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12 choses à faire avant de débarquer au Québec pis en arrivant icitte

12 choses à faire avant de débarquer au Québec pis en arrivant icitte

Ecrit par : Zogu 29-05 à 21:23

12 CHOSES À FAIRE AVANT DE DÉBARQUER AU QUÉBEC PIS EN ARRIVANT ICITTE

1. Achetez une carte géographique du Québec et accrochez-la au mur.
Se familiariser avec sa future destination permet de mieux s’y adapter, ne serait-ce qu’en sachant reconnaître les grandes autoroutes, où sont situées les villes importantes, etc.
Si pour vous le concept de “rive nord, rive sud” fait référence uniquement à Paris, ça n’ira pas très bien pour vous au Québec. En effet, l’orientation se fait selon le Saint-Laurent, colonne vertébrale de la province et axe de peuplement historique.
Aussi, vous pourrez éviter de poser des questions comme:
– “Est-ce qu’il y a un aéroport international à Chibougameau?”
– “Matane? Est-ce que c’est une réserve indienne?”
– “Où se trouve la nationale 20?”
– “Gaspé, est-ce que c’est en Mauricie?”
– “Comment est la vie dans l’arrondissement Laval?”

2. Lisez les nouvelles québécoises, tenez-vous à l’affut des infos.
Dans les mois qui précèdent votre arrivée, commencez à lire (distraitement) les journaux québécois sur Internet. Quels sont les débats de société? Annonce-t-on des grèves majeures? Quelles personnalités publiques sont détestées, adorées? Dans les semaines qui précèdent votre arrivée, jouez le rôle d’un Québécois. Le matin, lisez le journal — qu’est-ce qui a retenu votre attention? Quelle sera la météo ce week-end? Annonce-t-on un gala, un spectacle à Montréal?

3. Apprenez l’Histoire du Québec.
Si les enfants de 15 ans peuvent l’apprendre malgré les poussées d’acné et le titillement des hormones, vous le pouvez aussi! Surtout que le Québec est gentil avec vous: son Histoire politique fait moins de 500 ans. Nous n’avons pas une longue litanie de rois maudits et de maires de palais épépinés. Puisque l’Histoire du Québec peut être condensée en une centaine d’événements marquants, il est facile de feuilleter une livre d’histoire et de tout comprendre. Car le comment du pourquoi du bordel politique actuel se comprend aisément si l’on adopte le point de vue historique. La société québécoise est la conséquence directe de son histoire. Vous comprendrez mieux les enjeux actuels, les cassures historiques, les tabous et les traits de caractères “nationaux” si vous lisez un bon livre d’histoire pas trop subjectif.

4. Écoutez la vraie langue parlée.
Oubliez tout ce que vous avez entendu jusqu’à maintenant, c’est de la frime. Les chanteurs style Charlebois sont incompréhensibles parce que le folklorique, ça vend bien. Notez que le “tabarnak” n’est pas de mise lors des entrevues d’emploi. Les chanteurs de nouvelle génération, quant à eux, sont totalement adaptés au public français (ils ont même adapté leur accent). La réalité se trouve dans les médias visuels. Allez sur le site de Radio-Canada ou de Canoe, et visionnez des clips de nouvelles et d’actualités. Écoutez les reportages sur le terrain, visionnez des émissions de TV comme “À la Di Stasio”. Vos oreilles auront eu le temps de s’habituer aux sonorités québécoises. Et vous saurez comment bien parler (ni trop Corneille, ni trop Charlebois).

5. Lisez des romans québécois.
Les livres québécois percent difficilement en France, pour trois raisons principales:
– le marché français est protectionniste (il est difficile de se faire distribuer en France)
– le marché français est autosuffisant (à voir la quantité phénoménale de livres publiés!)
– le marché français ne s’intéresse pas au Québec (qui est vu comme une ex-colonie sans tradition littéraire)
Or, c’est en lisant le roman québécois actuel qu’on peut s’immiscer dans l’imaginaire québécois, qu’on peut saisir les subtilités de la langue et des mentalités. Qui peut nommer trois auteurs québécois? Qui a lu trois romans québécois? Et là, je ne parle pas des vieux machins navrants et sans grande valeur artistique comme “Maria Chapdelaine”. Laissez tomber les vieux clichés du “romain du terroir” (courant artistique de la première moitié du 20e siècle). Le roman québécois est aussi moderne que le roman français, et il ouvre la porte à l’imaginaire d’ici.

