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7 mois à Sherbrooke

De Fredericfaure

“Allo”
Ce doit être à moi que la caissière parle, je me retourne, aucun doute, il n’y a personne d’autre…
“Allo” répondis-je, sans être sur du ton à donner…

Je suis au Québec et plus précisément à 150 kms au sud de Montréal dans une ville ou les moustiques se font rares l’été, où il y a de belles pistes pour le ski, des lacs magnifiques et nos voisins américains à quelques 40 kms. Cette ville, partagée par 2 rivières, d’un côté la rivière st françois et d’un autre la rivière Magog, s’appelle Sherbrooke. La région de l’Estrie ou se situe mon nouveau domicile de janvier 2007 à juillet 2007 est une région semblable à l’auvergne par ses paysages mais je vous rassure on est bien au Québec, la gentillesse des gens au quotidien est là pour en témoigner. Vous allez découvrir mon expérience dans la belle province qui n’est qu’un début.
J’arrive le mercredi 11 janvier 2007, ce jour coïncide avec le 1er jour de neige que les québécois attendent vainement après un noël sans. Accueillit très chaleureusement par une personne de l’OFQJ, je prends plaisir à écouter cet accent du bon côté de l’océan, cette fois-ci………….je vais mettre 2 bons mois avant de ne plus l’entendre………….mais que ça sonne bien dans mes oreilles!

Le lendemain, il me faut rejoindre ma future destination où l’aventure québécoise m’attend……….Sherbrooke…………je prends comme mode de transport « Allo stop » que j’utiliserais très souvent par la suite soit comme chauffeur ou passager…………..marie-Lyne (ma colloc) m’attend au carrefour de Sherbrooke et m’emmène dans mon domicile québécois, un 5 et demi spacieux et confortable……

Le lundi 15 vers 11h, Nicolas, le responsable des ressources humaines de ma société frappe à ma porte et me conduit à mon futur travail à quelques 25 kms de mon domicile……………..après avoir été présenté aux personnes présentes dans les bureaux, je me suis vu investi d’un portable, d’un téléphone et d’un bureau dans un coin avec beaucoup de passage……..je suis si heureux d’être là qu’ils auraient pu me mettre un bureau dans l’usine que ça ne m’aurait pas dérangé.

Je me suis senti rapidement à l’aise, non pas que mes collègues se battent pour me parler mais je sens qu’ils sont prêts à discuter si j’en ai envie, en somme c’est à moi de donner le tempo…………..je profite de cette période d’acclimatation pour me plonger dans mon travail qui s’avérera passionnant tant au point de vue relationnel que son résultat final.
Laissez-moi dont vous dire le pourquoi de ma venue ici. Cela fait de nombreuses années que je songe à venir au pays du caribou. En juin 2006, j’obtiens un diplôme de niveau maîtrise en management des affaires à l’international. Ma société cherche une personne pour travailler sur le projet d’implantation d’une filiale en Europe et s’en occuper en totale autonomie. Après un rendez-vous téléphonique plus une rencontre sur paris, nous nous mettons d’accord sur une future collaboration. J’aime quand les choses se passent comme ça.

Après une semaine d’installation et de concentration pour bien comprendre ce que l’on me dit ça et là, j’ai ma première rencontre avec mon boss……….je ne dirais pas que c’est un excellent souvenir car on s’est plutôt gentiment chamaillé, mais on a pu exprimer nos attentes et nos besoins et finalement, ce 1er rendez-vous nous a permis de nous connaître mieux.

Résultat de la petite réunion, on précise la manière de conduire le projet et conclut que je travaille 2 jours par semaine de chez moi, super, ça va me faire faire des économies, la Honda 7 places prêtée par l’entreprise consomme un maximum. On me fait confiance quand au fait de travailler de chez moi. La méfiance n’est pas de mise, 1er constat.

