Le gouvernement fédéral et le Manitoba annoncent un investissement conjoint de 1,3 million de dollars afin de renforcer l’immigration francophone dans la province et d’attirer davantage de travailleurs qualifiés bilingues.
Le projet, prévu sur deux ans, vise notamment à faciliter le recrutement, l’accueil et l’intégration de candidats francophones provenant de l’étranger, particulièrement dans des secteurs où les besoins de main-d’œuvre sont importants.
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La santé figure parmi les domaines considérés comme prioritaires.
Attirer des travailleurs francophones et bilingues
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone (PAIF), un programme fédéral destiné à soutenir la vitalité démographique des communautés francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec.
Le programme est géré par le Centre d’innovation en immigration francophone (CIIF) et soutient notamment des projets permettant de recruter des candidats francophones à l’étranger et de faciliter leur établissement au Canada.
Au Manitoba, le nouveau projet sera mis en œuvre par le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM).
Son objectif est clair : attirer et surtout retenir davantage de travailleurs francophones et bilingues dont les compétences correspondent aux besoins du marché du travail manitobain.
« C’est un geste concret pour assurer la vitalité et la pérennité des communautés franco-manitobaines et une nouvelle étape vers l’atteinte de l’objectif ambitieux du gouvernement du Canada en matière d’immigration francophone », a déclaré la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab.
La santé parmi les secteurs prioritaires
Une partie importante des efforts devrait porter sur le recrutement de professionnels pouvant travailler en français dans le secteur de la santé.
Pour Stevens Niamien, gestionnaire d’immigration et d’employabilité au CDEM, la capacité d’obtenir des services médicaux dans sa langue est particulièrement importante.
Le recrutement de personnel francophone et bilingue pourrait ainsi répondre simultanément aux besoins de main-d’œuvre du Manitoba et à ceux des communautés francophones de la province.
Le financement doit également permettre de développer de nouveaux outils numériques pour accompagner les candidats à l’étranger, faciliter leur intégration et améliorer la reconnaissance de leurs compétences professionnelles.
L’objectif consiste donc non seulement à recruter davantage de francophones, mais également à simplifier leur parcours entre la sélection à l’étranger, l’arrivée au Manitoba et leur intégration professionnelle.
Une autre année pour le programme destiné aux étudiants francophones
Cette annonce s’accompagne également d’une nouvelle importante pour les étudiants internationaux francophones souhaitant s’établir à l’extérieur du Québec.
La ministre Lena Metlege Diab a confirmé la prolongation du Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM).
Lancé en 2024 et initialement prévu jusqu’en 2026, le programme sera finalement prolongé jusqu’en août 2027.
Ottawa souhaite utiliser cette année supplémentaire pour évaluer davantage les résultats du projet pilote avant de décider de son avenir.
Le programme vise à attirer des étudiants internationaux francophones dans des établissements situés hors Québec et à faciliter leur établissement à long terme dans les communautés francophones minoritaires.
Pour certains étudiants dont les compétences correspondent aux besoins économiques locaux, cette stratégie peut également offrir un parcours facilitant l’accès à la résidence permanente après les études.
Des étudiants réclament toutefois une solution permanente
La prolongation est accueillie favorablement par les représentants étudiants, mais elle est également jugée insuffisante.
Mohammed Idrissi, président national de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, estime qu’une simple prolongation d’un an ne règle pas la question à long terme.
Selon lui, les étudiants internationaux ont besoin de mesures permanentes et prévisibles plutôt que de programmes temporaires renouvelés année après année.
Il réclame également davantage de mesures permettant de réduire les obstacles financiers auxquels les étudiants internationaux sont confrontés pendant leurs études et leur installation au Canada.
Ottawa cherche à augmenter le poids de l’immigration francophone hors Québec
Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie fédérale beaucoup plus large visant à augmenter la proportion de nouveaux arrivants francophones qui choisissent une province autre que le Québec.
Le projet manitobain fait notamment partie du Plan d’action pour les langues officielles, dans lequel Ottawa prévoit investir 25 millions de dollars dans le Centre d’innovation en immigration francophone entre 2023 et 2028.
Les efforts commencent d’ailleurs à produire des résultats.
En 2025, 8,9 % des nouveaux résidents permanents admis à l’extérieur du Québec étaient francophones, ce qui avait permis au gouvernement fédéral de dépasser sa cible annuelle.
Pour le Manitoba et les autres communautés francophones minoritaires du pays, l’enjeu dépasse toutefois les objectifs statistiques : il s’agit d’attirer suffisamment de nouveaux arrivants francophones pour soutenir les écoles, les services de santé, les entreprises et, plus largement, la pérennité du français dans ces communautés.
Pour les candidats francophones qui envisagent une immigration au Canada, ces initiatives confirment également une tendance importante : le français devient un atout de plus en plus stratégique pour immigrer et s’établir durablement à l’extérieur du Québec.
Source : Radio-Canada

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