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Décision prise Comme je l’avais…

Décision prise

Comme je l’avais laissé entendre, notre voyage à travers le Canada vers le Yukon avait un sens tout à fait particulier puisqu’il s’agissait de décider sur l’endroit où nous irions vivre dans un très proche avenir : Estrie, Alberta ou Yukon.

Nos deux ans au Colorado nous ont probablement marqués très profondément puisque l’ouest a une attirance quasi incontournable pour nous. Mais si nous ne trouvions pas assez de points positifs, nous étions prêts à rester ici en Estrie où la vie nous a été bonne depuis notre arrivée il y a quatre ans.

Donc nous voilà partis le vendredi soir 16 juillet dernier en direction de ce grand ouest. Nous avions décidé d’y aller en voiture cette fois-ci, avec une petite tente et pouvoir nous arrêter où nous voulions et quand nous voulions.

Nous sommes deux à pouvoir conduire, et nous avons roulé presque 24 heures avant de nous écrouler dans un camping au sud du Lac Supérieur, aux États-Unis le samedi soir. On s’est faits escroquer de 32$ US !!! mais on DEVAIT dormir ….

Le lendemain, nous avons repris la route vers le Canada pour Winnipeg. Nous sommes arrivés chez nos amis en Alberta le mercredi soir après avoir fait un petit tour dans les Rocheuses sous la pluie …. Je reconfirme : même sous la pluie, c’est BOOOOOOOO ! Par contre, nous avons eu un incident sur l’autoroute arrivant vers Calgary depuis le sud : la voiture devant nous passait par-dessus une grosse pierre sur la route, et nous avons hésité une fraction de seconde trop longtemps pour décider si nous devions la contourner ou rouler par-dessus également …. Trop tard pour une manœuvre, nous avons passé dessus, mais nous étions plus bas sur la route que la voiture qui nous précédait, et la pierre a cogné très fort à plusieurs endroits sous la voiture. Nous nous sommes arrêtés immédiatement pour vérifier toute fuite de liquides, mais rien. Au moment de repartir, une voiture s’est garée derrière nous : celui qui nous avait précédé avait tout vu et avait fait demi-tour pour nous porter secours ou du moins s’assurer que tout allait bien. Il nous a suivi jusqu’à la prochaine ville où nous devions aller à un garage pour confirmer que tout allait bien. Nous avons choisi un garage au hasard, et ils ont tout de suite enlevé une voiture du garage pour inspecter la nôtre, et ils n’ont jamais voulu accepter le moindre paiement ! Tout était OK, et donc nous sommes repartis soulagés. Nous avons passé le jeudi avec nos amis qui sont en train de construire une maison, mais qui ont pris le temps de nous emmener nous relaxer au bord d’un lac, baignade incluse, si si !

Vendredi, notre nièce arrivait à Calgary depuis Anvers, Belgique, et une fois que nous l’avions récupérée en fin d’après-midi, a commencé la course contre la montre : nous devions être à Whitehorse 40 heures plus tard, et nous avions plus de 2,000 km et les Rocheuses devant nous !
La route était bonne, très bonne même. La circulation proche de zéro à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Subitement, nous nous sommes rendus compte que nous étions dans les Rocheuses …. sans avoir eu l’impression d’avoir grimpé. Des paysages aux détours de la route qui nous ont coupé le souffle, nous qui pensions connaître les Rocheuses …. mais aussi des énormes morceaux de forêt brûlés plus ou moins récemment, parfois la fumée traînait encore là, mélangée à la brume du matin. Plus on arrivait vers le nord, plus les journées devenaient longues. Non, nous n’avons pas vu d’aurore boréale : il ne faisait pas assez nuit à ce moment-là. Nous avons dû passer sur 3 grands chantiers où ils refaisaient la route, l’Alaska Highway : des kilomètres à n’en plus finir de route gravillonnée qui ne faisait pas de poussière parce qu’il venait de pleuvoir, chance ! Sur un de ces morceaux, c’est une voiture pilote qui guidait tout le monde, et nous avons vu un camion dans le contrebas, ravin : il faisait partie des camions des travaux et avait glissé quelques heures plus tôt. Je vous jure qu’une telle vue, ça vous fait froid dans le dos ! Subitement, nous nous sommes rendus compte que seuls nous et le camion devant nous étions en vue, les voitures précédentes et celles qui nous suivaient si loin qu’elles étaient hors de notre champs de vision. Puis, ne pouvant suivre la vive allure du gros camion, nous nous sommes retrouvés un peu seuls…. mais surprise ! le camion ralentissait et lorsque nous l’avions rattrapé, il se débrouillait pour ne plus nous perdre. Nous avons continué à rouler ensemble, en tandem, pendant des heures par la suite, une solidarité sur la route qui est fort rassurante en ces paysages sublimes et dépourvus de traces d’habitation humaines ….

Nous sommes arrivés crevés mais tout excités le Dimanche matin à Whitehorse. Après une douche revigorante chez Vincent Kroston, nous sommes partis avec eux et leurs familles de Belgique pour le restaurant suivi du baptême de la belle Mélusine. Manu a joué du piano, et j’ai essayé de chanter la chanson sur laquelle j’avais mis des paroles pour Mélusine …. nous n’avions pas eu de temps du tout de pratiquer ensemble, et je sais pourquoi il a plu toute la semaine suivante hihihi ….
Nous avons planté notre tente à côté de la maison de Vincent et Manu, et nous avons pleinement participé à ces journées folles avec les familles de Belgique tout en prenant nos repères dans les environs et la ville de Whitehorse. Je suis allée au travail de Vincent, l’Association Franco-Yukonnaise, qui est d’un dynamisme incroyable. Je refaisais mon CV à la sauce yukonnaise quand le conseiller en orientation professionnelle est venu me chercher pour une proposition de job. J’ai terminé mon CV, et je suis allée le porter directement : et hop ! une entrevue sur le spot dans les deux langues !

