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mardi , 18 juin 2024
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L’Ontario va bannir la barrière de l’expérience canadienne

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Les nouveaux Canadiens possèdent une précieuse expérience professionnelle, mais au fil des ans, le manque d’expérience de travail au Canada est devenu un obstacle fréquent pour décrocher un emploi correspondant à leurs aspirations. Mais une nouvelle loi en Ontario compte éliminer cette barrière à la mise en pratique de leurs compétences. L’Ontario devient la première province canadienne a aller de l’avant avec cette levée de restrictions pour les nouveaux arrivants.

En effet, au fil des ans, de nombreux immigrants se sont retrouvés piégés par l’obligation d’acquérir une expérience canadienne préalable avant de pouvoir postuler à de nombreux emplois au Canada. Les nouveaux arrivants dans ce pays connaissent trop bien ce syndrome. Ils avaient besoin d’une expérience canadienne pour obtenir un emploi. Mais ils ne pouvaient pas acquérir cette expérience sans en avoir déjà un.

Heureusement, le gouvernement de l’Ontario vient d’annoncer son intention de présenter une législation visant à interdire l’utilisation de l’expérience de travail canadienne comme exigence dans les offres d’emploi ou sur les candidatures.

“Pendant bien trop longtemps, de nombreuses personnes arrivant au Canada ont été dirigées vers des emplois sans avenir pour lesquels elles sont surqualifiées”, a déclaré David Piccini, ministre du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences.

L’exigence d’une expérience canadienne a été un obstacle majeur pour les nouveaux arrivants dans leur recherche d’emplois correspondant à leurs qualifications et à leur expérience. Il ne fait guère de doute que cette exigence a été utilisée à des fins discriminatoires, notamment étant donné qu’une étude de 2017 a révélé une discrimination de la part des employeurs à l’égard des candidats portant des noms chinois, indiens ou pakistanais pour décider d’accorder des entretiens.

Même après avoir vécu au Canada pendant 15 ans, les immigrants titulaires de diplômes universitaires étaient encore beaucoup plus susceptibles que les personnes nées au Canada de rester coincés dans des emplois peu qualifiés.

La reconnaissance que “l’expérience canadienne” avait plus à voir avec la connaissance de la culture ou de l’identité canadienne que avec la profession réelle a été faite depuis longtemps par de nombreuses parties prenantes.

En 2014, le Commissaire à l’équité de l’Ontario a appelé les ordres professionnels à supprimer cette exigence après que la Commission ontarienne des droits de la personne l’ait reconnue comme une “discrimination prima facie”.

Une décennie plus tôt, Statistique Canada avait déjà identifié le manque d’expérience canadienne comme le principal obstacle à un travail significatif, généralement la clé pour s’installer, s’intégrer et progresser dans un nouveau pays, auquel étaient confrontés les nouveaux arrivants.

De nombreux immigrants étaient obligés de chercher un emploi peu qualifié en dehors de leur domaine d’expertise ou de faire du bénévolat ou des stages non rémunérés pour acquérir de l’expérience canadienne.

En 2015, le Conference Board du Canada estimait que la reconnaissance des compétences des immigrants pourrait augmenter les profits de plusieurs milliards de dollars par an.

En 2019, la Commission ontarienne des droits de la personne a déclaré que l’exigence d’une expérience canadienne pour les nouveaux immigrants était une violation des droits de l’homme.

Des organisations telles que l’Association des professionnels en ressources humaines et la Banque Royale du Canada avaient également plaidé contre cette barrière, et des défenseurs des immigrants avaient créé un mouvement appelé le projet Beyond Canadian Experience.

En mai, Ingénieurs professionnels de l’Ontario, l’organisme de réglementation des ingénieurs, a annoncé la fin de l’exigence d’une expérience canadienne pour ceux qui demandent des licences.

En 2020, 55 % des candidats à l’IPO étaient formés à l’étranger et n’avaient pas d’expérience canadienne. En 2021, ce chiffre était passé à 63 %.

L’exigence n’était pas un moyen fiable d’évaluer les compétences ou les capacités, a déclaré l’IPO, la première association professionnelle de l’Ontario à supprimer cette disposition des critères de candidature.

Elle a également déclaré qu’une “exigence stricte d’une ‘expérience canadienne’ peut entraîner une discrimination”.

Des études ont suggéré que seule environ un quart des immigrants formés à l’étranger en Ontario travaillaient dans des professions réglementées conformes à leur formation.

Le pays pourrait bénéficier considérablement d’une meilleure mise en relation rapide des nouveaux arrivants avec des opportunités correspondant à leurs compétences et à leur expérience, ce qui contribuerait à renforcer leur intégration et à répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée des employeurs.

Source : Toronto Star, Radio-Canada

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Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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