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L’art du magasinage

C’est en rangeant mon placard de cuisine que l’idée m’est venue de vous parler du magasinage, terme plus connu sous le nom de shopping ou l’expression « faire les magasins ». Parce que je dois bien vous avouez qu’il m’aura fallu une bonne année pour trouver mes repères.

Pendant longtemps, j’ai cherché désespérement un équivalent à Auchan, Carrefour et autre Leclerc. Bref, un endroit où je pourrais acheter une cafetière, un bon bouquin et remplir mon frigo en même temps.
Peine perdue, ça n’existe pas ici. Comme dit Sylvain, au Canada les magasins sont « bizarrement spécialisés ». Du coup on se retrouve à s’arracher les cheveux et à courir partout pour faire ce qu’on aurait fait avant dans un seul endroit. Et croyez moi, quand en plus vous venez d’arriver, qu’aucune enseigne lumineuse ne vous indique quel type de produits vont se trouver à l’intérieur, que l’hiver commence et que vous avez très faim, vous ne voulez pas vous trompez. Parce que oui, il faut bien le dire, IGA, No Frills, Dominion (ça me rappelle les pizzas Domino’s) ou encore Loblaws, le nom ne donne pas trop d’indices sur le fait que vous pourrez y trouver tout ce qu’il faut pour remplir votre frigo !

Puis une fois que vous avez découvert ce qui se vend à l’intérieur, il faut aussi s’habituer aux produits. Là j’avoue c’est assez facile ! J’ai découvert de nombreux produits que je ne connaissais pas ou qui sont trop chers en France. Mais je peux comprendre que pour certains se soient un cap un peu dur à passer. Mon seul point noir : j’ai eu un peu de mal à me faire aux parfums des produits ménagers et de la lessive, un peu trop présents à mon goût. Pas de quoi rependre le premier avion pour Paris ou mettre en place un pont aérien pour demander à ma famille de m’envoyer de l’Ariel liquide ! C’est comme tout, on s’y fait, il faut juste reconnaitre qu’il y a un temps d’adaptation avec de bonnes et de moins bonnes surprises.

Pour les vêtements, c’est un peu pareil. Au début, je n’allais que chez H&M. Facile, je connais déjà ma taille, le style me plaît et ce n’est pas cher. Mais bon, comme je suis une fille, je fais souvent les magasins, puis j’ai aussi demandé à droite à gauche quels étaient les endroits intéressants et un jour on se laisse tenter.
Ce que j’adore ici : l’achat impulsif sans mauvaise pensée ! Le rêve de toutes les droguées du shopping en tout genre.
Deux outils indispensables : une carte de crédit (la carte de débit est acceptable, mais c’est beaucoup moins drôle) et une bonne paire de chaussures (voiture et carte de transport étant un plus évident).
Choisissez un jour où il pleut, un dimanche par exemple, ces mêmes dimanches que vous détestiez en France car tout est fermé. Choisissez un centre commercial, personnellement j’aime bien le Eaton Center et visitez tous les magasins.
Flashez sur une paire de bottes bleu turquoise avec fourrure à 200 $, essayez les, puis décidez, sans prendre le temps de la réflexion celà va de soi, que ces bottes sont à la pointe de la mode et que vos copines parisiennes vont en mourir de jalousie.
Passez à la caisse et repartez fièrement avec votre paire de botte sous le bras.
Rentrez chez vous, après avoir fait quelques autres petits achats et sortez les bottes de leur boite.
C’est à ce moment là que vous réalisez que vous n’avez rien à mettre avec et que vous n’oseriez pas les porter au travail. Mais il pleut dehors, alors vous n’avez pas envie de retourner au magasin les rapporter, puis d’ailleurs vous n’êtes pas encore bien certaine de vouloir vous en débarrasser. Tout ça mérite un peu de réflexion !
Au bout de plusieurs jours et autant d’essais infructueux devant votre miroir (même le chat est parti en courant), réalisant que vos copines parisiennes ne verront jamais ladite paires de botte à moins que vous leur envoyiez une photo par e-mail, vous décidez que ce serait mieux de les rapporter au magasin.

Ici, aucun problème, même si vous avez dépassé les délais de retour au magasin (outrageusement longs pour la plupart), vous pourrez toujours l’échanger contre autre chose ou avoir un bon d’achat. Si vous avez payé en carte de crédit, c’est encore mieux. Vous avez pu vous offrir le luxe d’un coup de tête, sans même que l’argent soit sorti de votre compte bancaire. C’est pas génial ?
La première fois que j’ai compris le système, c’est en suivant une amie qui avait dépensé 2000 $ et qui venait rapporter plus de la moitié. J’ai trouvé ça bien fatiguant, surtout qu’en j’ai réalisé que c’était une «  habituée » du système. C’est vrai après tout, pourquoi passer autant de temps à acheter pleins de choses si c’est pour systématiquement rendre la plupart des articles. Je conseille à toute personne sceptique d’essayer au moins une fois.

Les gars, courrez vous acheter une playstation, passer quelques soirées à jouer avec, puis rapporter là au magasin quand vous réaliserez que vous ne ferez plus rien de votre temps si vous gardez la console de jeux chez vous. Les filles, vous pouvez aller chercher cette fabuleuse machine pour abdominaux, puis en réalisant que c’est une véritable torture et qu’à part prendre de la place sous votre lit ça ne servira pas à grand chose, et bien débarrassez vous en !

Je me souviens en France comme c’était compliqué ! A part les appareils défectueux et quelques enseignes conciliantes, impossible de ramener un article en disant « heu désolé, mais ça ne me plaît pas » ou «  en fait, vous allez rire, je n’en ai pas vraiment besoin ».

Tout ça pour dire que comme l’hiver, la langue, le hockey, les magasins sont un des éléments auquels il faudra vous acclimatez.

Ce matin en allant chez Second Cup, je rigolais intérieurement. La manager m’a lancé un «  single americano ? » tout en le préparant sans attendre ma réponse, l’autre employée m’a demandé si je voulais autre chose et je lui ai répondu oui en lui désignant un croissant au cheddar. Bon sang, « un croissant au cheddar » ! L’année dernière j’ai ri au nez de la personne qui m’en a proposé un. Depuis j’y ai goûté et j’ai même reconnu aimer ça. Ce matin donc, je rigolais en me disant qu’une partie de l’intégration c’était ça, trouver ses repères dans la vie de tous les jours, ne pas avoir peur de la nouveauté et pour moi, aimer les croissants au fromage avec son café du matin !

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