6. Effectuez un lavage de cerveau sélectif.
Un beau matin, alors que vous êtes toujours en France, oubliez le nom de vos marques de commerce préférées. Recommencez à acheter des PRODUITS. Exit le Nestlé, le Danone, le Perrier. Réapprenez à utiliser les mots communs. Café. Chocolat. Yaourt (ou yogourt). Eau minérale. Les Français développent un lien émotionnel très fort envers leurs marques de commerce. Il est difficile d’expliquer la raison de cet attachement. Or, quand on immigre, on perd ces repères. Donc, celui qui les a perdus d’avance aura plus de facilité à s’adapter.

7. Mangez (presque) québécois.
C’est quoi au juste, manger québécois? Vous n’en avez probablement aucune idée. Même des immigrants qui sont au Québec depuis 5 ans n’en ont probablement aucune idée. Ils vivent dans un bastion. Ils ont peur.
Il faut changer cette perception. Comme dans toute chose, on accroche tout d’abord aux clichés et aux symboles les plus forts, mais pas forcément les plus pertinents: sirop d’érable, poutine, poulet grillé Saint-Hubert, la tourtière. Mais ensuite? La cuisine québécoise, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, s’appuie sur tout un ensemble d’aliments, de techniques, d’agencements, de saveurs. Vous voulez les connaître? Achetez des livres de recettes d’ici. Ça doit se trouver. Essayez les mets de tous les jours: spaghetti sauce à la viande, chop suey, pâté chinois, jambon à l’ananas, carrés aux dattes, gâteau Elizabeth, gâteau aux carottes, pouding chômeur, pouding au pain, et quoi encore. Au début ça sera exotique (ou bien, si vous êtes du genre chauvins, ce sera insupportable). Puis, ça deviendra normal, ordinaire (ou si vous êtes chauvins, ce sera tout aussi insupportable).

8. Oubliez vos expressions idiomatiques.
À l’international, rien de mieux que de nettoyer sa langue pour se faire comprendre. Le saviez vous? La plupart de vos raccourcis de langage ne seront pas reconnus, et seront encore moins utilisés, au Québec. Au pire, ils feront rigoler (de vous). Que vous parliez de matos, de nana, de taf, de clopes, de SDF… de grâce, pour faciliter les choses, faites quelques efforts. Déjà que vous aurez un accent à couper au couteau…

9. Vous avez tort.
Eh oui, vous avez tort sur toute la ligne. Votre CV est mésadapté, vous ne savez plus comment faire la lessive, on rit de la photo de votre ancienne voiture, et votre manière de marcher sur les trottoirs glacés fera rigoler les vieilles mémés arthritiques. En plus, vous êtes aveugles. Eh oui, malgré les avertissements répétés, vous n’arrivez pas à trouver la crème de marrons (elle est là devant vous), le fromage (il n’est pas avez le lait), l’eau minérale (avec la bière), etc. Soyez bon joueur: reconnaissez votre nullité infinie, et elle disparaîtra d’elle-même! N’est-ce pas miraculeux?

10. Cultivez le sourire.
Le Québec combine le “sourire des affaires” nord-américain avec un désir insurmontable d’éviter les conflits. Le résultat est que la plupart des gens glissent l’un contre l’autre comme s’ils étaient couverts d’huile d’olive (note: c’est une métaphore, n’essayez pas cela dans la rue à Montréal). Bref, ils s’attendent à ce que vous ne soyez pas:
– mal embouché
– sec
– hautain
– impoli
– gueulard
– revendicateur
– obstineux
Soyez certain que votre attitude courtoise avec la caissière, la serveuse ou l’inconnu dans la rue ne sera pas perçue comme de la soumission, mais comme une “clé magique” pour prévenir ou régler tout conflit. Évidemment, si on vous bouscule sans avertissement, tapez.

