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Vue d’ensemble sur Sherbrooke partie 1 par O’Hana

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Sherbrooke (partie 1)
par Ohana le 10/05/2010

Pendant longtemps, l’actualité nationale et internationale a représenté l’essentiel de mon travail quotidien d’information. Jusqu’au jour où j’ai trouvé absurde de bien connaître les enjeux politiques d’une élection sud-coréenne, à l’autre bout du monde, en ignorant complètement ce qui se passait, ici et autour de moi, à Sherbrooke. Pour mes chroniques, c’est un peu la même chose : beaucoup de sujets sur de « grands » enjeux politique, culturel ou social intéressant le Québec ou le Canda mais si peu sur ma ville d’adoption. Ce papier a donc pour but de remédier à cette petite injustice. J’avais déjà écrit une chronique sur Sherbrooke il y a quelques temps qui s’apparentait davantage à une promenade nocturne. Je voudrais ici en parler de manière plus « formelle » même si mon regard ne sera évidemment pas objectif.

Une chose que je trouve particulier avec Sherbrooke est que c’est surtout à l’extérieur de la ville que ça se passe. On est en Estrie, région réputée pour sa nature, sa campagne bucolique et les activités qui y sont reliées (sports d’hiver). Rien d’étonnant à ce qu’il y ait autant de stations de ski, de chalets, de pistes de randonnées et de parcs dans la région. Et rien d’étonnant donc à ce que le centre-ville de Sherbrooke soit aussi peu dynamique. Lorsque je suis arrivé il y a plus de dix ans, j’avais été frappé par l’aspect peu engageant (plusieurs commerces en décrépitude, logements délabrés) de plusieurs endroits de la rue King Ouest, pourtant l’artère principale de la ville. Depuis, un effort concerté entre commerçants et élus municipaux a été mis en œuvre pour revitaliser le centre-ville et ça paie : suite à un incendie, le propriétaire de la Maison du Cinéma a profité de la reconstruction pour en faire un modèle d’architecture style art déco. Aussi, plusieurs petits restaurants et cafés (ex : la Brûlerie de café, le Bouchon, Choco-là) ont ouvert en ayant intelligemment compris qu’il fallait combiner qualité des produits offerts et esthétisme de leur environnement. Sans parler du pourtour du Lac des Nations (qui est en fait un élargissement de la rivière St-François traversant la ville) qui a fait l’objet d’un aménagement très agréable pour les promenades. Ça donne envie d’y flâner pour prendre un café et tant qu’à y être – soyons chauvins cinq secondes – passez voir ce couple d’immigrants français qui ont ouvert une pâtisserie, la Brioche Pralinée, qui connaît un franc succès (à 09h00 le samedi matin, n’espérez plus y trouver encore des croissants aux amandes : pratiquement tous vendus …).

Une autre particularité de Sherbrooke est d’avoir non seulement deux universités – Bishop’s University et l’Université de Sherbrooke – mais d’avoir aussi une des quatre facultés de médecine du Québec (une autre se trouvant à Québec et deux à Montréal). Il n’est pas courant de pouvoir bénéficier d’une structure universitaire aussi importante dans une ville de taille moyenne (moins de 200 000 habitants). Cela constitue définitivement un attracteur important de chercheurs et d’étudiants dans la région mais également de tout ce qui est nécessaire au fonctionnement à ce type d’institutions : professionnels (comptabilité, ressources humaines, finance, marketing, etc.), personnel de soutien et de maintenance. Paradoxalement, le réseau de transport en commun sherbrookois n’est pas encore très efficace (la logique d’élaboration des circuits d’autobus, pourtant revus récemment, échappe à bien du monde encore, moi y compris ; la ponctualité des autobus est à améliorer et le déplacement en transport en commun la fin de semaine reste plus décourageant qu’autre chose). En cela, Sherbrooke reste encore une ville très nord-américaine, c’est-à-dire essentiellement organisée pour la voiture et non pour le piéton avec un étalement urbain très important. Les déplacements à pied ne sont donc pas aisés, surtout en hiver, d’autant plus que la ville est assez vallonnée avec de nombreuses côtes. Tout cela fait en sorte que je n’ai réellement découvert tout ce que Sherbrooke et sa région ont à offrir que lorsque j’ai acheté ma première voiture ici.

