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Décalages- Quand l’expatriation change notre regard sur…..

De trefle

Bonjour à vous
Je voulais partager avec vous cette lecture.

DÉCALAGES – Quand l’expatriation change notre regard sur la France… et les français.

Partir vivre à l’étranger installe-t-il une frontière invisible avec les proches restés en France ? Changement de mentalité, incompréhension, agacement, éloignement, beaucoup d’expatriés sentent que la distance n’est pas seulement une question de kilomètres

Après de longs mois à l’étranger, le retour se caractérise par une forme d’excitation joyeuse. Quel plaisir de retrouver sa famille, ses amis, un bon reblochon, les paysages de son enfance, sa librairie préférée… Que du bonheur ? Pas si sûr ! Il arrive qu’un sentiment de décalage survienne, qui puise son origine dans la difficulté de communiquer son expérience, de rendre l’ambiance d’un pays, et de ce que l’on y a vécu.

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Désintérêt ?
Beaucoup sont surpris par le manque d’intérêt que témoignent leurs proches pour la réalité de la vie d’expatrié. Françoise explique : “notre culture, notre famille, nos amis nous ont manqué. Et quand on les revoit on a l’impression d’avoir pris un TGV pendant qu’eux ont continué de butiner sur une petite route de campagne. Ils ne posent pas toutes les questions que l’on aimeraient qu’ils posent: ils nous parlent de leur iPad…. et nous demandent quand on revient. On leur a apporté des photos, ils les regardent poliment et nous parlent des Intouchables.”
© Rainer Berg/Westend61/Corbis
Difficile parfois d’accepter que l’entourage ne se réfère qu’à des images, voire des clichés, en ce qui concerne l’expatriation. Sandrine trouve “qu’il n’est pas facile de communiquer avec sa famille. Pour eux, on est le chanceux / la chanceuse qui vit des aventures formidables à chaque instant… Quand je suis partie au Japon, j’ai créé un blog pour pouvoir rester en contact avec ma famille et mes amis. A ma grande surprise, ils ne sont pratiquement jamais venus le visiter !” ??A force, ce décalage peut devenir une vraie barrière. Pour Sabine, arrivée il y a 9 ans à Munich, “les amis ou la famille en France ont parfois un peu de mal de nous voir épanouis et heureux à l’étranger, il semble que cela ne leur parle pas. Ils n’ont pas cette dimension européenne ou internationale. Aujourd’hui on se sent mieux en dehors de la France et nous ne souhaitons pas rentrer. Cela choque un peu notre entourage. Notre petite famille aussi a pris un peu de distance avec la famille en France ; on se retrouve un peu plus seul et donc plus débrouillard, du coup les distances nous permettent d’être moins pollués par les petits tracas de famille. D’un autre coté on est beaucoup moins solidaire (du fait de la distance)”.? Installée depuis 12 ans à Bonn, Sabine S. trouve également que ses “relations made in France s’effilochent, malgré la joie intense de revenir dans les familles, s’invitent à table les condiments comparaisons. L’heure du dessert vire plutôt aux débats épicés qui finalement, nous enrichissent tous.”

