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Plafond des permis d’études : l’Ontario s’apprête à perdre plus du tiers de ses étudiants internationaux

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Le resserrement imposé par Ottawa sur les permis d’études commence à produire des effets très concrets dans les établissements postsecondaires canadiens. Selon de nouvelles estimations de Statistique Canada, l’Ontario, qui accueillait jusqu’ici la plus grande concentration d’étudiants internationaux au pays, pourrait voir ses effectifs chuter de façon spectaculaire dès l’année universitaire 2025-2026.

Une baisse estimée à 92 000 étudiants en Ontario

D’après l’agence fédérale, les collèges et universités publics de l’Ontario compteraient environ 92 000 étudiants internationaux à temps plein de moins en 2025-2026 qu’en 2023-2024. Cela représenterait une baisse de 36 %, soit plus du tiers de cette population étudiante. Une première diminution d’environ 15 000 étudiants avait déjà été estimée pour 2024-2025.

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L’Ontario serait ainsi, de loin, la province la plus touchée par le plafonnement des permis d’études. À titre de comparaison, Statistique Canada prévoit une baisse de 14 % au Québec, de 24 % en Colombie-Britannique, de 17 % dans les Prairies et de 26 % dans les provinces de l’Atlantique entre 2023-2024 et 2025-2026.

La province qui dépendait le plus des étudiants étrangers

Avant le resserrement fédéral, l’Ontario concentrait une part disproportionnée des étudiants internationaux au Canada. En 2023-2024, la province regroupait 60 % de cette clientèle, alors qu’elle représentait environ 39 % de la population canadienne. En 2025-2026, sa part tomberait à 54 %, selon les projections de Statistique Canada.

Cette forte présence des étudiants étrangers s’expliquait notamment par le poids du réseau collégial et universitaire ontarien, mais aussi par la dépendance croissante de plusieurs établissements envers les droits de scolarité beaucoup plus élevés payés par les étudiants internationaux.

Les collèges particulièrement fragilisés

À l’échelle du pays, Statistique Canada estime que le nombre d’étudiants internationaux à temps plein dans les établissements postsecondaires publics aurait reculé de 29 % entre 2023-2024 et 2025-2026, pour revenir autour de 300 000 étudiants, un niveau comparable à celui observé pendant la pandémie.

Les collèges seraient les plus durement frappés. Le nombre d’étudiants internationaux y diminuerait de 42 % depuis 2023-2024, contre une baisse estimée à 17 % dans les universités. Les nouvelles cohortes seraient encore plus touchées : dans les collèges, Statistique Canada anticipe une chute de 75 % du nombre de nouveaux étudiants internationaux en 2025-2026 par rapport à 2023-2024.

Ottawa poursuit sa réduction du nombre d’étudiants étrangers

Le plafond des permis d’études a été instauré en janvier 2024 par le gouvernement fédéral, qui souhaitait ralentir la croissance de la population temporaire, réduire la pression sur le logement et lutter contre certaines pratiques abusives dans le secteur de l’éducation internationale. Statistique Canada rappelle que l’objectif initial était de réduire de 35 % le nombre de nouveaux permis d’études en 2024, puis d’ajouter une nouvelle réduction en 2025.

La politique ne s’arrêtera pas là. Pour 2026, IRCC prévoit délivrer jusqu’à 408 000 permis d’études, dont 155 000 pour de nouveaux étudiants étrangers arrivant au Canada et 253 000 pour des prolongations. L’objectif global d’octroi de permis pour 2026 est inférieur de 7 % à celui de 2025 et de 16 % à celui de 2024.

Dans son Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, Ottawa indique aussi vouloir réduire les nouvelles arrivées de résidents temporaires à 385 000 en 2026, puis à 370 000 en 2027 et 2028, dans le but de ramener la population temporaire sous la barre des 5 % de la population totale d’ici la fin de 2027.

Un modèle de financement remis en question

Cette chute attendue des inscriptions internationales ravive un débat déjà très vif : celui du financement des collèges et universités. Depuis des années, plusieurs établissements, particulièrement en Ontario, ont compensé la faiblesse du financement public en recrutant davantage d’étudiants étrangers, dont les droits de scolarité sont nettement plus élevés que ceux des étudiants canadiens.

Le brusque resserrement des permis vient donc fragiliser un modèle qui s’était construit autour de cette source de revenus. Des représentants du milieu postsecondaire préviennent que les conséquences pourraient être importantes : compressions budgétaires, réduction de programmes, pertes d’emplois et baisse de l’attractivité internationale des établissements.

Les étudiants étrangers entre nécessité économique et discours politique

La mesure fédérale est aussi critiquée par certains étudiants internationaux et intervenants du milieu universitaire, qui estiment que ces derniers servent désormais de boucs émissaires dans un contexte marqué par la crise du logement, la hausse du coût de la vie et le sous-financement des établissements.

Le Canada demeure l’une des destinations d’études les plus recherchées au monde, mais le signal envoyé depuis 2024 est devenu beaucoup plus restrictif. Pour les provinces et les établissements, l’enjeu sera désormais de trouver un nouvel équilibre : réduire la dépendance financière envers les étudiants étrangers sans affaiblir la qualité, la diversité et le rayonnement international de l’enseignement supérieur canadien.

source : Radio-Canada

Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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