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La loi 101 expliquée – Mise en situation… pour ceux qui plaignent les anglos

La loi 101 expliquée – Mise en situation… pour ceux qui plaignent les anglos

Ecrit par : cherry 24-05 à 3:00
Bonjour à tous,

Je sais, sujet redondant. Mais à la lecture de certains fils – dont un qui vient tout juste d’être fermé – j’estime qu’il est temps que vous vous mettiez à la place des Québécois francophones.

Le lien ci-joint n’est pas un article souverainiste ou fédéraliste, n’a aucune allégeance politique, assumée ou camouflée. C’est une étude universitaire très complète et objective sur l’histoire de la langue française au Québec. Celle-ci couvre l’histoire de notre chère langue depuis les débuts de la Nouvelle-France jusqu’à aujourd’hui. Or, comme c’est long à lire et que nous sommes après tout en 2006, j’ai choisi de vous faire lire la dernière partie seulement, qui couvre la période de 1960 à 1981, soit la période de la Révolution tranquille et de la loi 101.

En espérant que votre curiosité vous pousse à cliquer sur ce www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/HISTfrQC_s4_Modernisation.htm

By the way, je vous aime tous, quelle que soit votre allégeance politique ou votre langue maternelle. Mais SVP, soyez bien informés, c’est tout ce que je vous demande!

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Ecrit par : tilda 24-05 à 4:52

Waouh ! je pensais pas que ce serait si long à lire…mais on se laisse prendre et ça a le mérite d’être clair. Je le recommande à tous, c’est encore un très bon moyen de comprendre le québec et les québecois. Indispensable à mon avis avant de s’embarquer pour l’aventure de l’immigration !
Un grand merci, Cherry ! J’y vois encore plus clair grâce à toi

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Ecrit par : touareg 24-05 à 6:41

Oui je trouve qu’une loi du genre loi 101 est assé légitime dans une région à grande majorité francophone, ce n’est que justice rendue pour les 200 ans de domination d’une majorité par la minorité.

Tant qu’elle ne pénalise pas la prospérité du Québec tout va bien

Mais ce qui est révélateur c’est de constater combien l’histoire du Québec est tumultueuse et intense, et je crains bien qu’une indépendance mitigée ne peut que raviver encore plus le champs de la confusion et de la contestation, ça ne sera pas une partie facile en tous les cas et personne ne peut prévoir la situation du jours d’après la victoire des indépendantistes surtout si elle sera avec une courte victoire.

Le cas de l’indépendance du Québec déchaînera vraiment les passions et pas seulement entre québécois mais même pour tout le Canada, qui sera vraiment ébranlé.

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Ecrit par : ebsline 24-05 à 7:08

Très interessant . Merci beaucoup Cherry.

Un petit commentaire personnel :

J’ai choisi le Quebec parce qu’il parlait français, je n’ai pas choisi le Québec pour y apprendre l’anglais.

Je n’ai jamais bien compris pourquoi au Québec on ne peut pas comme dans tous les autres pays du monde faire la distinction entre la langue du commerce internationnal et la langue parlé au quotidien. Je m’explique :

En Chine qui est quand même une grande puissance economique, le chinois va je suppose faire son epicerie en chinois et pas en anglais bien que la langue de commerce internationnale soit l’anglais
En France Mr Dupont va tous les matins acheter son pain et son journal en parlant français et pas l’anglais… et pourtant là aussi la langue du commerce international est l’anglais

…alors pourquoi au Québec cela pose t-il tant de problème ???? pourquoi à un quebecois qui a pour langue maternelle le français devrait on lui imposer de parler l’anglais pour aller faire son epicerie… Heureusement pour moi à Longueuil depuis 2 ans que j’y réside je n’ai jamais parlé un mot d’anglais….

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Ecrit par : touareg 24-05 à 7:33

Bah c’est simple, si quelqu’un s’offre des privilèges au dépends d’un autre et qu’il s’habitue à ses privilèges pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’il trouve tout à fait normal de les avoir, ça sera difficile d’obtenir de lui qu’il lâche ses privilèges.