L’organisation des quartiers d’une ville est révélateur de sa construction historique, économique et sociale. Celle de Sherbrooke pourrait se définir, très schématiquement, avec les quatre points cardinaux en plaçant le centre-ville au centre. Ce qu’on appelle le nord à Sherbrooke est le quartier limitrophe (au nord, bien entendu) du centre-ville : quartier historiquement dédié aux notables (avocats, médecins, cadres, etc.) et ça l’est encore aujourd’hui. On y retrouvera en effet les maisons les plus cossues de la ville, bien emmitouflées derrière leurs grandes haies, leurs grands arbres matures et leurs rues tranquilles et ombragées. Le décor typique de la banlieue états-unienne du film tout aussi états-unien. Évidemment, aucune industrie ni grandes surfaces commerciales (si ce n’est les incontournables dépanneurs, disséminés ici et là et indispensables le dimanche matin quand on découvre avec consternation qu’il n’y a plus de lait pour le café). On y trouve aussi des immeubles à logements aux loyers relativement accessibles pour qui sait prendre le temps de bien fouiller mais cela reste globalement élevé. L’Est est aussi résidentiel mais de catégorie plutôt classe moyenne « basse » avec beaucoup plus d’immeubles à logements et un petit centre commercial (les Galeries Quatre Saisons). C’est un quartier que je connais peu car je n’y ai jamais habité. Le Sud commence dès le sud du centre-ville et, tout comme l’Est, se partage entre résidences et immeubles à logements et représente le quartier aux logements aux loyers les plus bas et représente, si je ne me trompe pas, l’ancien parc industriel de la ville. On y retrouve ainsi beaucoup d’étudiants mais aussi beaucoup d’immigrants (en particulier le quartier qu’on appelle Ascot). Pour vous donner un ordre d’idée très approximatif, pour 550$ par mois, vous pourrez trouver assez facilement dans le Sud un appartement 5 ½ (tout inclus) alors que vous n’aurez peut-être qu’un 4 ½ (rien d’inclus) dans le Nord.

En s’en allant vers l’Ouest, on tombe tout d’abord sur le quartier entourant le centre commercial principal de Sherbrooke, c’est-à-dire le Carrefour de l’Estrie. Depuis quelques années, la ville a décidé d’en faire son pôle commercial dans la tradition typique de ces énormes pôles commerciaux nord-américains : un énorme espace de béton, d’asphalte et de places de stationnement où le consommateur-chauffeur est heureux de pouvoir avoir accès, d’un coup de volant, aux Rona, Canadian Tire, Tim Horton’s, Future Shop, chaînes d’épiceries et autres centres commerciaux. Youpi. Et tout autour ont poussé tout un tas de condos pour personnes retraitées et familles (faibles revenus, merci de s’abstenir). Et comme tout ça se trouve à l’entrée principale de la ville, près des axes autoroutiers, on draine alors plus facilement les chauffeurs-consommateurs des petites villes avoisinantes. C’est-y-pas-merveilleux ma petite dame. Je fais dans l’ironie mais je ne m’en plains pas : après tout, nous sommes en Amérique du Nord et ça donc partie du package deal.

En poussant davantage vers l’ouest – c’est-à-dire une fois dépassé la « frontière » que constitue l’autoroute 410 qui vous mènera, selon le cas, soit vers Montréal à l’ouest (à une heure et quart environ) soit vers Québec au nord (à deux heures et demie environ) – on arrive vers Rock Forest et St-Élie d’Orford, les banlieues de Sherbrooke. Là aussi depuis quelques années, on y construit à tour de bras des quartiers entiers de bungalows, l’idéal pour de jeunes familles qui souhaitent devenir propriétaires de manière raisonnable. De là, comptez environ 15 minutes pour vous rendre jusqu’au centre-ville. Nous n’avons évidemment pas les embouteillages que connaissent – chaque matin et chaque soir … – les banlieusards qui vont travailler sur l’île de Montréal. Mais c’est clair que vous avancerez au pas un gros cinq minutes aux heures de pointe du matin et du soir. Tragique, n’est-ce pas ?

Enfin, ne soyez pas surpris de déceler un petit côté british dans l’architecture et dans le nom des rues (surtout si vous poussez bien au sud, vers le quartier anglophone de Lennoxville et les petites villes avoisinantes). Sherbrooke fût fondée par des loyalistes fuyant la Révolution Américaine au 18ème siècle et trouvant au Canada une terre restée fidèle au Roi d’Angleterre. Cela n’en fait pas pour autant une ville anglophone, loin de là. Cela me conduit logiquement sur les terrains du marché du travail, du tissu industriel et de la santé économique de Sherbrooke, ce que je m’attarderai à faire dans une autre chronique. Cela exige un certain temps d’analyse que je n’ai pas eu le temps de faire maintenant et je trouverais bien simpliste de ne vous donner que le taux de chômage – qu’il soit bon ou pas – pour illustrer toute la réalité économique d’une ville.

Quelques liens sur Sherbrooke :
Université de Sherbrooke
Université Bishop’s
Société de transport de Sherbrooke
Carrefour de l’estrie
Brûlerie de café
Le bouchon
Chocolat
Fête du lac des nations

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