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De l’aéroport… à mon deuxième…

De l’aéroport…. à mon deuxième hiver

Pour l’instant, je n’ai pas le goût de vous parler de petites anecdotes de la vie de tous les jours ou de ce qui a changé dans mon quotidien. Continuons donc sur la lancée de ma toute première chronique qui faisait office de présentation. Je vais vous raconter en long, en large, et en travers, ce qui s’est passé dans ma vie depuis le jour où, comme chaque immigrant nouvellement arrivé, j’ai entendu les trois mots « Bienvenue au Québec ». Nous nous étions arrêté à ce moment précis, voici donc enfin la suite !

Arrivée
Lourdes valises à bout de bras, paperasses fédérales et provinciales dans les mains et souvenirs uniquement français plein la tête, ma blonde et moi étions donc à l’aéroport Mirabel, et cherchions mon parrain qui ne devait pas être loin. Nous le trouvons, il nous prend en photo, nous, nos valises et nos énormes poches sous les yeux, et nous emmène dans sa voiture, la même que celle avec laquelle j’avais fait l’aller-retour Moncton / Halifax des années plus tôt. Premier souvenir canadien qui me revient en tête. Puis la route vers sa maison, située rive Sud de Montréal, non loin de Longueuil pour les intimes : les grands espaces sans les forêts d’érables, ce sera plus tard. Je vous passe le déchargement des bagages et les douches pour arriver directement au petit apéro ou nous dégustâmes un vin excellent et du fromage typiquement…. français ; nous étions quelque part encore en France, même à plus de 6000 kilomètres de distance.

Découverte / Installation
Les jours et les semaines passent au rythme de la découverte de Montréal bien sûr, mais aussi des nombreuses administrations à visiter : eh oui, à ce moment, nous étions des sans papiers qui cherchaient à se régulariser ! Ça prend du temps, mais c’est beaucoup moins compliqué qu’en France. Moins compliqué, moins stressant et surtout rapide. Les files d’attentes? Vous en aurez encore ! Mais une fois arrivé au comptoir, une personne souriante et dévouée vous accueillera chaleureusement et répondra sans agacement à chacune de vos questions. Quel contraste criant !
Entre temps, nous prospections pour un appartement et effectuions déjà quelques visites après à peine une semaine sur place. Puis vint la visite coup de cœur au bout de 10 jours : un appartement rue Rachel, au septième étage d’une tour à logements avec vue sur le Parc Lafontaine et le centre-ville. Cette visite aura duré deux heures…. deux heures de discussion avec un français installé au Québec depuis six ans et sa femme québécoise. Bref, tous les éléments étaient réunis pour craquer sur cet appartement dans lequel nous avons vécu un an, et qui deviendra d’ailleurs, petit aparté, le lieu où habitent les protagonistes du film de Luc Picard, L’Audition, sorti au Québec cet été.
La fin du mois de Juin arrive, il est enfin temps pour nous d’emménager dans notre premier « chez-nous » montréalais ! Nous avons heureusement pu échapper aux embouteillages ou autres péripéties du 1er Juillet, jour officiel du déménagement au Québec, en emménageant le 27 Juin. Enfin…. emménager est un bien grand mot : nous n’avions alors reçu que le matelas, et devions recevoir le sofa et la table du salon dans les semaines qui suivent ! Manger par terre avec l’assiette sur le carton de l’ordinateur, j’ai déjà fait ! On s’en fout, on est jeunes, et on s’attendait à ce genre de situation. On s’attendait aussi à voir le compte chèque fondre rapidement, mais quand ça arrive pour vrai, ça fait tout de même un drôle d’effet. Il faut dire que nous n’avions que trois valises pour bagages, donc l’achat de meubles et d’un lit étaient indispensables. Prévoyez donc plus d’argent qu’il n’en faut, vous pourriez en avoir besoin.

Côté travail, à peine quelques semaines après notre arrivée, nous avions commencé à envoyer des CV et téléphoner aux employeurs qui pourraient potentiellement être intéressés par nos profils respectifs. Ma blonde décroche une entrevue dans les trois premières semaines : échec. Je décroche moi aussi une entrevue quelques jours après : échec particulièrement cuisant, limite humiliant sur le coup, mais on s’y attendait aussi. Je savais que les employeurs lors d’une entrevue pouvaient « switcher » en anglais le temps d’un clignement d’œil…. mais connaître cette pratique ne signifiait pas du tout y être préparé en situation réelle, pas après un mois de présence à Montréal, le tout en pleine période euphorique de découverte de notre nouveau milieu de vie. Mais ça, nous l’avons tout simplement compris plus tard…. chercher une job ne se fait pas à la légère, il faut avoir la tête dans son CV en permanence, et y croire vraiment ; chercher du travail est une job à part entière (conseil valable à Montréal comme partout ailleurs dans le monde je crois).

Nous avions donc définitivement besoin de pratique. Nous avions aussi besoin d’adapter notre façon de rechercher et d’obtenir du travail sur le marché québécois, ce que j’ai fait dans les semaines qui ont suivi, grâce aux six semaines que j’ai passées au Centre Jeunesse Emploi de Brossard. Quand j’y repense maintenant, je me dis que c’était une étape indispensable que je recommanderais à quiconque arrive ici en tant que résidant permanent ou PVtiste. CV remanié à la québécoise, le marché du travail au Québec, entrevues simulées et filmées suivies d’un compte-rendu sur les points forts et les points faibles : diction, gestuelle, les deux premières minutes…. tout était passé au crible. On en ressort plein d’espoir et de volonté ! Et si je vous dis que le CJE de Brossard était subventionné par le gouvernement fédéral du Canada (non…. sans rire?!) et que je repartais chaque vendredi après-midi avec un chèque de deux cent cinquante dollars? Ça c’est de l’intégration, de la motivation sur un plateau d’argent !

