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Témoignage d’un an et quatre ans au Québec

Un an au Québec

Ecrit par: Monikebek

Allôôôô à vous tous,

Dans deux jours, nous allons fêter notre premier anniversaire de vie au Québec.
Première remarque : qu’est-ce que cette année-là a passé viiiiite !
Premier mois à Montréal, comme beaucoup d’immigrants, à courir pour les démarches administratives de tout genre, chercher un logement décent à un prix décent pour nous quatre (nous avons deux jeunes enfants) et un travail – tout en subissant le dernier assaut de l’hiver la première fin de semaine de notre nouvelle vie …
Six mois à Drummondville : du bon boulot pour tous les deux, moi à Drummondville, Pascal d’abord vers Québec puis un mois plus tard à Granby comme Superviseur de Monatge (de pompes, compresseurs et turbines) sur Site. Les premières amitiés québécoises sont nouées, les enfants sont passés de la halte-garderie chère à la garderie à 5 $ de la fin de l’été, première épluchette de blé d’Inde, première visite des baleines de Tadoussac, Pascal en déplacement professionnel un peu trop souvent …
Puis le pas inhabituel au cours de la première année : l’achat de notre maison dans les Cantons de l’Est, dans un village de 4.000 habitants. Grâce à un sérieux coup de pouce de la part de la Maman de Pascal, nous avons pu mettre plus de 50% d’apport personnel sur le bureau du banquier qui a bien voulu nous prêter le reste …

J’ai quitté ma job à Drummondville fin novembre, déménagement le 1er décembre = 1ère neige un peu plus sérieuse … Au lieu d’une semaine tranquille pour tout ranger, j’ai eu deux jours … et puis tout de suite du boulot à nouveau ! J’avais trouvé une gardienne presque tout de suite – les places en garderie ne se libéreront que cet été. Après 2 missions éclair d’une journée chacune et une longue d’un mois à 25 km de chez nous, j’ai dû choisir une fois encore entre deux jobs : Assistante de la Directrice de la Succursale de Kelly Service à plein temps, ou Adjointe au PDG d’une compagnie dans notre village mais à mi-temps. J’ai opté pour notre village, et au bout de 2 semaines, me voilà à temps complet, et encore 2 semaines plus tard, ils m’ont déclarée permanente (plus d’avantages).
Maintenant je suis 50% Adjointe, 10% réceptionniste (les midis) et 40% apprentie planification de production. Comble du bonheur : je peux emmener les enfants à pied chez la gardienne (et plus tard à la garderie) et mon boulot n’est qu’à 3 minutes de marches de là … Au total environ 1 km et demi !

Entretemps Pascal vient tout juste de changer de compagnie, la sienne ayant fait savoir qu’ils allaient fermer cet automne. Il ne voyage plus du tout : Superviseur Laboratoire de Recherche et Développement dans une compagnie à Granby (25 km). L’avenir nous dira si c’était le bon choix.
Nos enfants sont HEUREUX dans notre maison qui offre l’espace nécessaire aux courses-poursuites de leur âge (2 ans et 3 ans et demi), et lorsque les TONNES de neige auront fondu, ils pourront se défouler dans un immense jardin, voire construire une cabane dans un arbre avec Papa !
Bilan en quelques mots : Pas facile d’avoir laissé mon grand fils (20 ans …) en France (c’était son choix). Il est quasiment impossible de trouver un médecin de famille, les impôts et le coût de l’alimentation semblent fort similaires à la France. De l’autre côté, nous avons toujours trouvé du boulot bien payé tous les deux, nos enfants sont bien à l’aise dans les garderies ou chez les gardiennes (ils commencent à bien parler la langue de leur nouveau pays …, les amitiés québécoises se nouent très vite, nous vivons dans une région que nous trouvons TRES belle et peuplée de gens chaleureux, dans une belle grande maison avec un beau grand terrain, nous sommes heureux de notre nouvelle vie : OUI, nous avons fait le bon choix en venant au Québec, nous commençons à nous sentir chez nous icitte.
Et c’est avec une certaine fierté que nous faisons visiter ce beau pays à nos Parents et Amis venus d’ailleurs !
Et c’est avec enthousiasme que nous essayons d’aider quelques nouveaux immigrants pour partager avec eux le plaisir que nous avons à vivre ici !

