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Printemps, Hockey, Retour C’est le…

Printemps, Hockey, Retour

C’est le printemps presque l’été, le Hockey c’est terminé et c’est pour moi le retour au pays en vacances. C’est le menu de cette chronique un peu désorganisée il faut bien le reconnaître !

Ça y est, c’est le printemps. Quel scoop n’est-ce pas ? Pas vraiment c’est certain, tout le monde s’en est aperçu. Quand le printemps s’en vient à Montréal, la ville explose littéralement : les gens sourient presque inconsciemment, les tables et les chaises des bars sortent s’oxygéner en terrasse et il faut être sacrément patient pour espérer trouver sa place au soleil, on ne sort plus sans ses lunettes de soleil ni son parapluie au cas où, on se rappelle soudain que les femmes ont des formes une fois que leur manteau d’hiver est au placard, les odeurs de côtes de porc braisées au barbecue vous donnent l’eau à la bouche avant de finir par vous écurer à la fin de l’été, la rue Sainte-Catherine grouille de monde et ce monde fait beaucoup de bruit, les nids de poule reviennent en force (si tant est qu’on puisse dire qu’ils soient partis ??), les arbres retrouvent leurs nuances de vert pendant que le paysage ambiant se départit de ce gris si typique du mois de Mars, les parcs et les forêts laissent à nouveau voir les feuilles mortes de l’automne conservées intactes sous la glace pendant presque six mois, il faut à nouveau passer chez Canadian Tire changer les pneus quand on a mes talents de mécanicien automobile, on se souvient subitement que Montréal est la ville du vélo et par conséquent pourquoi il est si important de vérifier ses angles morts le plus souvent possible, et… et… et… c’est déjà pas mal.

Mon seul regret de voir le printemps arriver a été que j’ai eu l’impression de ne pas avoir eu d’hiver. A part la tempête du 16 décembre 2005, on ne peut pas dire qu’on ait connu l’hiver à Montréal cette année. J’insiste : je dis bien “à Montréal”… un ami français de passage à Québec pendant trois mois m’avait soutenu le contraire avant son retour : lui se souviendra longtemps de son expérience de l’hiver en Belle Province !

Le printemps, ça veut aussi dire la fin du hockey. Et pour certains, c’est difficile à vivre ! Je n’ai connu le hockey que cette année : il faut préciser que l’année dernière, la saison de hockey a été complètement suspendue au grand désarroi de nombreux spectateurs assidus. J’ai donc découvert ce sport sur un tard, à cheval entre la fin de la saison régulière et le début des séries éliminatoires. Les Canadiens de Montréal ont remporté de justesse cette année leur billet d’entrée pour les séries, mais ils l’ont remporté quand-même ! Ils se trouvaient face aux Hurricanes de Californie. La première des deux équipes à gagner sept matchs pouvait passer en deuxième ronde… mais nos Canadiens se sont inclinés après un superbe départ. C’est comme ça, c’est aussi ça le sport, on ne peut pas toujours gagner… mais j’y croyais fort d’autant plus que les Canadiens n’ont pas remporté la Coupe Stanley depuis 13 ans ! J’espère que 2007 sera une bonne année pour notre fière équipe… et que Cristobal Huet choisira de rester fidèle à Montréal. Vivement la prochaine saison en Octobre !

Je vais bientôt laisser tout ça pendant deux petites semaines. Cette nouvelle vie que je me suis forgé ici depuis deux ans maintenant, je vais la laisser quelque temps pour retrouver mon “ancienne” vie. Le mot est sans doute un peu fort et déplacé. Il ne s’agit pas de mon ancienne vie mais plutôt de ma vie actuelle qui a changé du tout au tout et d’un seul coup, dès que j’ai posé le pied à l’aéroport de Mirabel. Cela va faire exactement deux ans, dans une semaine, que nous aurons atterri ici. Deux ans ! Il va falloir que je pense à changer ma signature sur le forum !

Plus sérieusement, est-ce que les choses seront telles que je les avais laissées l’an dernier lors de notre premier retour touristique ? Est-ce qu’il me fera plaisir de fouler à nouveau les trottoirs de Paris et de Lille ? Est-ce que nos amis et nos familles comprendront vraiment ce que nous vivons ici ? N’y aura-t-il pas un décalage de plus en plus grand entre eux et nous avec le temps ? Est-ce que ce décalage est supportable ? Ne voir son meilleur ami qu’une soirée par an permet-il de continuer une relation d’amitié normale avec lui ? Bordel, qu’est-ce que je fabrique ici ? Et enfin… Suis-je un masochiste qui s’ignore, pour m’être éloigné autant des gens que j’aime ???

Ces questions, et en particulier les dernières questions que je qualifierais carrément de crues, je me les pose. Pas la peine d’avoir un prochain retour au pays prévu pour se poser la question du masochiste ; elle vous prend au tournant sans crier gare, et ne se gène même pas pour vous gâcher un très bon moment, quand on croit que les questions existentielles sont loin derrière et ne reviendront pas. Préparer son immigration jour et nuit n’y changera rien, “la” question se posera un jour ou l’autre. Son degré de récurrence et le seuil de tolérance qu’elle nécessitera pour passer au travers d’elle sans dommage varieront d’un individu à l’autre. J’avoue sans honte ni ressentiment de la sorte que cette question m’a traversé l’esprit récemment, la perspective de retourner en France aidant c’est certain. Reste à savoir si elle reviendra, si je serai content de prendre l’avion pour retourner à Montréal sur un air d’Ariane Moffatt… le sujet de la prochaine chronique en direct de France sur un clavier AZERTY. Je voulais dire “sur un maudit cr***e de clavier azerty à m****”.

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