Bilan: 4 ans à Vancouver

Comme chaque année à la même période, c’est l’heure du bilan annuel. Globalement 2009 n’aura pas été une année si facile que cela, même si j’ai été sur les bancs de l’école pendant 7 mois. Elle s’est caractérisée par pas mal de contradictions et de remises en question qui étaient nécessaires mais pas toujours agréables à vivre sur le moment.

Comme indiqué dans ma précédente chronique « 3 ans à Vancouver », le début 2009 avait pris la forme d’une douche froide, à mon retour de France. A la fin de cette chronique, j’indiquais que je ne savais pas ce que l’avenir me réservait. Début Mai, ma demande de bourse d’études déposée auprès du gouvernement provincial pour faire une formation est approuvée, à mon grand soulagement. Là aussi, cela n’a pas été une mince affaire et il m’aura fallu longuement plaider ma cause. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit facile de toute façon. Comme je l’ai appris assez tôt, très peu de choses sont faciles ici, et si l’on veut quelque chose qui nous tient à cœur, la plupart du temps, il faudra se battre pour l’obtenir.

Retour à l’école mi-mai, pour une formation en gestion et comptabilité. Je suis très contente de cette opportunité qui m’est offerte, mais j’ai conscience que je suis en sursis. C’est uniquement grâce au soutien financier de la province que je peux rester ici. Un soutien qui est modeste, je le précise. Pas question de mener la grande vie ! Ma petite entreprise ne donne aucun signe de reprise tangible. Le fait d’étudier à temps plein ne facilite pas les choses non plus, car j’ai beaucoup moins de temps à lui consacrer.

Au fil des semaines, je me rends compte que cela n’est pas une si mauvaise chose dans l’immédiat. Le retour à l’école est une pause bienvenue dans ma vie tumultueuse. J’en profite pour élargir mon cercle social, qui en avait bien besoin. Je fais également du tri dans mes amitiés, pas évident mais bénéfique. Et surtout j’acquiers de nouvelles connaissances, qui me seront utiles et qui je l’espère, m’ouvriront certaines portes sur le plan professionnel, quelque soit ma décision à ce niveau là. Je prends le temps de réfléchir. Je crois que c’est un avantage lié à mon statut d’étudiante n’ayant pas trop à se soucier des finances. Je peux faire le point sans aucun stress extérieur.

Depuis quelques mois, bien avant que la crise ne se pointe chez moi, je me demande si être à mon compte est le mieux pour moi à ce stade de ma vie. Mes sentiments sont mitigés. Il est très agréable de prendre toutes les décisions, de faire mes propres heures et de travailler de la manière dont je souhaite. Mais financièrement, cela ne suit pas forcement, ce qui est normal pour une entreprise venant juste de démarrer. Cela prend du temps pour s’établir et parfois de l’argent, ce dont je ne dispose pas, que ce soit de l’un ou de l’autre. Etant ma seule ressource ici, il m’incombe de payer mes factures et de me maintenir à flots. J’aime bien profiter de la vie de temps en temps aussi, et avec l’entreprise, ce n’est pas toujours possible.
Il est mieux pour moi dans l’immédiat de faire passer mon entreprise en revenus secondaires plutôt que principaux. La fin des études se rapproche à grands pas et je me retrouve aux Fêtes de fin d’année en un rien de temps. Pour la première fois de ma vie, je ne passerai pas Noël en France avec ma famille. Je le sais depuis mon retour à l’école. Les cours et les examens ne me laissent pas assez de temps pour rentrer, et financièrement, je ne peux pas me le permettre non plus.

Cette période se déroule mieux que je le croyais. Je passe Noël et le Jour de l’An avec des amis, je suis entourée et je sors pas mal. J’ai bien eu un petit pincement au cœur le 24 Décembre, mais il a été très bref et s’est vite éclipsé. Un autre signe que je m’enracine de plus en plus. Ma famille et la France m’auront moins manquées cette année, ou peut-être ai-je mieux géré ce manque.
Comme j’ai décidé de mettre mon entreprise en deuxième position, je me retrouve de nouveau en recherche d’emploi. La situation économique est en nette amélioration, même si elle n’est encore pas fameuse. Il y a plus d’offres. Le fait de mettre une formation « Canadienne » sur mon CV m’aide aussi. J’ai plus d’entretiens pour le type de poste que je recherche. Ce qui ne signifie pas que c’est plus facile pour autant. La concurrence est rude, et certaines entreprises ne rentrent pas dans mes critères de sélection non plus.

Je travaille brièvement dans une entreprise en Février, mais la collaboration s’interrompt rapidement, car cela ne « cadre » pas, d’un côté comme de l’autre. C’est dommage, mais c’est mieux ainsi. Après cette mésaventure, je constate que ma recherche d’emploi s’améliore, et que je commence à être contactée pour des offres vraiment très intéressantes. 5 semaines plus tard, on m’offre 2 emplois, qui correspondent à mes compétences ainsi que le salaire et les avantages qui vont avec. Enfin ! Au bout de presque 4 ans, il était temps ! Je m’engage sur mon emploi actuel, car il est plus proche de mon domicile et offre plus d’avantages. Pour le moment, je suis contente de mon choix, et j’espère rester quelques temps dans cette entreprise. Mais, comme je l’ai aussi appris, rien n’est jamais définitivement acquis au Canada !

Après 4 ans, je me sens plus sereine. Avec un peu de recul, je suis d’accord quand j’entends dire que l’immigration, ce n’est pas fait pour tout le monde. Immigrer est facile, rester dans son nouveau pays l’est beaucoup moins. Quand je regarde ma propre expérience, je comprends que certains décident de jeter l’éponge et de repartir après 1 ou 2 années, voire seulement quelques mois. J’aurais pu faire cela à un moment donné, car j’ai aussi connu ma part de galères. J’en ai eu moins que d’autres, mais plus que certains. J’ai toujours persévéré, et à un moment ou un autre, mes efforts ont toujours porté leurs fruits.

Aujourd’hui, je suis en attente de l’obtention de la nationalité, et espère plein de belles choses pour l’avenir !

Blueberry
Stéphanie alias Blueberry est originaire de France et écrit des billets pour le site depuis 2008. Installée à Vancouver dans cette ville de l'ouest du pays depuis 2006, elle a fait son premier séjour au Canada en 2001 et a eu un véritable coup de foudre pour le pays. Suivez ces billets pour en connaître plus sur la vie, le travail, les loisirs et les joies et autres en Colombie-Britannique.
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