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Retour aux sources, Retour en France.

De Tarlisrin

Bon voilà je me décide enfin, je vais vous compter notre histoire, peut être pour boucler la boucle. J’ai commencé sur le forum en 2004 avec des rêves pleins la tête et je vais vous laisser en 2009 avec des souvenirs pleins la tête.

En cette belle année 2004 un gros projet d’aventure et de changement d’air commence à murir dans nos têtes, mais pour aller ou et faire quoi. Ma blonde à de la famille en Australie et moi au Québec, après un périple en Australie de 7000 kilomètres (de Darwin à Melbourne) nous en venons à la conclusion que l’Australie est un pays magnifique à bien des égards mais la distance par rapport à la France reste un obstacle majeur.

Alors le Québec devient une option raisonnable pas trop loin pour d’éventuelle vacances ou problèmes familiaux à gérer, les statistiques semblent très encourageantes, et le climat, bin c’est le Québec, -30 sur le papier ou à lire sur des sites web, on se rend pas bien compte et cela fais moins peur.

Alors ok, on lance les démarches, et on commence les économies, 8 mois après non sans quelques difficultés (ah les joies de l’administration française), nous décollons pour le Québec un 18 janvier (2006), destination la magnifique ville de Québec.

Alors pourquoi la ville de Québec me direz-vous, et bien après avoir vécu 30 ans en région Parisienne, personnellement le béton des grandes villes me sort par les yeux. Et Québec c’est trouvé être un choix judicieux, mais je vous raconterez plu tard.

Oki pour répondre au plus curieux, arriver un 18 janvier à été murement réfléchis, quitte à découvrir le Québec autant arriver en pleine hiver. Nous n’avons pas eu de réels difficultés pour les démarches et voir Québec, le château Frontenac, les fortifications de la ville, les plaines d’Abraham sous la neige fut un spectacle enchanteur.

Si l’on est bien organisé les démarches sont plutôt rapides car Québec est très bien desservi par les bus et les chauffeurs sont aux petits soins avec les touristes/immigrants. Une bonne carte du réseau de bus, une carte de la ville, une visite au centre d’information touristique, un GPS piéton (très pratique mais pas indispensable, dépassé les -20 et mon pda ne voulait plus rien afficher).

Le plus important pour les débuts je dirais que c’est de marcher, marcher et bouger en bus, imprégnez-vous de la ville, des gens, de l’ambiance, des lieux incontournables, de l’hiver, de la slush (bien imprégné sur les vêtements merci les chars !!!), discuter avec les gens et surtout écouter.

Marcher aussi pour faire des repérages, un appartement à loué se trouve souvent par pur hasard, le dépanneur le plus proche, l’épicerie la mieux achalandée, etc… Pour nous c’était décidé de longue date quoi qu’il arrive le Québec se serait dans voiture.

Ou en étais-je ? Ah oui Québec sans voiture. Après un rapide calcul et après 3 ans je peux dire que c’était un super bon choix. Niveau économie surtout et compte tenu de l’absence de stationnement à Québec c’était bien moins stressant.

Maintenant parlons de la job et autre jobine, tout à commencé par un club de recherche d’emploi, (formation, cv, présentation, normes en vigueurs et appels téléphoniques) ma blonde décroche sa job de secrétaire juridique au bout de 2 semaines (en France elle était secrétaire de direction).

Moi au bout de 1 mois et quelques entretiens je ne trouve toujours rien (technicien en informatique), je change de tactique, il va me falloir un réseau et la fameuse expérience Québécoise. Je décroche une jobine de commis de cuisine pour un traiteur ayant un papa cuisinier j’ai l’habitude des couteaux et des gamelles donc dans une cuisine je ne suis pas trop poche.

Après trois mois de traiteur, et un déménagement, car pour notre arrivé nous avions trouvé un appartement à distance pour les 15 premiers jours, dispendieux mais entièrement meublé avec internet et tv et très bien situé (rue saint Olivier parallèle à la rue Saint Jean pour les connaisseurs) donc pour les démarches c’était idéal.

Nous voilà rendu à l’autre bout de la ville (quartier Sainte-Foy) dans un immeuble B.S pas trop sécuritaire mais on n’a pas eut le choix avec 15 jours pour trouver un nouvelle appartement. Surtout sans historique de crédit et un compte bancaire fraichement ouvert.

Petit conseil pour ceux qui ce demande combien il faut emmener pour vivre au Québec, inutile de niaiser avec ce sujet il vous faudra le maximum que vous pouvez. Impossible de parier sur les délais pour trouver une job et comme personne ne vous connais ici, il faut rassurer un peu les gens surtout pour trouver un appartement.

Votre pécule peut partir très vite, notamment pour les couples avec enfants et ne comptez pas sur l’aide sociale les premiers temps, déjà parce qu’elle est minime et envisager l’aide sociale avant même d’être arrivé c’est déjà partir du mauvais pied. Si vous voulez payer votre loyer de la job il y en a en masse, pour s’enrichir un peu il va falloir laisser le temps au temps et commencer votre intégration dans cette nouvelle société.

Donc reprenons, déménagement quartier Sainte-Foy, immeuble pas terrible pour le morale mais il y a pire et Québec n’est pas une ville dangereuse. Inscription au vidéoclub de mon quartier avec priorité au classique Québécois (films et show d’humour).