Un nouveau regard…
La confrontation à l’altérité change les personnes. L’expatriation vous transforme : en quelques mois, vous n’êtes plus tout à fait celui que ou celle que vous étiez au moment du départ. Le regard change sur sa propre culture, sur la société à laquelle on appartient, ses modes de fonctionnement et ses valeurs. Et ce qui semblait évident ne l’est plus. Après 4 années à Hambourg, Marie s’interroge: “Est ce que la France a raison d’être pro-nucléaire ? Est ce que le système des Grandes Ecoles et des ingénieurs généralistes a un sens ? Le centralisme jacobin, la Vème république presque monarchique se retrouvent comparés à un système fédéral qui a un certain nombre d’avantages… Sans forcément changer d’avis sur tout, on réalise qu’il est une autre façon de voir les choses, et que souvent, ça tient la route aussi. Quelle frustration lorsqu’on rentre en France et que l’on se heurte à l’ignorance de nos proches, de nos amis, qu’ils croient “savoir” mais n’alignent en fait que lieux communs et préjugés ! Je me suis retrouvée maintes et maintes fois dans la position de l’avocat du diable, pour essayer d’introduire un peu de nuance dans leurs schémas de pensée !!!”
Après avoir voyagé dans pas mal de pays et vécu quelques mois aux Etats-Unis, Sandrine a pris sa “première claque interculturelle au Japon. J’ai vraiment pu regarder ma propre culture et la comprendre grâce au “miroir” que m’offrait la société japonaise. Ça a été tellement enrichissant. C’est un sentiment que je n’avais jamais eu auparavant”.
Pour Sabine, la vie à Munich a changé sa perception des choses: “Nous abordons l’immigration différemment, car nous sommes nous-même immigrés à présent ; de plus les comparaisons entre pays nous donnent aussi un regard un peu différents sur les « problèmes » de la France et nous trouvons parfois les gens un peu trop râleurs quand on voit les choses de l’extérieur.”
Maud est revenue au Québec après un séjour en Asie : “J’avais très hâte de revenir chez moi, mais en arrivant je me suis sentie étrangère à cette réalité occidentale: la froideur des gens, des institutions, la surabondance de tout et le gaspillage, l’obsession des nouveaux moyens de communication (téléphones intelligents, réseaux sociaux, machines de toutes sortes) qui finalement creusent un fossé toujours plus profond entre les gens, et le stress présent partout… Je ne me sens plus chez moi, et les gens qui m’entourent ne semblent pas désirer connaître ce qui existe ailleurs.”
…pas toujours indulgent !
Françoise, installée au Brésil, n’en revient pas de ses compatriotes : “ils râlent: contre le temps, les routes, les politiques, les petits désagréments mineurs d’une vie habituée au confort, les anticipations des prochains désastres : le coût de la vie, la hausse de l’essence, les maisons de retraites, la santé, etc. Ils râlent principalement contre les autres Français, qui sont désagréables avec les touristes, stressés par le travail, inconscients des enjeux de l’avenir, etc.”
Guillaume habite hors de France depuis 8 ans et ne se sent plus en phase avec ses compatriotes: “Je suis parti à Londres parce qu’il y avait du travail là-bas (et pas qu’en finance). Je suis à Singapour pour la même raison. Je ne pourrai jamais travailler dans une entreprise française, encore moins en France: la culture des grandes écoles, le chambrage, les RTT, la pause café, le mépris des entreprises et des patrons… Je suis stupéfait de ne jamais avoir rencontré un Français qui comprenne que l’économie n’est ni fermée, ni finie (exemple: il y a trop de chômeurs, donc on “redistribue” la quantité de travail grâce aux 35 heures, ou en faisant partir les gens à la retraite plus tôt). Même l’idée élémentaire de l’avantage comparatif n’existe pas dans le discours des Français. En 2012, j’ai du aller voter, mais pas un seul candidat ne me représente, ne serait-ce qu’un petit peu. J’ai vécu dans 5 pays depuis 2004, j’en ai visité près de 20, et je parle 4 langues; mes amis viennent du monde entier. L’idée de fermer les frontières, de suspendre les accords de Schengen, ou que les étrangers sont la cause de tous les problèmes me donne des boutons (moi aussi je suis un étranger!). D’un autre coté, un député de Tulle (Tulle! En Corrèze! Moi qui ai habité a Sydney, Londres, Singapour, Berlin!) ne saurait imaginer ce que veulent les Français à l’étranger. Et économiquement, je trouve les idées de la gauche française tellement vieilles et démodées… on dirait que rien n’a changé depuis les années 70”. Il ajoute : “les traders, les banques, les étrangers, les hommes politiques, les patrons, les grandes entreprises… j’entends tellement de clichés sur ces sujets que je n’ai même plus le courage de les réfuter. Ce que je vois le plus de la France, par contre, c’est la colère, le désespoir, l’agression, l’irrationnel. C’est aussi pour ça que je suis parti. Quand je suis arrivé à Sydney pour la première fois, j’ai vu une grande pancarte qui disait “No Worries Mate!” J’ai poussé un soupir de soulagement et un sourire a envahi mon visage. Je me dis souvent que je m’entends très bien avec les Français, mais uniquement ceux qui sont internationaux.”
Si loin, si proche
Malgré ce regard parfois critique, difficile de se détacher totalement de la France. Pour certains, c’est même une révélation, la découverte d’une identité. “Tous ces petits riens, ces petits détails qui allaient de soi quand j’étais en France, je réalise qu’ici, ce n’est plus “normal”, banal, c’est “français”, explique Marie, après 4 années à Hambourg. Les repas avec des entrées et du fromage ? Le concept de l’apéritif ? Les plaisirs de la chère, supérieurs à toutes autres considérations (manger des bébés agneau ou veau? Foie gras ? émasculer des chapons ? Après tout, si c’est bon, on s’en fout!). Je suis originaire du nord-ouest de la France, je n’ai jamais été revendicatrice, extravertie ou “grande gueule”, tous ces traits de caractère qu’on prête facilement aux Parisiens ou aux gens du sud. Je croyais donc être dans mon élément en Allemagne, quelle n’a donc pas été ma surprise lorsque je me suis découvert des réflexes de “révolutionnaire” ici ! Ras le bol de se conformer aux feux rouges, d’accepter sans mot dire les règles, par principe, même les plus absurdes, sans chercher à comprendre pourquoi elles sont là ! Tiens. Bizarre, en fait, je suis française !”