En ce qui nous concerne il faut peut-être tenir compte du fait que nous avons habité deux ans et demi à Denver, Colorado, et c’est là que nous avons subi notre premier choc culturel. Le deuxième a été beaucoup plus fort : lorsque nous sommes ensuite retournés, quelque peu contre notre volonté, en France ! En fait, nous avons trouvé ici au Québec un chez nous où nous pouvons prendre racine, nous qui venons de deux pays différents (Allemagne et Belgique), qui nous sommes connus en France et avons commencé notre vraie vie de couple aux États-Unis et qui ne voulons plus modifier notre style de vie pour nous intégrer dans le quotidien européen. Ici, ce n’est ni chez Pascal ni chez moi, c’est chez NOUS. Pour nous, c’était une immigration oui, mais surtout un coming home – même si Pascal a un peu plus de nostalgie de sa Belgique natale que moi de l’Allemagne (ou de la France où j’ai vécu 20 ans et où j’ai laissé mon grand garçon).
Nous sommes incapables de confirmer que les Québécois sont froids et individualistes : nous n’avons rencontré que le contraire (sauf une situation un peu très stressante au nouveau boulot de Pascal, mais bon, ça passera et ce ne sont pas deux personnes qui peuvent annuler notre impression positive des dizaines et plus d’autres au cours de cette première année ! Il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, n’est-ce pas !).
Je me demande si le gars dont tu parles et qui voulait repartir, n’était pas au fond un de ces maudits Français … Mais quel dommage que de devoir se rendre à l’évidence de ne pas avoir réussi son intégration.

Monikebek

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4 ans au Québec

Ecrit par: Monikebek

Il y a 4 ans, nous avons réussi à signer l’acte de vente de notre maison en France quelques jours avant le départ.
Il y a 4 ans, nous avons fait nos adieux en France, en Allemagne et en Belgique.
Il y a 4 ans quelques irréductibles prédisaient derrière notre dos que dans max trois ans nous reviendrions au pays (lequel des trois ???) « la queue entre les jambes ».
Il y a 4 ans que nous avons tourné une page dans le livre de notre vie, je dirais même fin d’une tôme du livre de notre vie et début d’un autre tôme.
Il y a quatre ans, je faisais encore partie de ceux qui posent les questions – aujourd’hui je m’efforce à répondre à quelques-unes de celles que VOUS posez ….

Nous avons essuyé la dernière tempête de l’année quelques jours après notre arrivée à Montréal, ne croyant pas nos yeux du haut du 14e étage au 3463 rue Ste-Famille où nous avions loué un 3 1/2 pour le premier mois. Je n’oublierai jamais ma belle-maman avec ses petits escarpins dans 30 cm de neige au centre-ville de Montréal …

Pendant nos 5 demi-journées d’information aux immigrants dispensées par cette extraordinaire Huguette inoubliable à la MICC de Montréal, nous avons fait connaissance de Diana qui venait faire la promotion d’un salon emploi à Drummondville début mai. La fin de semaine suivante, environ mi-avril, nous avons fait un tour à Drummondville, histoire de voir si cette ville pouvait nous plaire. Elle nous plaisait, et même que le temps de le dire, nous avions signé un bail pour un 4 _ pour le 1er mai à venir. Et dire qu’à Montréal, toutes les portes se fermaient à nous parce qu’immigrants, sans job et deux enfants en (très) bas âge dans les bras !

Suite au salon de l’emploi, nous avons tous les deux commencé à travailler au tout début juin. Pascal a abandonné au bout de 3 semaines (non respect de normes de sécurité minimales), mais 3 semaines plus tard, le voilà embauché chez Alstom Power à Granby à 60 km de chez nous. Comme il était en déplacement les _ du temps, ce n’était pas vraiment un problème, mais un jour en été, il a visité ce village qui porte le même nom qu’un autre en sa Belgique natale : Waterloo en Estrie. Une maison à vendre nous a fait un écorme clin d’œil, et grâce à un coup de pouce de belle-maman, nous avons pu nous présenter avec 50% d’apport persoonel. Donc, 7 mois après notre arrivée, nous voilà en train de signer un acte d’achat de maison… et nous y sommes toujours, 3 ans et demi plus tard.

Moi, j’ai changé de boulot pour des raisons purement géographiques, et Pascal a dû le faire parce que Alstom Power de Granby était relocalisé à Sorel … Mais avant même que la boîte déménage, il avait déjà une offre pour une autre compagnie, à Granby aussi, mais un boulot sédentaire, pas de voyages. Pas facile de s’habituer au début, surtout lui ! Mais aujourd’hui, on ne voudrait pas qu’il en soit autrement ! Un petit voyage de temps à autre, oui, ce serait chouette, mais pas 50% de son temps, non non non ! J

Pascal est retourné en Europe avec Antoine lors du décès de la grand-mère en Belgique en été 2002. Moi non. Je n’ai pas encore ressenti le besoin de travser la grande bleue. Mes Parents la traversent, et pour le reste, le courrier et e-mail gardent les liens avec ceux qui veulent bien.

En tous cas, comme le disait si bien O’Hana la semaine passée, quelle satisfaction que de pouvoir montrer à ceux qui nous voyaient revenir les oreilles rabattues, que c’est tout le contraire et que jamais nous n’avons eu à regretter notre décision de venir vivre de ce côté-ci de l’Atlantique.

