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De locataire à propriétaire : l’heure du choix

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Mai 2009, à l’aube de la trentaine, mes 28 ans cognent aux portes de mon âme. Ce groupuscule d’années me regardent droit dans les yeux et me sermonnent ainsi : “tu n’as pas blonde, pas d’enfants, pas de maison, va falloir que tu te décides à faire de quoi !?
Après mûr réflexion, j’opte pour le plus tangible : j’achète une maison !

Il est très facile d’allumer une ampoule dans un recoin de sa tête, mais encore faut-il ne pas la laisser s’éteindre et à un moment donné franchir l’étape du rêve pour cheminer vers celle de la matérialisation de l’idée. Ce pas là n’est pas toujours facile à réaliser. Pour ma part, ce bond dans la réalité naquit d’une jasette au sujet de l’achat d’une maison avec des collègues de travail.
Quelques jours plus tard, une annonce immobilière atterrie sur mon bureau. Un appel téléphonique, une sélection de deux collègues pour la visite (dont une fille afin de favoriser l’esprit critique, euh non l’analyse objective) et nous voilà devant une petite maison à étage en brique jaune juchées sur les hauteurs d’Alma, encastrée entre un petit bloc-appartement 4 logements et une autre maison. Tout de plancher de bois franc vêtu. Elle était bien séduisante, mais le petit jardin orienté plein nord et l’esprit critique de Véronique, ajouté au prix légèrement élevé mis fin à ce choix immobilier. Ce n’était que le début d’une série de visites.
C’est ainsi que je me lance donc éperdument dans la recherche d’une résidence à Alma. Chose à préciser : mes connaissances en la matière, étaient proche du néant… je savais au moins qu’il existe la taxe de Bienvenue, j’en parlerais plus tard.
Vous le verrez, l’acquisition d’un bien immobilier se concrétise après une succession d’étapes, dont certaines peuvent être menées de front.

Deux jours plus tard, la seconde maison fut rapidement écartée du lot : proche de la route, une piscine à l’étanchéité douteuse, un jardin ayant un peu trop de voisins comme spectateurs, du tapis (moquette) au goût des années 70 du pas de la porte jusqu’à l’étage et un sous-sol dont l’humidité n’est plus à démontrer.
Ces deux visites infructueuses m’ont permis d’exercer mon œil. Acheter une maison ne se décide pas comme magasiner une paire de jeans. Les critères de sélection sont davantage étoffés.
Par conséquent, il est bon de définir au préalable ses attentes par ordre de préférence. Pour ma part, la liste était la suivante :
– possibilité d’y aménager une cave à vin,
– être éloigné d’une route trop passante,
– être proche du centre-ville et de ma job, afin de continuer à me rendre au bureau à vélo et sortir en ville sans être obliger d’utiliser mon auto,
– posséder un terrain ensoleillé abritant un futur potager,
– des planchers de bois,
– une maison à étages.

Au vu de la situation, comme de nombreux futurs propriétaires, je fais appel à un expert, dont la renommée me parvient jusqu’aux oreilles. Il s’agit du paternel d’un de mes collègues de travail : genre de petit monsieur, la cinquantaine dépassée, le corps maigrichon épousant une échine courbée, cigarette au bec, qui tout au long de sa vie en a vue des vertes et des pas mûres, dont la générosité déborde de tous les côtés. Sa profession : agent immobilier.
Au début, je ne savais pas trop dans quoi je m’engageai. Faisais-je preuve d’imprudence ? Est-ce que cette fois ma témérité m’entrainait dans l’erreur ? Peut-être que je veux aller trop vite, alors que je n’ai pas les reins assez solides.

