Les Filles du Roy

Les Filles du Roy

Au 18 eme Siècle, la colonie de Nouvelle France est encore peu peuplée. En contraste avec les colonies britanniques, ou des familles entières ont émigrés, la jeune colonie française est majoritairement masculine, composée de fermiers, cultivateurs et d’exploitants de fourrure.

Et oui, la vie est bien terne sans femme, même dans le nouveau monde et même au 18eme siècle. Sans mentionner, qu’il est difficile de peupler une colonie sans présence féminine.

Sur requête de l’intendant Jean Talon, Le Roi de France, envoie donc des jeunes femmes célibataires en Nouvelle France, pour qu’elles s’y marient, y fondent un foyer, établir une famille et ainsi coloniser le territoire.

Le Roi de France agissait comme un tuteur (leur père) en payant les frais de leur voyage ainsi qu’une dot lors de leur mariage. Cette dot était ordinairement de 50 livres mais pouvait être aussi des articles ménagers, des terres ou des meubles.

Ces filles de 15 à 30 ans, étaient pour la majorité, originaires du nord-ouest de la France, de villes comme Honfleur, La Rochelle et Dieppe.
Souvent orphelines élevées dans des couvents, de condition très modeste, elles viennent aussi des hospices, des hôpitaux de Paris, la ou on garde les déshérites et les sans abris.

800 jeunes femmes arrivent des le 22 septembre 1663. 10 ans plus tard elles auront fait tripler la population.

A leur arrivée, elles sont accueillies en grande pompe par les hommes de la colonie.
Elles sont prises en charge par Marguerite Bourgeois et logées dans des maisons d’accueil ou on les préparera à leur future vie. Elles apprennent à cuisiner le pot au feu, faire la lessive à la rivière, en un mot, être des femmes de colons, prêtes à fonder et élever une famille. Elles sont également sous protection de l’église Catholique. Les filles protestantes sont converties de force au catholicisme, la religion protestante étant interdite au Royaume de France à cette époque.

Le but étant de les marier, on les présentait aux colons lors de soirées organisées.
Les filles cherchaient des hommes qui avaient une maison ou des terres.
Les colons de leur cote voulaient des femmes robustes et bien portantes pour le travail à la ferme.

Pour la plupart citadines, les jeunes parisiennes ne sont pas préparées au travail dans les champs.
Dès 1668 des mesures sont prises pour réduire le risque de voir débarquer d’autres citadines. Une femme de la ville de Québec, Anne Gasnier, est même désignée pour se rendre en France afin de participer au choix des recrues qui présentaient le meilleur potentiel d’adaptation au contexte particulier de la Nouvelle-France.
Les recherches menées par les historiens ont permis de conclure que la plupart des provinces françaises ont vu partir pour la Nouvelle France, une ou plusieurs filles.

Même si la majorité des filles est sans fortune, une cinquantaine de demoiselles issues de la bourgeoisie ou de la petite noblesse ne trouvant pas d’époux en France, viendront tenter leur chance en Nouvelle France.

En 1665 Louis XIV envoie le régiment de Carignan-Salières pour combattre les Iroquois qui tuent et pillent les colons installes en Nouvelle France. Les Iroquois sont défaits en 1966 et le roi offre aux soldats français de s’établir en Nouvelle-France et leur concède des terres le long du fleuve Saint Laurent. Environ 400 d’entre eux acceptent de rester.

Les officiers et soldats de haut rang, auront priorité dans le choix des filles du Roy et bon nombre d’entre eux s’uniront aux demoiselles. Ces beaux partis contribueront grandement au développement futur de la colonie. Le nom des soldats s’étant établis à l’époque se retrouve de nos jours partout au Québec.

Si vous marchez dans les rues de Québec et voyez une belle personne, c’est peut être un descendant de ces couples nobles !

Ces orphelins, ces repris de justice, ces illettrés et non désirables du royaume de France contribueront au peuplement de la Nouvelle France. Ils construiront des villes, développeront le commerce et résisteront a toutes les attaques, qu’elles soient britanniques, Américaines, indiennes ou hollandaises.
En 1763, Ils seront abandonnes a leur sort par Louis XV au traite de Paris qui préférera garder les Antilles que ses colonies Américaines. (Quelques 300 ans plus tard cherchez l’erreur…)
Dominés, asservis par les britanniques par la suite, ils résisteront envers et contre tous, pour conserver leur identité catholique, francophone et européenne.
Peu à peu, ils sortiront du joug anglophone et religieux jusqu’à la révolution Tranquille et devenir la première puissance économique du Canada jusque dans les années 80.

Pas mal pour une bande de non désirables, qui ne doivent en aucun cas RIEN à la France à part leur héritage ethnique. Le peuple québécois est une nation à part entière, avec une identité propre et un mérite incontestable.
Quoique j’avais envie de mettre l’accent sur les filles du roi aujourd’hui, il est bien évident que les Québécois n’en descendent pas tous, pas plus que des repris de justice !!!!

On reproche souvent à l’Amérique de ne pas avoir d’histoire.
Je trouve celle du Québec absolument passionnante. L’histoire d’un peuple qui en 400 ans en a fait autant que la vieille Europe pour devenir la 11eme puissance mondiale.

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Yann
Né en Corée du Sud, Yann est adopté à l 'âge de 4 mois et grandit à Paris. De son Papa Français et de sa Maman Suisse, il se lance dans l 'aventure Canadienne et obtiendra sa résidence permanente en 2009. Ayant vécu à Paris et aux Etats Unis, il trouve au Québec un bon équilibre entre sa culture Française et son « American Way of Life ». Yann75006 habite d 'abord à Montréal avant de finalement s installer à Saint Eustache dans les Laurentides.
http://www.immigrer.com

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