Gastronomie : le bon goût de Montréal - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Gastronomie : le bon goût de Montréal

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De immigrer.com

Gastronomie : le bon goût de Montréal

Par Colette Monsat Publié le 15/11/2013 à 19:31

Les boutiques de bagels font partie de la tradition du quartier de Mile End.
Avec ses restaurants ouverts 24h/24, la ville se revendique comme une destination gastronomique de premier plan. En témoigne le quartier de Mile End.

Novembre à Montréal. Le froid pique un peu, un petit 0 °C, rien que de très cordial. Dans un mois ou deux, là peut-être, on pourra parler du fameux hiver canadien, lorsque la température descendra jusqu’à – 20° et que l’on bénira l’inventeur du réseau de galeries souterraines qui permet de circuler sans givrer sur place.

En ce onzième mois de l’année un peu bluesy d’entre-saison, les restaurants sont moroses. Aussi, pour la seconde saison consé­cutive, l’office de tourisme a organisé son festival Montréal à table, his­toire de booster le food business. Un peu comme l’opération Tous au restaurant, qui se déroule en France, au mois d’octobre. Ici, les établissements ne proposent pas d’offrir un repas sur deux mais pratiquent des tarifs cassés, y compris dans les grandes adresses, en mettant à l’honneur pour cette édition un ingrédient ô combien embléma­tique, le sirop d’érable.

Depuis quelques années, la ville a pris à bras-le-corps le tourisme culinaire, multipliant les événements gastronomiques tous les mois (Montréal Poutine Week, Oysterfest Montréal, Montréal Cake Show, Montréal Burger Week), soucieuse d’apparaître comme la destination gourmande de référence. Avec ce que ces opérations de promotion ont d’aléa­toire, brassant, comme toujours, vraies bonnes affaires et gentilles arnaques. Mais c’est un ticket d’entrée comme un autre pour découvrir quelques facettes de la restauration locale, sachant que dans des quartiers touristiques comme Ville-Marie ou Plateau-Mont-Royal, on compte en moyenne 92,8 restaurants au kilomètre carré Autant dire qu’il faudrait un estomac de caribou pour en faire le tour!

Univers à la Klapisch

La cantine Wilensky, un rendez-vous populaire depuis 1932.

Alors, quitte à être sélectif, c’est sur Mile End qu’il est urgent de jeter son dévolu. Cette petite enclave à l’authenticité menacée se situe à l’ouest du Plateau, qui domine Montréal. Les anciens bâtiments industriels sont devenus des lofts, un habitant sur dix est un artiste. Bohème et convivial, avec ses maisons aux escaliers extérieurs, ses vélos parqués sur les balcons, ses jardinets aussi disparates que leurs propriétaires, Mile End évoque un univers à la Klapisch, où les chats auraient muté en écureuils sautillants au détour des allées.

Il a vu s’agréger toutes les vagues d’immigrants, beaucoup venus d’Europe centrale à la fin du XIXe avec, dans leurs bagages, les bagels (bien meilleurs que ceux de New York, dit-on ici en toute objectivité, car fabriqués à la main, avec des ufs, du miel dans l’eau de cuisson, et cuits au four à bois comme chez Fairmount Bagel, installé depuis 1919), puis des transfuges du bassin méditerranéen et, plus récemment, des Latinos et Haïtiens. Nombre de Français sont aussi tombés sous le charme de ce quartier atypique, à l’aube des années 2000, participant largement à sa gentrification. On dit même que les ventes de fromages ont été multipliées par trois depuis leur arrivée!
Baloneys grillés et chaudrée de palourdes

Entre hier et aujourd’hui, pincée de rétro et gorgée d’air du temps, la balade commence par un arrêt chez Wilensky, l’une des plus incroyables adresses montréalaises. Fondé par Moe Wilensky en 1932, ce snack insolite a gardé son décor poussiéreux, sa bibliothèque de vieux bouquins, ses tabourets vintage sur lesquels on grimpe pour le sandwich au baloney grillé (saucisse de porc, de veau et de buf) accompagné d’un soda maison au cherry. Atmosphère grassouillette et anachronique entretenue par le mur de photos d’habitués, assorties des dates depuis lesquelles ils sont clients. Parfois plus de soixante ans.