11. Apprenez à communiquer avec les Québécois.
Avez-vous constaté les symptomes suivants?
– les québécois sont très susceptibles, ils perdent patience dès que vous ouvrez la bouche
– ils n’acceptent pas de se faire dire que leur culture est nulle
– ils passent leur temps à vous demander des questions sur la France, mais dès que vous parlez de la France de votre propre initiative, ils en ont marre
– les québécois ne se donnent jamais de bisous sur les joues… oups non, ils s’en donnent… entre eux mais pas à moi… ah c’est différent selon les groupes d’amis… eh merde c’est compliqué

12. Évitez les ghettos.
Tant que vous avez plus d’amis Français que Québécois, vous êtes une cause perdue.

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Ecrit par : Zogu 29-05 à 22:13

CITATION
Intéressant, certains points sont essentiels notamment ceux que Fortsympa a souligné, mais d’autres trop forcés.
Venir vivre au Québec, ne veut pas forcément dire parler, manger comme le Québécois.

Je propose d’expérimenter, de connaître la cuisine québécoise, pas de s’y convertir. Ça peut aider à s’adapter, surtout si on ne trouve pas tous les ingrédients de ses recettes françaises ou régionales. Disons que ça diminue le stress.

Au niveau de la langue, je tiens seulement à vous faire remarquer que vos expressions les plus spécifiques ne seront pas comprises ici, en particulier les contractions, les marques de commerce et les raccourcis du langage. Alors que ferez-vous? Allez-vous expliquer patiemment vos expressions à tous les Québécois que vous rencontrez? Ça va devenir lourd. Le mieux est de trouver un mode de communication du niveau “français international” pour les communications impersonnelles. Ce qui ne t’empêche pas de parler tout naturellement (avec tes propres mots) lorsque tu es avec des amis qui te connaissent bien (Québécois ou non).

Qu’y a-t-il de forcé dans la préparation culturelle? Malgré le ton humoristique, je traite d’un sujet sérieux. Il ne s’agit pas de perdre une partie de ton identité, mais de gagner quelque chose de nouveau — une conscience de ta société d’accueil.

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Ecrit par : rimouski29 29-05 à 22:44

Je comprends la nécessité de connaître le lieu ou l’on va. Mais j’ai l’impression que s’adapter au Québec c’est s’adapter a des québécois et à la culture québécoise. Or le québec est une société multiculturelle. Donc
il me semble qu’il manque une partie, la richesse qu’ont apporté les autres communautés venus s’installer au Québec. Les nouveaux immigrants auront la possibilité de s’intégrer autant au québécois qu’aux autres communautés. D’ou le décallage que je ressens.

Puis, il n’y a pas de ghetto au Québec. Je vois ce que tu veux dire, mais je pense pas que cela soit approprié. Le fait d’avoir plus d’amis francais que québécois n’est pas un problème en soi, ca l’ait si ca te pose un problème. De nombreux groupes d’immigrants ont géographiquement vécu en communauté, mais même la on ne parle pas de ghetto. Ces espaces sont vu comme quelque chose de positif à la fois pour ces groupes que pour la société en général, mise à part quelques groupes.

L’intégration dans une nouvelle région, ne se fait pas en emmagasinant tout ce que tu lis, vois. Elle peut préparer en partie, mais l’intégration se fera naturellement. C’est la ou je parle de forcé. Tu vas pas commencer a t’intégrer au Québec alors que tu n’y es pas et que parfois certains n’y sont jamais venu.
Au niveau de la cuisine par exemple, on peut pas dire que les choses soient si différentes entre le France et le Québec. Et quand on cherche on trouve souvent ce que l’on cherche et pour le reste, les gens sont capables d’adapter leurs besoins au marché existant en testant différents produit. Pour preuve j’ai été capable de remplacer ma crème fraîche épaisse par de la sure (que je préfère pour manger nature).

