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De la culture…Québec versus France

Il s’agit de ma dernière bafouille. Permettez, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, que mon chant du cygne soit un meuglement vachard. Permettez que je prenne le taureau par les cornes. Permettez que je fasse pis que d’habitude. Permettez que j’arrive à me trouver presque drôle avec mes jeux de mots bovins. Permettez que je parle d’élevage d’esprits et surtout de culture…

La culture ? Mais qu’est-ce donc ?

En général, quelqu’un peut paraître cultivé soit parce qu’il a picoré des savoirs dans des branches variées, soit parce qu’il en connaît un rayon sur un sujet qui vous intéresse ou vous dépasse complètement. Bien évidemment, vous avez pu croiser des énergumènes qui font fi de votre expérience personnelle, tout en étant au courant de celle-ci, et qui font montre de dons hilarants en terme de cours magistraux sur votre domaine. Le fou-rire qui m’a régulièrement saisie, face à des discours onctueusement doctes, méprisants (et d’une longueur cruelle) sur le Québec, servis par de vagues connaissances ayant passé, au maximum, quinze longues journées dans mon pays, si possible au cours d’un voyage-rodéo organisé. Il est vrai que mes plus de quinze ans icite lorsque j’étais enfant font pâle figure.

Pour tout vous dire, mon coup de gueule s’adresse particulièrement à ces quelques français croisés tout au long de mes années hexagonales, et ceux que je peux encore rencontrer bien malgré moi depuis mon retour dans la Belle Province. Pour ceux-ci, ceux qui pensent que les québécois :

– ont peu de culture
– n’ont pas du tout culture
– ont de la quoi ?

Pour eux donc, je vais me fendre d’un immense éclat de rire gras et tonitruant. Hélas, j’ai souvent vu des français qui, parce qu’ils ont des vieilles pierres, ont la conviction qu’ils possèdent la culture qui va avec. La formule est boiteuse à escient…

Lors de mon retour en France, s’il y avait bien quelque chose qui me faisait baver de joie, c’était bien ce sublime amoncellement d’histoire multi-centenaire, millénaire ! Au Québec, une maison datant du dix-huitième siècle tient presque du miracle, alors que les vestiges gallo-romains frisent le banal dans l’hexagone. L’extase, pour moi ! La ville française qui me vit revenir dans le pays de mes ancêtres, possède des trésors historiques inouïs. À titre d’exemple, une magnifique basilique construite vers l’an mille et une cathédrale, véritable dentelle de pierre datant du treizième siècle, font à juste titre la fierté des habitants. Seulement, j’ai réalisé avec horreur, que beaucoup n’en connaissaient que l’existence et n’y avaient jamais mis les pieds. De même, la ville abrite un musée des Beaux-Arts dont la collection d’oeuvres est d’une richesse formidable. Pour y avoir travaillé, je peux vous affirmer que les visiteurs étaient très majoritairement des touristes étrangers. Édifiant…

La France, pays des belles lettres. C’est vrai… Le foisonnement d’écrivains français qui ont marqué la littérature en est la preuve. Mais imaginez mon désarroi lorsque je me suis rendue compte que trop d’élèves de ma classe (dans un lycée privé réputé) s’enlisaient dans la paresse intellectuelle. Plutôt que de lire les ouvrages obligatoires pour une épreuve du baccalauréat français, ils se précipitaient sur des résumés dont le succès commercial m’effarait. Navrant…

Mais ne me faites pas dire ce que je ne pense pas. Bien évidemment, j’ai rencontré des français dotés d’une solide culture. Mais je connais aussi des Québécois qui possèdent de vastes connaissances dans des domaines artistiques. Cet ami, par exemple, mélomane patenté, capable de reconnaître un chef d’orchestre à la seule écoute d’une oeuvre. Cet autre, incollable sur la peinture avec une petite préférence pour celle italienne de la Renaissance. Ce dernier, mordu des écrivains français du dix-neuvième siècle. Le premier était professeur de français pour des détenus, le deuxième vend des assurances, le troisième a été éclairagiste, puis professeur de ski pour être menuisier, finalement. Du monde normal.

Donc, vous avez vos chances pour tomber sur un québécois cultivé, autant que de tomber sur son pendant gaulois, proportionnellement parlant. Il faut juste être patient. Étaler sa science devant un inconnu ne fait pas nécessairement partie de notre façon de faire, sans doute. Mais au fil des échanges, vous pourriez, tout comme moi, tomber sur de véritables pépites d’or.

Voilà, c’est fini, comme disait l’autre. Si, après cette dernière diatribe, vous désirez malgré tout m’adresser des offres d’emplois (rémunérés, siouplè) ou des compliments, sachez que j’étudierai celles-ci et savourerai ceux-ci.

Pour terminer (après, je me tais, promis !), je voudrais remercier du fond du coeur Laurence Nadeau et Laurent Gigon de m’avoir permise de m’exprimer par le biais des chroniques. Grâce à eux, j’ai pu renouer avec un exercice depuis longtemps oublié : de temps en temps, il faut savoir se faire un peu confiance et foncer…

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