Les Français installés au Québec et dans le reste du Canada ne peuvent plus, pour le moment, expédier de colis vers la France par l’intermédiaire de Postes Canada. Cette suspension, liée à l’entrée en vigueur de nouvelles règles douanières européennes, risque de perturber les échanges avec les proches, mais aussi les activités de certains travailleurs autonomes et petits commerçants.
Depuis le 1er juillet 2026, Postes Canada suspend temporairement l’acceptation du courrier contenant des marchandises et des colis à destination de plusieurs pays de l’Union européenne, dont la France.
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La mesure touche également l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, le Portugal et la République tchèque. Les envois vers les autres pays de l’Union européenne continuent pour le moment d’être acceptés.
Pour les milliers de Français vivant au Québec et ailleurs au Canada, cette décision complique une pratique pourtant courante : envoyer des cadeaux, des vêtements, des produits canadiens ou des effets personnels à leur famille restée en France.
Pourquoi Postes Canada a-t-elle interrompu ses services?
La suspension découle de nouvelles exigences imposées par l’Union européenne aux marchandises de faible valeur provenant de pays extérieurs à l’UE.
Depuis le 1er juillet, un droit de douane temporaire de 3 euros s’applique aux articles contenus dans les envois dont la valeur ne dépasse pas 150 euros, soit environ 240 dollars canadiens. Ce droit s’ajoute à la TVA à l’importation qui pouvait déjà être exigée.
Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’expression « droit de 3 euros par colis », les frais peuvent être calculés selon les différentes catégories tarifaires de marchandises présentes dans un même paquet. Un colis contenant plusieurs types de produits pourrait donc entraîner plusieurs droits de 3 euros.
Les autorités européennes exigent également des renseignements douaniers plus précis pour chaque article, notamment sa description, sa valeur, sa quantité et sa classification. Postes Canada affirme travailler à la mise en place de solutions permettant de respecter ces nouvelles obligations avant de rétablir ses services vers les destinations concernées.
Les cadeaux familiaux sont-ils concernés?
La suspension de Postes Canada ne vise pas seulement les achats effectués sur des plateformes de commerce électronique. Elle peut aussi empêcher l’expédition de cadeaux et d’effets personnels contenant des marchandises.
Une carte de souhaits ou une lettre composée uniquement de documents en papier pourrait être traitée différemment d’un envoi renfermant un objet. En revanche, dès qu’une enveloppe contient un vêtement, un livre, un bijou, un produit alimentaire autorisé ou tout autre bien, elle peut être considérée comme un envoi de marchandises et être soumise aux exigences douanières.
Les expatriés français qui envoient régulièrement des cadeaux pour un anniversaire, une naissance ou les fêtes de fin d’année devront donc vérifier la disponibilité du service avant de se rendre dans un comptoir postal.
Il faudra aussi éviter les descriptions trop générales comme « cadeau », « effets personnels » ou « divers ». Postes Canada rappelle que chaque marchandise doit être décrite de manière complète et précise dans les données douanières électroniques. Une déclaration incomplète peut entraîner un retard, un refus d’entrée, un retour à l’expéditeur ou même une saisie.
Des frais possibles pour les proches en France
Même lorsque les services reprendront, les Français du Canada devront tenir compte du coût supplémentaire que les nouvelles règles peuvent imposer au destinataire.
Le droit forfaitaire de 3 euros peut s’ajouter à la TVA, aux éventuels frais de traitement du transporteur et à d’autres droits lorsque la valeur ou la nature des marchandises le justifie. Un cadeau envoyé gratuitement par un proche n’est donc pas nécessairement livré sans frais à son arrivée en France.
Cette situation pourrait réserver de mauvaises surprises aux destinataires, qui peuvent devoir payer les sommes demandées avant de récupérer le colis.
Avant tout envoi, il sera préférable d’informer la personne en France que des droits, des taxes ou des frais administratifs pourraient lui être réclamés.
Les petits commerçants particulièrement touchés
Les conséquences ne se limitent pas aux échanges familiaux. De nombreux Français établis au Canada exploitent une petite entreprise, une boutique en ligne ou une activité artisanale et vendent occasionnellement leurs produits à des clients européens.
Pour ces entrepreneurs, la suspension peut entraîner des commandes retardées, des remboursements, une hausse des coûts de livraison ou la nécessité de recourir à un transporteur privé.
Les nouvelles règles européennes visent notamment à réduire la sous-évaluation et les fausses déclarations de marchandises, tout en rétablissant une concurrence plus équitable entre les vendeurs établis dans l’Union européenne et ceux qui expédient leurs produits depuis des pays tiers. L’Union européenne estime que l’ancien système favorisait certains vendeurs étrangers dont les petits colis entraient sans droits de douane.
Les commerçants canadiens devront désormais porter une attention particulière à la classification tarifaire de leurs produits, à leur pays d’origine et aux renseignements transmis électroniquement aux autorités douanières.
Peut-on utiliser un transporteur privé?
La suspension annoncée concerne les services de Postes Canada vers les pays visés. Elle ne signifie pas nécessairement qu’il est impossible d’expédier un colis en France par l’intermédiaire d’un transporteur privé.
Des entreprises de messagerie peuvent continuer à proposer des services vers l’Union européenne, à condition d’avoir adapté leurs systèmes aux nouvelles exigences. Ces solutions peuvent toutefois être plus coûteuses et comporter des frais de courtage ou de traitement douanier.
Avant de choisir un transporteur, il est recommandé de vérifier le prix total, les droits et taxes potentiels, la personne responsable de leur paiement ainsi que les conditions applicables en cas de refus du colis par le destinataire.
Ce qu’il faut faire avant un prochain envoi
Les Français établis au Canada devraient d’abord consulter les alertes de service de Postes Canada, puisque la liste des pays concernés et la durée de la suspension peuvent évoluer.
Ils devraient également préparer une description détaillée de chaque objet, conserver les preuves de valeur, vérifier les produits interdits ou réglementés et prévenir le destinataire des frais qui pourraient être exigés en France.
Enfin, mieux vaut éviter de sous-évaluer volontairement un bien ou de déclarer une vente comme un cadeau. Une déclaration inexacte peut entraîner le blocage ou le retour de l’envoi et exposer l’expéditeur ou le destinataire à des sanctions.
Une suspension sans date de fin
Postes Canada présente cette interruption comme une mesure temporaire, mais n’a pas annoncé de date précise pour la reprise des services vers la France et les autres pays concernés.
La société affirme travailler à des solutions conformes aux nouvelles règles européennes. D’ici là, les expatriés français devront prévoir davantage de temps, comparer les solutions de remplacement et intégrer les nouvelles formalités douanières dans leurs échanges personnels ou commerciaux avec la France.

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