C’est humain d’avoir un penchant à chercher à sauvegarder ses intérêts et privilèges non ??

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Ecrit par : Nemesis 24-05 à 8:27

Quand je vais chercher mon pain à la boulangerie, je ne parle effectivement pas anglais mais français, simplement parce que la langue officielle en France … c’est le français et non l’anglais, commerce ou pas. Idem pour le Québec où la langue officielle est le français, et non l’anglais, et ça depuis bientôt 32 ans.

Un petit commentaire personnel également :

Je ne pense pas que le problème soit lié uniquement au fait que l’anglais serait LA langue universelle dans le monde, LA langue la plus utilisée pour les échanges commerciaux.

Et d’ailleurs pourquoi le serait-elle ? Parce que parlée par le plus grand nombre ? Faux, ça serait le Chinois qui devrait l’être ! A cause de son passé ultra colonisateur ? Oui, trés certainement. Je sais … la France n’a rien à envier à l’Angleterre, et elle n’a guère fait mieux pendant des siècles. Le Québec n’existerait d’ailleurs certainement pas si ça n’avait pas été le cas et ce débat n’aurait pas lieu.

De part son histoire et son environnement géographique, le Québec est fortement “influencé” par la langue anglaise. Il ne faut pas oublier que le Québec est entouré, pour ne pas dire “cerné”, par les anglophones (ce n’est pas péjoratif). Le ROC à l’ouest, et les Etats-Unis au sud … Une enclave francophone dans un monde anglophone.

C’est trés cliché, mais on ne doit pas être trés loin de ce qu’est la représentation du village d’Astérix, et d’une (grosse) poignée d’irréductibles, attachés à leurs valeurs, leur histoire, leur culture et leur langue. Voilà quelque chose qui mérite le respect, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs une des raisons qui pour laquelle je suis tombé en amour pour le Québec. Je n’ai d’ailleurs pas choisi d’y vivre uniquement parce que l’on y parle le Français (question de facilité tout à fait compréhensible toutefois), mais parce que j’aime les valeurs qui s’en dégagent et que je ne retrouve pas ou plus en France.

Je ne suis pas anglophobe, mais simplement désireux de parler la langue qui me convient dans le pays qui me convient, sans contrainte ni obligation. L’anglais est pour moi un simple outil de travail, ni plus, ni moins.

Imposer une langue dans une culture dont elle n’est pas originaire est une colonisation linguistique (encore une …), et si une loi, comme la loi 101, peut permettre de préserver le français au Québec, c’est tant mieux (à défaut de pouvoir faire autrement) !

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Ecrit par : Cavallero 24-05 à 8:56

Il n’est peut-être pas non plus inutile de signaler que l’auteur est un linguiste québécois connu, mais qui travaille pour l’OLF (cf fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Leclerc).
Neutre ?
Blague à part, oui il explique bien le contexte de la loi 101.

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Ecrit par : cherry 24-05 à 12:11

On parle de la loi 101 ici, pas de souveraineté. Faut pas mélanger les trucs. Même si la loi 101 est apparue sous Lévesque, les Québécois francophones de toutes allégeance tiennent à cette loi pour ce qu’elle leur a apporté.

Et pour votre info, je suis une souverainiste “molle”, ce qui veut dire que je ne suis pas prête à mettre le Québec à feu et à sang pour avoir mon pays. S’il y avait un référendum aujourd’hui, j’y réfléchirais bien avant de cocher OUI, parce qu’il n’y a effectivement pas que notre identité qui est en jeu, mais notre économie. Il nous faut un chef qui a la colonne vertébrale solide et s’assurer que les conditions sont à notre avantage.