Je ne vous ai pas dit! la voiture me fut mise entre les mains le lundi 15, soit le jour de mon arrivée à l’entreprise, à 16h30, heure ou je sortis du bureau, je découvres mon véhicule ainsi que la neige qui est tombée toute la journée………vouah……….Fred don’t panic, tu n’as pas de carte, tu ne vois ni les panneaux, ni les lignes, tu ne sais dans quelle direction partir……….c’est pas grave, t’es au Québec, c’est ce que tu voulais, alors profites…………..ok, j’ouvre la portière, super……..

« Mais pourquoi elle ne veut pas démarrer »,
« La clutch »
« Quoi? »
« La clutch, l’embrayage comme vous dites, les français, appuies dessus » et hop, la voiture démarre

Le projet
Installer une filiale en Europe en étudiant comparativement 5 pays, France, Belgique, Suisse, Espagne et l’Allemagne en comparaison avec le Québec.
Les jours passent et, petit à petit mon projet prend forme, mes contacts dans les différents pays avec l’appui des services du commerce extérieur du Québec m’apportent beaucoup d’information. J’apprécie la confiance grandissante de mon entreprise à mon égard et l’autonomie dont je jouis quand à l’organisation de mon travail. J’ai un rôle de consultant/salarié avec un seul objectif, que mon travail soit utile à l’entreprise et corresponde bien aux attentes, ce que je valide régulièrement par des réunions. Après le stress des premiers jours, je définis une manière de fonctionner assez efficace. Régulièrement je fais part de mes avancées à mon boss et, petit à petit fait connaissance de mes collègues que j’apprécie de jour en jour.

La difficulté dans un projet tel que celui-ci réside dans la capacité à passer de notions fiscales, politiques, droit du travail…. en faire une synthèse riche d’enseignements afin de permettre au final, à Baultar de prendre une décision. J’aime là où je n’ai pas de repères, je prends beaucoup de plaisir, avancer dans le flou me convient parfaitement.

Ma société
Une pme, de 20 ans d’existence dirigée par un ingénieur visionnaire, spécialisée en ingénierie mécanique qui fournit à l’industrie ferroviaire des planchers chauffants en matière composite. Ces nouveaux matériaux prennent la place aux traditionnels revêtements tels le caoutchouc et autre bois………Cette entreprise de 60 salariés a axé son travail sur le développement technologique de ce produit et compte désormais améliorer sa capacité de production et vendre plus dans les années à venir.

Ma vie sociale hors travail
Partit me balader au mont Bellevue, qui se situe à quelques pâtés de maisons de mon domicile en ce 14 janvier ensoleillé, je rencontre 2 jeunes femmes faisant de même, « salut » ….. « Salut » « tu arrives au Québec, il doit te manquer quelques affaires chaudes pour l’hiver » « heu……..oui » « voici mon numéro, appelle moi, j’ai ce qu’il te faut chez moi » ce furent mes 2 premières connaissances qui en appelèrent rapidement d’autres. On me prête un superbe manteau pour passer les froids de janvier, mars et avril………….je m’inscris au centre sportif de l’université de Sherbrooke dés les premiers jours afin de pouvoir exercer mon sport préféré « la course à pied »
Ce qui me plait dans mes premiers pas est le sentiment, que, de jour en jour , les choses se mettent en place tranquillement avec cette facilité d’entrer en contact avec les gens qui me va si bien……….pour tout vous dire, c’est l’une de mes motivation de mon choix québécois et je ne serais pas déçu. Personne aimant les contacts se trouvant dans un endroit où ce plaisir est partagé, c’est un peu comme le passionné de vin dans une dégustation au milieu d’une cave en bourgogne.