Je sympathise avec le boss du vidéoclub qui à le même âge que moi, il a besoin d’un commis au vidéoclub mais il veut quelqu’un qui touche bien en informatique pour mettre la base de donnée à jours. L’affaire est conclue, voici donc ma nouvelle job. Ce fut une énorme opportunité pour moi, un pat de géant pour mon intégration.

Des clients de tous les horizons, francophones, anglophones, Iles de la Madeleine (private joke), passer des coups de téléphones à la clientèle), sympathiser avec les gens. La jobine utile pour mon cas personnel.

Me voila partie pour 6 mois de vidéoclub, pleins de contacts, d’anecdotes plus ou moins drôles, mais beaucoup, beaucoup de contacts positifs et enrichissants. Les amitiés se crées doucement, mon boss et amis m’invite à quelques barbecues, de temps en temps je vais chez lui pour garder ses 3 enfants avec ma blonde.

Et me voilà rattrapé par le miracle Québécois, le réseau. Une des avocates pour laquelle travail ma blonde à son chum qui travail chez Ubisoft Québec. Petit soirée, apéritif, les filles discutent pendant que les 2 gros geeks que nous sommes jasent jeux vidéos et haute technologie une bière à la main. 1 moi après, 2 entretiens, un test et hop me voilà testeur pour le studio Ubisoft de Québec, quelques mois chez Ubisoft, mon nom dans un jeux vidéo, et une promotion au contrôle des outils de productions, je décide de changer de crémerie.

Les jeux vidéos c’est bien mais travailler dans le milieu et voir l’envers du décor c’est déjà moins drôle (27 heures de tests non stop, travail 21 jours d’affilés) pas super bien payé, mais quand même beaucoup de fun.

Maintenant avec un CV un peu plus Québécois les portes s’ouvrent plus facilement. Je me trouve un entretien pour un entreprise d’informatique en passant par le site emploi Québec, je décroche la job et me voilà responsable d’une petite équipe de traitement de stocks informatique.

Voilà toute la différence avec la France, j’ai un petit niveau BTS en commerce et marketing, aucun diplôme en informatique, mais ici au Québec la compétence et l’entregent prime sur les diplômes. Tu es sympa, tu as un peu d’expérience, tu veux apprendre, oki on tente le coup tu ne fais pas l’affaire tu te casses. Direct, franc du collier, mais foncièrement honnête et moins on sait ou on met les pieds.

Et voilà presque deux ans que je travail pour cette entreprise ma blonde pour sa part est toujours dans son cabinet d’avocat, elle adore sa job, ses bosses sont supers corrects et sympas.

Donc voilà pourquoi rentrer ?

Je n’ai pas raconté que les meilleurs moments, mais disons les plus significatifs.

En faite une des raisons de notre départ est simple, (désolé pour le suspense interminable laugh.gif ), nous avons décidé une autre grande aventure en 2007, je voulais être papa et ma blonde attendait que je lui demande, 1m50 de neige, lumières tamisées au Lapin Sauté dans le quartier du petit Champlain dans le vieux Québec, un peu de vin, le calme du milieu de semaine et je lui demande un bébé.

Et voilà la naissance de ma petite fée Morgane en ce mois de mai 2008. Et là tous s’enchaine, vie à trois, pas de parents à proximité, notre petite Québécoise grandit et à part nous, son tissus social et familial et très limité.

Nos familles proches respectives ne la connaisse pas (la webcam c’est bien mais cela ne remplace pas les bavouilles et les câlins), la famille nous manque, les amis nous manquent, nos repères et nos racines nous manquent de plus en plus, nos parents vieillissent, et j’ai un rapport fusionnelle avec ma sœur qui à 2 ans de plus que moi qui était enceinte quand je suis partis et depuis mon départ j’ai beaucoup de mal à assumer.

Enfin bref on rajoute par-dessus cela ma blonde qui à été obligé d’arrêter de travailler parce que l’on ne trouvait pas de place en garderie (un énorme point noir au Québec à prendre en compte si vous avez des enfants en bas âges, la situation est catastrophique en tout cas pour la ville de Québec), notre bail qui se termine fin mars. Donc nous voilà sur le départ pour le meilleur ou pour le pire vu la situation de la France.

Mais il y a pas grand-chose qui nous fait peur dorénavant après une telle expérience (enfin mise à part l’administration française), un CV bien rempli, des projets pleins la tête, des amis prêt à en découdre autour d’un apéritif de retrouvaille, et mes parents qui vont tenir notre puce dans leurs bras, nous nous sentons d’attaque pour la suite.

Merci de m’avoir suivi dans nos aventures par le biais de ses quelques lignes. Pour les questions n’hésitez pas je serais ravi de répondre.

Pour conclure je dirais que le paradis n’est pas plus au Québec, qu’en Australie ou ailleurs il est là ou on se sent bien, peu importe les difficultés il faut être en accord avec soi même. Et dans mon cas mon « moi » profond c’est la famille celle que j’ai et celle que je construis peu importe ou je suis j’ai besoin d’elle.

Merci

Cordialement

Alexandre

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