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Un Marocain dans la Belle Province 3

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2 ans : Mon histoire d’immigration, Bonheur , galère, tristesse, et ……amour

Ecrit par: kabi 29-11 à 21:48

Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont lu et continue de me lire , qui m’endure, qui prennent toujours le temps de m’écouter et ce depuis 5 ans .
J’arrive parfois à voir la chance que j’ai autour de moi ( tout ceux qui pensent à moi) mais pour une raison que j’ignore un voile se dresse devant mes yeux et je ne vois plus que mon triste histoire .

C’est aujourd’hui …
oui ce soir même il y a de cela 2 ans
que tout à commencer..
que le nouveau tournant de ma vie a pris de l’ampleur …
c’est à partir et depuis ce moment là que tout à chambouler dans ma vie …

voici l’histoire :

Comme la plupart, j’avais plein d’ambitions, plein de rêves à concrétiser mais j’avais le cœur serré de voir le tout stagner par une idéologie de certaines personnes possédant le pouvoir de casser les rêves… et comme je me le dit souvent quand on ne peut pas changer LE monde .. alors on change DE monde.

Une fois arrivé, je savourais doucement la nouvelle vie dans la belle province .. malgré avoir atterrit en plein Décembre, au tout début des premières neiges et malgré le fait de trouver un climat aussi glacial que prévu .. je ressentais toujours que la chaleur du peuple Québécois et des amis trouvés icite me faisait oublier la froideur de cet atmosphère. D’ailleur à tous ceux qui me disaient qu’il fait terriblement froid je leur répondais – comme mon père me le disais – « seules les têtes et les poches quand elles sont vides qu’il fait terriblement froid»

Premiers mois.. premières galères pour se trouver un logement … un mois plus tard je trouvais mon tout premier appart.. ahhh quel soulagement .. avec un peu de débrouillardismes on y arrive…
Deuxièmes mois .. premiers contact avec les organismes d’aides à la recherche d’emploi .. un autre mois et voilà ma toute premières jobine : «agent contact clientèle» dans le call-center de SEARS … un tout petit début dans la course des grands … j’avoue que le double bénéfice de travailler dans un call-center est d’abord le fait de se familiariser avec la clientèle Québécoise, sa façon de commander, sa façon de demander des infos, sa façon même de parler ,…. Ainsi que de se familiariser avec les produits du marché Nord-américain.. il y en a un peu près de toute les couleurs … et 2ièmement le fait même d’avoir une jobine, un salaire (il faut quand même payer son loyer) une expérience le temps de trouver un vrai travail celui pour lequel je me suis sacrifier tant d’Année et par lequel j’ai accumulé bagage académique, savoir-faire et savoir-être..

4 mois plus tard je sentais que je vivait une monotonie répétitive… le marché parait plus fermé .. les employeurs n’ont pas le temps de donner une toute première chance à un nouveau, inconnu, étranger, sans passé, sans historique, sans expériences Québécoises.. Normal me disais-je Nous sommes au nord de l’Amérique .. à toi de prouver par tes propres moyens que tu vaut un pesant d’or et qu’on t’a ignoré .

Je crois que le léger coup de blouse (après 5 ou 6 mois) y en était pour un peu .. et oui la famille me manquait et j’ai raté le mariage de ma très chère et unique sœur .. même mon petit frère qui a été engloutit par la routine de la vie en France (depuis 3 ans) a refait surface au pays pour y assister .. alors que moi pire que le fait de briller par mon absence, je vivais seul, sans famille, sans femme, sans enfants, sans boussole pour me diriger …

Ah oui le fait de voir ma demande d’inscription à l’université de Sherbrooke se refusait 2 fois de suites, pour cause : «beaucoup de demandes et peu de places disponibles », contribuait au tableau noir du décor…

Le licenciement de Sears est venu ajouter la fameuse cerise sur le gâteau de mes galères et le manque de professionnalisme de l’agente de cet organisme d’aide aux immigrants, a apporté son lot de désarrois.

Je suis allé, par obligation des faits, demander le bien être social, .. l’argent a fondu et le travail tardait à venir ; j’avoue que je trouve ironique cette expression de «BIEN ÊTRE social» et ce que je n’arrivais toujours pas à comprendre c’est que quand j’ai demandé de l’aide pour éclairer ma lanterne sur mon échec de trouver un emploi ( car figurez vous que je me suis remis en question, et je me disais tout le temps que sûrement j’ai fais une gaffe quelques parts) l’agente m’a tout simplement expliqué qu’elle me remettrais le fameux chèque de 555,00 $ .. la grandeur du proverbe “Donne-moi un poisson et je mangerai aujourd’hui ; apprend-moi à pêcher et je mangerai toute ma vie” me sautait aux yeux. Mais bons je ne pouvais compter sur personne d’autre,.. alors on utilise les derniers recours (les cas de force majeur).