Dès les beaux jours alors que je courrais le long de la rivière Magog, j’entends
« Allo »
« Allo »
« Tu coures souvent? »
« Oui »
« Viens donc avec nous »
C’est comme ça que je fais la connaissance d’un club improvisé depuis 3 ans au bord de la riviére ou je suis allé m’entrainer 2 fois par semaine dans une ambiance sportive mais très conviviale.
L’hiver se passe tranquillement, la neige met une douce atmosphère sur la ville, je connus LA tempête du 14 février, je crois que cette date restera dans ma mémoire jusqu’à ce que je perde la mémoire ou trépasse. Comme je vous le disais, je travaille 2 jours par semaine chez moi, et ce jeudi là, j’y étais………………chez moi. Vers 17 h, une amie me téléphone
« T’as vu la neige »
« Non »,

Je mets le nez à la fenêtre et voit ou plutôt ne voit plus ma voiture, plus de 60 cms sont tombés cette journée là. Ce fut le défilé de pelles pour déblayer les parkings et autres devantures de portes. J’aide mes voisins à sortir leur machine qui ne voulait point décoller de son emplacement.
Les semaines, mois passent, ma vie québécoise me plait davantage. Mon travail a pris un rythme de croisière, ma vie en dehors est riche de rencontres, de sport et sorties culturelles. Si vous venez à Sherbrooke, vous y découvrirez une mine d’or, point de vue culturel, j’ai la chance d’avoir fait la connaissance de chums dans la partie, ils me font découvrir les innombrables concerts très abordables, les nombreuses expositions des artistes locaux et représentations du théâtre local ainsi que d’autres places familières qui reçoit des artistes de tous milieux.
Au début, j’étais un peu mélangé quand à l’attitude à avoir car certains paramètres faisaient que je pouvais me tromper comme celui de n’être pas sur d’avoir bien compris ce que l’on me dit. Une fois ceci réglé, j’ai vite compris qu’être soi-même à 100% est très payant.

Le 1er juillet, au hasard d’une ballade au parc Jacques cartier, je rencontre jean Charest 1er ministre du Québec qui était là pour la célébration de la fête du canada, même si ça reste anecdotique, j’ai profité de cette rencontre pour jaser 2 mns avec lui.
Je déménage dans une maison en avril, et seul cette fois ci. Je peux apprécier mon premier domicile en solo, mais je retiens l’importance d’arriver en collocation avec une personne du pays, ça a grandement aidé ma compréhension des petites choses du quotidien et surtout de n’être pas seul au départ.

Finalement le choix du futur pays d’implantation est la Suisse, au moment ou je vous écris « mercredi 8 août » je suis de retour en France et continue de travailler sur la finalité du projet. La prochaine étape, en septembre, consiste à organiser une semaine de travail en Suisse.

Ces 6 mois confirment ce que je pensais du Québec, je ne pense qu’à une chose désormais, repartir au plus vite et travailler dans un milieu qui me va si bien, celui de l’international et plus généralement celui des relations humaines quelques qu’elles soient. J’ai une possibilité de continuer l’aventure avec mon entreprise mais je cherche quand même à côté toujours dans des métiers de relations et de communication si possible dans un contexte international.

Je ne conseille à personne de venir au Québec mais à tous de faire vivre vos rêves.

Je suis venu pour la qualité de dialogue et d’écoute des québécois et j’ai trouvé exactement ces aspects que ce soit au travail ou dans la vie sociale hors travail. J’apprécie cette facilité de contact, la modestie, l’ouverture, le sens pratique et créatif des québécois. Bien sur le vin est un tantinet cher ainsi que le fromage, mais que c’est bon de cuisiner à plusieurs tout en buvant un petit verre.

