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De l’éloignement familial… Sujet délicat…

De l’éloignement familial….

Sujet délicat s’il en est « l’éloignement familial » est probablement la principale cause de retour au bercail des courageux immigrants que nous sommes.

Certes, en cette époque de familles éclatées, malmenées au fil des turpitudes de nos petites vies égoïstes, il semble aisé de se dire que, finalement, la famille, si elle est loin, c’est pas grave, on fera sans. On l’a d’ailleurs suffisamment crié durant notre adolescence.
Oui, mais au bout de quelques années, à force de ne pas les voir, ou si peu, on finit par sentir renaître au fond de soi des instincts tribaux ancestraux, peut-être ceux-là mêmes qui poussaient nos ancêtres à partager la même minuscule cahute.

Personnellement, je fêterai début mai ma deuxième bougie d’immigrant, ma conjointe Isabelle la soufflera avec moi puisque depuis le début nous partageons le même projet, la même volonté…. le même avion.

Je ne suis pas forcément un bon exemple (je suis un solitaire) mais, force est de constater que, quand je regarde ma fille, tout juste âgée de 6 semaines, je me dis que ce serait bien qu’elle noue des liens forts avec ses grand-parents ; des grand-parents qu’elle ne verra qu’une ou deux fois par an. Plus longtemps, certes, mais pas souvent. Assez pour l’indispensable transfert de leur histoire, de notre histoire. De notre mémoire ??
….Le gros cadeau de naissance, pour elle, fut la double-nationalité. Un super cadeau, non ?? Mais être loin de sa famille, c’est quoi ?…. Un super handicap ??

En fait, je m’aperçois que c’est seulement à partir du moment où nous faisons des enfants, où nous créons finalement notre propre famille, que nous réalisons vraiment ce qu’immigrer implique.
Véritablement, il s’agit d’un déchirement, d’un traumatisme.
Immigrer, même avec courage, volonté et enthousiasme, c’est forcément, aussi, gérer cela.

Ma fille est montréalaise, québecoise, canadienne. Quand, plus tard, on évoquera ensemble notre départ pour le « nouveau monde », comprendra-t-elle ? Ou bien le fait de cotoyer tous les jours d’autres enfants, qui eux voient leurs grands-parents régulièrement, contribuera-t-il à développer en elle un sentiment de reproche à notre égard ??

Seul l’avenir nous le dira.

En attendant, au quotidien, nous ne regrettons en rien notre immigration. Ma petite entreprise fonctionne bien, et promet à court et moyen termes d’intéressants développements. Isabelle vient (enfin) d’obtenir, après un an et demi d’efforts, le titre de psychologue au Québec, délivré par l’Ordre ad-hoc.

Enfin, en dépit du problème que constitue l’éloignement familial, nous sommes certains que la double nationalité apportera à nos enfants (on en veut deux) un recul, une capacité d’ouverture et de tolérance réelle.
Il faut bien ça pour aborder le siècle qui s’annonce !

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