Retour aux sources - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
Vous êtes ici
Accueil > Blogs > Retour aux sources

Retour aux sources

Je crois que tous les expatriés, que ce soit au Québec ou ailleurs, se demande au moins une fois par an s’ils ont fait le bon choix en s’installant dans un autre pays, surtout si ce pays se trouve à 7 heures de vol de leur pays natal.

Personnellement, après 4 années à Québec, je n’ai jamais regretté ma décision d’être venue m’y installer. J’ai étudié, trouvé un travail avec d’excellentes conditions trois semaines après avoir terminé mon MBA ce qui m’a permis d’accéder à un niveau de vie bien appréciable. Malgré cette réussite, je me posais souvent la question fatidique : est-ce que je retourne en France ? Est-ce que je passe à côté de quelque chose là-bas?

C’est avec ces doutes que j’ai tout de même entamé les démarches pour ma résidence permanente. Je n’arrêtais pas de me demander si je faisais le bon choix. Ma famille me manquait, mes amis se mariaient, avaient des enfants, sans moi, et de mon côté, j’avais également ma vie au Québec. À force d’y penser, à force d’en discuter avec des amis expatriés, j’en suis arrivée à la conclusion que c’était le moment ou jamais de retourner en France quelques temps, voir comment elle avait évolué et ce qu’elle était devenue.

C’était le moment ou jamais de faire un choix pour l’avenir. Mon chum et moi venions de nous séparer, mon travail me plaisait moins, mon permis de travail arrivait à expiration et je n’avais pas encore envoyé ma demande de RP à Buffalo. J’ai réfléchi et au bout d’une dizaine de jours, j’ai décidé que j’allais passer l’été en France, fêter mes 30 ans là-bas par la même occasion, assister au mariage d’une des mes meilleures amies, voir sa fille que je n’avais pas encore rencontrée, passer du temps avec ma famille et avoir mes journées rien qu’à moi pour écrire mon deuxième roman.

J’ai donc démissionné (j’en ai pleuré à mon diner de départ, il s’en crée des liens en 2 ans), vendu ma voiture, cédé mon bail, vendu mes meubles, pris mon chat, 4 valises et un avion pour Lyon, ma ville natale.
48 heures après mon arrivée en France, le Québec me manquait déjà.
J’aime la France, j’adore le fromage et le vin pas cher, j’adore la gastronomie lyonnaise, j’adore me promener et me rappeler des souvenirs en passant devant mon ancien lycée, devant mon ancien appartement. J’adore discuter de mon enfance avec ceux qui ont grandi avec le Club Dorothée et Youpi, l’école est finie plutôt qu’avec Passe-partout. C’est dur d’être la seule à ne pas suivre quand tout le monde chante à un souper « J’ai deux yeux, tant mieux, deux oreilles, c’est pareil, deux jambes, il me semble, etc. » Les accros de Passe-partout reconnaîtront !

Mais si tout ça me fait vraiment du bien, plus je passe du temps ici et plus je me rends compte que mon avenir s’est construit ailleurs. J’ai commencé ma vie « d’adulte » au Québec. J’ai commencé un travail relié à mon domaine d’études là-bas, j’ai eu mon premier appartement dont je pouvais payer le loyer toute seule là-bas (l’appartement payé par papa et maman à Lyon ne compte pas). J’ai repris l’équitation, ma passion depuis toujours, là-bas. J’ai publié mon premier roman là-bas. J’ai vécu plein de choses au Québec et aujourd’hui, j’ai l’impression que mon passé est en France, et mon avenir, lui, se trouve de l’autre côté de la flaque.

En attendant, je profite d’être chez-moi. Mon autre chez-moi.

Laisser un commentaire

Haut

Bienvenue au Canada