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Tranche de vie au Canada…

De Sarbacane

Beaucoup de témoignages ont déjà été apportés. J’apporte ma pierre à l’édifice. Il est toujours difficile de ne pas montrer d’aprioris après avoir vécu de bonnes et de mauvaises choses. Je tâcherai donc d’être factuel en relatant des faits vécus. Je tâcherai d’être bref également… J’évite le chapitre des raisons personnelles pour lesquelles mon ami et moi avons décidé d’immigrer. Finalement, ça ne change rien au vécu.

Nous sommes arrivés à Montréal le 8 juillet 2011 ouvert d’esprit et optimiste. Après avoir assisté au séminaire «intégration» du gouvernement, nous nous lançons dans notre installation. Nous avions hésité à savoir aller en région ou rester à Montréal. Afin de faire le meilleur choix, nous avons assisté aux sessions d’information sur les régions. Le bilan fut mitigé. Peu d’offre emploi et parfois présentation maladroite de certaines régions comme la capitale par exemple. Après avoir murement réfléchi et après avoir consulté un maximum de personnes, nous avons décidé de rester à Montréal avec le risque d’un taux de chômage élevé et doublé pour les immigrants. Beaucoup de témoignages corroboraient la complexité de «s’installer» en région. Je décide de prendre quelques cours d’Anglais au YMCA durant la fin d’année 2011. Mon ami commence à chercher du travail. C’est alors que nous nous rendons compte de la complexité de la chose au Québec. Bien que le gouvernement Québécois cherche à attirer des travailleurs qualifiés, diplômés et sachant parler Français, nous nous rendons très vite compte que la réalité du terrain est différente. Les employeurs Québécois n’ont que faire de l’expérience acquise à l’étranger, encore moins des diplômes acquis également à l’étranger et la langue Française ne semble pas être un atout. Que de déboires rencontrés durant cette période. Mon ami finit par décrocher un poste de prof de Français au YMCA. C’était un contrat tellement précaire avec aucune assurance d’avoir un minimum d’heures de cours qu’il ne nous permettait même pas de survivre. Notre épargne a fondu comme neige au soleil. Quant à moi, avec un diplôme d’école de commerce, 15 ans à la banque et beaucoup de postes dont le dernier comme directeur d’agence, je ne pus même pas décrocher un emploi de caissier. On m’a même dit de minorer mon CV pour ne pas effrayer un éventuel recruteur ayant peur que je puisse prendre sa place. Le temps passe et nous nous enfonçons dans le marasme.

N’étant pas du genre à subir, il est venu le temps de prendre une décision. Deux options s’offraient à nous : Rentrer en Europe ou aller dans le ROC (Rest of Canada). Nous aurions eu des regrets de ne pas tenter notre chance ailleurs qu’au Québec avant de rentrer éventuellement en Europe. Après avoir discuté longuement avec mon ami, je décide de partir seul à Calgary. Chat échaudé craint l’eau froide on se disait. Mon Anglais étant intermédiaire, la remarque était la suivante : si je ne trouve pas de travail en 3 mois, je n’insiste pas. Mon ami est polyglotte et son Anglais est courant. Ma première journée à Calgary était le 17 mai 2012. Quelle différence! Le jour et la nuit. Calgary est une ville propre avec des infrastructures routières très correctes comparé avec Montréal. La proximité des montagnes rend l’air bien agréable à respirer. Certes, Calgary est une ville calme comparé avec Montréal. Ce n’était pas un point important pour nous. Je me mets à chercher du travail immédiatement et en 1mois et demi, je décroche un poste de directeur général d’une organisation avec un salaire décent comparé à ceux proposés à Montréal. Autant dire que cette fonction était impensable au Québec. J’organise notre nouvelle vie ici. Je dépose des CV pour mon ami et il s’occupe du déménagement.

A peine arrivé mi-aout 2012 à Calgary, il décroche un poste de professeur chez Berlitz avec des horaires permettant de vivre ce coup-ci. Grâce au réseau que je commence à construire, quelques semaines plus tard, il décroche un travail dans le pétrole enfin à son niveau de compétence et bien payé. Nos premiers pas d’immigrants s’établissent enfin de manière superbe. Bilan et réflexion : à quoi bon faire venir des gens instruits et qualifiés si les employeurs québécois ne souhaitent pas les employer? C’est le plus grand paradoxe que nous ayant vu. Fort heureusement, nous avons rencontré quelques personnes sympathiques à Montréal ce qui permet de ne pas être catégorique mais quelle désagréable surprise de voir que les gens vous regardent de manière méchante quand vous dites «bonjour» à vos voisins ou quand vous avez votre propriétaire au rez-de chaussée qui entre-ouvre juste sa porte quand vous voulez lui donner le chèque du loyer. A Calgary, il est facile d’avoir un joli sourire ou même un «Hi!». Il faut garder la tête froide et dire qu’il faut de débrouiller en Anglais pour espérer faire quelque chose en Alberta. J’ai entendu également d’histoires difficiles d’immigrants à Calgary. Pour nous, nous avons su saisir notre chance car la vie, c’est souvent être au bon endroit, au bon moment avec les bonnes personnes. Un francophone à Montréal est noyé dans la masse alors que dans le ROC, ce peut être un plus. Je ne conseillerai à personne de venir à Montréal si vous avez fait de bonnes écoles ou si vous faites partie d’un ordre quelconque sauf à être armé d’une patience hors du commun et beaucoup d’argent pour survire. Par contre, si vous êtes un manuel style boulanger, venez au Québec sans problème. Avec le respect pour toutes les professions, je ne suis pas venu au Canada pour occuper un poste de serveur. L’humilité est une qualité mais il y a une différence entre l’humilité et l’asservissement. Nous sommes très heureux à Calgary et vive les montagnes Rocheuses!

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