À l’opposé de cette nostalgie cultivée, le Café Sardine est le rendez-vous des foodistas

À l’opposé de cette nostalgie cultivée, le Café Sardine est le rendez-vous des foodistas. L’exiguïté des lieux, les places au chausse-pied légitiment l’enseigne, avec, pour mode d’emploi, une carte qui prend des risques le soir (salade d’orties, filets de maquereau espagnol) mais propose d’excellents sandwichs au déjeuner, ainsi que des beignes à l’érable, vendus à la pièce pour accompagner le café.

Autre adresse du moment qui flirte avec la street food: le Comptoir 21. Un fish and chips transgénérationnel et débonnaire où l’on vient pour la chaudrée de palourdes maison, les calamars frits et évidemment le poisson pané, à napper d’une des six sauces maison.

Au restaurant avec sa bouteille

À Montréal, on dîne à partir de 18 heures, très souvent avec sa bouteille de vin sous le bras, quel que soit le standing du restaurant. Pas de droit de bouchon, sachant qu’ici c’est la SAQ (Société des alcools du Québec), avec ses multiples boutiques, qui est mandatée par l’État pour vendre du vin. Malgré tout assez cher, ce dernier est moins populaire que la bière montréalaise, fabriquée sur place dans les microbrasseries. Faites un tour chez Dieu du Ciel, c’est aussi l’un des endroits les plus chaleureux du quartier. La carte des bières porte des noms pittoresques (Corne du Diable, Purgatoire, 6e Soir, Grivoise) et tourne chaque jour sur l’ardoise.

Pour l’instant, Mile End a réussi à garder son identité. Le quartier échappe aux grandes enseignes et magasins franchisés qui standardisent les artères des grandes villes à travers le monde. En revanche, la boboïsation ambiante fait germer des commerces de bouche pointus, haut de gamme, en avance d’une mode sur la France. C’est le cas de la très récente boucherie Lawrence, superbe lieu aux allures de loft new-yorkais, où l’on peut également acheter des légumes non traités, de la charcuterie et quelques desserts. La viande provient de producteurs locaux, souvent bio, qui n’utilisent ni antibiotiques ni hormones de croissance.

Locavore, Montréal l’est intrinsèquement, presque génétiquement. Une visite au marché Jean-Talon, le plus grand de la ­ville, achève de nous en convaincre. Les maraîchers vendent sur place leurs productions de pommes, cranberries ou tomates, les stands rutilent comme des Ferrari, plus convaincants qu’un manifeste du ministère de la Santé. Et comme les Montréalais ont le sens de l’efficacité, on trouve aussi à l’intérieur de la halle une librairie gourmande équipée des parutions les plus récentes ainsi qu’une boutique d’ustensiles et accessoires de cuisine dernier cri (Cuiz-In). Leur rôle? Accélérateurs de particules alimentaires.
Quelques adresses

RESTAURANTS

Fairmount Bagel 74 Fairmount Ouest. Tél.: 514.272.0667.
Wilensky 34 Fairmount Ouest. Tél.: 514.271.0247.
Café Sardine9 Fairmount Est. Tél.: 514.802.8899.
Comptoir 21 21 Saint-Viateur Ouest. Tél.: 514.507.FISH (ou 3474).
Dieu du Ciel 29 Laurier Ouest. Tél.: 514.490.9555.
COMMERCES
Boucherie Lawrence5237 Saint-Laurent. Tél.: 514-277-8880.
Au Marché Jean-Talon, 7070, avenue Henri-Julien.
La Librairie gourmande Tél.: 514. 279.1742.
Cuiz-In Tél.: 514.273.9339.

source : http://www.lefigaro.fr/gastronomie/2013/11/15/30005-20131115ARTFIG00579-gastronomie-le-bon-gout-de-montreal.php#!

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