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Ecrit par : Zogu 24-05 à 15:00

Le Français a été interdit d’enseignement en Ontario et au Manitoba au cours du 19e et au début du 20e siècle. Les communautés francophones de ces provinces ont fondu comme peau de chagrin. La loi 101 est donc un simple retour de balancier pour les francophones d’ici, qui ne veulent pas disparaître; la loi est un outil dans les mains de ceux qui ont le pouvoir. Et le pouvoir au Québec appartient à la majorité francophone depuis trois décennies. D’ailleurs, il est intéressant de constater que l’équipement technique d’Hydro-Québec est étiqueté en Français. L’ingénierie des grands projets de notre société se fait en Français… une situation unique en Amérique du nord.

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Ecrit par : jimmy 24-05 à 16:05

Bonjour Zogu,

Tu sais ca se faisait jusque dans les années 40-50. Ma mère (originaire de St Boniface, Manitoba) me racontait qu’a l’école, toute sa classe était peuplé de franco-manitobain (y compris le prof) mais qu’il était interdit d’y parler francais (et surtout pas de l’enseigner). Le directeur de l’école (qui était francophone) envoyait une assistante vers les différents prof dans les différentes classes pour les prévenir qu’un inspecteur (anglophone) du gouvernement manitobain était dans l’école. C’était le signal pour que le prof efface tout ce qui était écrit en francais sur le tableau noir, cacher tous les livres francais des pupitres et enlever le crucifix du mur de la classe.

Pas étonnant que certain (comme moi) on comme une petite “crotte sur le coeur”.

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Ecrit par : Petit-Prince 24-05 à 21:00

Et certains osent dire encore que les Québécois sont intolérants envers la minorité anglophone ! … Alors que les anglophones ici ont leurs écoles, leurs quartiers, leurs églises, leurs boutiques… dans un pays dont la langue officielle est le français !

En passant ( :lol ), je connais des anglophones qui n’iraient vivre dans le ROC pour rien au monde. Ils sont racistes eux aussi ? Non ! Ils sont juste bien ici, au Québec !

Va donc falloir arrêter de stigmatiser le sentiment identitaire québécois sur une très petite minorité d’extrémistes qui existent dans toutes les cultures et tous les pays.

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Ecrit par : cherry 25-05 à 17:33

D’ailleurs, voici un lien tiré du même site et qui s’intitule www.tlfq.ulaval.ca/AXL/amnord/quebecdrtlng.htm. On y lit des trucs fort intéressants, tant positifs (sections 1,2 et 3) que négatifs (section 4). Or, si vous en avez le courage et la curiosité, je vous recommande fortement la lecture de la section numéro 5, qui aborde la campagne de dénigrement des anglophones à l’égard de nos politiques linguistiques. C’est de là que vient le mythe entourant la “persécution” des anglophones. Et j’ai bien dit un mythe…

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Ecrit par : Diego 25-05 à 18:29

Salut les francophiles!

J’ai trouvé un extrait sur le site de la SSJB qui remet certains pendules à l’heure par rapport à la méchante loi 101 qui empêche les anglophones d’exister. En voilà un bref extrait :

CITATION
(…)Le Québec est le seul État majoritairement francophone de l’Amérique du nord. Le contexte de la mondialisation rend le combat pour la diversité culturelle et linguistique plus important que jamais. Le combat du Québec français s’inscrit dans un mouvement universel contre l’uniformisation des cultures nationales et leur réduction au rang de simples marchandises. Ce mouvement s’inscrit lui même dans le prolongement de l’af?rmation du droit des peuples à l’autodétermination et de la décolonisation qui a marqué les dernières décennies.

Les lois linguistiques existent partout dans le monde, soit dans plus de 190 États et 110 pays. À plusieurs égards, la loi 101 est laxiste comparativement à ce qui se fait ailleurs : dans la plupart des pays, les mesures d’aménagement linguistique sont basées sur le principe de territorialité : c’est-à-dire que, sur un territoire donné, une seule langue est utilisée dans le secteur public.