Je constatait aussi qu’une majorité de mes compatriotes n’ont pas fait trop de connaissances avec les hôtes de ce beau coin du monde ni de leur culture… soit par manque de temps, soit par cette peur de se voir trop différents des autres .. donc décidément je naviguait seul dans un océan géant avec une petite barquette dont le moteur n’était que mon ambition et ma volonté de décider de réussir. Là je me souvient d’une phrase lu dans un roman : « On dit souvent que l’on craint ce que l’on connait pas. Je crois plutot que la peur nait quand on apprend un jour ce que le veille on ignorait encore »Philippe Claudel. LES AMES GRISES.

Remarquez que pour moins que cela, un nombre d’immigrants plie bagages et opte pour le retour .. pour certains c’est effectivement la bonne solution, pour d’autre c’est le moment de changer encore une fois de «monde».. mais pour moi .. je crois que c’est en ces moments ou j’ai décidé de donner une bonne bouffé d’oxygène à mon cœur, de m’armer de plein de patience, et y de me promettre de me sur-dépasser ..

Chose promise chose faite… j’ai commencé par voyager dans les différentes villes du Québec, car je commençais à être tanné de Montréal .. j’ai découvert St-Hyacinthe (petit clin d’œil à sylvie et son mari zakaria), la ville de Québec (ou j’ai soupé une fois avec la gang du forum habitant là-bas) , St-jérôme , Hull-Gatineau, Joliette (ou je commence à y penser sérieusement pour habiter), … bref je me suis permis de me faire ma petite idée sur l’au-delà de Montréal partant du principe qu’il existe une vie au-delà de Montréal… sauf que pour bâtir un bon chemin il faut travailler et j’ai été convaincu (surtout d’après mon entrevue avec la directrice de la banque nationale de la ville de joliette) que sans une «couche» légère Québécoise sur mes connaissances, (diplôme québécois), je n’ai aucun chance de décrocher un travail : l’idée de faire une formation-continue me parue dans l’horizon.

Début de ma deuxième année d’immigration ce fut le retour à l’école.. et Dieu que c’était un retour glorieux !!!! :

J’ai été élu coordinateur des affaires internes et membre éxécutif de l’associations des étudiants et en plus délégué de ma classe … en parallèle je découvrais les cafés-rencontres avec plein de mondes francophones et anglophones et je participais au cercle de lecteur de la bibliothèque du quartier, …. Le top des tops était ma participation au bénévolat, et surtout cette fabuleuse journée ou on m’a déclaré Bénévole de l’année 2005 .. je savais que si on m’ouvrait juste un petit bout de la porte je démontrerais mes capacités à aller au-delà de moi-même…

Je continue à récolter de très très bonnes notes .. donc coté études pas de soucis .. c’est le retour de kabi des années 80 .. un léger souvenir de mon pays ou j’ai été récompensé par le maire de ma ville en personne, pour avoir été l’élu de toute l’Académie d’Anfa ..

C’est un autre début avec cette 2ième année d’immigration, je reprend du souffle, la vie commence à sourire, le bout du tunnel est proche, plus que quelques mois et c’est la relance du marché de l’emploi, un boulot donc un peu plus de dépendance, aller revoir ma famille qui me manque terriblement,…. un autre nouveau tournant, une situation un peu plus stable, un bon début d’une autre vie……

Puis cette 2ièeme année venait avec son lot de romance, comme dans les histoires d’amour qui débutent par un hasard joyeux,..
J’ai fait connaissance à travers le net d’une ravissante Québécoise; au début on cherchait juste à jaser à s’échanger de bonne discussion sur la vie de tous les jours …avec le temps on a ressentit un attachement… vous savez cette sensation de vouloir chercher l’autre et savoir si en ce moment il est connecté .. et dès que son nick surgit on saute sur la souris pour cliquer et dire qu’on est là qu’on attendais pour se voir…

On s’est rencontré, j’ai même passé un très beau séjour inoubliable avec sa famille dans leur belle région l’Abitibi.. et oui j’ai été près à aller à l’autre bout du Québec pour chercher le bonheur et l’amour…. on se connaît depuis 11 mois … je me suis découvert une nouvelle famille et avec sa petite fille de 1 ans je constatais pour la première fois de ma vie que le rôle de papa m’allait terriblement bien .

