Ils sont gentils ces Québécois, quand même

C’est la réflexion la plus prononcée par les proches qui viennent nous rendre visite, après quelques jours de restaurants, boutiques, transports en commun et autres lieux dans lesquels on peut tester le service à la clientèle.

Ce cliché qui ne cesse de s’avérer pourrait être étendu aux relations amicales, bien entendu, mais c’est sur le « service à la québécoise » qu’on le ressent tout d’abord quand on arrive ici. Tout simplement parce que l’on va en général manger au restaurant ou acheter des vêtements avant de se faire des amis…

C’est à cet incroyable confort dans la relation commerciale que je veux consacrer ce billet d’humeur. De nombreux Québécois à qui l’on vanterait la qualité du service dans la Belle Province s’étonneraient de cette appréciation. Certes, on s’occupe correctement du client au Québec, mais quoi de plus normal ?
Alors, amis Québécois, je vous réponds tout de go : si vous trouvez cela normal, c’est parce que vous n’avez pas été confrontés pendant des années au « sens du service » français ! Cette attitude particulière du commerçant français qui arriverait presque à vous faire vous excuser de l’avoir dérangé en l’obligeant odieusement à vous vendre quelque chose. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit ! Il y a en France aussi des commerçants sympas, professionnels, appliqués… Mais la proportion de grognons est tout de même suffisamment importante pour qu’année après année la France soit considérée dans les sondages comme l’un des pays dans lesquels l’accueil est le plus mauvais au Monde.

Mais mon intention n’est pas de faire le procès de l’accueil français. Plutôt de vanter l’accueil Québécois.
Oui, au Québec, quand vous rentrez dans un restaurant, on vient vous voir tout de suite, on vous sourit, on vous demande si vous allez bien, on vous place, on vous apporte la carte, on prend la commande et on vous sert dans un délai raisonnable, on vous sourit encore, on vient prendre des nouvelles régulièrement, toujours en souriant… le tout sans être sur votre dos sans arrêt. Dans les magasins, les vendeurs sont attentifs (et souriants !), sans jamais pousser à l’achat. Ou alors, c’est tellement bien fait qu’on ne s’en aperçoit pas… Et n’est-ce pas l’essentiel ? Passer un bon moment plutôt que de consommer en ayant surtout envie de s’en aller et de ne plus jamais revenir ?

Ce qui m’a donné envie d’écrire sur ce sujet ? Comme vous vous en apercevrez si vous fouillez mon profil, je suis avant tout un voyageur. J’ai créé une agence de conseils en organisation de voyage, http://www.lemondeestmonvillage.com, et j’écris des guides touristiques. J’ai donc des points de comparaison. En ce moment, je navigue entre la Guyane et la Guadeloupe, deux départements d’outre-mer français… Et je dois bien l’avouer, le service québécois me manque ! Pourtant, le service ici n’est pas SI mauvais. J’avais entendu parler d’un service dans les DOM encore plus désagréable qu’en France métropolitaine, or c’est pour l’instant plutôt mieux que ce que j’attendais. Il n’empêche, rien à voir avec le Québec. Le sens du service y est tellement présent que quand on rentre dans une boutique, on a vraiment l’impression que les gens sont contents de vous voir ! Vous savez que ce n’est qu’une relation commerciale. Ils savent que vous savez que ce n’est qu’une relation commerciale. Et alors ? Où est le problème du moment que tout le monde sait que l’autre sait ! Faut-il, du moment que l’on ne cherche pas à devenir les meilleurs amis du monde, se faire la tête ?

Autre caractéristique dans les relations commerciales : le tutoiement quasi automatique. Pour moi, ce n’est ni positif ni négatif… C’est juste une habitude à prendre. On pourrait très bien être courtois et souriant tout en se donnant du vous… Mais ici, on se tutoie.

Le seul hic, c’est de se défaire de cette habitude quand on rentre passer des vacances en France ! Car non, à Paris on ne rentre pas dans un restaurant à la mode en lançant au serveur « Salut, ça va bien ? ». On dit « Bonsoir, ce serait pour dîner. »

Johann
Arrivé à 35 ans à Montréal en janvier 2011, Johann est un diplômé de l'école de management de Lyon. Passionné du voyage, à son arrivée au Québec, il travaille dans une agence de voyages puis monte sa propre boîte reliée au voyage. Sa conjointe française travaille à Ubisoft Montréal. Son blogue www.lemondeestmonvillage.com
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