Antoine est en première année d’école primaire, et tout se passe bien du point de vue apprentissage. En plus il a plein d’amis, ils s’invitent aux anniversaires, on a l’impression que tout le monde le connaît ! Et les dames de la garderie scolaire sont absolument charmantes avec lui !

Timothy est en dernière année de garderie CPE (idem maternelle en France) et ira en ce qui s’appelle maternelle ici (comme la dernière année de maternelle en France) dès la fin du mois d’août prochain.

Pour le reste, tout est encore beaucoup mieux que ce que nous aurions jamais pu espérer. La qualité de vie est extraordinaire, et à chaque fois que j’entends parler des choses qui se passent en Europe, je me demande comment nous aurions pu y vivre. Ici la tolérance est sacrée. Les relations entre les personnes sont d’une facilité désarmante. Sortir du travail à 16 h 30 et ne pas complexer pour cela, avoir un travail où nous sommes des êtres humaines et non des machines et un numéro de sécurité sociales, faire partie du comité du club social qui organise des activités pour le personnel, ou comme Pascal, simplement s’inscrire aux activités de SON club social, la vie dans le village avec la convivialité que cela engendre naturellement, …

Au Québec où l’on peut côtoyer des personnalités sans même le savoir parce qu’ici, les gens sont simples et abordables et ne se prennent pas la tête de leur titre, leur notoriété, leur statut ou leur richesse matérielle. Au Québec où tout le monde peut se parler, d’être humain à être humain, simplement. Au Québec où dans les écoles, les enfants se sentent choyés par rapport à ce qu’ils ont vécu en France parce qu’ici, ils sont considérés comme QUELQU’UN et pas comme un numéro ou un danger potentiel. Au Québec où il y a des terrains de jeux dans les cours des écoles, où l’hiver tout le monde amène sa crosse de hockey et on y joue aux récréations. Et quand la neige fait défaut, le ballon est roi. Impensable en France. Au Québec où ceux qui comme Pascal et moi ont un passé européen dans le monde du travail, passent pour des gens débrouillards et travailleurs. Comment ne pas aimer notre nouvelle vie ?!

Je ne sais pas si on peut généraliser que l’amitié québécoise et française est plutôt ainsi ou autrement, mais tout dépend des personnes qui sont amis, des deux bords. Dans notre cas, tous nos amis québécois sont des amis, point à la ligne. Si sur le chemin de la vie il se trouve que l’on peut s’entraider (déménagement, grand chagrin, garder les enfants exceptionnellement, travaux dans le jardin, que sais-je), c’est très bien ainsi, ça fait partie de choses que l’on partage avec des amis. Je n’ai pas eu d’amis aussi proches en France en y ayant vécu 20 ans de vie adulte, juste des bons copains – mais les Français sont aussi plus racistes que les Québécois, et nous sommes respectivement Belge Flamand et Allemande, donc … Oui, on a des amis en France, mais faut voir le petit nombre de ceux qui le restent depuis un peu plus d’un an qu’on est partis ! Par contre, des amis belges, on en a encore à la pelle. Alors les amitiés françaises, excuse-moi, ça n’a rien d’exceptionnel à nos yeux si ce n’est que les amis que nous avons toujours sont effectivement tout aussi exceptionnels que ceux de Belgique, Allemagne, USA et Québec (et reste du Canada). Une amitié québécoise n’a pas moins de valeur ni une valeur différente de celle des Français. Chaque amitié a la valeur qu’on veut bien lui donner, et c’est quelque chose d’extrêmement subjectif et personnel. Avez-vous remarqué qu’ici personne ne vous juge ? C’est une excellente base pour une amitié en devenir !
Bref, je ne veux pas permettre que l’on dise que l’amitié des Québécois soit moindre que la française … mais c’est là un avis tout à fait personnel !

Je tiens ici à dire un MERCI du fond du cœur tout spécialement à Jeannine et Lionel qui nous ont soutenus dès le départ et tout au long au cours de notre projet d’immigration, qui ont eu très peur l’année passée que nous irions vivre en Alberta, et avec qui nous allons fêter nos 4 ans au Québec samedi à la Cabane à Sucre avec Laurence et quelques forumistes le jour précis d’anniversaire de notre arrivée : le 3 avril 2000.

Euh, quoi ? Hein ? Comment ? Où se jouera le tôme suivant de notre saga ? Chut ! on ne sait pas encore…. Mais je vous promets que vous serez dans les premiers avertis s’il y avait de quoi qui vaille la peine d’être divulgué !

Vive le Québec et MERCI au Québec pour tout ce que cette belle province nous a apporté !

Monika

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