Le grand saut, notre installation. - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
Vous êtes ici
Accueil > Bilans > Le grand saut, notre installation.

Le grand saut, notre installation.

De maestro

Pour rappel, on est venu en mars 2008 histoire de passer des vacances et récupérer nos cartes de résidents. Oui, juste des vacances vu que notre situation financière est montée en flèche en France et on avait un peu de mal à laisser tomber tout cela et repartir à la case départ. Tout s’est passé comme prévu, sauf qu’on a raté l’avion et c’est là qu’on aurait dû comprendre le message, mais bon…
De retour en France, en attendant le TGV à la gare de Lyon, on a fini par comprendre le message et la décision a été prise en mangeant des sandwichs œufs mayo (très bons au passage).

Le lendemain j’ai fais part de ma décision à mes associés et je mets un prix à mes parts sociales, et l’affaire est conclue. On attend tout de même quelques mois pour que ma conjointe puisse terminer son stage et son contrat de travail par la suite.

Fin janvier on quitte la France, cette douce France, le pays de ma souffrance, y’a eu de bons moments aussi, soyons honnêtes. Donc on quitte Dijon pour passer trois mois en Algérie, où on a investit une partie de notre cagnotte dans deux magasins (belle expérience, mais qui m’a encore plus convaincue de courir vite, très vite).

Trois mois c’est long, très long, le moment de mettre les voiles arrive et j’ai pris une réservation dans une auberge sur le boulevard Saint- Laurent, mais des amis d’amis et même des personnes que je ne connais pas ont entendu dire que j’allais arriver à Montréal et que je voulais faire cavalier seul. Les téléphones ont sonnés, des courriels ont été envoyés et en une journée, j’avais un appartement sur Beaubien pour une durée illimitée, à l’œil.

C’est la fin du générique, le 21 avril je prends l’avion seul sur un vol d’Air Algérie. Le voyage s’est bien passé, même mieux qu’avec air Transat. Arrivé à l’aéroport, j’ai eu la surprise de voir que j’avais quelqu’un qui m’attendais.

Ah oui, je veux bien vous épargner le passage à la douane, mais j’ai juste apprécié le policier qui m’a accueilli avec un « bon retour au pays, j’espère que cette fois c’est pour vous installer » ah, j’ai faillit lui faire la bise, quatre bises, comme là-bas chez nous dans les belles montagnes de la Kabylie, mais bon, je me suis retenu, faut pas abuser non plus.

Après une bonne nuit de sommeil ; je sors pour remplir le frigo avec un minimum de choses, c’est le premier choc, un face à face direct avec une montagne de dollars pour pas grand-chose. Je me ressaisi et je me rappel mon arrivée en France, presque fauché avec la fâcheuse habitude de convertir les francs en dinars, de quoi te couper l’appétit.

La première des choses que je fais c’est de prendre un forfait chez FIDO pour 35 $ sans contrat, avec la boite vocale, l’afficheur et les appels entrants illimités. Je paye en plus 11 $ à ONE pour les appels sortants illimités, et voila j’existe, je suis joignable.

Je passe le week-end et j’attaque la recherche de logement. J’ai fais le tour de Montréal et sa banlieue et je n’ai pas réussit à trouver un 4et ½ qui me convienne. Enfin si, j’en ai mis un dans la poche après trois jours de recherche mais dans une rue où j’ai juré de ne pas habité, Jean-Talon et Lacordaire, à saint léonard, mais bon faut jamais dire jamais. Vous avez compris que j’ai fini par le prendre. Pas trop le choix, ma famille allait arriver, ma femme enceinte, et c’est quasiment le seul proprio qui n’a pas trop chipoter sur l’historique de crédit et les références. C’est un vrai problème, même si on loue un appart ici 100 fois plus vite qu’en France. Un cosignataire du bail avec un bon historique de crédit et un emploi règle le problème. Pour le loyer, on paye 575$ avec rien d’inclus, mais pour un appart refait à neuf (peinture, chauffage…) et qui ce trouve à proximité de plusieurs grands magasins comme : Maxi, Wallmart, super C, galeries d’anjou, pharmaprix… On a plusieurs cliniques et un hôpital à 2 pas, le bus en face de la porte de l’immeuble et tout ce qu’on peut imaginer comme services, comme quoi…

Ma femme et mon fils arrivent le 1 er mai, et il faut trouver des meubles et des éléctros. Pour les éléctros, on a pris du neuf en liquidation dans des magasins sur Jean Talon. Pour le reste des meubles, j’ai trouvé une bonne source et on a pu ce payer des meubles de luxe pour presque rien. On a eu environ 9000$ de meubles (sofa et causeuse inclinables en cuir, meubles en bois massif, chaises en cuir…) pour un peu plus de 1800$ avec taxes. C’est soit des meubles discontinue (fin de série) ou ayant un petit scratch (minuscule). J’ai pris aussi une grosse télé sur kijiji pour 75$ livrée.

AH oui, une autre anecdote. Le premier jour où j’ai pris le bus; j’ai préparé mon billet de 10$ pour acheter mon ticket auprès du chauffeur et surprise, il me demande d’insérer l’appoint dans l’appareil, je me prépare à redescendre et 4 à 5 personnes ce mettent à fouiller dans leurs poches et les introduisent dans l’appareil jusqu’à ce que le ticket pointe son nez. Ce n’est pas tous les jours que cella arrive, mais c’est encourageant.

