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3 ans, pis quoi ?

De La Féline

En lisant la chronique de Tof il y a quelques semaines, je me suis parfaitement retrouvée dans ses lignes. Aujourd’hui, pour moi, ça fait 3 ans aussi. Quel chemin parcouru depuis tout ce temps ? Où j’en suis dans ma vie à l’autre bout du monde ? Et maintenant, qu’est-ce que je veux vraiment ? Qu’est-ce qu’il me reste à accomplir ? (il faut dire que j’arrive proche de la trentaine alors ces questions sont d’autant plus existentielles) On est content de cette nouvelle vie qu’on est parvenu à se construire sur l’autre rive. Mais on a beau se dire qu’on a réussi, que les choses ont été plus vite qu’on ne l’espérait, qu’on est fier de soi parce qu’on s’est prouvé qu’on est plus fort qu’on ne le paraît (du moins qu’on ne le croyait), il y a toujours une sorte d’insatisfaction, une certaine nostalgie, un doute, une question qui vient « péter la balloune ». Ça, c’est pour l’ambiance générale. Hé oui ! immigrer, c’est aussi vivre à 100 000 lieux des gens et des endroits qu’on aime. C’est manquer les premiers mots du dernier né de la famille. C’est affronter le regard plein de larmes de ma mère au moment de lui dire au revoir après 2 semaines de vacances passées ensemble. C’est culpabiliser à l’idée qu’elle se demande ce qu’elle a bien pu faire de si mal pour que j’aie envie de m’éloigner d’elle à ce point, et peut-être un jour de la priver de voir ses petits enfants régulièrement. C’est penser que le plus beau cadeau que je pourrais lui faire serait sans doute que je rentre au pays. C’est ne pas être là pour la soutenir quand un membre de la famille s’en va dans l’autre monde (ou si elle tombe malade) et réaliser que je ne verrai plus cette personne lors d’un prochain séjour en France. C’est manquer des soirées avec les ami(e)s de longue date (qui sont maintenant parents et n’ont peut-être plus le temps – et/ou l’envie – de penser à moi) ou des week-ends au bord de la mer avec les cousin(e)s. C’est avoir les yeux humides en regardant des images de Paris sur grand écran mais être heureuse de réaliser que je suis toujours au Québec en sortant du cinéma. C’est me dire aussi que je serais probablement encore en train de galérer professionnellement en France, face à des patrons impatients et intolérants. C’est ne pas me sentir mal constamment au moindre regard ou à la moindre parole, puisque la mentalité est si agréablement différente ici.

Bref, pour moi, c’est tout ça 3 ans au Québec. C’est être déchirée entre ma petite vie que j’ai ici, à Montréal, et mes souvenirs de France, famille et ami(e)s inclus. Comme l’année dernière à la même période, je reste « le cul entre 2 chaises ». Les doutes et les questions que j’avais au départ ne sont plus les mêmes aujourd’hui. À part l’éloignement et la solitude, je ne trouve aucune bonne raison de rentrer au pays. De toute façon, je ne suis pas prête psychologiquement pour une telle réadaptation. Ré-intégrer son pays, c’est comme une nouvelle immigration : refaire tout ce chemin en sens inverse (le déménagement, les demandes de paperasse pour retrouver sa situation de résident en France, retrouver un appartement, du boulot, avec en prime ce risque de choc culturel après quelques années de vie à l’étranger). Montréal, le Québec et la vie que j’y ai me manqueraient à coup sûr et je déprimerais en y repensant. Alors que faire ? 3 ans, pis quoi ? À part le fait d’être certaine d’être mieux ici que je ne pourrais l’être en France, pas grand chose de neuf. Continuer à faire les bons choix en est une autre….

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