Comment se faire des amis à Vancouver

Un aspect parfois négligé lorsque l’on prépare son immigration, et même en arrivant, est le côté social. On ne se rend pas toujours compte que sur ce plan là, on recommence à zéro aussi, notamment lorsque l’on vient en couple ou en famille. Au début, se faire de nouveaux amis n’est pas forcement une priorité immédiate non plus. Une fois une ébauche de stabilité trouvée, avoir une vie sociale prend de l’importance. Là aussi, tout comme avec la recherche d’emploi et autres aspects d’une nouvelle vie dans un nouveau pays, le nouvel arrivant peut se retrouver confronté à certaines difficultés.

On ne sait pas toujours où rencontrer des gens, ni comment s’y prendre avec des personnes d’une culture et d’une langue différente. Il y a également le fait qu’à l’âge adulte, il est plus difficile de se faire des amis, l’amitié devenant beaucoup plus circonstancielle. Dans nos pays d’origine, la plupart de nos amis sont des gens que nous avons rencontrés à l’école, avec qui nous avons grandi et évolué et qui nous connaissent parfaitement. Ici, cela sera rarement le cas, du moins au début.  

Il y a souvent un décalage entre les attentes du nouvel immigrant et celles des Canadiens "nés au Canada" ou d’autres immigrants étant là depuis un certain temps. Les cercles amicaux des uns et des autres ont été établis bien avant notre arrivée et se suffisent parfaitement. Ils n’ont pas forcément le besoin ou l’envie de s’agrandir. Il est important de ne pas avoir d’attentes irréalistes avec des gens que l’on vient à peine de rencontrer, et ceci peut être difficile.

Les Canadiens catégorisent beaucoup leurs amitiés. Par exemple, un collègue de travail est rarement un ami. C’est plutôt une connaissance. Et des connaissances, ils en ont des tas! En fait, sur Vancouver, rencontrer du monde est très facile. Les gens sont très avenants et n’ont en général aucun problème à vous parler et à vous aborder n’importe où et n’importe quand. On « socialise ». Le concept de « socialiser » est à la base Anglo-Saxon et est peu répandu, voire même inconnu dans le reste du monde. Ce concept est né dans les pubs d’Angleterre et s’est par la suite implanté dans tous les pays anglophones. Pour la petite histoire, le mot « socialiser » à la base n’existait pas dans la langue Française. C’est un calque du mot Anglais « socialize ».

Donc, ici on « socialise » énormément et les gens sont très disponibles. Mais, cela ne veut pas dire qu’ils sont prêts à devenir vos amis et à vous accueillir dans leur vie pour autant. Cela entraîne souvent beaucoup de confusion pour le nouvel arrivant, qui bien souvent n’est pas habitué à ce concept de « socialiser » et dans une certaine mesure à la disponibilité des gens.  

Patience et régularité sont les mots-clés dans le processus de nouvelles amitiés. Ici, il vous faudra certainement faire plus d’efforts et sortir de votre zone de confort. Vraiment connaître quelqu’un et en faire un(e) ami(e) prend beaucoup de temps. Récemment, j’ai réalisé qu’une personne que je considérai comme une amie n’en était pas vraiment une. Cela m’a pris deux ans pour arriver à cette conclusion. J’aurai passé de très bons moments avec cette personne et ne regrette rien. Si quelque chose de ce genre vous arrive, essayez de ne pas trop dramatiser. Une telle déconvenue aurait pu vous arriver dans votre pays d’origine aussi.

Une fois ces considérations prises en compte, voici quelques idées pour rencontrer du monde, et plus si affinités, sur Vancouver :

–       L’excellent site Meetup.com www.meetup.com/cities/ca/bc/vancouver/. Sur ce site, il y a des rencontres pour tous les goûts et tous les loisirs, et ce, tous les jours ou presque. Un très bon moyen de sortir et de faire des connaissances. Pour espérer un peu plus que « socialiser », il faut assister régulièrement aux rencontres que vous choisissez.

–       Faire du bénévolat. Là aussi, la régularité prime. Choisissez quelque chose qui vous engagera sur quelques mois, et pas uniquement pour un jour.

–       Joindre un club de sports.

–       Prendre des cours.

Comme vous pourrez le constater, il faut sortir de chez vous. Les soirées à la maison ne sont pas vraiment la norme ici, de même que débarquer à l’improviste chez les gens. Vous pouvez tout à fait organiser une soirée chez vous, mais ne vous attendez pas à ce que l’on vous rende l’invitation. 

L’idéal est de ne pas avoir d’attentes lorsque vous rencontrez des gens et de laisser faire les choses à leur rythme, même si cela vous paraît trop lent. Il peut même s’écouler pas mal de temps avant que vous puissiez parler de choses personnelles ou demander un service. Essayez aussi de ne pas trop analyser les comportements des uns et des autres, car bien souvent, il n’y a aucune logique derrière ceux-ci.

Pour ma part, au bout de 3 ans, je connais pas mal de monde, mais j’ai très peu d’amis. Je compte autant de Canadiens « nés au Canada », que d’immigrants et de francophones dans mon cercle. Un bon équilibre en somme. Cela m’a pris du temps et de l’énergie pour arriver à ce stade. J’espère consolider et agrandir mon cercle, mais ce n’est pas nécessairement une priorité car j’essaye encore d’atteindre une meilleure stabilité professionnelle et financière dans l’immédiat. Cela prendra encore du temps, mais je suis sur la bonne voie.

Blueberry
Stéphanie alias Blueberry est originaire de France et écrit des billets pour le site depuis 2008. Installée à Vancouver dans cette ville de l'ouest du pays depuis 2006, elle a fait son premier séjour au Canada en 2001 et a eu un véritable coup de foudre pour le pays. Suivez ces billets pour en connaître plus sur la vie, le travail, les loisirs et les joies et autres en Colombie-Britannique.
http://www.immigrer.com
Haut
Ouvrir un compte bancaire avant mon départ
© 2022 immigrer.com
Advertisement Advertisement
>