une cabin qui aurait des panneaux solaires, une tank d’eau, un puit et une fosse septique. Moi, j’m’en fous, j’ai une douche dans mon bureau (salles de bains offertes aux employés dans pratiquement tous les lieux de travail au Yukon).

Mais c’est pas grave. Grâce à mon nouveau boulot, je vais avoir la chance de voyager pas mal. Outre aux détours des communautés du Yukon, début juillet, je m’envole en formation à Québec, suivi d’une petite virée à Montréal en fin de semaine pour revoir tous mes amis que je n’ai pas vus depuis un boutte… si vous me lisez, prévoyez beaucoup de fin du monde et de maudite par exemple, j’ai pas peur de t’ça…. Ensuite, dans quelques mois, je pars en congrès à Ottawa. Puis à Moncton, Nouveau-Brunswick… chouette, il parait qu’on mange du bon homard dans c’te boutte là. Ça me changera du saumon et du caribou. Ça fait au moins trois fin de semaine que je m’en gave.

Alors, après tout ça, je serai pas fâché de me retrouver dans ma cabin avec ma blonde et mon chien au coin du feu, à repeupler le monde. Et j’ai déjà hâte au festival de musique qui aura lieu à Dawson City fin juillet !

Il est 1 heure du mat’. Et le soleil ne s’est pas couché encore. Tant pis pour lui… moi j’suis fatigué. Je tire le rideau.

Y’a un vieux philosophe, mais je me rappelle plus son nom, qui disait: «lorsqu’on vieillit, on n’a pas peur de mourir, on a juste peur de n’avoir jamais vécu». C’est-tu vrai, ça?

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