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Perspectives hier, aujourd’hui et demain

Aujourd’hui, je me sens installée, je pense que je fais tranquillement le deuil de mon statut d’immigrante. Bien des années ont passé, bien des choses sont arrivées. Je commence maintenant une nouvelle page, je fais de nouveaux projets, je construis mon lendemain. Hier, j’ai parlé avec une nouvelle arrivante, qui débarque depuis deux mois, elle m’a fait prendre conscience du temps qui passe et des années qui vont vite. En réalité, en discutant avec elle, je me suis rendue compte d’une chose très importante à laquelle tout immigrant doit et devrait faire attention, la retraite.

Dans mon cas, j’ai travaillé environ 8 ans en Tunisie avant de venir et je ne sais pas pour vous mais je ne pense pas toucher une retraite quelconque de mon pays natal. J’ai commencé à cotiser tranquillement à la régie des rentes du Québec mais c’est encore masse négligeable vu que j’ai perdu les cinq premières années avec des petits boulots avec l’installation. Je ne sais pas si certains d’entre vous le savent, la pension du Canada n’est accessible qu’après 40 ans de résidence, dans mon cas cela veut dire à 69 ans. Par ailleurs, je dois dire que la perspective de travailler encore 25 à 35 ans pour le même employeur pour pouvoir toucher un fond de pension m’effraie un peu. Je suis dans le domaine financier et je dois dire que pour l’instant 1+1 ne font pas deux, en tout cas pas le deux que j’espérais.

Je sais que certains d’entres vous ne sont pas rendus là et d’autres ne se posent même pas ce genre de question, moi si. Je n’ai pas vraiment envie de passer le restant de ma vie à bucher pour un semblant de retraite. Certains de mes amis commencent à se poser les mêmes questions, quelle options me reste-il ? En réalité, j’ai toujours caressé le rêve (encore un autre) d’être un jour mon propre patron, si je dois passer le restant de mes jours à travailler, autant que ce soit pour moi !! Cette option n’est pas des plus faciles je dois l’avouer, mon fils est encore jeune et je ne suis pas sure que le timing soit bon. La deuxième option consiste à finir mes études et à avoir mon Doctorat, tant qu’a passer ses vieux jours à travailler autant le faire pour la bonne cause. Encore là cette option est compliquée et implique des sacrifices que je ne suis pas prête à faire pour le moment.

Au final, je comprends qu’en tant qu’immigrant une fois que la question de l’installation est réglée il y a d’autres problématiques qui viennent se poser. Ces problématiques amènent de nouveaux questionnements sur les choix que nous avons fait et sur ceux que nous nous apprêtons à faire. Personnellement et dans ma situation, pour ceux qui l’ignorent j’élève seule mon fils, je me suis donnée une année de réflexion pour clarifier mes perspectives personnelles et non pour envisager un retour éventuel à mon pays natal. Cette question est déjà réglée dans mon cas, j’y suis j’y reste. Je me suis également payée les vacances dont je rêvais depuis longtemps. Ce sera ma récompense et mon cadeau pour avoir tenu bon et pour n’avoir pas fuis dans mon pays natal quand les jours étaient sombres et les nuits noires. Je me suis toujours dis que ces questions existentielles se seraient posées sous une autre forme si je n’avais jamais immigré. Je suis une personne qui ne regarde presque jamais en arrière et qui voit le verre à moitié plein et je dois vous avouer que ce sont deux armes redoutables pour tout immigrant qui se respecte.

Pour conclure, aujourd’hui c’est l’action de grâce au Canada et même si je ne suis pas de confession catholique, je me sens reconnaissante d’être là où je suis maintenant et je remercie tout ceux qui y ont contribué. Je me couche chaque soir avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose et je vous souhaite à toutes et à tous de connaitre un jour ce même sentiment si ce n’est pas déjà fait.

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