Et je crois que pour apprécier une culture, il faut être intéressé au départ à la culture, ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde. Tu vas quelque part avec tes objectifs qui ne sont pas toujours de s’intégrer pleinement à la société.
Et pour s’intégrer il faut du temps. Ca peut se préparer mais ca finit par se vivre. Et c’est dans le vécu, je crois que l’intégration devient réelle.

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Ecrit par : Zogu 29-05 à 22:48

Je comprends que tu argumentes en faveur de l’apport culturel des immigrants. C’est une bonne chose… mais en même temps, beaucoup d’immigrants sont très désemparés en débarquant au Québec, ont perdu leurs repères, ont de la difficulté à communiquer avec les Québécois. Il faut que chaque personne trouve son équilibre.

CITATION
Et je crois que pour apprécier une culture, il faut être intéressé au départ à la culture, ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde.

Pourquoi immigrer si on n’est pas intéressé à la culture du lieu d’accueil? Je pose la question à tout hasard.

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Ecrit par : Zogu 29-05 à 23:08

CITATION: Au 5 je mettrais ” les 36 cordes sensibles des Québécois de Jacques Bouchard”

Est-ce qu’il y a une édition révisée de cet excellent ouvrage (abondamment utilisé en marketing)? Il me semble que ça date un peu…
Mais toujours d’actualité, jusqu’à preuve du contraire…
Il y a d’autres livres très pertinents à mettre dans une telle liste, mais la plupart ne sont pas politiquement neutres. Donc je m’abstiendrai (car je ne veux pas faire de débat constitutionnel ici)!!!

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Ecrit par : jimmy 29-05 à 23:11

36 cordes sensibles des Québécois :

www.olf.gouv.qc.ca/office/communiqu…

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Ecrit par : Zogu 29-05 à 23:14

CITATIOn: C’est normal de s’imaginer que si on vient ici, c’est que l’on s’intéresse a ici, a la culture… Mais est-ce réellement toujours le cas, je suis pas convaincue. Mais peut être que je me trompe.

J’avoue que c’est un enjeu très pertinent. Le désir d’intégration (ou même de réussite sociale!) ne sera pas aussi fort chez chaque personne. Ça dépend des motivations derrière l’immigration.

Cela dit, ça ne change pas le fait que l’immigration (la vraie, la permanente) est un projet qui demande beaucoup de préparation psychologique. Le livre de Laurence est là pour apporter de l’aide aux immigrants les plus motivés. Et j’ose espérer que les conseils donnés dans ce forum, en particulier ceux qui proviennent d’immigrants installés depuis longtemps et de Québécois de souche, peuvent arriver à en aider plus d’un.

Suis-je un optimiste indécrottable?

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Ecrit par : schumarette 30-05 à 2:39

C’est marrant car moi j’ai fait tout ce que tu as dit, j’ai tout essayé et ça n’a pas marché!

En fait, ce que tu écris, je pense que c’est ce que le Québécois type voudrait que fasse l’immigrant : en gros s’oublier soi-même (ce que j’ai fait pendant longtemps) pour se dissoudre dans l’identité québécoise !

Seulement, tu vois, il faut que le québécois accepte l’immigrant et là, c’est pas gagné du tout, même quand tu es français, car l’anti-français est pas mal omniprésent avec ces clichès tout faits (tu en fais toi-même pas mal dans “tes 12 commandements”.) Mais bon, je ne focalise pas non plus, il n’y a pas que pour les français que ce soit difficile hein ? J’ai connu quelques ethnies différentes au Saguenay et toutes ressentaient la même chose donc… à méditer.

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Ecrit par : Zogu 30-05 à 2:57

Relaxe… je trouve que tu exagère un tout p’tit peu dans ta lecture de mes conseils.
Je suis conscient que tu n’as pas adoré ton expérience au Québec, mais faut pas non plus démoniser les Québécois… et moi. Je n’ai pas encore le crâne cornu.

ps: Le Saguenay est une région difficile d’accès, même pour les Québécois! J’en connais qui ont abandonné après 2 ans à essayer de s’y faire des amis.

