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Grandeur nature Plus d’une fois…

Grandeur nature

Plus d’une fois, des Européens qui sont restés en Europe toute leur vie, m’ont demandé si les ours venaient dans notre jardin, ou proche de notre maison.

Si dans un premier temps, j’ai envie de rigoler et de leur dire d’arrêter de prendre le Québec et le Canada pour un pays de sauvages, je me ravise et essaie de leur montrer par le biais de photos et sites web que non, nous ne vivons pas dans des tentes, ni ne devons nous chasser pour manger à notre faim ou encore se donner des nouvelles par tamtam. J’ai même envoyé un dépliant de METRO à une jeune fille de 13 ans pour lui montrer la qualité et la diversité de l’étalage des fruits et légumes, jus, et toutes sortes de choses alimentaires et non alimentaires. Et oui, nous avons le téléphone, la TV par câble et satellite, l’internet haute vitesse ou câble, des cliniques d’urgence dans le moindre patelin, des cinémas avec des films aussi récents que n’importe où ailleurs, des écoles bien cotées même en campagne, que sais-je ! Les routes sont goudronnées, les pelouses entretenues, et non, on ne laboure pas les champs avec des charrues et des bœufs, non non et non.

Et il n’y a pas d’ours dans notre village non plus. Paraît qu’il faut faire 50 km pour en avoir …. ce qui n’est pas bien loin tout de même ! Je me souviens de ce voyage que mon chum et moi avons fait avant d’avoir nos deux petits loups : nous sommes partis en voiture de Denver pour San Francisco puis nous avons voulu remonter la route 101 jusqu’à Seattle avant de retourner chez nous au Colorado. Une fois à Seattle, nous avons décidé d’aller voir Vancouver, et de là, nous avons pris le chemin de la maison à travers les Rocheuses côté Canada, en direction de Calgary. Nous avons roulé un peu dans la nuit, c’était au mois de mai, et lorsque la fatigue a pris le dessus, nous avons trouvé un camping au bord du Lac Lejeune (je crois). Il n’y avait personne pour nous accueillir, mais un panneau nous indiquait de nous mettre où nous voulions et que le matin, un garde forestier viendrait faire un tour. La nuit était bien noire, pas de lampes dans le camping, juste nos phares de voiture. Nous nous sommes installés dans un emplacement pour une tente, avons sorti la glacière, je suis allée toute seule dans le noir à la petite cabane que nous avions vu à la lumière de nos phares, puis, les vitres légèrement entr’ouvertes, nous avons passé une nuit fort reposante au milieu des bois, au bord d’un lac, avec seulement quelques hurlements de loups pour bruit de fond le temps de s’endormir (nous avions déjà notre Volvo familiale à cette époque, et nous avons dormi toutes nos vacances dedans cette année-là).

Ce sont les oiseaux et le lever du soleil qui nous on réveillés le lendemain matin. Et là, nous avons pu constater que nous étions vraiment au milieu de la nature, avec très peu de voisins humains, et pas de gardien forestier pantoute ! En cherchant comment faire pour payer (les tarifs étaient tout de même affichés), nous sommes tombés sur une autre pancarte qui disait « Attention ! L’ours brun est un visiteur fréquent en ces lieux. Ne laissez pas vos glacières et restes de nourriture à leur portée » gloups !!! Plus jamais nous n’avons laissé notre bouffe en dehors de la voiture ….

Mais revenons à nos moutons, euh, mouffettes …. Dans notre jardin, il y a un vieux pommier qui donne une quantité de pommes industrielle mais véreuses au point de devoir les choisir avec grand soin même pour ma gelée de pommes. Nous en avons laissé beaucoup sous l’arbre, et aux premiers froids, une nuit, j’ai pu voir une famille de chevreuils se régaler de nos pommes ! Pendant presque deux ans, une marmotte nous faisait coucou du fond de notre jardin, mais je suppose que notre Grizzly lui a fait comprendre que c’était devenu SON domaine et qu’elle ferait mieux de déménager …. Mais Grizzly n’a pas su chasser ni amadouer les mouffettes, skunks, putois. Ces petites bêtes MAL odorantes sont des animaux migrateurs et ne restent que quelques jours tout au plus dans un même coin, donc ce ne sont jamais les mêmes qui font face à notre matou Grizzly qui ne pense qu’à protéger SON terrain !!! Nous n’avons jamais assisté à un combat avec un putois, mais nous le sentons tout de suite après, et notre chachat ne rentre pas à la maison pendant deux semaines, même avec un shampooing spécial !

L’autre soir, nous avons entendu une bête comme tousser très rauque et fort quelque part pas loin de chez nous. Au bout d’un moment, elle semblait se rapprocher, et finalement nous avons pu voir un renard roux traverser notre jardin, s’arrêter au milieu, regarder dans la direction d’où il venait, tousser encore et encore. Le lendemain, nous avons appris que les renards roux aboyaient de cette façon : comme s’ils toussaient.

Et alors le clou, c’était il y a deux semaines. Notre Grizzly passe beaucoup de temps dehors, et certainement les nuits. Mais sur le coup de 5-6 h du matin, il saute sur le rebord de la fenêtre de notre chambre à coucher pour venir chialer pour son déjeuner. Ce matin-là, je voulais dormir encore un peu, et j’ai préféré ne pas le faire attendre (et entendre son miaulement pendant une heure et donc ne PAS dormir ….), et je me suis levée lui donner une petite boîte devant la porte d’entrée.

J’étais à peine recouchée, que nous entendions Grizzly se battre avec une bestiole, juste sous notre fenêtre (env. 2,30 m du sol). Alors je me suis relevée, j’ai ouvert la fenêtre, et ni le chat ni sa victime n’ont bronché ! Grizzly tenait un bête en arrêt que je ne pouvais pas identifier. Elle était couleur claire, style pelage de lièvre, elle avait l’air plus petite que lui (ouais, faut savoir que lui, il est GRAND!), et elle avait une queue très longue qui bougeait comme celle d’un chien qui joue. A bout d’un moment, Grizzly ne le regardait même plus, et ce que je prenais pour une belette ne bougeait toujours que sa queue, n’essayait pas de se sauver. Je pensais que Grizzly l’avait tellement amoché qu’il lui avait brisé la colonne vertébrale, et déjà je m’inquiétais de devoir ramasser une bête mourante avant que les enfants ne la voient …. Mais là est arrivé le petit gars qui nous amène le journal, Grizzly a tranquillement décampé, et …. le jeune renard s’est tranquillement levé aussi pour s’en aller la tête haute et pas inquiet pour un cent !!! Depuis, nous les avons vus se promener ensemble au fond du jardin, comme des amis de chasse ! Oui, je vous rassure, Grizzly EST vacciné contre la rage, et je ne vais pas au fond du jardin quand il fait nuit non plus (parce que moi, je ne suis PAS vacciné contre la rage héhé).

Je n’ai pas encore vu de raton laveur sur notre terrain, mais ils vivent ici aussi – on les voit souvent au bord de la route !!!

Ah oui au fait, nous vivons DANS un village, pas au milieu de la forêt ….

Bonne semaine !
Monikebek

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