La coopérative d'habitation - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

La coopérative d’habitation

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De vista

En 2006, j’ai eu l’occasion d’entrer dans une coopérative d’habitation. J’y ai habité 6 ans, et ça a été une très belle expérience.

Une coopérative d’habitation c’est quoi? http://www.cooperativehabitation.coop/site.asp?page=element&nIDElement=21

Une coopérative d’habitation, c’est un immeuble (ou un ensemble d’immeubles), où habitent des personnes qui sont à la fois locataires de leur logement et collectivement propriétaires de l’immeuble.

 

Dans les faits, le propriétaire de l’immeuble est une entité légale, la coopérative, dont les membres (et locataire) assurent la gouvernance. Pour faire partie de la coopérative, vous payer une part, et celle-ci vous est en principe remis à votre départ.

Faire partie de la coopérative vous donne le droit de participer aux assemblées générales pour décider des politiques de la coop : budget, loyers, règlements internes. Le loyer est souvent modeste puisque décidé par les membres. Vous avez aussi des devoirs puisque les membres ont des obligations de participations aux assemblées, et à la vie de la coop. Tout cela est encadré par la Loi sur les coopératives, la SHQ et la SCHL (ces deux organismes subventionnent les coopératives mais demandent des comptes en échange).

La vie à la coop (de mon expérience, ce n’est pas exactement partout de la même manière):

Toute membre doit donner du temps à la coopérative et participer aux taches. Dans ma coop, vous deviez faire parti d’un comité : le CA (élu) qui gère les affaires courantes, le comité de sélection qui rencontre et sélectionne les nouveaux membres, le comité d’entretien qui s’occupe des travaux, le comité trésorerie et administration, le comité loisir, le comité tonte de gazon et j’en passe… Vous devez aussi assister aux assemblées, une pour élire les membres du CA (et les membres du comité de sélection chez nous) et approuver les états financiers, et l’autre pour voter le budget, les loyers et les modifications aux règlements.

La plupart des petits travaux sont faits par les membres pour économiser de l’argent. Il y avait aussi 2 fois par année des corvées auxquelles tout le monde participait pour nettoyer le terrain, le tout ponctué d’un barbecue communautaire.

 

En quelques mots les principaux avantages et inconvénients :

Avantages :

 

  • Loyers assez faibles en général, sur lequel en plus on peut donner son avis …
  • Bel exercice de démocratie au plus petit échelon, une façon d’avoir une prise direct sur son environnement quand on est locataire, même si les contraintes légales sont nombreuses.
  • Une vie de « quartier » très animée et en général très positive. Je connaissais mes 31 voisins, leurs femmes/maris et leurs enfants par leurs petits noms, c’est assez rare comme situation disons.
  • Une responsabilisation entre voisin qui amène de façon général de très bonnes relations de voisinage.

Inconvénients :

 

  • Déficits chroniques d’entretien. Dans ma coop, pendant plusieurs années les adhérents avaient préféré garder les loyers très bas et ne pas investir dans l’entretien, ça a finit par se voir (message à venir : j’ai eu un litige avec l’assureur de ma coopérative). Après il a fallu faire du rattrapage.
  • En lien avec le point précédent, dans notre coop, il y avait deux types de membres: des gens dans les 50-60 ans qui étaient là depuis longtemps et qui comptaient rester là un bout, et des jeunes couples économisant pour acheter leur premier bien immobilier. C’était difficile d’accomoder tout le monde, et surtout difficile d’impliquer ceux qui ne comptaient pas rester.
  • Vivre collé serré avec ses voisins implique un petit effet « vie de village » parfois désagréable. Tout se sait sur tout le monde…
  • La participation est parfois variable, ce qui reporte le poids de ce qui n’est pas fait sur le dos des autres. Il existe des moyens de rétorsion, mais ils sont souvent difficiles à appliquer.
  • C’est rare, mais en cas de conflit de voisinage c’est assez complexe (message à venir, j’ai testé le Régie du logement).

Les coop ont parfois des « missions », ce n’était pas notre cas. Cela signifie qu’elles privilégient des types de membre : personnes agées, jeunes familles, loyers modiques… etc. Des fois ça peut être folklo.

 

Si vous avez des questions n’hésitez pas.

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De bencoudonc

Merci Vista.  Il serait intéressant que tu nous racontes un peu ton parcours pour obtenir une place dans une coop. Selon ce que j’ai entendu dire, ce n’est pas toujours évident, ces logements étant très en demande.

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De vista

Merci Vista.  Il serait intéressant que tu nous racontes un peu ton parcours pour obtenir une place dans une coop. Selon ce que j’ai entendu dire, ce n’est pas toujours évident, ces logements étant très en demande.

 

C’est en effet assez dur d’y entrer. En fait la difficulté tient à deux choses: le profil de clientèle recherché par la coop (il faut « fiter ») et le timing.

 

Pour la correspondance de profil, ça dépend des places. Nous on recrutait les membres en fonction des besoins de la coop: une année ça nous prennait des « bras » (pour l’entretien), une autre des « têtes » (pour la trésorerie ou la présidence), mais surtout on vérifiait en entrevue l’esprit coopératif. À savoir l’envie et la disponibilité de s’investir. Faut pas se le cacher, on fonctionnait beaucoup par référence. On vérifiait aussi la cote de crédit des candidats, ce qui ne nous évitait pas les surprises.