Nous sommes allés chercher des informations sur les zonages de construction, si on a le droit de construire sa maison soi-même, comment ça se passe pour les terres attribuées gratuitement, les terres vendues à Whitehorse et en dehors de Whitehorse, le ravitaillement en eau potable, et j’en passe. Nous étions ébahi devant la diligence, la compétence et la gentillesse de tous les services gouvernementaux où nous nous sommes rendus. Décidément, ils VEULENT que nous aimions ce coin du monde et essaient de nous séduire !

Lorsque le nouveau journal des annonces immobilières est sorti,. nous avons repéré une annonce pour un terrain de 2 hectares, et nous sommes allés voir l’agence immobilière en question. Ils nous ont donné l’adresse exacte, et nous sommes allés voir tout seuls comme des grands. Le coup de foudre ! Accompagné d’un fer à cheval trouvé au sol du terrain en question. Un signe ?
Nous avons fait une offre d’achat, et le lendemain, lorsque j’étais en train de refaire mon CV en anglais dans les bureaux de l’Association Franco-Yukonnaise, voilà que le conseiller m’appelle encore une fois, encore pour une job ! Rapide description puis appel de la personne qui veut me recevoir tout de suite, là à 16 h 30 passées un vendredi après-midi !!! L’adrénaline est montée au max, les joues de Monika rouges comme des tomates encore des heures par la suite ! Entrevue positive, ai-je besoin de le dire. Si j’avais été libre, j’aurais eu la job.

Le lendemain, il a fallu partir, un dernier bain aux sources chaudes de Takhini Hotsprings, et en début d’après-midi, nous nous sommes difficilement arrachés de là.

Le retour a été pénible. Tant de choses dans nos têtes. Et la voiture qui commence à faire une bruit de casserole. Ah non, pas ici au milieu de rien ! Tiens regarde, un grizzly ! Clic clic Kodak …. regarde un troupeau de bisons des bois …. regarde des mouflons, des caribous, un ours noir, un renard, un bébé orignal, …. et j’en passe ! Mais le bruit lui, se fait de plus en plus présent, c’est quoi ça !!! Vite vite, sortons des Rocheuses, allons sur du plat ! Ouf, voici Edmonton. On couche chez une ex-collègue qui est venue s’installer ici le mois dernier – c’est sa première nuit dans son appartement, elle n’a encore pas d’autre « meuble » que son matelas pneumatique …. mais elle est heureuse : trois entrevues en une semaine, elle ne tardera pas à travailler ! Oui, elle est bilingue. Mais elle a 55 ans.

Notre chauffeur préféré, Pascal, nous « lâche », notre nièce An (20 ans semaine prochaine) et moi, pendant deux heures dans le West Edmonton Mall …. et je m’aperçois que je n’aime plus ça de magasiner, même là. Je n’ai pas de sous, et donc je ne regarde pas les choses de la même façon. An elle sort avec quelques petits achats mais pas trop parce que la voiture est pleine à craquer de toute façon. Pascal hésite s’il doit faire regarder l’embrayage de la Volvo et décide que non, on continue.

Au nord des lacs de l’Ontario, à Thunder Bay, on largue An qui va poursuivre en autobus Greyhound pour faire un ti tour aux Chutes Niagara. Et après, les choses se dégradent avec la Volvo, mais là sérieusement. À White River, pays de Winnie l’Ourson, on désespère : le prochain garage Volvo est à 700 km devant nous ou 250 km en arrière. Dans les deux cas, de la route de montagne ! Un mécano regarde encore une fois et dit qu’on peut rouler, qu’il n’y a rien de grave. M’ouais…. À chaque montée, la pauvre semble s’étouffer. Miraculeusement, on arrive au garage Volvo de Sudbury le vendredi matin peu après 9 heures. Le technicien n’hésite pas une seconde : l’embrayage n’a effectivement rien, mais le muffler …. bye-bye catalyseur !!! On se fait remplacer ça chez Midas avec un muffler/cat de base, histoire de pouvoir rentrer chez nous.

Nous sommes arrivés chez nous dans la nuit de vendredi à samedi, mais c’est maintenant que commencent les choses sérieuses en fait : faut démissionner, organiser mon départ, la vente de la maison, le déménagement ….

Moi, je partirai début septembre avec Antoine (7), et Pascal suivra dès que possible avec Tim (5 _). J’ai la chance d’avoir une amie qui m’accompagnera (j’y vais avec la Volvo) et reviendra au Québec par autobus – je ne serai donc pas seule avec un petit gamin sur ces 6,000 km de périple, ouf !
J’ai démissionné lundi matin, et de façon générale, tout le monde est triste de ne plus me voir mais heureux pour nous de tenter cette aventure, une pincée d’envie de ne pouvoir être du voyage. Je vais travailler encore 3 semaines, et vers la Fête du Travail, je prends la route avec Antoine et mon amie Carole.

Une fois là-bas, je vais coucher à l’auberge le temps de trouver un appartement. Puis …. ben le reste, ce sera dans les chroniques suivantes qui se feront peut-être un peu irrégulièrement dans les mois à venir !

En attendant, j’ai bien l’intention de venir à la rencontre des forumistes à Sherbrooke le samedi 21 août pour dire au revoir à ceux d’entre vous que je connais un peu mais que je n’abandonne pas !

« Va vers l’ouest » qu’il disait mon Papa en 1975 en Allemagne dans les alentours de Mayence …. Yeehaaaa !

Monika

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