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L’or bleu du Québec

Alors que le prix de l’essence au Québec est au plus haut depuis 2014, profitons en pour parler d’énergie

Le Canada, on l’entend assez, est un géant énergétique. Quand on pense à ce gigantisme, on pense souvent aux réserves de gaz Britanno-colombiennes, au pétrole Albertain et (surtout en France) à l’uranium Saskatchewanais (oui, oui, c’est comme ca qu’on dit). Ce faisant, on ne pense pas à l’or bleu Québécois !

Car on la côtoie si souvent qu’on l’oublie mais l’eau est la première richesse naturelle du Québec.

Ses très nombreux cours d’eau, son relief et ses grands espaces lui permettent en effet d’utiliser cette ressource inépuisable pour fabriquer de l’électricité à faible coût.

Tous les pays industrialisés ont commencés à fabriquer de l’électricité en grandes quantités grâce à la force de l’eau. C’est donc bien logiquement à Niagara Falls, coté canadien comme américain des chutes, que furent construites les premières grandes centrales hydroélectriques de l’histoire.

Le Québec s’organisant depuis toujours autour de ce large fleuve qu’est le Saint-Laurent, c’est là, au niveau des rapides de Lachine, que fut aménagée en 1897 la première grande centrale hydroélectrique de la province (aujourd’hui détruite).

Si l’électricité y est d’abord l’affaire de monopoles privés, dont on dénonce rapidement les tarifs abusifs, le secteur est partiellement nationalisé en 1944, suivant le modèle Ontarien, avec la création d’une société d’état : Hydro-Québec.

Il faut attendre 1963 pour qu’Hydro Québec prenne possession de la quasi-totalité des fournisseur d’électricité restants. Un événement qui est rentré dans l’histoire car, dans l’imaginaire collectif, il incarne le début de la Révolution tranquille. Soit la prise en main de son destin par le peuple francophone face aux intérêts privés anglophones. Avec à la manœuvre René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles, qui deviendra la figure de l’indépendantisme.

Si la réalité est moins chevaleresque que la légende, car les actionnaires de ces compagnies étaient bien heureux de vendre leurs parts à bon prix au gouvernement, l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Hydro-Québec est ensuite devenu le symbole d’un Québec qui non seulement accède pleinement à la modernité, après quinze années de “grande noirceur”, mais deviens un acteur de celle-ci dans le monde.

En effet, entre les années 1960 et 1990, pour répondre à une demande toujours croissante, se succédèrent des chantiers pharaoniques de construction de barrages dans le nord de la province, véritables cathédrales technocratiques. Ces entreprises titanesques, dont les noms La Manic, La Baie James et Churchill Falls résonnent encore, marquèrent toute une génération et propulsèrent le Québec au rang de référence en la matière.

La réalisation de programmes si importants ne s’est bien entendue pas faite sans heurts. Avec les ouvriers (on se rappelle des grèves de 1975 à la Baie James) comme avec les Amérindiens dont les terres ont été noyées.

Elle n’a pas été non plus sans débats, le Parti Québécois ayant été très tenté dans les années 1970 par le nucléaire pour ne pas laisser à l’Ontario le monopole de ce qui était alors “l’énergie du futur”. La prudence économique a finalement eu raison de cette tentation et les barrages se sont multipliés de plus belle, permettent au Québec d’afficher fièrement aujourd’hui une production électrique à 99% d’origine renouvelable et les tarifs les plus bas en Amérique du nord.

Si aujourd’hui les grands barrages ne sont plus vus comme l’énergie la plus verte qui soit, ce choix de société fut certainement le meilleur. A tel point que les états américains frontaliers se tournent vers le Québec pour résoudre le triple dilemme qu’est celui d’accroitre leur part d’électricité décarbonnée tout en fermant des centrales nucléaires mais sans augmenter la facture du consommateur.

La belle province, ou plus précisément son immense complexe hydroélectrique La Grande, est déjà relié directement a la banlieue de Boston, quelques 1500 kilomètres pus loin, depuis 1992. D’ici 2020, ce ne sont pas moins de trois nouvelles lignes, dont une devant alimenter directement la ville de New York (Champlain Hudson Power Express), qui pourraient s’ajouter aux cinq déjà existantes. Portant la capacité d’export de la province vers les États-Unis à plus de 7 GW, soit l’équivalent de la puissance de quatre réacteurs nucléaires type EPR, ou encore de milliers d’éoliennes.

La prochaine fois que vous paierez votre facture d’électricité à ce géant national, toujours public, qu’est Hydro-Québec, vous repenserez à l’épopée qu’il incarne.

Avec l’arrivée de l’été je vous recommande de visiter l’une de ses installations, ouvertes au public de mai à septembre. C’est guidé, accessible à tous et gratuit !

Une visite peut être l’affaire d’une sortie : pour les Montréalais à la centrale de Rivière-des-Prairies ou de Beauharnois par exemple, ou d’un road-trip dans le Québec sauvage, aux complexes Manic-Outardes ou La Grande.

Marty
Né au nord de la France, j’ai grandit à Cambrai, ville probablement plus célèbre au Canada que dans son propre pays. Fasciné, comme tant d’européens, par l’Amérique depuis toujours, j’ai voyagé et vécu aux Etats-Unis avant d’arriver à Montréal début 2012. Biochimiste de formation, je travaille dans mon domaine au Québec.
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