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Ecrit par : Nicolas 30-05 à 10:12

C’est bizarre quand je lis Zogu je me souviens que j’ai jamais aimé ça les grands oraux à la fac

En 13ème chose à faire avant de débarquer au Québec je rajouterai : oubliez les 12 premières choses et prenez la vie cool, vous aurez suffisament de stress comme ça en arrivant

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Ecrit par : petiboudange 30-05 à 15:41

Bon ben je suis une ‘stie de maudite française sûrement mais j’ai aimé les 12 commandements.
Désolée, mais je peux vous dire que ces commandements, on peut les mettre dans la version QC–>Fce.
Ti’Namour a vécu la même chose en venant en France. Il a appris (forcément avec une obstineuse comme moi, il pouvait pas faire autrement ) et on se reconnait tout les deux dans les commandements, sans les prendre au pied de la lettre, y a du bon et du vrai dans ça.

Ce n’est pas baissez votre froc qu’il faut comprendre mais plutôt: “alloooooo, tu viens de te réveiller dans un autre monde, tout est différent et le gars bizarre c’est toi, pas les 7 millions (ou 65 millions dans le cas de Ti’Namour) de personnes qui t’entourent!”

C’est bien de le rappeler, ça déporte le regard de son petit nombril vers la société globale et locale qui nous entoure. Et à mon avis, ça peut aussi aider quand on est en plein choc culturel… Puis moi j’aime bien l’écriture qui va avec, alors forcément
En tout cas, je conserve sous le coude… Merci

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Ecrit par : Redflag 30-05 à 16:20

En tout cas, trop drôle ton intervention Zogu, du pur sirop d’érable !

Le point 1 est essentiel. Et pas seulement la carte, mais aussi la répartition de la population, les secteurs économiques présents / absents dans chaque région, car la réalité québécoise est très différente de la française, pour prendre celle-ci comme comparateur.

Pêle-mêle:
J’avoue avoir raté certains points pour mon arrivée au Québec..
Ça m’a pris plusieurs années pour appréhender la poutine (et pourtant j’aime les frites…)
Le saint-Hubert reste pour moi une arnaque ou presque, tellement le rapport qualité-prix est mauvais par rapport à plein d’autres endroits…
Ne pas avoir respecté le point 4 m’a valu 15 jours d’écoute de musique classique à la radio : je n’étais pas capable d’écouter la FM populaire genre CKOI ou Énergie… Bizarrement ça a été plus facile pour la télé. Moi si j’ai pas d’images…
Les romans ? C’est quoi un roman ? Voir plus haut : si pas d’images, ça va mal.
Les marques : y’a du Yop aussi au Québec L’attachement des Français à leurs marques est dû à un matracage publicitaire savamment orchestré, de la nouveauté sans cesse (surtout dans l’agroalimentaire et le cosmétique), un marketing et un packaging séduisants, un message idéologique direct plutôt qu’un message de caractéristiques.

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Ecrit par : Zogu 30-05 à 20:05

Après avoir côtoyé des tas d’immigrants et de PVTistes (depuis 1996 et mes années universitaires, quand même!!!) je crois que je peux parler du sujet et exposer les stratégies de ceux qui, parmi les immigrants que j’ai connus, ont eu le plus de succès. C’est sûr que chaque personne est différente… mais je ne ferai jamais l’apologie de la surprise et de l’improvisation. J’ai connu trop de gens qui ont perdu un temps précieux à chercher des produits ou des types de magasins, sans trouver. La répartition des objets vendus entre les commerces, par exemple, est un trait culturel. Que vend-on dans une pharmacie, dans une quincaillerie, dans une épicerie, dans une tabagie?

Un collègue immigrant, qui vient d’un pays de l’océan Indien, est débarqué à Montréal en mars sans s’être renseigné sur le climat, sur la langue, sur les traditions, sur les gens. S’il avait été seul, ça n’aurait été que cocasse… sauf qu’il arrivait avec un enfant en bas âge et que ça aurait pu avoir des conséquences graves.

