Malgré leur sélection dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), des milliers de candidats pourraient être forcés de quitter le Québec en raison de délais administratifs qui s’allongent dangereusement.
Une sélection sans issue garantie
Depuis juillet dernier, plus de 10 000 invitations ont été envoyées dans le cadre du PSTQ. Pourtant, à peine 110 certificats de sélection du Québec (CSQ) ont été délivrés jusqu’ici.
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Un écart frappant qui plonge de nombreux candidats dans l’incertitude, alors même qu’ils ont franchi une étape clé du processus.
« Je dispose de 90 jours pour quitter ma vie »
L’ampleur du problème prend tout son sens à travers des témoignages humains, comme celui rapporté par Le Devoir.
Erwan Sauvage, installé au Québec depuis cinq ans, diplômé de Polytechnique Montréal et aujourd’hui ingénieur en milieu hospitalier, attend son CSQ depuis plusieurs mois. Son permis de travail postdiplôme arrive à échéance — et avec lui, tout son projet de vie.
« Le 4 mai, je perds mon emploi et je dispose de 90 jours pour quitter le territoire canadien, ma copine, mes amis, mon chat… ma vie. »
Comme beaucoup d’autres, il avait misé sur le PSTQ après la suspension du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Sélectionné, il pensait être sur la bonne voie. Aujourd’hui, il réalise que cette invitation ne garantit rien.
Des travailleurs intégrés… mais fragilisés
Le cas d’Erwan n’est pas isolé. D’autres candidats, eux aussi diplômés du Québec et pleinement intégrés, se retrouvent dans une situation similaire.
Certains ont déjà vu leur permis expirer et tentent de prolonger leur statut sans succès, faute de CSQ. D’autres anticipent une échéance imminente, sans aucune visibilité sur le traitement de leur dossier.
Tous partagent le même sentiment : celui d’un « faux espoir ».
Des délais qui dépassent les standards
Historiquement, le traitement d’un CSQ s’effectuait en moins de six mois. Aujourd’hui, de nombreux dossiers dépassent largement ce délai.
Selon des experts en immigration, cette dérive a des conséquences lourdes :
- impossibilité de renouveler certains permis de travail
- perte d’emploi
- obligation de quitter le territoire
Les employeurs québécois eux-mêmes risquent de perdre des talents déjà formés et opérationnels.
Un système engorgé
Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) reconnaît un ralentissement important.
Plusieurs programmes sont traités en parallèle — dont le PEQ, le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) et divers projets pilotes — créant un véritable goulot d’étranglement.
Les dossiers du PSTQ sont analysés selon le principe du « premier arrivé, premier servi », mais sans délai clair communiqué.
Des solutions partielles
Québec a demandé à Ottawa de prolonger les permis de travail des candidats en attente de leur CSQ.
Pour l’instant, seules certaines catégories, notamment les détenteurs de permis fermés, bénéficient d’assouplissements. Les titulaires de permis ouverts, comme les permis postdiplôme, restent particulièrement vulnérables.
Le MIFI affirme chercher des solutions, sans annoncer d’échéancier.
Source : Le Devoir

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