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Vol au dessus du Québec…

Vol au dessus du Québec.

Ou là là, déjà 3 semaines d’écoulées depuis ma dernière chronique ; comme le temps file vite dans le Nouveau Monde….

Bref. En réfléchissant à un sujet pour cette chronique, je me suis rendu compte que je ne vous avais jamais raconté mon vol Montréal – Val d’Or et retour, en Cessna (avion de tourisme), il y a 2 ans….
Oui, parce qu’il y a 2 ans, peu après mon arrivée au Québec, j’ai passé mon brevet de pilote privé avion, version Canadienne. Je ne l’avais pas fait en France (quoiqu’un peu commencé), parce que là-bas c’est (très) nettement plus cher. Et puis je pense que l’aviation légère, en France et en Europe, est condamnée à plus ou moins brève échéance. Ceux qui se sont amusés à voler autour de Paris me comprendront….

Bon, donc, pour décrocher son brevet, il faut, entre autres, totaliser un certain nombre d’heures de vol solo, tout seul, aLone in the Sky (but not with Diamonds, hum….)
Ma conjointe se trouvant à l’époque à Val d’Or, où elle débutait un stage, je me suis dit que ça, ça serait une « nav » (navigation) bien trippante ; Val d’Or se trouvant à plus de 500 km, par-delà une immense forêt et le parc de la Verendrye.

Et donc, un certain matin clair de juillet 2001, je me suis envolé de l’aéroport de Saint-Hubert, au sud de Montréal, direction Full Nord. Les roues quittent le sol, tchao les rampants !
Une fois les plaines agricoles passées (vallée du Saint-Laurent), on débarque dans les Laurentides. Le relief se fait de plus en plus marqué, les vallons se creusent et se couvrent d’arbres bien serrés ; de plus en plus de conifères à mesure que s’éloigne le Grand Fleuve, derrière la queue de l’avion. Comme je volais pas très haut, plafond nuageux oblige, tout ça dans les rayons obliques du soleil levant…. Un régal ! Pis toutes ces maisons-plages-privées au bord des lacs bleus, ça fait rêver.
Un p’tit passage à la verticale de Mont-Tremblant-Disneyland-carton-pour riches, avec ses pistes de ski tout partout comme des coulées de sirop sur les flancs d’un gâteau, et on débarque dans la couronne boréale, qui ceinture toute la planète d’un immense manteau de sapins et d’épinettes.

Là commence la vaste plaine, bouclier ancien creusé de lacs à l’infini, tourmentés, tous de couleurs différentes. En avion, ça donne de la navigation à l’ancienne : peu ou pas de repères au sol (sur la carte on reconnaît les lacs, mais ils sont autant de chiures de mouches microscopiques), rien que la boussole et la montre. Il n’y a plus de balises radio (VOR pour les intimes). Ça angoisse un peu…. On se surprend à guetter fiévreusement, au sol, la moindre trace de vie humaine. Il y a bien la route 117, qui mène à l’Abitibi, mais à 4000 pieds d’altitude, autant suivre un fil de soie.
Si je m’écrase, et si j’suis pas mort, le temps qu’on me retrouve, les maringouins m’auront déjà rendu fou !

Le vent, cependant, était avec moi. Trois heures et demie (en voiture ça prend six ou sept heures) après l’héroïque décollage de Montréal, j’aperçois au loin ce qui ressemble à un immense point d’exclamation, le point étant la ville et le trait la piste de l’aéroport de Val d’Or. Car elle est immense cette piste, le concorde s’y est même posé, dans les années soixante !! Alors pour se poser en Cessna, pas d’angoisse, j’ai de quoi poser-décoller-poser-décoller au moins quatre fois d’affilée.
Vu le trafic, ça va vite, la radio avec le sol se limite au strict minimum. Je m’aligne, je pose l’oiseau, je retrouve ma blonde qui m’attend devant son petit quatre par quatre tout juste acheté d’occase. Pas de douane ;))

Un petit resto et deux heures plus tard, je repartais, pour retrouver la métropole cette fois au terme de quatre heures de vol, vent dans le pif oblige….

Total : Sept heures et demie de vol dans une journée. Bonne nuit les petits !
Dieu que c’était bon et beau….

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