Ottawa investit près de 860 000 dollars pour améliorer l’accueil, l’intégration et la rétention des nouveaux arrivants francophones et bilingues, notamment à l’extérieur de Yellowknife.
Les Territoires du Nord-Ouest souhaitent attirer davantage d’immigrants francophones, y compris ceux qui vivent déjà dans une autre province canadienne et qui envisagent de poursuivre leur parcours ailleurs au pays.
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En visite dans le territoire, la ministre fédérale de l’Immigration du Canada, Lena Metlege Diab, a annoncé le 8 juillet un investissement d’environ 860 000 dollars destiné à faciliter l’établissement durable des immigrants francophones et bilingues dans le Nord canadien.
Le projet, financé dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone, doit notamment améliorer l’accès à l’information, mieux faire connaître les programmes d’immigration disponibles et faciliter la reconnaissance des diplômes et des compétences acquis à l’étranger. Il prévoit également une plus grande participation des employeurs, particulièrement dans les communautés situées à l’extérieur de Yellowknife.
Des immigrants qui arrivent souvent d’une autre province
Une partie des nouveaux arrivants francophones ne choisissent pas les Territoires du Nord-Ouest comme première destination au Canada.
Selon le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest (CDÉTNO), François Afane, de nombreuses personnes immigrantes commencent leur parcours dans la région avec un statut temporaire. Les résidents permanents, pour leur part, s’y installent souvent après avoir d’abord vécu dans une ou plusieurs autres provinces.
Le Québec peut ainsi constituer une première étape avant un déménagement vers Yellowknife ou une autre communauté nordique.
Cette mobilité s’inscrit dans une réalité plus large. Selon le Recensement de 2021, 43,9 % des résidents des Territoires du Nord-Ouest ayant uniquement le français comme première langue officielle parlée étaient nés au Québec. Seulement 18,4 % étaient nés directement dans le territoire.
Ces données ne concernent pas uniquement les immigrants, mais elles illustrent l’importance de la mobilité interprovinciale dans le développement de la communauté francophone ténoise.
Mieux accompagner les nouveaux arrivants
Pour les organismes francophones de la région, attirer de nouveaux résidents ne suffit pas. Il faut également leur donner les moyens de rester à long terme.
Les réalités du Nord sont très différentes de celles de Montréal, Toronto ou Vancouver. L’éloignement, le coût de la vie, le logement, l’accès aux services et la recherche d’un emploi correspondant aux compétences peuvent compliquer l’installation.
Le financement annoncé doit donc permettre d’adapter davantage les services aux besoins des immigrants francophones et bilingues.
Le CDÉTNO estime que ce soutien supplémentaire pourra améliorer l’accompagnement des nouveaux arrivants et favoriser leur rétention. L’organisme souhaite notamment aider les résidents temporaires à faire reconnaître leurs compétences et à mieux comprendre les différentes voies pouvant mener à la résidence permanente.
Le projet doit aussi mieux mettre en relation les travailleurs qualifiés et les employeurs du territoire confrontés à des besoins de main-d’œuvre.
Des services francophones au-delà de Yellowknife
La Fédération franco-ténoise accueille elle aussi favorablement l’annonce fédérale.
Sa directrice générale, Audrey Fournier, estime que le projet permettra d’améliorer l’intégration et la rétention des personnes immigrantes francophones et bilingues.
L’un des objectifs importants sera d’élargir l’offre de services dans les communautés situées à l’extérieur de Yellowknife. L’accès aux ressources d’établissement y est souvent plus limité, alors que l’attraction et la rétention de nouveaux résidents demeurent des défis constants.
Les organismes espèrent que ce nouvel accompagnement rendra les parcours d’installation plus simples et favorisera un enracinement durable des nouveaux arrivants dans les collectivités nordiques.
Une stratégie économique et démographique
Cette initiative ne vise pas seulement à renforcer la présence du français. Elle doit également contribuer au développement économique des Territoires du Nord-Ouest.
Le gouvernement fédéral souhaite mieux faire connaître le Programme des candidats des Territoires du Nord-Ouest ainsi que les autres programmes fédéraux accessibles aux travailleurs francophones et bilingues.
Le programme territorial repose principalement sur des volets liés aux employeurs afin de répondre aux pénuries de main-d’œuvre. Il comprend également une voie destinée aux entrepreneurs.
La reconnaissance des diplômes étrangers constitue également un enjeu central. Des immigrants déjà présents au Canada peuvent posséder les compétences recherchées dans le Nord sans parvenir immédiatement à les faire reconnaître ou à les utiliser dans leur domaine professionnel.
Ottawa multiplie les annonces pour l’immigration francophone
Il s’agit de la deuxième annonce en quelques jours concernant l’immigration francophone à l’extérieur du Québec.
La ministre Lena Metlege Diab avait déjà annoncé la prolongation pour une troisième année du Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire. Ce programme offre à certains étudiants étrangers francophones une voie vers la résidence permanente après leurs études.
Pour 2026, le gouvernement fédéral souhaite que les immigrants francophones représentent 9 % des nouvelles admissions de résidents permanents à l’extérieur du Québec.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, Ottawa mise donc autant sur l’arrivée de nouveaux candidats de l’étranger que sur la mobilité d’immigrants qui ont déjà commencé leur vie au Canada, notamment au Québec.
Pour les communautés francophones du Nord, le véritable défi sera toutefois de transformer cette attraction en installation durable.
Source : Le Devoir

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