 

Pour le timing: comme Les places se libèrent souvent en cours d’année, il faut que les gens soient prêts à quitter leur loyer en cours de bail, avec les conséquences financières que ça implique. En 2006, ce n’était jamais un problème, mais quand j’ai quitté, début 2012, on arrivait souvent en bas des listes d’attente sans que personne ne soit disponible. C’est même arrivée que l’on passe une annonce dans le journal. à l’opposé, c’est déjà arrivé que l’on fasse une croix sur 2-3 mois de moyer pour trouver un meilleur membre que ceux que l’on avait.

 

Mon cas illustre l’importance d’avoir un réseau: En 2005, j’ai fait parti des sinistrés de l’Ancienne-Lorette (inondation). Pendant 2 mois, nous avons été hébergé chez des amis et chez des connaissances professionnelles. Nous ne restions jamais plus que deux semaines à la même place pour ne pas déranger. Puis une collègue de mon ex-conjointe nous a proposé de nous héberger contre un loyer modique le temps qu’on se retourne (il nous fallait un appart, mais aussi des meubles). Un soir qu’il avait des amis à souper, on a fait connaissances, et l’ami en question était le président de la Coop. Ils avaient un logement qui se libérait à la fin du mois et pas encore de locataire. On a passé les entrevues et on a eu l’appart. Plusieurs années plus tard, en discutant avec la présidente du comité de selection, j’ai appris que nous n’étions pas les candidats les mieux placés, mais que compte tenu de notre situation « humanitaire » nous avions été privilégié. Une situation qui n’a jamais été regretté puisque j’ai été très impliqué dans la coop de 2007 à 2011, notament en étant vice-président pendant 1 ans et président 2 ans.

 

Autres points sur les coop:

 

  • à savoir aussi, chaque coopérative subventionné par la SHQ doit tenir proposer un % de logement à loyer subventionné (pour les petits revenus). Dans notre cas, sur 32 logements, 7 étaient subventionnés. La sélection ici s’effectue sur le revenu.
  • Les coop d’habitation sont obligées par la loi de tenir ont un fond d’aide pour les membres en difficulté. Exemple, si je perd ma job, je peux faire une demande à la coop de m’aider pour le loyer pendant 3 mois (reconductible 3 au max). Si c’est accepté, j’ai une baisse de loyer pour la durée autorisée, et cette baisse se fait sur présentation d’une preuve et selon un calcul avec un chiffrier gouvernemental pour éviter les abus.
  • Deuxième point:  lors de l’approbation des États financiers, les membres status sur ce qu’ils font des surplus: soit s’en redistribuer une partie, soit le laisser dans la trésorerie générale. De manière très général ça reste dans le fond général, mais il arrive que des coop qui ont finit de payer leur hypothèque se reversent des dividendes.

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De Kweli

Très intéressant.

 

En 2007, j’ai essayé d’entrer dans une coop, la raison principale étant qu’on était totalement écoeurés par la gang de %&?%&$%& qui étaient nos voisins. À l’époque, il y avait un site web (une sorte de regroupements de coops) pour s’inscrire. Je n’ai jamais été prise et je n’ai pas fait de suivi sérieux non plus puisque j’ai acheté ma maison en novembre la même année. 

 

Maintenant, je visite des amis qui habitent des coops et je trouve que c’est le meilleur moyen de se loger – je parle ici de la qualité du logement – à un coût nettement meilleur. Par contre, le niveau d’implication de certaines personnes est décourageant. 

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De Miss Cerise

J’avoue que je n’ai jamais vécu la coop, mais pour avoir vécu « l’autre coté » – là où je travaille, on gère beaucoup de litiges de logements, et les coops, c’est l’enfer en cas de litige, les règles habituelles de protection du locataire ne s’appliquent pas toujours et c’est assez flou d’un point de vue juridique…bah ça m’a vraiment refroidie alors que ce type de logement me tentait bien. Mais c’est intéressant d’avoir ton point de de vue! 

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De dentan

J’avoue que je n’ai jamais vécu la coop, mais pour avoir vécu « l’autre coté » – là où je travaille, on gère beaucoup de litiges de logements, et les coops, c’est l’enfer en cas de litige, les règles habituelles de protection du locataire ne s’appliquent pas toujours et c’est assez flou d’un point de vue juridique…bah ça m’a vraiment refroidie alors que ce type de logement me tentait bien. Mais c’est intéressant d’avoir ton point de de vue! 

Est-ce que les avocats spécialisés en divorce sont refroidis par l’idée du mariage :biggrin2: ? (blague)

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De Miss Cerise

J’avoue que je n’ai jamais vécu la coop, mais pour avoir vécu « l’autre coté » – là où je travaille, on gère beaucoup de litiges de logements, et les coops, c’est l’enfer en cas de litige, les règles habituelles de protection du locataire ne s’appliquent pas toujours et c’est assez flou d’un point de vue juridique…bah ça m’a vraiment refroidie alors que ce type de logement me tentait bien. Mais c’est intéressant d’avoir ton point de de vue! 

Est-ce que les avocats spécialisés en divorce sont refroidis par l’idée du mariage :biggrin2: ? (blague)

Hum, sérieusement, peut-etre. Les avocats ne sont pas dans l’ensemble connus pour leur sens du romantisme. Chéri est prévenu que tout sera bien clair dans notre patrimoine familial 🙂 

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De Laurent

Très intéressant sujet. Merci pour le témoignage, il est en page d’accueil du site.

 

Bonne suite !

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