Aussi, je peux sortir des exemples très spécifiques. L’idée de la carte sur le mur me vient d’un coloc Marocain qui attendait sa copine qui était en Espagne à Valladolid. Il avait accroché au mur une carte de l’Espagne, près du téléphone, et donc à chaque fois qu’il l’appelait il avait la carte devant lui. Son initiative a eu des effets secondaires insoupçonnés: à chaque fois que je prenais le téléphone, je regardais la carte et éventuellement j’ai tout mémorisé: les villes principales, les routes, la géographie. Ouf, ça fonctionne le subliminal

Bref, ces 12 petits points humoristiques se basent sur les gens que j’ai côtoyés au cours de la dernière décennie, autant sur ceux qui ont eu beaucoup de succès que sur ceux qui ont passé des moments difficiles.

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Ecrit par : Petit-Prince 30-05 à 20:07

C’est marrant, on dirait que certains lisent ce qu’ils veulent dans le texte de Zogu… c’est marrant, parce qu’à aucun moment il ne parle, ni même il ne sous-entend que les immigrants doivent mettre de côté leur identité. Pourtant, c’est clairement écrit et bien écrit en plus.

Peut-être faudrait-il relire parfois, avec l’esprit reposé, ce qui est écrit dans certains messages comme celui-là ?

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Ecrit par : Nicolas 30-05 à 20:16

C’est tout l’art de l’analyse littéraire, chacun comprend bien ce qu’il veut

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Ecrit par : Zogu 30-05 à 20:55

En fait, ce n’est pas vraiment contre les romans du terroir que j’en ai, mais plutôt contre le manque de curiosité. Il est facile d’avoir entendu parler de “Maria Chapdelaine” ou des “Anciens canadiens”, de les avoir lus même (comme on lit Balzac ou Zola)… mais il y a une telle richesse dans toute culture, pourquoi se limiter aux figures emblématiques? Du roman Français, j’ai lu Mauriac et Maupassant (que j’ai tous deux adorés), mais ça ne m’a pas empêché de me diriger ensuite vers Beigbeder et Schmitt. Or, il n’est pas facile pour les futurs immigrants Français de trouver des romans Québécois, et peut-être que la motivation n’y est pas. Je trouve cela dommage, car on trouve dans un roman toute l’imagination (et parfois la truculence, les obsessions, les traumatismes) d’un peuple.

A propos de mes suggestions (qu’il ne faut pas prendre trop au sérieux, dois-je le répéter), je n’aimerais pas que certaines personnes y voient une forme d’intégrisme. Loin de moi l’idée de vouloir imposer un moule aux immigrants, ou de les forcer à se dissoudre dans la culture ambiante. Je l’ai dit plus haut, mais en d’autres mots: apprendre une nouvelle culture, ce n’est pas perdre son identité.

Je ne propose donc pas une conversion, une assimilation ou un “travestissement” de votre identité. Je ne vous propose pas de jouer un rôle (ou si peu), et pas non plus de faire semblant. Plutôt, et sur un mode très superficiel, je propose l’utilisation de quelques outils qui vont “mettre de l’huile dans l’engrenage, et non pas sur le feu”, pour faire une comparaison rigolote. Mon petit texte n’avait aucune autre prétention (à part peut-être me moquer un peu de certaines attitudes ou comportements).

Si vous parliez Mandarin ou Hongrois, je vous dirais “apprenez le Français, ça va vous aider”. Y aurait-il dans cette suggestion quelque chose d’intégriste? Non. Un Hongrois peut très bien apprendre le Français pour communiquer avec les gens autour de lui, et continuer à penser en Hongrois. Parler Hongrois avec les gens qui le comprennent. Baiser en Hongrois avec sa maîtresse. Engueuler son chat en Hongrois. Roter en Hongrois.

Mais pourquoi suis-je obligé de me justifier? Il est facile de lire ce texte et de n’y voir aucune mauvaise intention, tout juste un peu d’humour grinçant. Je dis “vous êtes nul”, mais deux lignes plus loin j’annonce que cette “infinie nullité” disparaîtra instantanément. C’est une manière humoristique, un peu hyperbolique, de traiter du DÉCALAGE que vit l’immigrant. Voilà.