Je ne peux pas vraiment dire que j’aie mis à profit mes connaissances en la matière, puisque j’ai trouvé le poste que j’occupe actuellement grâce à Monster.ca, sur lequel j’avais eu la bonne idée de constituer mon profil un jour. C’était à la fin du mois d’Août 2004. Ce jour là, fait extraordinaire, le téléphone a sonné ! Et une voix en anglais a demandé à me parler, m’a dit qu’elle avait trouvé mon CV sur Monster et qu’elle aimerait bien me rencontrer pour une entrevue. J’ai commencé le mardi qui a suivi ce coup de téléphone, le 3 Septembre 2004. Depuis, j’y suis encore, malgré les 4 premiers mois qui ont été un véritable calvaire et sur lesquels je m’étais largement épanché sur le forum d’Immigrer.com à l’époque. Je vais aller à ma deuxième party de bureau ce samedi. Je fais maintenant des horaires normaux et quelques heures supplémentaires par mois, que je peux compter sur les doigts d’une main. Cela dit, tout ceci pourrait bien changer un jour prochain, trois points de suspension amplifiant un suspense déjà insoutenable….

Côté relationnel maintenant (non ce n’est pas l’horoscope mensuel de Christophe….) !
En arrivant, nous avons comme beaucoup noué des liens avec des personnes rencontrées sur le forum qui, comme nous, venaient d’arriver. J’ai même fêté mes 25 ans avec toute cette gang, qui depuis s’est disloquée presque naturellement; il ne reste que peu de survivants mais ceux-ci tiendront bon. On nous avait pourtant prévenus : rencontrer des gens de son pays d’origine quand on arrive est très réconfortant, on partage la même expérience, on a fait le grand saut comme eux…. forcément, ça crée des liens ! Mais voilà, si on s’aperçoit au fil des mois que l’on ne partage rien d’autre qu’une immigration commune malgré de nombreuses sorties ensembles, la ficelle s’étiole et finit par céder. Certains, avec qui l’on pensait avoir plus d’affinités en dehors d’avoir acheté comme eux un aller simple pour Montréal, peuvent aussi retourner subitement leur veste et partir sans même se retourner ni sans explications. Quittons le mélodrame pour aboutir à l’éternelle conclusion qui en découle : autant que possible, essayez de rencontrer des québécois, qu’ils soient francophones ou anglophones, végétariens ou amateurs de steak grillés, souverainistes ou fédéralistes ! C’est avec eux je pense que des immigrants doivent essayer de nouer des liens. Je ne dis pas qu’il faille pour autant renier ses ex-compatriotes et éviter tout contact avec eux, d’abord parce que ça n’a tout simplement aucun sens et ensuite parce que vous pourrez toujours vous lier d’amitié avec eux n’importe où dans le monde. Mais ne vous bornez pas à ce réflexe rassurant et normal si vous le pouvez, et ouvrez vos horizons. Facile à dire certes…. je suis moi-même mal placé pour en parler, mais je vais me soigner.

Saisons / Hiver
Je me souviens qu’il y a un an à la même époque, ma blonde et moi n’avions pas encore vécu notre premier hiver québécois. (Ben oui, faut bien que j’en parle de cet hiver qui effraie tant !) Il y a un an, on ne faisait pas les fiers, avec nos grosses chaussures et nos gros manteaux, on ne savait pas à quoi s’attendre. Finalement, rien d’insurmontable, c’est l’hiver et il fait froid ! Réchauffement climatique, qui parle de réchauffement climatique ? Oui, d’accord, il fait beaucoup plus froid au Québec qu’en France en hiver, c’est évident et ce n’était donc pas qu’une légende ! Mais j’ai constaté quelque chose qui devrait rassurer les futurs immigrants : la façon de mesurer la température est différente ici au Québec. Ici en hiver, on prend en compte le facteur éolien et on parle de températures ressenties. Aussi, l’hiver au Québec est généralement sec (aucune humidité ne tient dans l’air en dessous de -10°C !) Donc un -10°C n’est pas forcément insupportable comparé à un 2°C par temps pluvieux en France. Ainsi donc on en arrive à ma constatation : aujourd’hui, j’ai appris en revenant du travail qu’il faisait -9°C. Et pourtant, je n’ai toujours pas rangé mon manteau d’hiver français au placard au profit du gros manteau emmitouflé québécois. Pourquoi ? Parce que je ne me suis pas aperçu qu’il faisait si froid que ça ! Enfin bref, je ne vais pas faire un cours sur l’hiver québécois, vous le vivrez peut-être ou êtes en train de le (re)découvrir, et vous verrez par vous-mêmes que l’hiver, ce n’est pas seulement le froid, et que la vie continue, à l’extérieur aussi, même par -38°C ! Je n’attends qu’une chose : que la première tempête de neige recouvre une fois pour toutes le bitume des trottoirs ! Fin mars j’écrirai sans doute une chronique dans laquelle je dirais « L’hiver là, ça va faire…. », mais pour l’instant, j’ai hâte !

J’avais encore beaucoup de choses à dire et à partager, mais je vais en garder un peu pour la prochaine chronique avant que ce roman ne devienne indigeste. Je ferais plus court la prochaine fois !

A bientôt pour la suite !
Christophe

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