Le quartier général est fonctionnel, et moi je suis presque opérationnel. Ma femme passe voir un généraliste en face pour avoir un RDV avec un gynéco. 2 heures d’attente et c’est joué, c’est vraiment pas la fin du monde, mais on regrette légèrement notre médecin de France. Le RDV avec le gynéco est pris et passé, puis direction l’hôpital juif, catastrophe ! Tous le monde parle anglais, une vrai misère. L’anglais est vraiment indispensable dans ce pays. L’hôpital est bondé mais pas trop d’attente, c’est acceptable et on a un service très courtois dans une grosse cacophonie.
Cela fait presque cinq semaines que je suis arrivé et je commence à stresser pour le travail, je n’en ai même pas cherché et je me dis que je n’ai pas encore trouvé du travail. J’ai une longue expérience en immigration, avec mes 8 ans passés en France, mais je me suis tromper en croyant que cela allait être un jeu d’enfant. Je croyais que j’avais commis toutes les erreurs en France et que je n’avais qu’à poser mes bagages, erreur ! Même si il y’a des aspects que je n’ai plus à gérer, comme la nostalgie, la peur de l’inconnu, la peur de s’intégrer et d’avoir fait le mauvais choix… Il ne faut surtout pas croire que tous les pays ce ressemblent parce qu’ils utilisent la même langue, ou presque. On est en Amérique, tout va vite et ne cherchez pas d’explication logique à toute chose.

Le stress du chômage commence à monter et je me décide un lundi matin d’aller à emploi Québec pour m’inscrire et j’envoie un petit paquet de CV par courriel et par fax. J’ai une formation d’ingénieur agronome en Algérie et un petit paquet de diplômes en France dans le même domaine, à part une licence en sciences de l’éducation, mais ce que j’aime c’est la gestion et le commerce. Bon après tout on est en Amérique et Jean Claude Vandame a bien réussit à faire des films ! J’envoie donc ma candidature à toute sorte d’emplois (agent de sécurité, vendeur, livreur, manœuvre, agent de recouvrement…), et j’en profite pour postuler dans la foulée à des postes de gérant de restaurants, de dépanneurs, de stations service…

Surprise ! Deux heures plus tard, je reçois mon premier appel et première entrevue, pour un poste de gérant de restaurant cafétéria dans une grosse entreprise. J’en reçois encore deux autres le lendemain et toujours pour des postes de gérant et que des grosses boites. Les entretiens téléphoniques ce passent tous bien et je suis invité à des entrevues. Les trois entrevues ce passent très bien : questions de routine (Vous n’avez pas de diplômes en gestion ?!), mise en situation. Le pire c’est les références, et l’expérience québécoise, rien ! J’ai donné des numéros en France et le numéro d’un ancien collègue de p’tit boulot en France mais qui est à Montréal. La première me dit vouloir me prendre tout de suite, mais elle a peur que je ne reste pas longtemps car j’ai de bonnes capacités et que je suis plus un homme de terrain, elle prend les références et me dit qu’elle va m’appeler dans environ 1 semaine. Deuxième entrevue, même histoire, un salaire de 30 K $ pour un poste d’assistant gérant. La troisième me propose un salaire de 40K$ pour un poste d’assistant gérant mais avec une promesse écrite d’avoir un poste de gérant dans un court délai car elle ne veut pas me lâcher, mais la procédure est longue et je dois rencontrer un superviseur de zone et la direction après elle. La première me rappel et me demande si j’ai avancé dans ma recherche, je l’informe que j’ai deux propositions fermes (pas tout à fait le cas mais bon, presque). Elle me dit « je vais faire en sorte d’accélérer les choses de mon côté, bonne journée, au revoir », l’après midi, elle me rappel pour m’annoncer qu’ils ont opté pour ma candidature. J’ai montré mon intérêt et j’ai demandé des précisions par rapport à ma mission. Après avoir raccroché, j’ai éliminé la deuxième et j’ai rappelé la troisième, pour lui apprendre que j’avais une proposition ferme avec une autre compagnie et elle me répond qu’elle ne m’a vu que vendredi elle vient de transmettre le dossier au superviseur aujourd’hui, mais qu’elle allait le prévenir pour qu’il mes contact mais sans garantie. Une heure plus tard, en sortant du métro je trouve un message pour une entrevue avec le superviseur.

Bref, l’histoire est longue et j’en ai tiré quatre enseignements :

1- Éviter à tout prix les pessimistes qui vous assurent que c’est un enfer et qu’il n’ya rien à faire ici, à part siphonner le système (surtout pour mes compatriotes maghrébins, fuyez Jean Talon, ne trainez pas dans les cafés, oubliez le BS, n’écoutez pas les perdants.
2- Toutes les portes sont ouvertes ici quand on veut bien les pousser.
3- La vie est tellement belle ici que je me demande ce que je faisais en France et en Algérie.
4- Le Québec est loin d’être le pays des bisounours, mais c’es un pays magnifique.

Message du jour
Les messages du jour sont les meilleurs messages du forum concernant les bilans et témoignages d'immigrants, nouveaux travailleurs et étudiants publiés récemment sur le forum de discussion de la communauté d'immigrer.com.
https://www.immigrer.com/categorie/message-du-jour/
Haut

Bienvenue au Canada