Au travail, les formalités ne sont pas de mise, tant mieux je ne suis pas un adepte, donc place au dialogue, « tiens, tiens, on m’écoute, ça me donne envie d’en faire plus………… »

Synthèse personnelle
Qu’est ce que je retiens de cette expérience?
Les rapports professionnels sont très différents des nôtres, il y a peu ou pas de hiérarchie sociale dans l’entreprise, celle-ci se distingue par compétence ou responsabilité, les gens se côtoient très facilement. Vous ne vous ferez généralement pas d’amis au travail, par contre les relations sont conviviales et restent professionnelles, chacun connaît son rôle. J’ai beaucoup aimé les réunions ainsi que le travail d’équipe dont le mot prend tout son sens. Il n’y a pas de contrat de travail, ce qui fluidifie le marché du travail et permet aux personnes comme à l’entreprise de s’essayer mutuellement pour des postes qui, s’ils étaient enfermés dans des contrats de travail contraignant ne reviendraient qu’à ceux diplômés et expérimentés. On regarde d’abord la capacité de la personne et ses motivations. On travaille plus, en nombre d’heures mais avec un stress nettement inférieur. Les relations en entreprises sont professionnelles et non politiques. On vous permet d’être créatif et on est à l’écoute des idées des autres.
Les rapports sociaux sont bien entendus différents mais l’on trouve des similitudes. Le Québec est une société matriarcale, donc vous l’aurez compris, les femmes sont souvent sur le devant de la scène. Elles affirment facilement leur opinion et c’est tant mieux. Il est très facile de faire des connaissances bien que ça varie d’un individu à l’autre, ça a été le cas pour moi…………..vous me direz.
« Oui mais elles sont superficielles »
Et je réponds
« Oui comme toute relation, c’est à toi de les entretenir».

Les québécois n’ont pas cette crainte que nous avons en Europe de l’autre. Il n’y a pas d’appréhension à aborder quelqu’un, ni ces distances homme/femme. Lors d’une party chez des amis, chacun amène sa bouffe et ses boissons et même ses amis, un excellent endroit pour faire de nombreuses connaissances. Il n’est pas rare aussi que vous cuisiniez chez eux et avec eux………cet exemple est très représentatif quand à leur habitude de faire les choses en groupe. C’est une société basée sur l’individualisme mais qui fonctionne très bien collectivement.

Le niveau de vie
Je dirais qu’il est supérieur pour deux raisons, on peut avoir un logement plus spacieux et surtout abordable ex : maison avec piscine et petit bois achetée à Sherbrooke en 2005 pour 120 000 dollars.
Les taxes sur les salaires (impôts sur le revenu) sont plus importantes mais elles constituent l’essentiel des impôts payés. A contrario, l’impôt sur la consommation est de 13.7% avec des taux zéros pour les aliments dit de première nécessité comme les légumes, farine etc.
Le coût d’une voiture est inférieur par contre il faut prévoir des accessoires pour l’hiver ce qui élève son coût d’entretien…………….globalement on s’en sort nettement mieux. Si vous avez des enfants, il existe un système de garderie à 7 dollars la journée pour ceux qui ont la chance d’avoir une place sinon c’est 20 dollars par jour.
Les frais d’universités sont assez élevés mais vous y trouverez un excellent package, logement cours et sport.

La politique
Il y a depuis cette année 3 partis principaux qui divisent l’opinion québécoise. Le premier ministre est élu en 1 tour avec l’élection simultanée des députés. Au dernier scrutin de mars 2007, les thèmes principaux étaient le financement des universités, les impôts sur le revenu, le manque de médecins et l’attente très longue pour être reçu.
L’heureux élu est en place pour 4 ans, il décide seul de la date des nouvelles élections, qui une fois annoncée ne laisse qu’un mois aux autres partis pour se faire connaître. Délai séparant des élections. Aujourd’hui, le ministre en place n’a pas le pouvoir absolu et doit composer avec deux autres partis. La loi dit que si ceux-ci n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une question importantes, des élections doivent être déclenchées.

Le service
On parle souvent de l’accueil québécois, ce n’est pas une légende, j’ai particulièrement apprécié la qualité de service que l’on a, soit dans les commerces ou dans les administrations. Vous avez un problème avec un produit acheté, on vous remerciera de prévenir le magasin. Il vous manque quelques centimes pour payer votre du, on le fera à votre place, à contrario vous laisserez vous aussi quelques centimes le jour suivant.

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