Je reprendrais là un fragment qui résume notre sensation moi et elle : « La lumière et les ombres avaient trouvé le chemin de mes yeux, la lune et les étoiles celui de son âme. » Hermann Hesse, «IN le grand livre de la sérénité» .

Mais …

Hélas ce fameux «Mais» qui prend l’effet d’une hache venant couper la beauté d’une histoire de romance .

Comment expliqué ce qui c’est passé …?

Vous savez chers amis, quand on est victime d’un divorce avec un immigrant (son ex était un Marocain) qui pour lui le fait de se marier avec une québécoise n’est qu’un tremplin pour la fameuse résidence permanente ,.. je disais que le fait d’en être victime laisse des cicatrices profondes… et même le fait d’être un homme sérieux, honnête, raisonnable, sage, sincère, gentil, adorable, plaisant, Aimable, sympatique, réjouissant….. avec un grand cœur plein d’amour …. ne suffisent pas pour permettre à deux coeur de s’unir pour le meilleur et pour le pire .

Si l’année dernière mon grand échec était de trouver un emploi, cette année c’était de convaincre ma bien aimé que la vie continue et que si le soleil envoie chaque matin des rayons dorés, et que la lune envoie chaque nuits des rayons argentés, mon cœur envoie chaque jours un amour éternel pour une adorable femme et paternelle pour une adorable petite fille pupuce d’amour .

Que dire de plus sauf que la solitude me retient affreusement, et me cloue au sol….
Je crois que cette fois ci et pour de bon il est temps d’oublier qu’un cœur m’attend quelque part .. “chacun de nous a plusieurs destins en lui et on ne sait jamais si la vie nous a fait prendre le bon” Maurice DRUON. «Les grandes familles..» alors je vis mon destin et je l’accepte tel qu’il est.

Je crois même que cela soulage énormément de savoir que le chemin qui nous reste à parcourir nous est destiné SEUL, plutôt que de souffrir d’une attente sans fin, sans issue, et surtout…… sans espoir -d’un amour- .. on s’accroche à la vie quand même et comme disait l’écrivaine Abla Arfoud : « Celui qui a mal, s’accroche même aux cordes du vents »

Je reprend ce chemin seul … je continuerais à aimer ce beau coin du monde.. avec ses beaux moments et ses malheureux et comme je l’ai expliqué fin de l’année dernière, mon histoire ne ressemble pas à celle des héros de romans, ou de film ou d’histoire …elle est tout simplement le reflet d’un cœur plein de volonté, simple et honnête qui veut creuser son chemin, comme tout le monde et qui a connu peu de succès mais pas trop de défaite; l’important est de se dire après chaque défaite : «demain c’est un autre jour, et quand le cœur est vide, le cerveau ne sert à rien».

Je préfère aimer et adorer les simples moments de la vie malgré les virages glissants qui surgissent de temps en temps, je préfère me servir de chaque expérience comme une nouvelle cordes à rajouter dans mon arc pour mieux affronter le lendemain, je préfère me découvrir en affrontant chaque défis de chaque jours que nous réserve la vie, d’ailleurs ne dit on pas que c’est grâce aux autres et c’est dans nos différences qu’on arrive à se connaître soit même , du coup je me dit ainsi qu’à tous ceux qui sont dans mon cas :
« Arrêtons de tout le temps nous plaindre puisqu’on a déjà presque tout ce qui a de plus important autour de nous…Saisisons les petits bonheur qui se présente à nous, c’est de cette façon qu’on voit comme la vie est belle !!! Faites comme moi, la paix !»

Je tente -comme tout le monde d’ailleurs- à chercher le bonheur, qu’il soit devant mes pieds ou à l’autre bout du monde, alors j’imagine ce papillon qui à force de le pourchasser ne cesse de s’évader aussi loin qu’il peut . Par contre quand je lui ouvre mes mains il s’amène paisiblement et s’installe sur la paume de mes mains sans craintes. Je me dit justement : ” Le bonheur, Moins on y pense, plus on a de chance de l’obtenir.”

Au revoir chers amis …
J’ai juste envie de me retrouver seul…
Peut être pour un bon bout de temps…
En ce début de ..
La Troisième année de kabi à Montréal.

NB : pour ceux qui se demandent depuis 5 ans qu’on me connaît qu’avec mon nickname de kabi .. je leur dit mon vrai prénom est ABDELKADER..

Abdel pour certains

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