Le Québec est le seul État de notre continent où le français peut être la langue of?cielle et commune. La mondialisation ne justi?e en rien le recours à l’anglais entre Québécois de langues maternelles diverses dans les milieux de travail, dans les entreprises et dans le commerce. Le problème ne réside pas dans le fait que des emplois nécessitent l’usage de l’anglais ou d’autres langues dans les communications avec l’extérieur du Québec. Le problème est que la mondialisation sert de prétexte à un nombre croissant d’entreprises établies ici pour obliger leurs employés à transiger en anglais avec d’autres résidants du Québec, collègues, clients ou fournisseurs, surtout à Montréal ou dans les autres régions linguistiquement mixtes.
(…)

www.ssjb.com/publications/JournalSSJB05-06.pdf

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Ecrit par : Petit-Prince 25-05 à 19:34

A contrario, la “grande” république française, peu après le génocide de la révolution, interdit aux langues régionales d’exister. Interdiction d’enseigner le breton par exemple. Pourtant, le breton n’a jamais été une langue étrangère ! Il aura fallu plus de deux cent ans pour que de timides aménagements permettent aux chapeaux-ronds d’utiliser le breton de manière “officielle”.

Vous comprendrez alors, que lorsque je vois des Français s’en prendre à la loi 101, ça me fait bondir, sachant que la loi 101 n’a jamais été autant restrictive que les lois de la belle république française.

Québec libre ou pas… les anglophones seront toujours libres de vivre dans leur langue.

Sans oublier les Italiens qui peuvent vivre en italien… les Grecs qui peuvent vivre dans leur langue… et, bien évidemment, les Chinois qui peuvent s’exprimer en mandarain ou en cantonais, sans qu’on les obligent à apprendre le français !

Quel manque de tolérance cette loi 101 !!!

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Ecrit par : cherry 25-05 à 23:09

En effet, quand on se compare on se console! Ici, on n’a jamais accroché un fer au cheval au cou des écoliers qui avaient le malheur de s’échapper en anglais, comme on n’a jamais placardé les murs d’affiches qui disaient “Défense de parler anglais ou de cracher par terre”. Contrairement à la France envers les Bretons…

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Ecrit par : jimmy 29-05 à 19:32

Histoire de relancer ce débat , mardi soir a la télé de Radio Canada, une émission qui relate la lutte en 1976 des controleurs aériens Québécois pour….simplement parler francais.

Cette histoire a fait beaucoup de bruit a l’époque et a contribué a l’élection du Parti Québécois le 15 novembre 1976 et par la suite a l’adoption de la loi 101.

www.radio-canada.ca/television/guide_horaire/TVG/index.asp?numerodiff=11229622®iongh=1&numero=1223&date=2006-5-30&dateDuGh=2006-5-30

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Ecrit par : semago 30-05 à 3:05

Merci beaucoup pour ce lien très instructif. J’ai eu le sentiment bizarre de réentendre mes parents m’expliquer comment mes grands-parents étaient blâmés quand ils osaient parler LEUR langue, le breton. Aujourd’hui, à part dans une partie du finistère et peut-être des côtes d’armor, plus personne ne parle breton; au mieux, un patois régional… Quel gâchis…

Pour panser les maux, on promeut les écoles bilingues Français-Breton mais je ne pense pas que l’intérêt soit plus grand que celui de parler le latin. Avis personnel bien sûr.

En tous cas, je n’ai jamais envisagé faire apprendre le breton à mon fils. Premièrement parce que je ne le parle pas, deuxièment parce que je pense qu’il nous reste une culture à part de celle du reste de la France, et transmettre cette culture à mon fils est une priorité, une nécessité même. Pour l’anecdote, quand mon fils était petit (nous vivons à Paris), quand on lui disait s’il était français, il répondait naturellement : “non, je suis breton!”. Et pourtant loin de moi l’idée d’une Bretagne indépendante (on a bien vu ce que cela a donné du côté de ceux qui l’ont eu leur indépendance…)!

En tous cas, le sentiment de patriotisme québécois me rassure et me conforte dans mon choix de départ. Et conserver SA langue fait, à mon sens, partie de son identité culturelle. Et plus l’identité dérange, plus elle est marquée (je crois que c’est vrai pour la Bretagne et le Québec).

Kenavo

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