Ottawa envisage de modifier en profondeur le système Entrée express afin d’accorder davantage de poids aux candidats à l’immigration économique qui disposent d’une offre d’emploi bien rémunérée au Canada. Cette réforme, encore au stade de consultation, pourrait changer la façon dont certains travailleurs qualifiés accèdent à la résidence permanente.
Selon un document de travail et un sondage de consultation publique, le gouvernement fédéral étudie la possibilité de réintroduire des points supplémentaires pour certaines offres d’emploi, mais seulement dans les professions associées à des salaires élevés. L’objectif affiché est d’attirer davantage de talents internationaux dans des secteurs jugés stratégiques pour l’économie canadienne.
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Une nouvelle priorité pour les hauts revenus
Le système Entrée express repose sur un classement par points, qui évalue les candidats selon plusieurs critères : âge, niveau d’études, expérience professionnelle, compétences linguistiques et expérience au Canada. Les candidats ayant les meilleurs scores sont ensuite invités à présenter une demande de résidence permanente.
Avec les changements envisagés, Ottawa pourrait accorder des points additionnels aux travailleurs ayant déjà une expérience avant leur arrivée au Canada ou une offre d’emploi dont la rémunération dépasse le salaire médian national. Les professions citées incluent notamment les médecins, les ingénieurs et les opérateurs de machinerie lourde.
Cette mesure s’inscrirait dans la Stratégie d’attraction des talents internationaux du Canada, annoncée dans le budget de novembre. Elle viserait à mieux cibler les médecins, chercheurs, cadres supérieurs, professionnels du transport et militaires qualifiés.
Le retour partiel des points pour les offres d’emploi
Le gouvernement fédéral avait retiré, en mars 2025, les points liés aux offres d’emploi dans Entrée express. Il envisage maintenant de les rétablir, mais uniquement pour les professions à haut salaire.
Selon le document de travail, ces emplois seraient plus faciles à vérifier, notamment parce que les compétences spécialisées et l’expérience exigées sont mieux encadrées. Ottawa estime aussi que cette approche pourrait réduire les risques de fraude dans les demandes d’immigration économique.
Cette orientation marque toutefois un changement important : au lieu de valoriser largement les offres d’emploi, le système ciblerait plus précisément les postes considérés comme hautement qualifiés ou stratégiques.
Vers une fusion des trois programmes d’Entrée express
Ottawa étudie également la possibilité de fusionner les trois grands volets actuels d’Entrée express en un seul cheminement.
Aujourd’hui, les candidats peuvent présenter leur profil dans l’un des programmes suivants :
- la Catégorie de l’expérience canadienne;
- le Programme des travailleurs qualifiés fédéral;
- le Programme des travailleurs de métiers spécialisés fédéral.
Le nouveau cheminement unique exigerait au minimum un diplôme d’études secondaires, une capacité à communiquer dans l’une des deux langues officielles et une année d’expérience professionnelle qualifiée.
Le gouvernement estime que les changements apportés à Entrée express depuis 2023, notamment les invitations ciblées selon les besoins économiques, rendent les trois volets actuels moins nécessaires.
Des inquiétudes sur l’équité du système
Cette réforme ne fait pas l’unanimité. Zool Suleman, avocat spécialisé en droit de l’immigration à Vancouver, prévient que les changements pourraient faire passer les candidats à hauts revenus devant les autres dans la file d’attente pour la résidence permanente.
Selon lui, Ottawa cherche à retenir les médecins, scientifiques, cadres et professionnels de l’informatique, mais risque de regrouper tous les autres candidats dans une file moins avantageuse.
Cette critique soulève une question importante : Entrée express doit-il prioriser les candidats les mieux rémunérés ou continuer à valoriser un ensemble plus large de profils, notamment ceux qui répondent aux besoins régionaux et aux pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs?
Plus de 110 000 demandes en attente
Le débat intervient alors que plus de 110 000 personnes attendent actuellement le traitement de leur demande de résidence permanente dans les volets existants d’Entrée express.
Le gouvernement vise officiellement un délai de traitement de six mois, mais les personnes qui déposent une demande aujourd’hui doivent plutôt s’attendre à environ sept mois d’attente, selon le portail du ministère de l’Immigration.
La période de consultation publique sur ces réformes doit prendre fin dimanche. Les changements proposés pourraient donc encore évoluer avant d’être officiellement adoptés.
Une réforme à surveiller de près
Si elle est mise en œuvre, cette réforme pourrait avantager certains profils très recherchés, notamment les candidats disposant d’une offre d’emploi bien rémunérée dans des secteurs jugés prioritaires.
Pour les autres candidats à l’immigration économique, les effets pourraient être plus incertains. La fusion des programmes et la priorité accordée aux hauts salaires pourraient modifier les stratégies de demande de résidence permanente et rendre la compétition encore plus forte dans le bassin Entrée express.
Pour les candidats qui envisagent le Canada, il faudra donc suivre attentivement l’évolution de cette consultation et les annonces d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) dans les prochaines semaines.
Source : La Presse Canadienne, d’après les informations transmises sur les changements envisagés au système Entrée express.
Source : La Presse Canadienne, Noovo
Crédit photo : Coline parlementaire à Ottawa, Ontario

Ces « hauts salaires » seront tellement égorgés par la fiscalité (et ce qu’ils obtiennent en contrepartie), sans parler du cout de la vie, devenu iréel, qu’ils finiront par partir rapidement sous des cieux plus accueillants. Donc statut quo avec la situation actuelle.