La pénurie de main-d’œuvre continue de fragiliser l’écosystème entrepreneurial québécois. Selon une estimation du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), entre 400 et 1 500 entreprises en démarrage pourraient fermer leurs portes chaque année faute de pouvoir recruter suffisamment de travailleurs.
L’organisme, qui représente les jeunes entrepreneurs et professionnels, affirme qu’il s’agit de la première tentative visant à mesurer l’impact économique de cette réalité. En collaboration avec des économistes indépendants, le RJCCQ a élaboré un modèle d’estimation pour quantifier les conséquences du manque de personnel sur les entreprises de moins de cinq ans.
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Dans le scénario le plus conservateur, environ 400 jeunes entreprises, soit près de 3 % des nouvelles entreprises, cesseraient leurs activités chaque année. Cette situation représenterait une perte estimée à 367 millions de dollars en activité économique. Dans le scénario le plus pessimiste, jusqu’à 1 500 entreprises pourraient disparaître, ce qui correspondrait à près de 10 % des jeunes pousses québécoises et à une perte économique évaluée à 1,3 milliard de dollars.
Les entreprises en démarrage sont particulièrement vulnérables puisqu’elles disposent généralement de ressources financières limitées. Elles peinent davantage à offrir des conditions salariales concurrentielles ou à rivaliser avec les grandes organisations dans le recrutement de personnel qualifié.
Au-delà des difficultés d’embauche, cette réalité transforme également le quotidien des entrepreneurs. Plusieurs fondateurs doivent consacrer une partie importante de leur temps à accomplir des tâches opérationnelles qui seraient normalement confiées à des employés, ce qui ralentit le développement de leur entreprise et leur capacité d’innover.
Afin de soutenir les jeunes entreprises, le RJCCQ propose plusieurs mesures. Parmi celles-ci figure la création d’un régime enregistré d’épargne-entrepreneuriat, inspiré du Régime d’accession à la propriété (RAP). Cette mesure permettrait aux futurs entrepreneurs de retirer temporairement des sommes de leur REER pour financer le lancement de leur entreprise, avec l’obligation de les rembourser par la suite.
Même si la pénurie de main-d’œuvre est moins marquée qu’au plus fort de la pandémie, le RJCCQ estime que les défis demeurent importants. Le vieillissement de la population et les nombreux départs à la retraite continuent de limiter le bassin de travailleurs disponibles. Selon l’organisme, cette pression sur le marché du travail pourrait se maintenir au moins jusqu’en 2031, voire jusqu’en 2035.
Pour les jeunes entreprises, cette situation représente un frein important à leur croissance et à leur pérennité, alors même qu’elles jouent un rôle essentiel dans le dynamisme économique et la création d’emplois au Québec.
Source : Noovo

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