icone(photo© Eric Audras/Onoky/Corbis)

De Bonn, Sabine S. explique : “Entre deux chaises, j’aurais aimé rester assise. En vain. Car jambes en tailleur, dos au vent, je vis désormais sur un bon gros tapis volant. Une bienheureuse expatriation certes mais qui en effet m’éloigne, d’année en année, de notre douce France et de mes chers compatriotes. Un point de vue plus aérien en somme. Ainsi, après douze années hors de ma Terre polygone à six sommets, je porte un regard totalement différent sur elle. Auf Wiedersehen les cocoricos grands bravos, Guten Tag nos gigantesques défauts. L’impression d’être à part et surtout, de ne plus rien partager des connivences du passé. En outre, oui, cela change radicalement ma vision de notre mère Patrie mais rien de grave. En mon sens, loin des yeux près du cœur. La preuve. Je suis de plus en plus motivée pour aller voter!”
S’adapter ou repartir
Face à ce décalage que l’on peut ressentir lorsque l’on rentre en France, deux options : s’adapter, ou repartir ! Marie s’interroge déjà : “Quand on a gouté à l’expatriation, peut-on rentrer sans dommage dans sa patrie ? J’aime la France, je suis son actualité chaque jour, sans doute même plus sérieusement que quand j’étais en France. Mais quand/si je rentre pour de bon, est ce que je ne risque pas de m’ennuyer ? De trouver tout à coup que tout me semble pauvre, petit, étroit, étriqué ? La gymnastique mentale de jongler avec 3 langues m’a créé un réseau de concepts, de nuances bien plus fin que je n’aurais pu l’imaginer. Les numéros de funambules auxquels on se prête dans nos relations au quotidien, lorsqu’on ne comprend pas tous les mots, les conventions sociales, les habitudes, et que l’on doit faire attention au moindre mouvement de sourcil pour sentir si on surprend, si on choque… En comparaison, la vie en France ne nous semblera-t-elle pas terne ? On verra bien, rien ne presse, j’ai encore le temps d’y penser… Et d’ici là, avec l’Europe, la mondialisation, les échanges scolaires et universitaires, peut être que tout ça sera devenu normal, banal pour nos jeunes générations ?”
Fred, lui, a choisi de prendre sa retraite au Brésil : “j’ai été expatrié 7 fois dans ma vie de 71 ans, cependant, cette fois-ci, c’est différent car je suis parti au moment de ma retraite pour vivre seul au Brésil sur une ile magnifique tout à fait dans le sud du pays avec un climat agréable. Ainsi j y reste 8 mois par an et 4 mois en Vendée. Jamais plus l’hiver et le chauffage électrique. Grâce à cet arrangement, c’est la retraite parfaite. Par le biais de TV5, lepetitjournal.com et Internet, je sais ce qui se passe en France comme si j’ y étais.” Françoise trouve nécessaire de rentrer une fois par an. Mais après, “nous sommes ravis de revenir dans nos pays d’accueil, ravis d’échapper à la morosité, de rapporter du bon vin, des parfums, d’autres photos, et de retrouver ce petit gout de choix la liberté que donne toute expatriation. En un mot, nous avons toujours besoin de vérifier que nos racines tiennent fermement, qu’elles nous accueilleront toujours, et que décidément qu’est ce que l’on a bien fait de partir !”
Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 28 mai 2012

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De Bastien Villegas
:Crylol: merci

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De kobico

Lecture très intéressante. Merci!

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De biquette

super, merci!

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De adoul

C’est un sujet très important , et je me pose toujours la question , si après tel nbres d’années loins de pays , je serais capable de vivre en Tunisie .
Tellement , on se transforme avec le temps sans se rendre compte …

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De Muriel89

Merci Trefle pour cette lecture. Elle est une aide, un soutien. On se sent moins seul.