Le Québec est un papillon. Il appartient à tous ceux qui savent le saisir au vol.

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Ecrit par : Petit-Prince 30-05 à 21:32

Ne t’inquiètes pas Zogu, au vu des réactions à ton message, la grande majorité des lecteurs ont très bien compris le sens de ton intervention.

Comme tu dis, apprendre d’une autre culture n’a jamais voulu dire renier la sienne… c’est ce que pensent, malheureusement, encore beaucoup de Français qui sont longtemps restés repliés sur eux-mêmes. Tout comme les Québécois également, avant la révolution tranquille, mais pour de toutes autres raisons.

De toutes façons, faut arrêter de ressortir l’argument creux de l’immigrant qui souhaite passer pour plus Québécois que les Québécois. Il n’y a personne de véritablement censé qui peut penser ça. Quoique l’on fasse et quoique l’on pense, notre passé et nos racines sont toujours bien présentes… et il n’y a pas à en avoir honte (je parle bien ici de nos origines, pas de nos congénères).

Mais l’on choisi (en tout cas pour l’immense majorité des immigrants et la quasi-totalité des membres du forum) de vivre au Québec ou au Canada. L’on choisi de venir vivre au milieu de ce peuple… et vivre ici, c’est bien vivre au Québec, pas “comme si” l’on était encore en France. C’est tout à fait ridicule !… Mais encore là, je ne parle pas d’origine, je parle de manière de vivre.

Est-ce que cela doit nous empêcher de manger des rillettes, de lire Proust (tu comprendra que je le préfère nettement à Zola) et de déguster un bon vin de Bordeaux… Beaucoup de Québécois font de même et ils ne sont pas moins des Québécois.

Par contre, cela doit rester comme un album de souvenirs : c’est bon de l’ouvrir de temps en temps, c’est une autre histoire que de le consulter tous les jours… ça frôle le déséquilibre mental.

Dès que j’ouvre la bouche je montre mes origines et ça sera toujours le cas… Pis ? Je risquerais de passer pour un Français ? … La bonne affaire, il se trouve que j’en suis un !!! … Par contre, comme tu le dis très bien, l’intelligence nous commande de nous adapter. On adapte le vocabulaire, le rythme du langage, etc. À quoi cela sert de continuer à employer des termes qui ne sont connus que de vous ? Ça vous aide à vous sentir plus Français ? Si c’est le cas, il y a un problème !

Pour les vêtements aussi vous faîtes pareil ? L’hiver, vous avez encore votre petit manteau que vous portez à Rennes, Poitiers ou Paris ? … Non… Car vous vous êtes adapté. Pourquoi le faire pour les vêtements, mais pas pour le reste ? C’est moins flagrant ? Moins “utile” ?

Pourtant, le fait de porter un Kanuk ne fera pas de vous un Québécois… vous le savez et nous le savons tous ici.

Imaginez, a contrario, un Québécois qui s’installe en France, qui n’adapte pas son langage et qui s’obstine à manger comme il le ferait à Montréal. Vous imaginez ce qu’il se passera ? … À chaque fois, qu’au travail, il dira un mot purement québécois, il y aura des éclats de rires au pire, une incompréhension au mieux. C’est normal que cela arrive au début, mais à force, il est nécessaire de s’adapter.

Si vous partez vivre à New-York, je doute que vous vous obstiniez à continuer à parler français… C’est logique ! Alors, pourquoi ne pas faire ce même effort ici ? … On le dit souvent, la langue commune est un faux-ami pour les Français. On en a encore la preuve flagrante.

Et à New-York, le fait de parler anglais, d’acheter de la bouffe locale, ça ferait de vous un Étatsunien ? Ayez un peu de logique bon sang !

S’adapter n’a jamais voulu dire se renier… il s’agit d’une ouverture d’esprit sur la société qui nous entoure, c’est donc tout simplement un signe d’intelligence. Si vous ne comprenez pas ça, c’est bien dommage !

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