Après une courte conversation téléphonique avec mon agent immobilier (Monsieur Tremblay) nous nous sommes rencontrés dans un resto-bar doué d’une allure aux antipodes du qualificatif de cossu pour discuter des différentes opportunités immobilières. Devant moi, il sort d’une grande enveloppe jaune une quinzaine de fiches descriptives, les déposent sur la petite table ronde. Au premier abord, c’est un peu comme miser à la loterie, il me demande de les consulter une à une et de sélectionner celles qui m’inspiraient le plus. Or, les descriptions me semblent plutôt vagues, ce sont surtout les photos et les prix annoncés qui m’interpellent. Tout en m’empoignant la main, M. Tremblay m’invite à se rencontrer d’ici quelques jours.
Le soir venu, les fiches descriptives défilent sous mes yeux attentifs de manière de plus en plus familière. Je finis par me concentrer sur la taille du terrain, le type de plancher, le nombre de pièces. Seuls l’évaluation municipale du prix des maisons, le montant des taxes (municipale et scolaire), les coûts énergétiques m’apparaissent encore dénués de sens. Toutefois, je sélectionne 7 offres d’achat.
Une semaine après, les visites s’enlignent les unes derrières les autres, souvent peu ragoutante au vu de mes capacités budgétaires…. Eh oui étant donné ma situation : célibataire, au début de l’échelle salariale, à contrat, je devais me résigner à acquérir un bien immobilier inférieur à 125 000 $. Pour vous situer, à Alma :
– à moins de 80 000 $, vous avez une bicoque qui vous réserve des travaux de rénovation durant vos cinq prochaines années et des patates à tous les repas si vous ne possèdez pas beaucoup d’oseille,
– entre 80 000 $ et 140 000 $, ma fourchette de prospection, vous pouvez avoir de tout, des maisons dont le prix est sous-évalué ou surévalué par le propriétaire, en ce qui concerne la qualité, vous en avez pour tout les goûts, dans cette tranche là, il faudra faire des choix entre les pour et les contre, car vous ne pourrez pas avoir le beurre et l’argent du beurre et le sourire de crémière !
– entre 140 000 $ et 200 000 $, là vous commencez à être plus en affaire, le terrain pourrait être plus grand, la maison moins vieille….
– plus de 200 000 $, suivant la taille de la maison, vous avez du prêt-à-porter…

Bien entendu, ces chiffres là sont le fruit de mon humble avis, je ne suis pas agent immobilier. De plus, la situation économique a évolué depuis 2009, sans oublier que le prix des maisons est très différent d’un quartier à un autre, d’une ville à l’autre et d’une région à une autre. Mettons dans ma région, suivant la grosseur de la ville et de son éloignement vis-à-vis des centres névralgiques le prix peut varier de 50 000 $ entre la moins et la plus cotée. Et si vous comparez à la ville de Québec, c’est encore un autre monde…. dans lequel je n’aurais osé rêver à l’acquisition d’une maison.
Après cette petite digression, retour dans mon aventure immobilière, vous vous souvenez les visites défilent les unes après les autres.

Soudain, l’auto s’immobilise, le long d’une rue d’un quartier tranquille. Je débarque sur le trottoir usé par les années, de la rue Carcajou. Devant mes yeux, déjà amoureux, se dresse une vénérable maison parée de briques jaunes vieilles de 51 ans. Mais non, j’exagère, je n’étais pas encore amoureux, mais je n’étais pas indifférent. Reprenons.
Un seul bémol. À côté, un imposant garage jumelé à une cours asphaltée assiste à la scène. Ces derniers ont amputés l’espace alloué au gazon plutôt rebelle, dont seule une majestueuse épinette bleue du Colorado domine avec dédain. Son fidèle voisin, le cèdre (thuya) écarté des autres est quand à lui accoudé sur un coin de la maison.

Après une brève tournée extérieure, puisqu’il n’existe pas vraiment d’arrière à la maison car celle-ci occupe un coin de rue dans cette impasse surplombant la rivière.
La porte s’ouvre, nous pénétrons à l’intérieur, nos pieds foulent un plancher de bois franc jaunâtre (sûrement de l’érable) j’imagine encore l’écho des pas….
Une immense fenêtre offre l’occasion aux rayons du soleil d’illuminer la pièce et de réchauffer l’ambiance des journées hivernales.
Mes yeux se baladent le long de chaque recoin, cherchant les anomalies possibles, tandis que mon cerveau sait déjà qu’il est à veille de prendre une des plus grandes décisions de vie.

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