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De lion 01

C’est tellement vrai

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De soulman

Pas d’accord avec tous les points, mais ca ne représente que leur avis, leur perception, c’est normal que chacun ait une position particulière là-dessus. Ce qui me gêne un peu dans certains des témoignages, c’est que certains expatriés voient leur aventure comme quelque chose de forcément incroyable et qu’ils ne comprennent pas pourquoi tout le monde ne s’y intéresse pas, pourquoi tout le monde ne boit pas leurs paroles, ne regarde pas leurs photos en leur disant à quel point ça doit être cool de vivre cette vie. Mais c’est tout simplement parce que ça ne les intéresse pas forcément ! On a choisi de partir, mais eux non, ils ont le droit de s’en foutre complètement. Et parfois certains peuvent ressentir un peu aussi une amertume de constater que oui, la vie a continué en France sans nous, malgré notre départ, que tout le monde a continué son petit bonhomme de chemin. Est-ce que ceux qui trouvent qu’on ne s’intéresse pas assez à eux montrent beaucoup d’intérêt à la vie de leurs amis restés en France ? Est-ce que nous aussi on ne devient pas un peu trop “blasés” de ça ? On ne peut forcer les gens à embarquer dans notre rêve, ce n’est pas le leur. C’est comme les jeunes parents qui ne veulent parler QUE de leur bébé. Qui se déplacent avec des centaines de photos et pleurent de rire et de joie en parlant des cacas de leur petite princesse. Quand on est entre jeunes parents, soit, et encore j’ai l’impression que chacun veut juste parler sans écouter les expériences des autres, mais si vous racontez ça à quelqu’un qui n’a aucun attrait pour les bébés, c’est normal qu’il ne s’y intéresse que poliment. Ca a beau être la plus belle chose qui vous soit arrivée, ce n’est pas parce qu’il est envieux ou indifférent qu’il ne montre pas d’intérêt, c’est juste que ce n’est pas SA vie. On a juste fait ce choix, c’est ce qu’on souhaite, et on ne doit pas s’attendre à être enviés pour ça.

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De trefle

Une autre bonne analyse j’avoue. Il est vrai que partir ailleurs change notre regard sur notre pays d’origine et ses habitants mais en même temps pourquoi nos proches devraient voir avec nos yeux après tout c’est notre choix. Mais on est si enthousiaste qu’on voudrait que la terre entière partage notre bonheur.

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De argentino2003

C’est curieux que certains cherchions la qualite de vie dans des pays comme le Canada, puis d’autres dans des pays comme le Brésil qui sont
pratiquement l’anti-matière d’ici.

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De soulman

Je pense que ca depend juste de ce que l’on souhaite à certains moments de notre vie. On peut revenir fasciné d’un voyage en Afrique et passer sa vie à vouloir revivre cette énergie unique, le simple fait de se retrouver immergé dans cet univers. D’autres voudront vivre quotidiennement les contrastes et le complet décalage de l’Asie. Plusieurs de mes amis se sont installés dans des iles, la Guadeloupe, la Martinique, la Reunion, parce qu’ils ne revaient que de soleil, de mer et de cette ambiance toute particulière. On peut aimer la folie de New York et sa vie 24 heures sur 24 ou le calme d’un village en Ardèche pour pouvoir aller dans des petits marchés presque tous les matins, aller orpailler avec des amis, s’occuper d’un immense jardin et recevoir à manger ses voisins sur la terrasse 10 mois sur 12. Je pense que chaque rêve est différent, mais même chacun de nous, selon le moment de sa vie, aura des envies différentes.

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De tohonu

BOuger change notre perception et notre regard sur le monde. Cela cree aussi de la distance avec a famille, plus qu’on peut le penser. On n’a plus les memes points de reperes, on n’a pas la meme maniere e voir les choses, sur certain sujets on pourrait meme avancer une autre facette du probleme. Cela donne l’impression qu’au lieu d’etre au centre de quelque chose, on est comme aerien et on voit cela sous d’autres angles. En immigrant ou s’expatriant, il ne faut pas perdre de vue que l’on va creer une distance entre eux et nous, le cercle familial se divise et il se cree effectivement des barrieres invisibles d’incomprehension.
Bouger nous fait voir differemment le reste de la famille, lorsqu’on la voit. Meme si elle reste la famille, on se surprend a sourire devant les problemes des uns et des autres en se demandant ou est le probleme justement.
Et curieusement, ce sont finalement avec les amis que l’on serait plus proche, comme si la famille considerait le lien familial comme inalterable parceque justement, familial.

