Ottawa refuse un nombre inquiétant de futurs étudiants internationaux francophones du Québec

En ces temps de pénurie grave de main d’oeuvre, nous avons appris il y a quelques jours que le gouvernement canadien dont le siège social est à Ottawa a refusé un nombre important de candidatures d’étudiants internationaux issus de pays francophones. Une situation que plusieurs acteurs politiques ont dénoncé ces derniers jours au pays. 

En effet, selon les données d’Immigration Canada, le pays a délivré 256 000 permis d’études à des étrangers en 2019, le double d’il y a quatre ans. La province voisine du Québec, l’Ontario, accueille la moitié des étudiants étrangers du Canada pourtant cette province ne représente pas 50% de la population du pays. 

Le Québec, pour sa part, accueille seulement 12 % des titulaires de permis d’études, moins que le poids de sa population de 22,5 % dans le Canada. Alors que Montréal gagne sans cesse des éloges comme étant une des meilleures destinations universitaires au monde, il est étonnant de constater que de nombreux potentiels étudiants étrangers voient leurs rêves tomber lors des démarches administratives.

Pire encore, « les étudiants internationaux sont la main-d’œuvre qualifiée de demain » selon Christian Bernard, économiste à Montréal International.

D’après les chiffres obtenus par le journal montréalais La Presse, 51 % des étrangers voulant étudier au Québec se sont vu refuser leur permis d’études par le gouvernement canadien en 2019, contre 38 % dans le reste du pays.

Le Québec serait pénalisé par le refus du Canada de laisser entrer au pays un fort contingent d’étudiants francophones en provenance d’Afrique. La proportion de refus atteint 90 % pour les Guinéens, 82 % pour les Camerounais, 77 % pour les Algériens et 75 % pour les Sénégalais. Depuis cinq ans, 16 000 étudiants algériens et 5300 Sénégalais se sont ainsi vu refuser l’entrée au Canada.

Selon Immigration Canada,  les raisons courantes pour refuser une demande sont que « le demandeur n’a pas prouvé qu’il a assez d’argent pour subvenir à ses besoins pendant ses études », ou qu’« il n’a pas convaincu l’agent des visas qu’il quittera[it] le Canada à la fin de sa période d’études ».
Sauf que le pays tout entier, et le Québec en première position, doit combler un manque criant de main d’oeuvre dans plusieurs domaines,  et pas seulement dans des secteurs de pointe. 

Immigration Canada soutient qu’il n’y a aucune discrimination de sa part dans ce dossier.

Source: La Presse

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Laurence Nadeau
Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.
https://www.immigrer.com

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