Le refus du ministère de l’Éducation de renouveler les permis d’exploitation du Collège supérieur de Montréal et du Collège supérieur de Sherbrooke bouleverse le parcours de 878 étudiants, dont plusieurs craignent maintenant pour leur diplôme, leur statut au Canada et leur projet d’immigration au Québec.
Près de 900 étudiants étrangers se retrouvent sans cours et sans certitude quant à la suite de leur formation après la suspension des activités de deux collèges privés québécois.
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Le ministère de l’Éducation a refusé de renouveler les permis d’exploitation du Collège supérieur de Montréal et du Collège supérieur de Sherbrooke. Le premier accueille 582 étudiants, tandis que le second en compte 296, pour un total de 878 personnes touchées.
Les étudiants du Collège supérieur de Montréal ont appris la nouvelle vendredi, vers 18 h, dans un courriel envoyé par la direction. L’établissement y annonçait devoir « suspendre temporairement ses activités d’enseignement et fermer ses portes jusqu’à nouvel ordre ».
Le collège conteste toutefois la décision gouvernementale. Il soutient que le refus de renouveler son permis repose sur des « motifs inexacts » et affirme avoir entrepris des démarches pour faire annuler la décision.
De son côté, le ministère de l’Éducation assure avoir agi conformément à la Loi sur l’enseignement privé, après avoir analysé la situation des deux établissements au regard des exigences qui leur sont imposées. Il refuse pour le moment de dévoiler les raisons précises de sa décision, invoquant les procédures administratives toujours en cours.
Des projets d’études et d’immigration menacés
Le directeur général des deux collèges, Noureddine Hajibi, demande au gouvernement d’intervenir rapidement afin de permettre la reprise des cours.
« Nous comprenons pleinement l’inquiétude, la colère et le désarroi exprimés par les élèves. Leur parcours scolaire, leur avenir et, pour plusieurs, leur projet de vie au Québec sont directement menacés par cette décision », a-t-il déclaré à La Presse.
Selon lui, les étudiants ne devraient pas subir les conséquences du conflit opposant les établissements au ministère.
« Chaque journée d’attente ajoute à l’angoisse de nos élèves, qui ne doivent pas être les victimes de cette situation », a-t-il ajouté.
Lundi matin, environ 150 personnes ont manifesté devant les locaux du Collège supérieur de Montréal, situés rue Viger Ouest. Elles réclamaient des réponses et dénonçaient également la fermeture du Collège supérieur de Sherbrooke.
Pour plusieurs étudiants, l’interruption des cours survient alors qu’ils approchaient de la fin de leur programme et avaient déjà versé des dizaines de milliers de dollars en droits de scolarité.
« La victime, c’est l’étudiant »
Originaire d’Algérie, Ayoub Youyou, 29 ans, est arrivé au Québec en 2023. Il vient de terminer une formation en secrétariat médical au Collège supérieur de Montréal, pour laquelle il affirme avoir payé environ 23 000 $.
Son jeune frère, arrivé au Canada en décembre 2024, poursuit toutefois toujours ses études dans l’établissement et fait partie des élèves directement touchés.
« Il y a des étudiants qui ont payé tous leurs frais de scolarité, qui sont à la fin de leur parcours, mais qui risquent de ne jamais obtenir leur diplôme. Qui est la victime ? C’est l’étudiant », déplore-t-il.
Certains élèves craignent également que leur permis d’études expire avant qu’ils aient pu terminer leur programme. Une interruption prolongée pourrait compliquer le maintien de leur statut légal au Canada, en plus de compromettre leur admissibilité éventuelle à un permis de travail post-diplôme.
Le ministère de l’Éducation affirme avoir communiqué avec tous les étudiants concernés. Il leur aurait transmis une procédure leur permettant de poursuivre leur formation dans un autre établissement québécois, ainsi qu’une liste d’écoles susceptibles de les accueillir.
La possibilité réelle de transférer rapidement les dossiers, les crédits de formation et les sommes déjà versées demeure toutefois une importante source d’inquiétude.
Une famille qui avait « tout vendu »
Pour Leandro Donizeti da Silva, un Brésilien de 46 ans, la fermeture du collège menace le projet d’établissement de toute sa famille.
Arrivé au Québec en août 2024 avec sa femme et leur fils de 12 ans, il ne lui restait plus que deux examens à réussir pour terminer son diplôme d’études professionnelles en comptabilité.
« C’est incroyable ce qui nous arrive. Je n’ai pas de mots pour le dire », témoigne-t-il.
La famille avait vendu sa maison et sa voiture au Brésil afin de financer son installation au Québec. M. da Silva affirme avoir payé près de 14 000 $ en droits de scolarité. Son plan était de terminer son diplôme, d’obtenir un permis de travail post-diplôme et, éventuellement, de présenter une demande de résidence permanente.
« Je risque de perdre non seulement mon diplôme, mais aussi mon statut au Canada. Ma femme et mon fils vivent eux aussi cette angoisse, puisque leur avenir dépend directement du mien », explique-t-il.
Alors que les étudiants tentaient toujours d’obtenir des réponses, le site internet du Collège supérieur de Montréal indiquait encore lundi que les admissions pour 2026 étaient ouvertes. Les visiteurs pouvaient notamment y lire le slogan : « Et si tu disais OUI à un avenir prometteur ! »
Une promesse qui contraste durement avec l’incertitude dans laquelle se trouvent maintenant des centaines d’étudiants et leurs familles.
Source : La Presse

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