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Une arrivée au Québec sur les chapeaux de roues

De Anna-Maria

Je trouve bien intéressant de lire ces parcours d’immigration, aujourd’hui je vous fais part du mien.

Je suis sincère quand je vous dis qu’avant d’y mettre le premier pied je n’ai jamais voulu venir au Québec, je ne savais même pas vraiment que cette province existait pour être franche… Bref que des francophones habitent ce coin du monde était le cadet de mes soucis. J’avais 26 ans, j’aimais ma vie parisienne, j’avais un emploi qui me plaisait et j’étais en train de réunir des subventions et des accords pour faire une formation continue qui me semblait porteuse d’avenir. J’avais mille projets et une vie de quartier très riche.

Je viens cependant au Québec 10 jours avec mon entreprise et certains de mes collègues pour une formation d’été en juin 2007 à l’Université Concordia à Montréal. J’avais choisi de loger chez un ami français qui avait immigré ici trois ans plus tôt plutôt qu’au B&B qui nous était alloué. Dès le premier matin, je suis avec une amie et collègue qui regarde les annonces dans le journal VOIR. J’avais repéré ce journal gratuit mais, repoussée par la couverture (avec une actrice française sans intérêt), je ne l’avais même pas pris. Par-dessus son épaule je regarde les annonces avec elle et une retient mon attention : un poste très proche de ce que j’avais déjà fait en France pour une compagnie qui avait elle aussi la même approche. Je me dis c’est drôle, c’est comme le même travail mais dans un autre pays… C’est le matin, mes amis ne sont pas encore prêts à sortir, moi oui… J’ai 20 minutes à patienter alors je demande à mon ami si je peux utiliser son ordinateur. J’écris à cette compagnie un courriel écrit à la va-vite, sans accent parce que je ne comprenais pas le clavier américain de mon ami, y joint mon C.V. français que j’avais en mémoire dans ma boite mail et c’est parti.

Deux jours après la compagnie appelle le cell de mon ami (c’est le seul numéro que je pouvais donner…). Il me le dit, je rappelle d’une cabine téléphonique la compagnie et nous convenons d’un rendez-vous la veille de mon départ qui approche déjà… Ils font un effort pour me rencontrer alors qu’ils n’ont même pas commencé les entrevus, je pense qu’ils avaient été bluffé par la spontanéité de mon courriel. Je profite d’une ballade pour m’acheter un chemisier correcte parce que je n’avais rien pour me présenter à une entrevue… J’y vais et là j’ai une entrevue de trois quart d’heure avec la directrice et son adjointe. Cela se passe ni trop bien ni trop mal. À la fin, la directrice me demande si ce ne sera pas trop dur pour moi d’immigrer au Québec où je n’ai aucune attache et si j’aime Montréal. À ce moment-là je brûle de dire la vérité : je n’ai pas du tout été charmée par la ville, je n’ai aucune envie de quitter ma vie à Paris. Mais je me ressaisie, je suis venue jusqu’à cette rencontre, j’ai acheté un chemisier, je vais aller jusqu’au bout quitte à refuser le poste plus tard. Je lance que j’adore Montréal et tout le baratin.

Je rentre à Paris et oublie cet épisode, après tout un collègue français avait lui joué au loto canadien pour rigoler pendant notre séjour… Trois semaines après la compagnie me rappelle, j’ai le poste. Elle me reprécise que 80% du travail sera en anglais. Je refuse gentiment : Je n’ai pas un niveau suffisant en anglais, je ne pourrais jamais le faire, au revoir et merci de votre attention. On me rappelle trois jours plus tard : On vous paie des cours d’anglais et vous n’aurez pas à parler anglais le premier mois. Par contre il faut venir d’ici trois semaines maximum parce que deux semaines plus tard vous partez à Genève puis ensuite à Gand etc. Je réfléchis un week-end… Voilà l’occasion d’apprendre l’anglais et je pense à un regret qui ne m’a jamais quitté : d’avoir refusé un poste en or à Athènes il y a quelques années… Et si je le regrettais à nouveau? C’est tellement dur de vivre avec des regrets…

J’y vais. L’obtention de mon visa de travail n’est pas moins épique ni rapide mais je vous en fais grâce parce que mon témoignage commence à être long. Je trouve une remplaçante à mon poste (une Montréalaise!Véridique!!). Je négocie un départ rapide sans faire mon préavis. Je trouve un logement via Internet. Je travaille tard jusqu’au samedi soir pour finir certains dossiers, prend l’avion le dimanche et commence mon nouvel emploi dès le lundi matin 8h… Ouf! Je ne comprends pas tout ce qui m’arrive, pars à Genève puis Gand, viens ensuite New York, Liverpool… Les premiers mois ont été très durs. À 26 ans j’avais déjà une vie bien installée en France, les ruptures ont été violentes. Je me souviens d’avoir eu le ventre noué pendant bien 6 mois… Pendant l’automne, en sortant mes poubelles, je rencontre mon voisin du dessous, un québécois. Rien ne ralentit l’accélération qu’a prise ma vie; nous nous marions en octobre 2008 à Paris. Il avait une opportunité de travailler un an à Paris et comme je n’étais pas certaine de vouloir vivre au Québec on est parti ensemble. Nous avons eu notre premier enfant 9 mois plus tard… Le 14 juillet 2009 (comme quoi je restais attachée à la France!).

Depuis 2010, on est revenu vivre à Montréal essentiellement pour des raisons familiales et avons deux enfants. On travaille beaucoup. J’ai mis un peu de temps à me remettre de tous ces changements de vie (nos capacités d’adaptation sont parfois plus limitées qu’on ne croit…). Je ne regrette rien. Je porte mes choix en moi et c’est ça le plus important. Je continue de découvrir le Québec et l’aime de plus en plus… Je souhaite me « poser» ici pour encore quelques années (la vie?)… J’ai bien mérité un petit ralentissement!

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