Deuxième chronique du Grand nord

Lundi Arrivée à Kuujjuuaq

Il fait plus chaud qu’à Amos. On crève. 2500 habitants. Kuujjuuaq est le plus gros village qu’il m’a été donné de voir, mais il ressemble à tous les autres.

Le matin nous sommes embarqués tout le monde ensemble dans l’avion.

Val-D’Or-Kuujjuuaq : 3 hres d’avion.

Nous volons trop haut pour voir les animaux. Dommage, j’aurais bien aimé voir un ours polaire. Il y a encore de la neige en tout cas. Pas à Kuujuuaq même, mais autour.

On débarque à la Coop laisser nos choses. On me donne la clef de ma chambre. C’est une chambre d’hôtel comme toutes les autres, sauf qu’on a une cuisine communautaire pour faire nos repas. J’ai rempli ma glacière de bouffe.

Il y a un petit frigo dans ma chambre. J’y place ma bouffe. Je suis affamée. Je pars avec le juge manger au resto. Chose inimaginable dans le Sud! Il me rassure que la nourriture est très bonne au Kuujjuuaq Inn. Au menu du jour, des pâtes aux fruits de mer. Miam, des fruits de mer frais de la place, je vais me régaler.

Le juge commande une poutine et un cheeseburger, ouach!

Quand je vais chercher mon assiette, ça n’a pas l’air très ragoûtant! Je goûte, c’est quand même bon. C’est comme une gibelote de pâtes dans une sauce blanche avec des morceaux de fruits de mer non-identifiables. J’ai pas envie de le manger, mais je n’ose pas faire ma difficile devant Monsieur le juge, que je rencontre pour la première fois.

On finit de manger et on marche dehors. Les écriteaux sont bilingues : français et inuktittut.

De retour au travail, je suis assise à côté de mon collègue de travail et je bois beaucoup d’eau, mon repas m’est resté sur l’estomac. Je commence à avoir un de ces mal de tête.

Mon collègue me tape sur les nerfs, c’est pas croyable. La pièce commence à bouger. Merde! Je fais une indigestion. A la pause, je fous le camp. J’avertis le gentil organisateur (qui n’est pas si gentil que ça) et je vais me coucher à la coop. Je laisse la fenêtre ouverte, il doit faire 30 degrés celcius dans ma chambre.

Dehors il y a plein d’enfants qui jouent dans les balançoires, juste derrière ma chambre. Il est 14 hres. Je ferme les rideaux et je me couche. Je suis tellement mal, j’ai de la difficulté à dormir.

A un moment donné, je me réveille en sursaut. Qu’est-ce qui se passe bordel, un bruit épouvantable me réveille. Un avion vient de passer au-dessus de la coop. On aurait dit qu’il y avait un ouragan dans ma chambre!!!

Je regarde dehors. Les enfants ne jouent plus, il y a une tempête de sable, on ne voit rien!!! Je ne suis pourtant pas dans le désert du Sahara!!! Je ferme ma fenêtre.

Je me recouche. Vers 20h, ça cogne à ma porte. C’est mon collègue qui cogne à la porte. Il prend de mes nouvelles. Je lui explique pour mon repas du midi. Il me dit que lui-même a été malade deux fois à cet endroit et qu’il n’y a pas de fruits de mer à Kuujjuuaq! Il y a seulement des crevettes et des moules, l’été.

Bordel!

Il me ramène des tylenols, de l’eau Perrier et du Pepto-Bismol. Je me sens déjà mieux.

Mais j’ai mal filé toute la semaine. J’ai presque rien mangé. Vendredi au retour, ma glacière était presque pleine.

J’ai essayé de régler mon cadran. Je ne comprenais rien à son fonctionnement. J’ai essayé d’ouvrir la télé. Il y avait tellement de manettes, je n’ai jamais été capable.

A minuit, le cadran sonne. Je me réveille en sursaut. Non, mais c’est quoi ce bordel? J’arrive pas à trouver le bouton pour l’arrêter. Finalement, il s’arrête et moi, je suis bien réveillée. Je vais lire un peu, pour essayer de me rendormir.

A 3 hres, je suis toujours éveillée. J’ouvre les rideaux, il fait clair dehors. C’est hallucinant!

Si je veux dormir, il va falloir que je ferme la fenêtre parce qu’il y a tellement de bruit à cause des motos et des véhicules tout terrain, c’est insupportable. C’est pire qu’en Italie!

Mardi Kangiqsualujuak

On se retrouve tous à l’aéroport à nouveau. On met nous-mêmes nos baggages dans la soute et on décolle. Il ne fait plus très chaud. C’est incroyable comment la température change vite ici.

Je ne suis pas tellement dans mon assiette. J’ai continué à prendre des tylenols toute la journée.

On fait juste vingt minutes de vol pour se rendre au village, une chance.

Je retrouve les mêmes maisons de bois de toutes les couleurs. Il y a plein d’enfants dans les rues. Le Nunavik a le plus haut taux de natalité au Québec. C’est en venant ici qu’on se rend compte à quel point notre population a vieilli.

J’aimerais aller me promener pour prendre des photos, mais je n’ai pas tellement le temps, je dois aller travailler.

Sur l’heure du lunch je suis allée voir les sculptures inuits, à la coop. J’ai acheté une sculpture faite dans les bois d’un caribou : un pêcheur inook. Elle est très belle.

Sur le chemin du retour, je suis passée à côté d’une maison où il y avait plein de chiens. En général, il n’y a que des chiens-loups. Des chiens qui restent dehors et qui l’hiver, tirent des traîneaux.

Ils sont tous venus vers moi, l’air agressif puis je me suis arrêtée et je me suis demandée pendant quelques secondes, si je devais m’accroupir et leur laisser sentir ma main. Mais mon instinct me disait de ne pas le faire et j’ai poursuivi mon chemin. Ils ne m’ont pas suivie.

J’ai su après qu’ils sont intimidés quand on est debout et moi, je suis une géante à côté des Inuits. Apparemment, si on a le malheur de s’accroupir, ou pire encore, de se coucher, ils attaquent! Ils deviennent littéralement des loups!

Nous avons repris l’avion et nous sommes repartis à Kuujjuuaq.

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