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De Ornella89

Intéressant. Je n’ai pas beaucoup d’amis. Avant de commencer les démarches, j’en parlais autour de moi et j’avais deux types de réponses. Certains m’encouragent et je constate qu’ils se sont eux aussi expatrier à un moment donné ou ont de la famille à l’étranger. La plupart par contre me disent: “Attention, on est jamais mieux que chez soi” et que je ne devrais pas aller être une minorité visible de plus….. Bref je n’en parle plus maintenant et je fais comme si j’avais laissé tomber le projet.

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De soulman

Tout à fait, mais même avec les amis ça peut donner la même chose. Quand on décide de partir certains le voient comme une trahison, soit parce que vous allez leur manquer, tout simplement, parce qu’ils se demandent parfois aussi ce que vous n’aimez pas dans votre vie dont ils font partie, d’autres vous en veulent d’oser tout lacher parce qu’ils le voudraient aussi mais ne le font pas. Vous les confrontez avec ce qui ne leur plait pas dans leur quotidien mais qu’ils n’oseront pas remettre en question. Et si ils ne le font pas, pourquoi VOUS pourriez le faire.
C’est dommage mais c’est comme ça et l’éloignement fait un tri par la force des choses. C’est un peu pareil pour la famille, certains vont s’éloigner, d’autres se rapprocher.

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De tohonu

C’est a peu pres cela oui, partir met certains dans nore entourage dans une position qui n’est pas toujours facile pour eux., les met eventuellement devant leur peur du changement. Celui qui part ose franchir un pas sans necessairement savoir ce qu’il va rencontrer, mais il ose franchir ce pas et curieusement il y a quelque fois une attitude d’envie-jalousie de par notre entourage. Lorsque ce ne sont pas des reproches style : et tes parents, et ton appartement, tu as pense a ta retraite .. etc. Cote retraite c’est loin, tres loin, et puis on doit tous avoir entendu parler de telle personne qui a prepare sa retraite et qui est decede quelques mois, voire un ou deux ans apres. Genial, tu te prives de vivre — je parle bouger, changer de coin — pendant 20 ans et bang, une fois le St Graal atteint, tu ne peux en profiter car la Miss Faucheuse passe par-la par le plus grand des hasards.

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De soulman

sans compter que d’ici à ce qu’on arrive à la retraite, ça a la temps de ne plus exister :D

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De glorfindel2001

Bon sujet, très intéressant et je trouve les remarques de chacun bien pertinentes.

Il est vrai que le fait de vivre à l’étranger n’intéressera pas forcément les gens qui nous entourent. Il faut s’y attendre et essayer de ne pas en être frustré. A la limite, dans le cas du Québec, ils en parleront 3 secondes pour finalement dériver sur les Etats-Unis.

Une phrase que j’aime bien (et c’est marrant car j’ai exprimé exactement la même chose dans mon livre) est : « ce qui était évident ne l’est plus forcément ». Cela résume bien le décalage qui peut se produire lorsque l’on retourne dans son pays d’origine après un séjour à l’Etranger.

Pour ma part, cela fait 8 ans que je suis revenu vivre en France, après 3 années passées à Montréal, et je dois dire que la façon dont je voyais les choses a changé, si bien que je rencontre à présent des difficultés à m’entendre avec des Français trop « typés ».

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De chachawa

Je ne crois pas qu’il s’agisse d’être envié. De ce que j’en comprends, et de ce que j’en vis, c’est que lorsque l’on vit un bouleversement (qu’il soit positif ou négatif), on s’attend quelque part à que ceux que l’on aime s’intéressent à ce que l’on vit. C’est humain, cette envie de partager. En plus, ce décalage rend la communication plus difficile. On a changé pendant notre expérience, et nos proches ont changé aussi. C’est juste qu’on n’a pas changé de la même façon. Du coup, on a parfois du mal à se comprendre alors qu’on voudrait échanger sur ce qui nous a fait vibrer, ce qui nous a intéressé, ce que nous avons découvert et vécu.

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De soulman

Oh bien sur, je ne dis pas qu’on ne doit pas en être fier, mais comme je disais c’est un peu comme d’avoir son premier bébé. On a envie d’en parler, on est très fier, on ne parlerait que de ça, mais parfois certains s’en foutent, que ce soient des amis ou de la famille. Pourquoi ? Peut-être parce que vous en parlez trop, peut-être qu’ils essaient d’avoir un bébé et qu’ils prennent mal le fait que vous en ayiez un, peut-être encore en ont-ils 4 et sont un peu blasés, peut-être qu’ils vous en veulent de ne presque plus les voir, etc.On ne peut pas savoir, mais c’est toujours une surprise quand quelque chose d’important pour nous ne passionne pas quelqu’un de cher à nos yeux.

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