5 ans à Vancouver

5 ans à Vancouver

Cela fait 5 ans que nous vivons dans une province anglophone (Colombie-Britannique), et comme c’est la tradition, j’aimerais faire un traditionnel bilan d’étape.

Pour commencer, je souhaite dire que nous ne regrettons pas ce changement de vie au Canada, nous n’avons aucun regret, même si le parcours jusqu’ici nous a fait vivre des expériences de vie heureuses mais aussi quelques fois délicates.

Pour rappel, nous avons quitté la France avec une situation stable, mais la routine du  métro-boulot-dodo et une envie de donner un autre type d’éducation aux enfants nous ont motivés à venir à Vancouver.

Les objectifs que l’on s’était donné en arrivant ici sont atteints

  • offrir un bilinguisme aux enfants (et éventuellement les parents). Les deux enfants sont aujourd’hui bilingues. Elles sont aussi à l’aise en français qu’en anglais. Nous avons d’ailleurs instauré la « loi 101 » à la maison.
  • Les 2 enfants sont parfaitement épanouies aussi bien scolairement qu’au niveau de leurs activités sportives. La cadette a même réussi à intégrer une équipe de football (soccer) « élite »
  • obtenir un travail stable dans notre domaine d’origine (finance et informatique).
  • Pouvoir acheter notre résidence principale, même en étant dans la ville la plus chère du Canada

Cependant après 5 ans, des obstacles linguistiques et culturels subsistent.

Tout d’abord au niveau linguistique, soit ce sont nos interlocuteurs unilingues anglophones qui ne nous comprennent pas et nous avons droit à du : «what’s that ?» et là tu essaies de te concentrer sur ta prononciation ou tu essaies de reformuler autrement. Ou soit c’est toi qui comprends vaguement ce qui vient de se dire et là soit tu fais semblant d’avoir compris soit tu essaies de te refaire expliquer… ce sont des situations frustrantes qui sont un peu décourageantes au bout de 5 ans .

Il y a aussi les malentendus culturels. Ici beaucoup ont horreur des situations de conflits, et préfèrent écrire des courriels ou envoyer des SMS que de s’expliquer de vive voix en face à face pour régler un contentieux.

Au bout de 5 ans, une fois toutes les fondations posées, des questionnements se posent maintenant pour les prochaines années:

  • Les études supérieures des enfants sont payantes (à partir de $5000 à $8000 annuel les frais de scolarité)
  • Les activités sportives sont onéreuses aussi bien en temps et en argent,
  • L’impression de beaucoup travailler avec les 3 semaines de vacances annuelles
  • La santé… on se rend compte que l’accès au soin est difficile. Nous n’avons toujours pas de médecin référent (médecin de famille).

L’expérience médicale que nous avons jusqu’à maintenant est assez médiocre. Dans un Walk-in clinic, un médecin généraliste est tenu de recevoir un patient en 7 minutes par consultation. A la réception, il y a un petit panneau qui indique que vous êtes tenu à vous limiter à une question par rendez-vous afin de montrer du respect au temps précieux du médecin et de pouvoir le laisser traiter le malade suivant. Et oui, c’est formulé en ces termes, si vous prenez trop de temps on vous rend coupable de prendre le temps qui aurait du être utilisé pour une autre personne. Les Canadiens nous expliquent, à nous qui avons connu autre chose, que c’est totalement normal vu la pénurie de médecin. Et que c’est au patient de faire des recherches préalables pour s’informer…

Ma femme est toujours en attente  depuis plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste.

Chose répétée sur le forum, la socialisation reste difficile avec les Canadiens natifs. Nous avons beaucoup d’interactions avec les autres parents d’élèves ou les parents du club de foot,  mais le mode de vie ici est assez renfermée sur son cercle restreint (famille et amis proches de longues date) ce qui laisse peu de place à de nouvelles relations une fois à l’âge adulte.

Qu’est ce que je pense de Vancouver après 5 ans ?  c’est une ville paisible et jeune qui essaie de jouer dans la cour des grandes métropoles nord-américaines (ville olympique). Elle reste très chère du fait de sa situation géographique et de son climat doux en hiver. Vancouver essaie de trouver une identité propre, mais elle reste très américaine. Tous les films tournés à Vancouver sont pour le compte de productions américaines.

Au niveau professionnel, c’est une ville qui connaît un taux de chômage faible, il est difficile de rester au chômage. En revanche l’accès à des postes qualifiés demande beaucoup d’effort d’adaptation de ses qualifications et expériences.

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  • demenager a vancouver
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DidierVancouver
Franco-malgache, DidierVancouver a vécu en France avant de s’installer dans la ville de Vancouver au Canada en été 2013 avec ses deux enfants. Sa femme la rejoint au printemps 2014. Il nous parle de Vancouver, du bilinguisme, de l'installation dans l'ouest du pays et des autochtones.
https://www.immigrer.com

Commentaires sur “5 ans à Vancouver

  1. Super, merci didier, enfin un récit autre que sur le Québec ! Nous habitons aussi à Vancouver ma conjointe et moi depuis 2ans et on s y plaît beaucoup. On rejoint tes points même si pour le côté enfants on ne pourrait pas dire.
    À+

  2. Merci pour l’article !
    J’ai passé 5 mois à Vancouver l’année dernière pour un stage et j’ai adoré l’aspect cosmopolite de la ville (et bien d’autres !). Les jeunes sont assez ouverts mais je peux imaginer que dans le monde du travail, cela peut être différent. J’ai rencontré mon copain là-bas et j’aimerais beaucoup m’y installer courant 2019. Je serai, normalement, diplômée en septembre. Auriez-vous vous des conseils à me donner d’un point de vue visa et autre ? J’ai déjà souscrit à un stage co-op qui prend en compte un permit de travail (qui a périmé le 11 mars 2018). Je ne sais pas si je pourrais m’inscrire de nouveau pour obtenir un autre permis de travail l’an prochain ou pas ?

    J’y tiens vraiment beaucoup beaucoup beaucoup alors n’hésitez pas à me donner des conseils !

      1. D’accord. J’essayerai ! Et est-il possible de postuler pour autre chose, pour y rester un peu plus longtemps (je ne sais pas pour combien de temps j’y serai) ?

        Merci beaucoup en tous cas 🙂

      2. Bonjour, des remarques intéressantes et valables selon le point de vue,
        Vancouver j ´y suis resté environ 7 ans, et j’ en suis parti, comme d’ autres que je connais d’ailleurs.
        Vancouver; Canada, oui pour certain, j’ y suis toujours loin dans le nord et je veux en partir aussi vite que possible.
        Les logements mal isolés pour le bruit, très chers pour la relation qualité prix, au nord ici le recyclage est un mot étranger, intérêt culturel et architectural, nul etc.
        Je ne compare pas le Canada qu’à la France, mon travail autrefois m’a emmené (entre autre) en Allemagne et surtout en Afrique du Sud, ici je regrette ces deux pays, et vais m’en aller.
        Vancouver! Oui, le nombre de gens dans les rues!
        La pauvreté fabriquée par le coût des logements, je me pose la question comment une personne seule avec le salaire minimum peut même survivre dans ces conditions infectes?
        Je conseille à quiconque de bien se renseigner sur tous les aspects du pays avant que l’illusion de ce qui n’existe pas leur fait faire un pas qu’ils regretteront.

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