De l’usage du français à l’isolement…

De lusage du français à lisolement

Nemesis
14-07-2007 à 14:14
Nous vivons à Rosemont depuis bientôt un mois. Le quartier est plutôt sympa, bien achalandé, et nous avons transports en commun et commerces à proximité. Enfin bref … Juste en face de notre appartement se trouve un dépanneur, tenu par une famille dorigine chinoise, installée au Québec depuis 2 ans.
Voici bientôt une semaine que nos enfants respectifs se font secrètement des signes depuis leurs fenêtres, et séchangent des petits mots par boites aux lettres interposées, en traversant la rue 2 à 3 fois par jour.
Nous avons trouvé ça plutôt cute, et leur avons suggéré de se rencontrer plutôt que de communiquer de manière furtive. Ce qui fut chose faite ce matin.
Mais au bout de quelques secondes, voilà les cinq bambins confrontés à un problème de taille, celui de pouvoir communiquer entre eux, nos enfants parlant uniquement français, et les trois enfants de nos voisins, eux, exclusivement mandarin et anglais.
Mon fils dispose de notions danglais suffisantes pour arriver à comprendre et à se faire comprendre, mais la petite dernière risque elle de devenir l’unique spectatrice du petit groupe qui vient de se former devant lappartement, faute de connaitre un seul mot d’anglais. Pas mal de frustration et de déception en prévision…
Malgré le fait quils soient installés au Québec depuis 2 ans, les parents ont choisi de les placer dans une école anglophone (faille dans la loi 101 ?), et le peu de français quils connaissent semble avoir été appris en regardant les chaînes de télévision francophones. Enfin daprès ce que j’ai cru comprendre. Dailleurs, ils se plaignent davoir peu damis dans le quartier, faute de pouvoir communiquer facilement en français. Cétait donc une aubaine pour eux de trouver juste en face de chez eux deux enfants, les nôtres, mais qui malheureusement, ne parlent que très peu anglais.
Bref, sans lancer de débat sur lusage (et limportance) du français au Québec, ce nest ni le but, ni lenvie ici, je trouvais simplement dommage, et surtout triste, que des enfants se retrouvent un peu isolés faute de maitriser la langue utilisée dans la Province du Canada où leurs parents ont décidé de sinstaller.
A priori, la situation semble assez amusante pour eux, les enfants de nos voisins apprenant à notre progéniture quelques mots danglais, en échange de quelques rudiments de français, un peu plus poussés que ceux dispensés par la télévision.

Lilideslacs
14-07-2007 à 14:22
Très honnêtement je ne réussis pas à comprendre comment des parents qui s’installent dans une province majoritairement francophone puisse envoyer leurs enfants dans une école anglophone (ça m’étonne je croyais que c’était obligatoire d’aller dans une école francophone !!).
Je trouve que c’est de les hypothéquer grandement en tout cas.
Mais je peux dire que lorsque nous allons dans le « chinatown » nous rencontrons souvent des chinois qui ne parlent que le mandarin alors qu’ils vivent au Québec depuis des années
Je ne comprends pas comment il se fait que le gouvernement du Québec, qui a un droit de regard sur l’immigration, accepte des candidats ne parlant aucunement français et qui de toute évidence ne voudront jamais le parler.

Moi
14-07-2007 à 14:45
Moi aussi c’est quelque chose que je ne comprend pas. J’ai passe quelques mois en Suede, et non je parle pas courament suedois , mais j’avais commencer deja a apprendre le minimm pour me debrouiller et pour bien faire rigoler mes collegues suedois. Et ca sans faire d’effort particulier. Il me semble que c’est juste normal quand tu t’installe ailleurs.

JayJay
14-07-2007 à 15:46
Facile, la faille : suffit d’envoyer ses enfants à l’école privée anglophone. Ensuite, l’école publique anglophone leur est permise. Après 2 ans il me semble.

Nemesis
14-07-2007 à 15:58
A l’inverse, je me suis demandé si nous avions choisi une autre province que le Québec, donc anglophone…, si nous aurions mis nos enfants dans une école francophone ou anglophone. Je pense que nous aurions opté pour la seconde solution, dans un soucis d’intégration.

Ovide
14-07-2007 à 16:11
Bienvenue au Québec…toujours pas un pays normal. Parce que tu vois c’est ça un peuple colonisé. On est 80% du Québec mais on ne réussit toujours pas à imposer notre langue et notre culture à ceux qui pourtant CHOISSISSENT de venir vivre ici.

Tu iras lire l’histoire de la Loi 101
Avant 1977, 90% des immigrants envoyaient leurs enfants à l’école anglaise.
Quand tu immigres dans un pays, tu cherches à te coller à côté des winners, pas des loosers
Jusqu’à 77 -et encore aujourd’hui- pour beaucoup d’immigrants on est encore des loosers.
Les Chinois font partie des communautés les moins francisés. Pourtant c’est l’une des plus vieilles communautés au Québec et on ne les a jamais mal traités (jamais eu de « No Dog No Chinese » ici)

Petit-Lion
14-07-2007 à 20:21
Une erreur que beaucoup de francophones du ROC font. Ça en fera de parfaits anglophones pour qui le français sera une langue vernaculaire, qu’ils sauront à peine lire et pas du tout écrire, et qu’ils finiront par perdre. À la génération suivante, l’assimilation sera totale. Tes petits-enfants seront intégrés dans le ROC, mais ils ne comprendront pas leurs grands-parents.
Le français est une langue difficile, il ne s’apprend qu’à l’école française. L’anglais ne s’apprend pas, il s’attrape. En résumé, les enfants du ROC qui vont à l’école française deviennent bilingues, ceux qui vont à l’école anglaise deviennent unilingues. Lesquels s’intègreront le mieux, lesquels auront le meilleur avenir?
Et lesquels ont une chance de NE PAS être assimilés?

cherry
14-07-2007 à 22:52
Bienvenue au Québec et à Montréal, Nemesis. Et quelle langue crois-tu va supplanter l’autre dans leurs échanges? Dans le mille, et c’est déjà commencé…
Ça me fait penser aux Chinois du dépanneur en face de chez moi, un couple sans enfant. Le gars parle mandarin, se démerde plutôt bien en anglais (il a étudié à Concordia) et baragouine quelques mots de français. Sa femme elle, ne parlait que le mandarin jusqu’à tout récemment. À force d’être isolée dans son coin, elle s’est tannée et a suivi des cours de français. Résultat: elle sait dire les politesses d’usage et les chiffres, ce qui est plutôt pratique dans un commerce. Mais pour le reste, elle est aussi isolée qu’avant. Quand on sait que le gars est ici depuis au moins 15 ans (sa femme l’a rejoint quelques années après), c’est triste. Mais comme la plupart des Chinois propriétaires de dépanneur de quartier ici, le gars a acheté son dépanneur d’un autre Chinois et a immigré ici en tant qu’investisseur étranger. C’est pour ça qu’il y a autant de Chinois dans le domaine et que la plupart ne parlent pas un traître mot de français: il y a un véritable marché où ils se vendent les dépanneurs montréalais entre eux, entre Chinois, sans même avoir à sortir de la Chine.

Avatar
FAQ
La Foire aux Questions (FAQ) est la sélection des meilleurs messages du forum de discussion archivée selon une centaine de rubriques allant de l'ouverture de compte, aux différents métiers et au système de santé ou d'éducation. Merci de participer à la mémoire du forum et du site en recommandant des sujets!
http://www.immigrer.com/faq/

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Haut